Economie
Allemagne-Gaz naturel liquéfié : inauguration du premier terminal méthanier
« Si vous voulez être un guerrier, vous devez vous entraîner. « Denzel Washington

Quand les bateaux remplacent les pipelines : l’Allemagne a inauguré samedi son premier terminal de gaz liquéfié, destiné à éviter les pénuries et à remplacer les livraisons russes, stoppées par la guerre en Ukraine. Mais l’approvisionnement à court terme demeure incertain.
« C’est un bon jour pour notre pays », s’est réjouit le chancelier Olaf Scholz, vêtu d’une veste jaune fluo, sur le pont d’un bateau, à quelques mètres du terminal de Wilhelmshaven, au bord de la mer du Nord.
Le navire FSRU (unité flottante de stockage et de regazéification) « Hoegh Esperanza », amarré depuis jeudi à environ 300 mètres de là, a fait sonner sa sirène à l’approche du bateau où avaient pris place le chef de l’Etat, accompagné de plusieurs ministres, édiles locaux et journalistes, dans un temps froid et brumeux.
Cet imposant bâtiment naval bleu et rouge long de 300 mètres, encombré de tuyaux, a été chargé avec suffisamment de gaz nigérian pour la consommation annuelle de « 50 000 foyers » et commencera ses livraisons le 22 décembre.
Cinq terminaux flottants ouvriront ces prochains mois, après des chantiers menés au pas de charge grâce aux milliards d’euros débloqués par Berlin. « Nous nous rendons indépendant des pipelines russes », s’est félicité M. Scholz. Ces installations fourniront un tiers des besoins en gaz du pays, éloignant – pour le moment – les scénarios catastrophes de pénuries massives encore évoqués il y a quelques mois.
Article à lire
Sénégal : Les importations en baisse de 17,3% en octobre 2022
https://www.droitdanssesbottes.com/entreprenariat/economie/senegal-les-importations-en-baisse-de-173-en-octobre-2022/ : Allemagne-Gaz naturel liquéfié : inauguration du premier terminal méthanierContrats
Les terminaux GNL (Gaz naturel liquéfié) flottants permettent d’importer du gaz naturel par voie maritime, sous forme liquide. Ils sont composés d’une plateforme d’amarrage et d’un bateau dit FSRU, où le GNL est livré, stocké et regazéifié, avant d’être envoyé dans le réseau.
À la différence d’autres pays européens, l’Allemagne ne disposait d’aucun terminal sur son sol, préférant la ressource peu chère arrivant des pipelines russes, dont elle dépendait à 55% de ses importations. Tout a changé avec la guerre en Ukraine et la fin des livraisons du russe Gazprom. Les importations de gaz liquéfié vers l’Allemagne, via les ports belges, néerlandais et français, ont bondi.
Pour éviter un coût du transport prohibitif, le pays a décidé de lancer sur son propre sol plusieurs chantiers de terminaux. Mais l’Allemagne n’a toujours pas signé de contrats gaziers significatifs pour remplir ces terminaux dans l’immédiat. « La capacité d’importation sera là. Mais ce qui m’inquiète, ce sont les livraisons », s’alarme auprès de l’AFP Johan Lilliestam, chercheur à l’université de Postdam.

Un contrat entre l’entreprise américaine ConocoPhillips et le Qatar a été signé pour le terminal de Wilhelmshaven. Mais la livraison de gaz ne débutera qu’à partir de 2026.
Les négociations entre les énergéticiens allemands – RWE et Uniper en tête – et les principaux fournisseurs mondiaux, comme le Qatar, les États-Unis ou le Canada, patinent. Les producteurs cherchent des contrats longs, pour rentabiliser leurs investissements tandis que Berlin veut du court terme afin de se passer progressivement des énergies fossiles.
Les organisations écologistes craignent déjà que ces projets GNL ne mettent en danger les objectifs climatiques du gouvernement. Une dizaine de militants écologistes ont manifesté à Wilhelmshaven samedi matin, avec des pancartes demandant la « fin du gaz », a constaté l’AFP.
Coupures
« Si nous voulons fournir pour du long terme du gaz liquéfié vers l’Allemagne, il faudra conclure des contrats sur de longues périodes », a admis samedi Holger Kreetz, directeur opérationnel de Uniper, qui gère le terminal de Wilhelmshaven, interrogé par l’AFP. Sans contrat significatif, l’Allemagne est en effet exposée à la volatilité des marchés spot de court terme pour se fournir.
A écouter
Les prix ont certes baissé depuis l’été. Mais le marché pourrait se tendre dès 2023, en raison de la reprise de la demande en Chine, qui abandonne peu à la peu la politique « zéro Covid ». Et l’hiver actuel en Allemagne, particulièrement froid, pourrait vider les cuves plus rapidement que prévu. « On ne peut pas exclure des coupures pour l’hiver prochain », estime Andreas Schroeder, expert pour l’institut londonien ICIS.
Les autorités allemandes appellent donc la population à poursuivre ses efforts pour économiser la ressource. « Nous sommes loin d’être sortis d’affaires », a martelé samedi le ministre allemand de l’Économie Robert Habeck, également à Wilhelmshaven. L’objectif de Berlin est d’économiser 20% de gaz cet hiver, contre 13% actuellement.
Economie
Comment la crise des ventes de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana a-t-elle éclaté ?
« Avoir un but trace la voie. » Lao-Tseu
Les producteurs de la moitié du cacao mondial – la Côte d’Ivoire et le Ghana – ont eu du mal à vendre leurs fèves et à payer les agriculteurs cette année en raison des récoltes mondiales abondantes, de la baisse des prix du cacao et de la diminution de la demande de cet ingrédient de la part des chocolatiers.
Pourquoi ces deux pays ont-ils obtenu des résultats inférieurs à ceux de leurs concurrents et que font-ils pour remédier au problème ?
COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ?
Le cacao ne fait pas l’objet d’un commerce libre en Côte d’Ivoire et au Ghana.En réalité, les organismes de réglementation du cacao des deux pays, nommés par le gouvernement, vendent environ 80 % de leurs fèves à des négociants internationaux un an à l’avance et, sur la base de ces ventes, fixent un prix pour les agriculteurs au début de la saison en octobre.
Les agriculteurs vendent ensuite leurs fèves à des collecteurs locaux à ce prix, et ces derniers les revendent à des acheteurs agréés. Après réception du cacao, ces acheteurs agréés le vendent soit directement à des négociants internationaux, soit à des négociants locaux qui le revendent ensuite à des négociants internationaux.
Le prix fixe fixé pour les agriculteurs en octobre couvre généralement la récolte principale d’octobre à mars, car les organismes de réglementation du cacao des pays ont tendance à ajuster le prix pour les agriculteurs pour la récolte intermédiaire d’avril à septembre, considérée comme étant de qualité inférieure. En octobre dernier, la Côte d’Ivoire a fixé le prix de sa principale récolte à environ 5 000 dollars la tonne métrique, tandis que le Ghana l’a fixé à près de 5 300 dollars la tonne métrique.
Les cours mondiaux du cacao à terme ont chuté à environ 3 100 dollars la tonne, ayant perdu la moitié de leur valeur rien que cette année.Pour les négociants mondiaux de cacao, la chute des prix a eu pour conséquence immédiate de lourdes pertes s’ils achetaient des fèves ivoiriennes et ghanéennes pour les revendre aux prix du marché à terme. De ce fait, ils ont pour la plupart cessé d’en acheter.Des agriculteurs ghanéens ont déclaré le mois dernier n’avoir pas été payés pour leurs fèves de cacao depuis novembre, tandis que des sources du secteur ont indiqué à Reuters que la situation était similaire pour les agriculteurs ivoiriens. Elles ont également constaté une accumulation importante de stocks de cacao invendus en Côte d’Ivoire.
QUELLES SONT LES MESURES PRIVILÉGIÉES JUSQU’À PRÉSENT PAR LA CÔTE D’IVOIRE ET LE GHANA EN RÉPONSE ?
Pour tenter de fournir de l’argent aux agriculteurs, le gouvernement ivoirien a lancé à la fin du mois dernier un programme visant à acheter 100 000 tonnes de stocks de cacao invendus de la principale récolte aux agriculteurs, pour un montant d’un demi-milliard de dollars.
Au Ghana, l’organisme de réglementation du cacao a réduit le 12 février de près d’un tiers, pour atteindre environ 3 580 dollars la tonne, après que l’on a estimé que le pays disposait d’environ 50 000 tonnes de stocks de cacao invendus.
La Côte d’Ivoire prévoit également, à compter du 1er mars, de baisser d’environ un tiers son prix fixe aux agriculteurs dans l’espoir d’inciter les vendeurs à vendre aux négociants internationaux, ont indiqué des sources à Reuters.Le gouvernement a annoncé en début de semaine qu’il dévoilerait un nouveau prix pour les agriculteurs d’ici la fin février, soit un mois plus tôt que d’habitude.
POURQUOI LES PRIX MONDIAUX DU CACAO ONT-ILS CHUTTÉ ?
Après avoir presque triplé pour atteindre des niveaux records en 2024, les prix mondiaux du cacao ont depuis perdu environ les trois quarts de leur valeur.
Cette chute est due en partie à la baisse de la demande, les prix élevés ayant incité les chocolatiers à réduire la taille des tablettes, à augmenter la quantité d’additifs autres que le cacao, tels que des gaufrettes ou des noix, et à remplacer des produits comme le beurre de cacao par d’autres matières grasses.
Dans le même temps, des conditions météorologiques favorables ont permis d’obtenir des récoltes plus abondantes et plus saines, ce qui devrait permettre au marché mondial d’enregistrer un excédent d’environ 300 000 à 400 000 tonnes cette saison, selon les négociants internationaux.
Economie
APE SN 01-2026 : un test de crédibilité macroéconomique pour le Sénégal
« Avoir un but trace la voie. » Lao-Tseu
Le Sénégal effectue son retour sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) avec un emprunt obligataire par appel public à l’épargne (APE) d’un montant de 200 milliards de FCFA.
L’opération est structurée par la SGI Invictus Capital & Finance (ICF), désignée arrangeur et chef de file. La souscription est ouverte du 26 février au 19 mars 2026.
Cette émission intervient dans un contexte budgétaire délicat, marqué par des tensions sur les finances publiques et par une attention accrue portée à la soutenabilité de la dette. Elle s’inscrit ainsi au cœur des arbitrages économiques actuels, entre mobilisation de ressources pour financer les priorités de l’État et nécessité de préserver les équilibres macroéconomiques.
Au-delà de la levée de fonds, cette émission constitue un indicateur clé : elle permettra d’évaluer l’appétit des investisseurs régionaux pour la signature souveraine sénégalaise dans un environnement de taux devenu plus exigeant qu’il y a cinq ans.
Une structure calibrée
L’opération est structurée en quatre tranches :
40 milliards FCFA sur 3 ans à 6,40 %
75 milliards FCFA sur 5 ans à 6,60 %
50 milliards FCFA sur 7 ans à 6,75 %
35 milliards FCFA sur 10 ans à 6,95 %
La progression des taux selon la maturité reflète la prime de risque temporelle classique, mais également un contexte monétaire régional marqué par un resserrement progressif des conditions de liquidité. Les rendements proposés demeurent compétitifs dans l’environnement actuel du marché régional, caractérisé par une hausse graduelle des taux ces dernières années.
La tranche à 10 ans, rémunérée à 6,95 %, sera particulièrement scrutée. Elle permettra d’apprécier la capacité du Trésor à allonger la maturité moyenne de sa dette tout en maîtrisant son coût.
L’opération mobilise un large syndicat de placement couvrant l’ensemble de l’espace UEMOA, illustrant l’intégration croissante du marché financier régional et la capacité des États à s’appuyer sur une intermédiation transfrontalière structurée.
Un test de confiance en 2026
L’émission de 200 milliards FCFA envoie un double signal. D’une part, elle confirme la volonté de l’État de consolider son accès au financement domestique. D’autre part, elle fait office de baromètre de confiance quant à la gestion macroéconomique actuelle.
Une souscription largement couverte conforterait la perception d’une signature souveraine robuste. À l’inverse, une couverture plus mesurée ou une concentration excessive sur les maturités courtes pourrait traduire une préférence accrue des investisseurs pour la prudence.
Entre ambition et discipline
Le Sénégal demeure une économie structurante en Afrique de l’Ouest, portée par des perspectives liées à l’exploitation des ressources énergétiques et à la transformation progressive de son appareil productif. Toutefois, la conjoncture actuelle impose un équilibre délicat : financer le développement sans accroître excessivement la charge de la dette.
L’APE SN 01-2026 ne constitue donc pas seulement une opération financière. Il s’agit d’un exercice de crédibilité macroéconomique, observé avec attention par les marchés régionaux.
Economie
Egypte : 2,3 milliards de dollars du FMI pour financer l’Economie
« Avoir un but trace la voie. » Lao-Tseu
Le Conseil d’administration du FMI valide de nouveaux décaissements au titre des programmes EFF et RSF, saluant les progrès macroéconomiques tout en appelant à accélérer les réformes structurelles.
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les cinquième et sixième examens du programme économique de l’Égypte soutenu par la Facilité élargie de crédit (EFF), ainsi que le premier examen au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF).
Cette décision permet aux autorités égyptiennes de mobiliser immédiatement environ 2,3 milliards de dollars, dont 2 milliards au titre de l’EFF et 273 millions dans le cadre du RSF. Le programme EFF, approuvé le 16 décembre 2022 pour une durée de 46 mois, a été prolongé jusqu’au 15 décembre 2026.
Selon le FMI, la situation macroéconomique de l’Égypte s’est sensiblement améliorée grâce à des politiques monétaires et budgétaires restrictives et à une plus grande flexibilité du taux de change. La croissance du PIB réel a atteint 4,4 % au cours de l’exercice 2024/25, tandis que l’inflation a reculé à 11,9 % en janvier 2026.
Le déficit du compte courant s’est réduit à 4,2 % du PIB, soutenu par la vigueur des transferts de fonds et des recettes touristiques. Les réserves internationales brutes sont passées de 54,9 milliards de dollars en décembre 2024 à 59,2 milliards de dollars en décembre 2025.
Le Fonds souligne également une amélioration des résultats budgétaires, portée par une hausse des recettes fiscales et une modération des investissements publics.
Toutefois, le solde primaire est resté inférieur aux objectifs du programme, en raison notamment de retards dans les cessions d’actifs prévues. Le niveau élevé de la dette publique et les besoins de financement brut continuent de peser sur les marges budgétaires.
Sur le plan structurel, les progrès sont jugés inégaux. Le FMI insiste sur la nécessité d’accélérer le désengagement de l’État dans les secteurs non stratégiques et de renforcer la concurrence afin de favoriser un modèle de croissance davantage tiré par le secteur privé. Le maintien d’un régime de change flexible, la poursuite de la désinflation, l’élargissement de l’assiette fiscale et la mise en œuvre d’une stratégie globale de gestion de la dette figurent parmi les priorités.
Le programme soutenu par la RSF avance parallèlement, notamment dans le domaine climatique. Les autorités ont publié un calendrier de mise en œuvre des objectifs en matière d’énergies renouvelables et adopté une directive obligeant les banques à déclarer leur exposition aux risques liés à la transition climatique.
Malgré ces avancées, le FMI prévient que les risques demeurent élevés, liés aux tensions géopolitiques régionales et au durcissement des conditions financières mondiales, appelant à une poursuite résolue des réformes pour consolider une croissance durable et inclusive.
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