Développement personnel
Résumé du livre « Foutez-vous la paix ! » de Fabrice Midal
J’ai décidé d’être heureux parce que c’est bon pour la santé. Voltaire
Résumé de « Foutez-vous la paix » de Fabrice Midal : Dans ce livre, Fabrice Midal nous offre une vision nouvelle de la méditation qui ne nous enferme pas dans des règles, une pratique qui ne demande rien, juste de « nous foutre la paix« .
Chronique et résumé de « Foutez-vous la paix » de Fabrice Midal
Chapitre 1 – Cessez de méditer : vous êtes intelligent
1.1 – L’art de se foutre la paix
Dans le premier chapitre de son livre « Foutez-vous la paix« , Fabrice Midal partage sa définition de la méditation : pour lui, la méditation n’a pas d’objectif comme celui de devenir plus sage ou meilleur. Elle ne nécessite pas non plus de mode d’emploi.
D’ailleurs, depuis plus de 25 ans qu’il pratique la méditation et 15 années d’enseignement, l’auteur affirme n’avoir jamais fait de promesses à ses élèves.
Mais cette approche est singulière. Car Fabrice Midal constate que la quête de la performance s’est imposée dans cette pratique de la méditation, jusqu’à pousser certains élèves au dégoût. Il raconte avoir vu, après des heures de méditation, certains apprentis ressentir un échec cuisant : ils n’ont pas réussi à se transformer comme cela avait été promis ni même à se sentir déstressés. Ils étaient frustrés.
Cette approche de la méditation n’est pas celle de Fabrice Midal, souligne-t-il. Car, de son point de vue, méditer n’est pas une technique ou un exercice qu’il faut réussir et noter. Non, selon lui, c’est un art de vivre, et plus précisément « l’art de se foutre de la paix » affirme l’auteur :
« Je ne prescris rien, je ne fournis pas d’astuces, je ne garantis rien et je ne donne pas de bons points. Je ne suggère pas de regarder passer ses pensées sans s’y attarder, comme des nuages qui finissent par se dissiper ».
1.2 – Ne surtout pas chercher à bien faire
Méditer selon le livre « Foutez-vous la paix » a pour idée de ne surtout pas se torturer à chercher à méditer. La méditation doit être un plaisir avant tout. Et ce n’est qu’une fois la crainte de se tromper disparue qu’il devient plus simple et plus appréciable de méditer. Vouloir « bien faire » tend à nous faire paniquer, crée des tensions et de la frustration.
D’ailleurs, l’auteur nous rappelle que cette injonction, induite par la société actuelle, n’existait pas auparavant. Fabrice Midal en fait une illustration en racontant comment ses grands-parents « passaient de longs moments, en silence, à regarder crépiter le feu dans la cheminée ». Ce moment était, pour eux, indispensable à leur équilibre, souligne-t-il. Bien que banal et naturel, c’était « une forme d’hygiène de l’esprit« . Comme l’était le fait de « marcher, de bouger, de se fatiguer, de pratiquer ce que nous appelons aujourd’hui le sport que nous accomplissons, nous, selon des protocoles savants, avec des machines, des instructions, des appareils mesurant nos performances ».
1.3 – La rencontre de l’auteur avec une méditation sans règles
L’auteur explique avoir été initié à la méditation à l’âge de 21 ans. À ce moment de sa vie, il avait le sentiment d’être en échec, de ne pas réussir à suivre le rythme scolaire. Il n’arrivait pas à faire les choses comme il souhaitait et cela générait une frustration. Sa rencontre avec Francisco Varela lui a permis de découvrir une pratique où il n’était pas question de performance ou de réussite. Il suffisait ici de s’asseoir sur un coussin et d’être juste présent, attentif à ce qu’il se passe.
Cette approche de la méditation, où il n’y a pas de règlement strict a permis à l’auteur de « Foutez-vous la paix » de trouver sa voie. Lui, qui avait toujours voulu bien faire, se retrouvait dans une situation où il n’avait plus rien à réussir.
1.4 – La méditation de pleine présence ou « mindfulness »
Selon Fabrice Midal, méditer est « tout simplement le fait d’être ». Celui de s’accorder le temps de faire une pause, de « s’ancrer dans son corps« . Méditer ne nécessite aucune expertise. Le maître zen japonais Shunryu Suzuki disait d’ailleurs que les meilleures méditations sont celles des débutants, les experts ayant tendance à se perdre dans les complications.
Aujourd’hui, cette pratique est appelée « le mindfulness« . L’auteur préfère traduire ce terme par « pleine présence » plutôt que « pleine conscience ».
Et pour pratiquer cette pleine présence, rien de plus simple : il suffit de s’asseoir sur un coussin ou sur une chaise . Il n’y a aucune posture à prescrire ou interdire, juste, si possible, de se tenir droit, car une posture droite « ouvre l’esprit à l’entièreté du présent ». Cette position naturelle vous sera peut-être inconfortable au départ, mais ce n’est pas grave, ne culpabilisez pas et ne vous forcez pas à tout prix. L’important est de trouver un état de bien-être sans se frustrer avec des règles. Dans cette méditation, tout est acceptable. Il n’y a pas d’échecs. Si votre tête est remplie de pensées, chercher à faire le vide aura l’effet contraire. L’idée est d’accepter vos pensées comme faisant partie de la méditation.
1.5 – Méditer, c’est « s’autoriser à redevenir humain »
Pour Fabrice Midal, la méditation n’est pas un exercice, un travail sur soi, une introspection ou encore un challenge à relever. Ce n’est pas non plus se couper du monde mais c’est, au contraire, « entrer en relation avec ce qui est, tel qu’il est « y compris avec nous-même avec bienveillance.
Ainsi, pour l’auteur de « Foutez-vous la paix » :
« Méditer n’est pas se détacher ni se désincarner, mais, au contraire, s’ouvrir au monde à travers ses sens, donc à travers son corps. C’est sentir le contact de ses pieds avec le sol, de ses mains sur ses cuisses, des vêtements sur sa peau. C’est entendre une voiture qui freine, un passant qui parle, sans essayer de comprendre, sans juger, sans même y mettre des mots. En prenant acte, c’est tout : j’entends, je vois, j’ai faim, je suis en rapport, et bientôt le son devient plus ample, il devient infini, il devient poésie… »
Fabrice Midal compare la méditation à la respiration. Respirer est un geste naturel, qui ne demande aucun effort et qui permet de rester vivant. C’est « l’acte de vie par excellence » déclare l’auteur. De même, pratiquer la méditation est une façon de nous sentir vivant :
« Méditer (…) est un acte naturel par lequel je laisse la vie revenir en moi, grâce auquel je redeviens vivant. C’est surtout un acte de tous les moments qui consiste en une forme d’attention et de bienveillance, en dehors de tout jugement. En somme, la méditation est une respiration sans consigne et sans sanction, c’est se foutre la paix. »
Chapitre 2 – Cessez d’obéir : vous êtes intelligent

2.1 – Obéir est souvent « un acte de servitude »
Fabrice Midal commence le deuxième chapitre de son ouvrage « Foutez-vous la paix » par une anecdote personnelle.
Enfant, alors qu’il était en vacances en famille, ses parents l’ont inscrit, lui et sa petite soeur, à un concours de châteaux de sable. Les règles étaient simples, il fallait construire un château en moins d’une heure. Lors de ce concours, l’auteur choisit de suivre les consignes : il s’appliqua à bâtir un beau château mais n’a finalement pas le temps d’en finir la moitié. Sa soeur, elle, décida de réaliser une coccinelle qu’elle décora avec de la confiture de fraise. Elle remporta le concours pour sa créativité et son savoir-faire. Mais la victoire de sa soeur ne semblait pas légitime pour l’auteur. Pour lui, elle n’avait pas respecté les règles alors que lui, avait fait ce qui avait été demandé.
Fabrice Midal nous confie ce souvenir pour illustrer une idée : obéir est bien souvent une solution de facilité.
Suivre les règles aveuglément nous rassure : nous sommes ainsi certain de « bien faire ». Cette volonté de « bien faire » nous pousse à répéter les mêmes gestes, à rester dans ce que nous jugeons confortable et nous mène finalement, sans même nous en rendre compte, à un acte de servitude.
Beaucoup considèrent que servir le maître – ou le courant majoritaire – est finalement la seule façon de ne pas perdre son pouvoir et de ne pas avoir de problèmes. Et « ils en sont arrivés à oublier leur profond désir de dire non face à l’absurdité de certains ordres… » termine l’auteur.
2.2 – Prendre conscience de notre formatage
Si la plupart d’entre nous se soumettent aux règles, nous constatons pourtant bien qu’en réalité, obéir sans chercher à comprendre ou malgré notre désaccord, nous gêne et étouffe notre intelligence : « nous avons envie de dire non, mais quelque chose nous retient ». Et pour Fabrice Midal, ce qui nous retient, c’est notre éducation, c’est-à-dire, dit-il notre « formatage ».
Car selon l’auteur de « Foutez-vous la paix« , l’être humain est encouragé, dès le plus jeune âge, à entrer dans un moule plutôt que d’assumer sa liberté. Au lieu de lui enseigner à questionner, à penser par lui-même, à gagner plus de liberté, à se débrouiller dans la vie, on lui apprend à reproduire l’identique des connaissances qu’il a apprises par coeur.
En somme, pour Fabrice Midal, « nous confondons formatage et formation« .
2.3 – Sortir du cadre pour laisser exprimer son intelligence
Par ailleurs, pour l’auteur, notre système scolaire ne prend pas en compte les réalités de la société. Il ne prend pas en considération le fait que nous serons probablement amené à changer de métier, de lieu de vie, que nous devons nous adapter à l’évolution de notre environnement.
Finalement :
« Nous sommes comme le petit garçon que j’étais sur la plage : nous croyons bien faire, mais nous construisons les conditions de notre échec. Nous ne savons plus prendre de la hauteur et voir plus grand que le cadre dans lequel nous sommes enfermés, dans lequel nous nous enfermons. Pourtant, ce cadre n’est pas fermé ! Les règles sont beaucoup moins rigides qu’on ne le croit. »
Et même si sortir des sentiers battus ou ne pas se conformer aux règles comporte des risques, de nombreuses situations montrent à quel point nous pouvons « être géniaux parce que nous avons laissé s’exprimer cette intelligence qui ose ». Beaucoup en font l’expérience, comme de nombreux scientifiques et artistes : Einstein n’a-t-il pas révolutionné la physique « le jour où il a décidé de passer outre les règles qui étaient celles de la science de son époque « ?
2.4 – Dépasser la peur du « moins bon » pour oser prendre des risques
Cette crainte de l’échec, celle de vouloir réussir d’une manière et pas d’une autre, nous handicape.
Dans sa jeunesse, l’auteur raconte que sa grand-mère préparait le meilleur gâteau qu’il soit. Mais à chaque fois qu’il lui demandait la recette, cette dernière restait vague. La raison n’était pas qu’il s’agissait d’un secret. C’était parce que sa grand-mère n’utilisait jamais les mêmes proportions pour faire ce gâteau, elle ne suivait jamais la recette. Ainsi, chaque gâteau était une expérience unique, avec un goût unique. Et même si parfois il n’était pas aussi bon que la veille, il restait toujours délicieux.
Pour l’auteur de « Foutez-vous la paix« , c’est cette peur du « moins bon » qui nous empêche de prendre des risques. Répéter les mêmes gestes nous rassure, mais à terme, peut nous amener à devenir des robots.
Vouloir trop « bien faire » en préparant « trop » un entretien d’embauche, une conférence, par exemple, finit par nous brider. Lâcher prise, se faire confiance rend l’expérience bien plus intense et généralement bien moins ennuyeuse. Alors osez : foutez-vous la paix !
2.5 – Questionner les règles
Ce n’est pas en contestant toutes les règles que nous devenons plus créatifs et plus vivants. Voyez ces mouvements révolutionnaires qui ont fini par instaurer des règles encore plus strictes que les systèmes tant revendiqués. Et puis, toutes les règles ne sont pas absurdes. Beaucoup sont utiles et structurantes pour nous et le bon fonctionnement de la société.
Aussi, « la vraie question à se poser est de savoir lesquelles nous devons suivre » précise l’auteur. Pour cela, il est essentiel de s’interroger sur chaque règle : l’avons-nous choisie, pas choisie ? Est-ce que nous la respectons par peur de nous faire remarquer et de prendre un risque ou suivons-nous cette règle en pleine conscience ?
L’idée est la suivante :
« Je réponds à ces règles, je m’y conforme, mais en essayant de ne pas tomber dans une servitude volontaire. Je me fous la paix, c’est-à-dire que je m’autorise à un rapport complètement neuf, complètement vivant, aux règles et à la discipline. »
Il ne s’agit donc pas de se plier à une règle parce que c’est une règle : il s’agit de l’intégrer quand elle nous rend plus libre. Sinon, d’essayer de la questionner.
2.6 – Répondre intelligemment, sans subir la pression des règles
La méditation telle que Fabrice Midal la conçoit dans « Foutez-vous la paix » nous aide à découvrir « les dons du présent » pour répondre intelligemment aux situations :
« En ce sens, la méditation que je défends est une éthique : elle nous demande de savoir faire face à chaque situation et d’inventer un rapport juste à elle. De lâcher la pression des règles, de refuser la servitude volontaire qui favorise la tyrannie sous toutes ses formes. »
Pour Fabrice Midal, obéir aux règles d’un « maître de sagesse » (même profondément libre) pour trouver la « conduite juste » est une soumission volontaire : « une soumission volontaire, supportée au nom de discours spirituels enflammés » précise-t-il.
Car en devenant un disciple, on perd le contrôle de sa vie :
« Nous ne pouvons pas apprendre à être, à aimer, à décider quoi que ce soit d’essentiel en nous remettant au pouvoir d’un autre. »
2.7 – Méditer sans échec et sans réussite
Pour Fabrice Midal, la pratique de la méditation telle qu’elle est proposée dans « Foutez-vous la paix » repose sur deux piliers qui ne demandent ni de réfléchir, ni d’obéir :
- « Être présent à son souffle« , respirer.
- « Être ouvert à tout ce qui est là, dans la situation ».
Cette méditation offre l’avantage de n’avoir ni succès ni échec. C’est juste un moment sans contrainte où nous pouvons ne rien faire :
« Il n’ y a que ce quart d’heure, cette demi-heure ou même parfois plus, pendant lesquels, au milieu de toutes les obligations du quotidien, je pars à l’aventure. Je cesse de vouloir méditer, je cesse d’obéir, je ne fais rien. (…) Pour peu que j’accepte de ne pas savoir à l’avance ce qui va advenir, de m’ouvrir à l’imprévu et à l’intelligence qui jaillira en moi. Pour peu que je me foute la paix… »
Chapitre 3 – Cessez d’être sage : soyez enthousiaste

3.1 – La sagesse est un chemin et non un but
Selon l’auteur, notre idée de la sagesse est à la fois « fantasmagorique » et « infantile ». Nous la voyons comme une solution magique capable de faire disparaître tous nos problèmes.
Aussi, la sagesse est devenue une sorte de produit que nous devrions tous avoir, au même titre que tous ces biens de consommation jetables acquis sur internet.
Les grands sages sont perçus comme des êtres lisses, calmes et sans encombre. Mais la réalité est toute autre. Les personnalités comme le Dalaï-lama ou Nelson Mandela sont des icônes auxquelles nous voudrions ressembler le plus vite possible, sans comprendre que la sagesse est un cheminement, et qu’il faut donc du temps pour se mettre en route.
La sagesse des grands sages que nous connaissons aujourd’hui ne s’apprend pas dans les livres. Elle s’est construite avec les expériences qu’ils ont vécues, les épreuves qu’ils ont affrontées, les efforts qu’ils ont fournis tout au long de leur parcours. Ainsi, pour Fabrice Midal :
« La sagesse est un chemin et non un but. »
Or, de nos jours où tout est accessible et facile, nous ne souhaitons plus attendre ni surmonter les obstacles.
3.2 – La vision passive et lisse de la sagesse est une vision idéalisée et erronée
Depuis toujours, la sagesse que nous devrions atteindre est celle qui permet d’accéder à la sérénité, à la tranquillité de l’âme, au « nirvana ». Pour cela, on nous somme de combattre nos peurs, nos désirs et nos colères. Selon cette vision déformée, la sagesse serait un état dans lequel nos soucis de la vie ne pourraient nous atteindre. Et nous visons donc cet idéal en le pensant imperméable à tous les problèmes.
Pour l’auteur de « Foutez-vous la paix« , cette vision éthérée de la sagesse nous conduit non seulement à idéaliser l’insensibilité, mais est complètement erronée. Les sages que nous connaissons, comme Boudha, le Christ ou Nelson Mandala en sont de parfaits contre-exemples : ces derniers ont en effet lutté face à l’injustice, se sont battus, se sont mis en colère. Pour l’auteur, ils ont été aux antipodes de la vision passive de la sagesse.
3.3 – La « vraie » sagesse, c’est être authentique et vivant
La « vraie sagesse » n’est pas un rêve d’impassibilité, loin de la chaleur et du bouillonnement de la réalité. Elle part de ce que nous sommes, de ce que nous ressentons. Elle ne réside pas dans la prière ou la méditation mais intègre une forme de provocation, car elle mobilise des sages, des philosophes qui dénoncent et débattent sur des sujets que l’homme refuse de voir.
Pour Fabrice Midal :
« Les vrais héros ne font pas rimer sagesse et quiétude. Ils ne cherchent pas à transcender le monde, ils l’épousent. »
Aussi, au lieu de vouloir être plus zen, pourquoi ne pas vouloir être plus vivant, interroge l’auteur qui voit davantage de vérité dans nos émotions que « chez tous les maîtres qui arborent une mine impassible ».
3.4 – La sagesse n’est pas à l’extérieur de nous
Fabrice Midal termine le troisième chapitre de « Foutez-vous la paix » par une invitation : « foutez-vous la paix, et vous découvrirez que la sagesse est en vous« .
Selon l’auteur, la méditation n’est pas à l’extérieur de nous. Elle est dans l’ici et le maintenant, en chacun de nous. Elle permet de nous ouvrir à ce que nous sommes, loin de la perfection. Méditer ne sert pas à nous rendre plus calme ou plus productif. Elle ne nous impose pas d’étouffer nos émotions, ni de les exposer. Il s’agit juste de les écouter et de les reconnaître pour distinguer le vrai du faux :
« Je suis en colère ? J’oublie l’injonction du lâcher-prise qui est en elle-même le contraire du lâcher-prise. Je ne lâche pas prise, je me fous la paix ! »
L’idée est plus précisément la suivante :
« Je ne fais rien, je laisse être ce qui se passe sans le réprimer. Je ne juge pas ma colère, je ne la commente pas, je ne l’autorise pas, je ne l’interdis pas non plus : je prends le risque d’en faire l’épreuve. »
Enfin, pour Fabrice Midal, cette volonté de vouloir absolument devenir sage nous ôte toute sensibilité et nous empêche de nous relier au présent, à la souffrance du monde.
Chapitre 4 – Cessez d’être calme : soyez en paix

4.1 – La méditation ne calme pas, elle pacifie
Dans la société actuelle, être calme est devenu un objectif de vie. Il ne faut pas trop exprimer ses émotions, qu’elles soient positives ou négatives. Finalement, aujourd’hui, nous devons nous conformer aux autres. Nous devons devenir des « moutons uniformes« . Pour l’auteur, cette injonction est absurde et à l’opposé de la vie.
Pour mieux comprendre, Fabrice Midal revient sur le sens du mot « calme ». Il explique que ce terme :
- Désignait autrefois le manque de vent chez les marins. Le calme les empêchait d’avancer. Il était synonyme d’ »immobilité statique ».
- Se distingue du mot « paix », qui correspond à un sentiment de plénitude et d’apaisement : en grec, la paix signifie « réparer », « ajuster » et « travailler ». Elle n’est pas lisse, elle intègre toutes les émotions de la vie et implique un effort. Elle est donc à l’exact opposé du calme.
« En ce sens, la méditation pacifie, mais elle ne calme pas » assure l’auteur de « Foutez-vous la paix« .
Pour l’auteur, il est important de cesser de culpabiliser de « ne pas réussir à montrer une façade lisse et socialement adaptée ». Cet idéal de calme nous amène aujourd’hui à ne plus oser dire « non » ou nous opposer de peur de faire des vagues. Or :
« À force de nous censurer, de nous étouffer, nous devenons des cocottes-minute qui implosent dans un burn-out silencieux. Nous fuyons la crise, alors que celle-ci est porteuse de salutaires remises en question ».
4.2 – La méditation n’a pas objectif de nous calmer
Cet état de calme est souvent associé au bonheur et attendu dans la méditation. Mais Fabrice Midal explique que le calme n’est pas du tout ce qu’il recherche en méditant.
Pour lui, méditer consiste à exister dans le moment, à être attentif, sans porter de jugement sur ses pensées. L’objectif est de « rentrer en rapport avec la réalité telle qu’elle est » calmement ou non. Ainsi, la méditation autorise les vagues. Durant ce moment, toutes les émotions sont acceptées.
4.3 – Il n’y a pas de méthode de méditation
Pour l’auteur, il n’existe pas de méthode unique de méditation. C’est à nous de trouver celle qui nous convient, qui nous parle, que l’on comprend, « qui nous donne envie de recommencer, de continuer, d’aller plus loin sur le chemin ».
De nombreuses méthodes nécessitent certains protocoles ou se présentent avec des objectifs : observer ses pensées traverser son esprit, faire le vide en soi pour mieux contrôler son esprit, se concentrer sur un point spécifique, se fondre dans le divin, etc.
L’approche de l’auteur n’adhère à rien de tout cela. Pour lui, la méditation ne recherche rien. Elle n’est surtout pas cette quête du calme. Elle n’efface pas non plus les émotions mais nous emmène plutôt à un tout autre rapport avec les tracas du quotidien.
Finalement, la méditation selon « Foutez-vous la paix » nous offre une perception différente. Elle est « la voie d’accès vers la passion, l’action et l’exaltation » termine l’auteur.
Chapitre 5 – Cessez de vous réfréner : désirez

5.1 – La méditation n’est pas l’ennemi du désir
Dans ce chapitre de « Foutez-vous la paix », Fabrice Midal nous confronte à l’idée absurde que la sagesse ferait de nous des êtres sans désirs, et donc sans tourments. Il dénonce cette « fausse dichotomie entre le calme et l’action, la passivité et la volonté. » et explique que le fait de vouloir supprimer le désir est à l’opposé de nombreuses doctrines, y compris du bouddhisme. L’Occident, fort de son héritage, a en fait transformé les idées pour les conformer à sa vision de la sagesse.
Ainsi, le désir n’est pas quelque chose de négatif à supprimer. Fabrice Midal entend par le terme de « désir » non pas le désir consumériste (qui consisterait, par exemple, à s’offrir le dernier voyage ou la dernière voiture à la mode), mais l’ »élan de vie » qui porte en avant, surprend et libère. Il confie :
« Il [le désir] est un sentiment qui me saisit au plus profond de moi, que je ne maîtrise pas, et que pourtant je reconnais comme profondément mien quand je le rencontre. Ce désir-là me sort hors de moi et me fait découvrir le sens de mon être propre. Il implique que quelque chose de mon existence la plus profonde rayonne. »
5.2 – Désirer, c’est juste se mettre à l’écoute de ce qui nous appelle
Pour Fabrice Midal, « désirer, c’est être appelé par quelque chose qui nous éveille« .
L’auteur nous invite alors à écouter ce désir d’accomplissement.
Le psychologue Mihaly Csikszentmihalyi utilise le terme d’expériences optimales pour évoquer ces moments où, porté par la joie, la créativité et un engagement total, on ne se préoccupe plus de soi, mais juste de ce qui est à faire. Nous sommes alors tellement passionné par ce que nous faisons que nous nous oublions.
En fait, Fabrice Midal explique que, porté par notre désir d’accomplissement, ce moment met à distance les injonctions et les usages sociaux et nous amène à nous foutre la paix :
« Si l’on demande aux personnes qui vivent ces expériences à quoi elles pensent et ce qu’elles éprouvent, la plupart répondront : « Rien ». Libérées des fausses obligations qui nous éloignent de notre propre être, elles fusionnent avec l’objet de leur attention… Autrement dit, elles se foutent la paix ! »
5.3 – Écouter notre désir de façon très simple
Enfin, Fabrice Midal explique qu’écouter ce que nous sommes, ce qui nous appelle, n’est pas se lancer dans une introspection. C’est beaucoup plus simple que cela : c’est observer de façon neutre, bienveillante et sans aucune culpabilité ce que nous vivons et juste se demander ce qui nous fait envie.
L’auteur met enfin en avant l’importance de rester libre, de ne pas s’enfermer dans des règles moralisatrices qui condamnent le désir.
Chapitre 6 – Cessez d’être passif : sachez attendre

6.1 – Agir à tout prix
Dans ce chapitre de « Foutez-vous la paix », Fabrice Midal nous parle de la vison que notre société a sur l’action.
Pour la majorité d’entre nous, une action engendre immédiatement un résultat mesurable. Agir semble signifier qu’il faut s’agiter, s’occuper. Dans le monde actuel, une personne « surbookée » (l’auteur cite ici l’exemple du businessman dans l’histoire du Petit Prince) est une personne active. Tandis que celle qui ne s’agite pas est vite cataloguée comme une personne paresseuse ou qui ne fait rien de sa vie.
6.2 – Enchaîner mécaniquement les actions nous apporte l’illusion que nous agissons
Pour contrer cela, nous passons notre temps à répéter des actions parfois inutiles. À ce sujet, l’auteur nous compare à ce patient, dans cette histoire très parlante:
Nous sommes comme ce patient très occupé à taper des mains sans arrêt et auquel le psychiatre demande : « pourquoi continues-tu à frapper des mains ? » Le patient répond : « Pour chasser les éléphants. » « Mais il n’y a pas d’éléphants ici ! », lui dit le psychiatre. Et le malade de répondre, sans cesser de taper dans les mains : « Tu vois que ça fonctionne ! »
Ainsi, pour l’auteur, nous sommes tous ce patient qui tape dans ses mains : « nous enchaînons les activités absurdes, mécaniques, qui n’ont pas de sens sauf celui de nous donner l’impression que nous agissons, alors qu’en réalité, nous sommes dans une désespérante passivité. » L’auteur le dit d’une autre façon : « tourner dans une roue comme un hamster n’est pas agir« .
6.3 – Repenser notre conception du temps
Pour sortir de cela, il faut cesser de vouloir mesurer toutes nos actions dans le temps. Car le temps n’est pas normatif, chacun a un temps qui lui est propre. Il faut aussi cesser d’être obsédé par les moyennes édictées par les statistiques qui ne correspondent pas à la réalité. Celle-ci nous empêche d’entrer en rapport avec le temps juste (autrement dit, le nôtre) et nous font vivre dans l’impatience permanente. Toutes ces injonctions de temps (être capable d’écrire un article en moins d’une heure, apprendre une nouvelle langue en 3 mois, se remettre d’une séparation en 5 semaines…) ne font, au final, que générer l’idée terrifiante de ne pas être dans la norme.
6.4 – Méditer, ce n’est pas être passif
Les gens conçoivent souvent la méditation comme une parenthèse au milieu de l’agitation où nous pouvons être passif et ne rien faire. Mais pour Fabrice Midal, c’est tout l’opposé.
Certes, quand il médite, il est assis, il ne bouge pas. Mais cela ne signifie pas qu’il est passif, précise-t-il. Un médecin qui écoute son patient avant de réaliser un examen médical ne bouge pas non plus. Pourtant, on ne dira pas qu’il n’agit pas. Au contraire, il sera remercié pour le diagnostic approfondi qu’il aura ainsi réalisé. De la même façon, Fabrice Midal, lorsqu’il médite, dit accomplir une action réelle et profonde : il s’ouvre à la réalité, il est dans une attente dans laquelle il « fait » quelque chose pour changer. De la même façon que nous sommes actif quand nous regardons une oeuvre artistique ou que nous nous promenons dans la montagne.
6.5 – Attendre avec confiance, c’est agir
Fabrice Midal nous invite à ne pas rester passif et à s’engager. Il développe trois idées pour mieux comprendre ce que cela veut dire :
- L’action véritable est celle qui permet à quelque chose d’éclore, sans aucune contrainte de temps.
- Attendre n’est pas être passif, c’est même être profondément actif. L’attente oeuvre en moi et demande à ce que nous lui fassions confiance.
- Être actif, ce n’est pas s’agiter ni courir dans tous les sens pour se donner l’impression d’être dans « le faire ». C’est avant tout construire en profondeur, comprendre et trouver une solution à une situation qui nous semble être sans issue. L’auteur confie, à ce propos :
« Je suis souvent passif quand je m’agite. Je suis réellement actif quand j’ose tout arrêter, attendre, faire confiance. »
C’est donc en nous autorisant à ne rien faire, en attendant, en ayant confiance, que nous trouverons une solution à une situation dans laquelle nous avons l’impression d’être enlisé.
Chapitre 7 – Cessez d’être confiant : soyez présent

7.1 – Méditer, ce « n’est pas réfléchir mais sentir »
Dans ce chapitre de « Foutez-vous la paix« , Fabrice Midal revient sur le principe de dualisme développé par René Descartes. À travers ce principe, Descartes affirme que l’esprit est l’essence de la personne et que notre conscience est une entité à part entière, indépendante du monde extérieur et de la matière. Pour lui, la conscience n’a donc pas besoin de ce qui nous entoure pour exister.
L’auteur considère que cette vision de la conscience détachée de la réalité nous a atrophiés et nous a coupés de nos sens, des autres et du monde. Or, nous la retrouvons dans la méditation.
En effet, aujourd’hui perçue comme un acte de « pleine conscience », la méditation est automatiquement associée à la réflexion, à l’exercice intellectuel alors que, pour l’auteur, celle-ci ne se limite pas uniquement à l’esprit, mais bien à tout notre être, avec son corps, ses émotions, sa respiration. Contrairement à la croyance commune, la conscience n’est pas quelque chose d’abstrait. Et la méditation s’ancre dans le monde :
« Méditer n’est pas réfléchir, mais sentir. »
7.2 – Méditer pour vivre en « pleine présence », et non pas « en pleine conscience »
Méditer ne demande pas d’être « conscient » mais d’être « ouvert ». Et de se faire confiance. L’auteur illustre ses propos en comparant cette situation à celle d’un cycliste : lorsqu’il tient en équilibre, le cycliste ne se demande pas quel est l’angle idéal à adopter pour cela. Non, il se fait juste confiance.
Ainsi, si l’auteur s’est érigé contre le diktat de la conscience, c’est parce que sa pratique est avant tout une méditation en pleine présence plutôt qu’en pleine conscience. Selon lui :
« Méditer, c’est se libérer de l’enfer de la pleine conscience pour vivre enfin en pleine présence avec l’entièreté de notre être, de nos sensations, de notre coeur, de notre peau, de notre souffle, et en nous replaçant dans la chair même du monde, l’eau, l’air, les arbres, les sons… »
7.3 – S’ouvrir à la découverte des sens
L’auteur de « Foutez-vous la paix » explique qu’au fil des années, la méditation a pris un aspect technique :
« En introduisant la notion de conscience, nous avons réduit la méditation à une pure technique, un exercice cérébral qui active telle zone du cortex et place telle autre en repos. (…) En théorisant la méditation, nous redevenons des cerveaux qui complètent des dossiers et des colonnes de chiffres. »
Pour Fabrice Midal, ce « piège de la conscience nous guette en permanence« . Nous intellectuons tout : nous comptons nos pas en marchant, analysons ce que nous avons dans nos assiettes, saluons une personne parce que nous l’avons auparavant décider… Dans la pratique de la méditation, c’est la même chose : nous cherchons à contrôler notre respiration, nos pensées. Quoi que nous fassions, nous nous laissons guider par notre conscience. Ainsi :
« À force d’être conscients, nous oublions d’être présents. À force de penser, nous oublions de jouir. »
La méditation telle que la propose Fabrice Midal dans « Foutez-vous la paix » nous libère de cette idéologie de la conscience, écrasante et artificielle, de cette forteresse dans laquelle nous nous sommes enfermés. Elle nous propose un autre rapport à ce qui nous entoure, au temps et au monde. Elle nous invite à la découverte par les sens, à être attentif et présent plutôt que « conscient ».
Chapitre 8 – Cessez de vouloir être parfait : acceptez les intempéries
8.1 – Atteindre la perfection à tout prix
À ses débuts dans la méditation, Fabrice Midal avait pour objectif de devenir quelqu’un de parfait : moins fragile, moins compliqué, moins timide, moins impatient, plus confiant, plus détendu, etc. Il souhaitait, à travers la méditation, changer ce qu’il n’aimait pas chez lui.
Si nous nous mettons en quête de perfection, explique Fabrice Midal, c’est parce que notre éducation nous a appris à refuser l’échec. Pourtant, l’échec est non seulement inévitable, mais il est surtout indispensable pour grandir. Contrairement à la culture française, les Anglo-saxons l’ont compris. Ils n’ont aucun problème à mettre en avant leurs erreurs, dans leur CV notamment, car ils voient, dans leurs erreurs, la preuve d’avoir essayé d’aller plus loin même si cela n’a pas réussi.
8.2 – Vouloir être parfait nous prive d’une rencontre authentique avec les autres
Si nous recherchons la perfection, c’est aussi pour ne pas renvoyer une image de nous-même entâchée d’émotions qui nous feraient honte. La colère, l’envie, la déception ont une connotation négative alors même que ces émotions sont les témoins de notre humanité. Cette obsession permanente nous pousse à exercer un harcèlement moral contre soi. Et ce, dès le plus jeune âge, à l’école notamment qui nous impose toujours de faire mieux.
Pourtant, si nous admirons la perfection chez les autres, en réalité nous ne l’aimons pas. Pourquoi ? Parce qu’elle ne nous touche pas, souligne Fabrice Midal. Dans cette société qui prône la perfection, nous refusons de montrer nos imperfections et nos émotions par peur d’être brisé. Mais nous savons bien que c’est ce qui nous relient le plus aux autres :
« C’est quand on est le plus à nu, le plus authentique, quand on ne triche plus, que l’on trouve la possibilité de rencontrer les autres pour de bon. Comme s’il y avait un risque qu’il faille nécessairement prendre pour que s’ouvre une transmission de coeur à coeur. Chercher à être parfait, c’est étouffer en soi cette source si précieuse. »
Pour l’auteur, il n’est aujourd’hui plus question de chercher à être parfait. Il se fiche de tout cela à présent. Ses émotions, sa sensibilité, sa fragilité sont toujours là. La seule chose qui ait changé, c’est son rapport à elles.
Et désormais, pour lui, méditer, c’est prendre en vrac tous ces éléments qui nous constituent et « enterrer la hache de guerre » :
« Méditer est un acte de bienveillance envers soi, un oui profond. »
8.3 – Juste faire de son mieux et se laisser vivre
Cette quête de la perfection va aujourd’hui bien au-delà de ce que nous pouvons penser : l’excellence remplace la perfection. L’auteur donne pour exemple les Jeux Olympiques : autrefois, l’objectif était que le meilleur gagne ; désormais, ce qui intéresse les joueurs et les commentateurs, c’est le nombre de médailles qui ont été gagnées.
Pour Fabrice Midal, ce qui compte, c’est de faire de son mieux. Ne soyez pas parfaits, lance-t-il, « soyez ambitieux » :
« Acceptez les failles, les lacunes, les imperfections… mais faites de votre mieux, à partir de ce que vous êtes, à partir de la réalité que vous avez en face de vous. Ne vous coupez pas de vous-mêmes, ne vous coupez pas de la vie. »
Cela ne signifie pas que, pour se libérer du carcan de la perfection, il faille se négliger. Non, il s’agit juste d’accepter de vivre la complexité et la nuance du monde, cesser de s’autoévaluer et s’autovérifier, « faire la paix avec ses désarrois et ses intempéries« .
Chapitre 9 – Cessez de chercher à tout comprendre : découvrez le pouvoir de l’ignorance

9.1 – La théorie du bourdon
Fabrice Midal commence ce chapitre de « Foutez-vous la paix » par une mise en garde vis-à-vis de notre volonté de tout comprendre qui nous enlève la capacité d’oser et nous enferme dans un cadre de pensée.
Pour illustrer ses propos, l’auteur fait référence à Igor Sikorsky, inventeur de l’hélicoptère, qui s’amusait d’un intriguant phénomène de la nature : théoriquement, un bourdon ne peut pas voler, ses proportions ne devraient pas lui permettre de s’élever. Pourtant, il vole. Pourquoi ? Parce que le bourdon n’a pas connaissance de cela. De cette observation, Sikorsky a développé une théorie appelée « le pouvoir de l’ignorance ».
Si Fabrice Midal évoque cette théorie, c’est pour nous dire que nous n’accordons pas le crédit à l’ignorance que nous devrions lui attribuer. Au contraire, « nous la méprisons et lui opposons ce que nous estimons être notre supériorité d’humain : la capacité à tout comprendre » déclare-t-il.
9.2 – Cesser de rationaliser à l’excès pour écouter nos intuitions
Pour l’auteur de « Foutez-vous la paix », notre souhait de tout comprendre nous amène finalement à faire du surplace. Nous entreprenons des thérapies interminables pour chercher à comprendre notre passé, espérant une libération le jour où, enfin, nous saurons. Mais à force de ressasser, le temps passe et nous faisons finalement que nous emmurer. Nous n’avançons pas et nous regrettons ce qui aurait pu être. Des regrets qui nous suivent tout au long de nos vies.
Pour Fabrice Midal, nous devons apprendre à rester avec nos incertitudes et nos questions sans toujours chercher des solutions ou des réponses. Car c’est quand nous ne nous acharnons plus à tout comprendre qu’une nouvelle force surgit : l’intuition.
9.3 – Écouter son intuition et la laisser nous guider
Cette intuition n’a rien d’ésotérique, indique l’auteur. Elle n’est pas un sixième sens. Elle nous arrive au moment de prendre une décision immédiate, mais contrairement à ce que l’on pourrait croire, la suivre, ce n’est pas sauter dans l’inconnu. En fait, nous accumulons et stockons beaucoup de connaissances sans en avoir conscience. C’est en elles que notre intuition va puiser pour nous guider. En ce sens, l’intuition n’est pas irrationnelle, au contraire.
Alors, au lieu de toujours vouloir tout vérifier, tout contrôler, il serait bon d’écouter un peu plus notre intuition, suggère l’auteur. Elle ne nous garantit pas de réussir à tous les coups, mais nos calculs rationnels ne nous l’assurent pas plus.
9.4 – Faire émerger sa créativité
L’auteur constate ensuite qu’en nous octroyant le droit d’écouter notre intuition et en arrêtant de vouloir tout comprendre, une troisième force se révèle en nous : la créativité.
L’auteur souligne que nous détenons tous, en nous, une part de créativité, mais que nous l’empêchons souvent d’émerger à cause de notre peur du changement et parce que nous sommes formatés à nous intégrer au marché du travail depuis l’école.
Pourtant aujourd’hui, la créativité est plus que jamais nécessaire : à l’heure des innovations technologiques et d’un monde en mouvement perpétuel, il nous est beaucoup plus facile de nous adapter si nous savons rebondir et sortir de l’immobilisme. C’est pourquoi l’auteur de « Foutez-vous la paix » nous encourage à sortir des schémas établis. Il nous invite à nous ouvrir au champ des possibles et à accepter de ne pas tout contrôler.
Chapitre 10 – Cessez de rationaliser : laissez-faire

10.1 – Une rationalité par les chiffres
Pour Fabrice Midal, rationaliser, en soi, n’est pas quelque chose de « mauvais« . Au contraire, de cette façon, nous clarifions et ouvrons les yeux sur nos fausses croyances. Grâce à elle, nous pouvons aussi vivre ensemble dans un cadre défini.
Toutefois, au fil du temps, ce projet s’est déformé. Désormais, la rationalité n’est plus raisonnable. Tout vouloir comprendre, tout vouloir contrôler, constitue aujourd’hui un handicap pour notre civilisation, plus du tout l’avantage qu’on lui attribue.
En effet, toutes nos décisions et actions doivent être, en amont, validées par les experts qui nous gouvernent : des technocrates à la pensée étroite, déconnectés du coeur de la réalité et de la vie, qui commettent de nombreuses erreurs.
Selon l’auteur de « Foutez-vous la paix« , cette manie de vouloir tout ramener à des chiffres, à des données comptables totalement abstraites et inhumaines, et le raisonnement théorique, à mille lieues de la vraie vie, explique l’échec de nombreuses décisions.
10.2 – « Tout calculer n’est pas réussir à penser »
La croyance que nous avons de détenir tout le savoir par la rationalité ne nous encourage pas à nous poser des questions. Elle nous éloigne souvent de la réalité humaine et de sa complexité.
D’ailleurs, les maux qui affectent notre société, comme la dépression ou les taux de suicide, ne sont pas des phénomènes de passage. Il est temps de comprendre qu’ils sont surtout liés à la brutalité d’une rationalisation managériale qui ne tient pas compte de la santé de ses employés.
Finalement, pour Fabrice Midal, « tout calculer n’est pas réussir à penser« . La rationalité conçoit que ce qui est vrai peut être compris selon l’ordre de calcul, mais il existe beaucoup d’autres rapports à la vérité, confie-t-il.
10.3 – Se foutre la paix pour une intelligence plus profonde
Pour Fabrice Midal :
« Se foutre la paix, c’est apprendre à se désintoxiquer du calcul, à se rendre compte de la violence, de la déshumanisation radicale qu’il implique. C’est permettre à une intelligence beaucoup plus profonde en nous d’exister. »
Cette intelligence ne puise pas ses ressources dans le cerveau uniquement mais aussi dans les sens, le corps, les yeux, le coeur, la réalité du monde, les autres, leur bien-être, leur accomplissement.
10.4 – La rationalité répond à la dictature de l’efficacité
Le but, précise l’auteur, n’est pas de partir en guerre contre la rationalité car elle est parfois utile et nécessaire. Mais elle ne doit pas être une obsession qui se transforme en dictature de la réalité.
En fait, pour l’auteur, la gestion doit se limiter à certains domaines :
« Il y a des choses pour lesquelles il est formidable d’être efficace. Et des situations où cette exigence est folle – par exemple, comment je m’occupe de mes enfants, comment je parle à cet ami, me promène dans un jardin à la tombée de la nuit. Il est fou de parler de « ramassage scolaire », de « gestion du temps de travail », de « ressources humaines ». Gérons nos comptes en banque, mais pas nos émotions ou nos enfants. Gérons un budget, mais pas les salariés d’une entreprise. »
Aujourd’hui, même la méditation participe à la rationalisation totalitaire (méditer pour être plus efficace ou plus rentable). C’est pourquoi, nous dit Fabrice Midal, il est d’autant plus crucial de « laisser jaillir la vie dans sa pure effervescence ».
Chapitre 11 – Cessez de vous comparer : soyez vous-même
11.1 – Être comme tout le monde mais différent
Dans ce onzième chapitre de « Foutez-vous la paix« , Fabrice Midal commence par souligner comment, dès le plus jeune âge, les enfants prennent l’habitude de se comparer les uns aux autres. Et cela, dans tous les domaines : qu’il s’agisse de leur taille, de leur force, de leurs résultats scolaires ou encore de leur score aux jeux vidéo.
Si la comparaison entre pairs est complètement propre à l’humain et en soi, pas si grave, cette attitude s’est renforcée avec la société de consommation. Et cette évolution a fini par contribuer à une forme de harcèlement moral pour l’individu qui doit « être comme tout le monde » tout « en étant paradoxalement différent ».
11.2 – Suivre le mouvement, c’est participer à la dictature de l’uniformisation
Pour l’auteur de « Foutez-vous la paix », cette double injonction (ne pas sortir du lot mais, en même temps, être différent) nous est non seulement violente mais nous amène surtout à ne plus savoir ce que nous désirons vraiment, indépendamment des autres et de la norme.
Fabrice Midal explique, par exemple, comment, en achetant tel objet, en portant tel accessoire ou en sortant dans tel restaurant, nous nous croyons différents alors qu’en réalité, « nous ne faisons que suivre un vaste mouvement moutonnier et participons encore plus à la dictature de l’uniformisation générale« .
L’auteur souligne aussi la pression que nous pouvons subir parfois au sein des petits groupes auxquels nous appartenons : ceux-ci ont une culture bien propre au groupe ; il faut alors rentrer dans le moule pour ne pas être « hors du coup ». Et si ce n’est pas vraiment problématique à petite échelle, cela peut le devenir à une plus grande échelle, quand il devient impossible de quitter un groupe pour en rejoindre un autre. La peur d’être exclu, d’être rejeté nous rend prisonnier.

11.3 – Se vouloir libre et singulier
Fabrice Midal est clair : il ne rejette pas la société, il rejette la façon dont elle nous somme d’être identiques et uniformisés.
C’est pourquoi, il s’autorise désormais à affirmer sa singularité. Et c’est pourquoi, il se dit libre de faire ses choix de vie :
« Je me veux libre de me comparer et d’être moi, de suivre le courant ou de m’en tenir à l’écart, de me conformer ou de me singulariser. Libre de m’interroger pour savoir ce que je veux. »
11.4 – Nous sommes seul loin des sentiers battus, mais nous sommes bien…
Pour Fabrice Midal, si nous hésitons à nous libérer des protocoles qui nous rendent prisonniers, c’est avant tout parce que nous avons cette peur de nous retrouver tout seul ou d’être rejeté par le groupe. Ainsi, nous finissons par accepter la situation. Mais pour l’auteur, si cette solitude existe bel et bien, elle ne ressemble pas du tout à de l’isolement :
« Je reconnais qu’en sortant du troupeau, on fait l’épreuve d’une certaine forme de solitude. Mais d’une solitude salutaire qui n’est pas l’isolement : elle est, au contraire, plénitude. (…) Une solitude incroyablement pleine, parce qu’elle est pétrie de convivialité avec ma propre existence. »
Il s’agit, par exemple, de la même solitude ressourçante et agréable que nous vivons au cours d’une balade dans la nature ou durant un après-midi de vacances, posé sur une chaise longue.
11.5 – Désapprendre les mécanismes ingérés depuis l’enfance est une longue aventure
« Déconstruire » est un long apprentissage. C’est l’oeuvre d’une vie, affirme Fabrice Midal. C’est une aventure !
Ce chemin vers soi, nous devrions le commencer dès l’enfance, lance l’auteur. Dès l’école, on devrait nous apprendre à développer notre singularité et à discerner ce qui nous rend heureux. Car c’est seulement à cette condition que nous pouvons réussir : une réussite qui ne se limite pas aux bonnes notes ou aux biens matériels, mais avant tout au bonheur de faire ce que nous faisons.
Enfin, Fabrice Midal termine ce chapitre de « Foutez-vous la paix » en précisant qu’être soi-même n’est pas une affirmation égocentrique de notre individualisme. « Être soi, c’est découvrir des liens, des obligations et des engagements ». Et méditer est en cela un moyen de se connaitre. Ce n’est pas se regarder le nombril, mais s’oublier pour s’ouvrir au monde et se laisser être.
Chapitre 12 – Cessez d’avoir honte de vous : soyez vulnérable

12.1 – Assumer sa vulnérabilité
Dans ce chapitre de « Foutez-vous la paix« , Fabrice Midal revient sur son histoire personnelle.
Il nous raconte comment il a vécu, durant son enfance, le fait d’aimer les garçons. La crainte de heurter son entourage l’a amené à taire sa différence. Malgré cela, il avait réussi à dire à un de ses camardes qu’il était amoureux de lui. Contre toute attente, ce dernier ne l’a pas rejeté, il est resté son ami. Ce n’est que vingt ans plus tard, en croisant cet ami par hasard, que l’auteur apprit qu’il avait, en fait, été touché par son courage et la confiance qu’il lui avait témoignée en lui avouant ses sentiments. Depuis ce jour, l’auteur dit ne plus avoir jamais cherché à s’endurcir. Il a choisi d’assumer sa fragilité, sa vulnérabilité et sa sensibilité.
12.2 – S’aguerrir plutôt que s’endurcir
Pour Fabrice Midal, il faudrait s’aguerrir plutôt que s’endurcir. La distinction entre ces deux termes est importante : s’aguerrir, selon l’auteur, est trouver suffisamment de force pour être en mesure de continuer à prendre des risques, à aimer et à s’émerveiller. Alors que s’endurcir, c’est « mettre des couches de béton sur son coeur« . C’est se construire une carapace et se refuser à être humain ou à accepter sa fragilité.
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12.3 – « Ni rejeter sa vulnérabilité, ni en être écrasé »
L’auteur nous éclaire aussi sur ce que signifie, pour lui, être sensible et sur sa définition de la vulnérabilité. Il précise ainsi que s’autoriser à être sensible « n’implique pas de se laisser submerger par toutes les souffrances du monde ». Non, c’est simplement « se donner l’autorisation d’être secoué, ému, épouvanté, en colère contre l’injustice, le malheur et le mal ». Et être vulnérable, continue-t-il, est la capacité à être touché.
Fabrice Midal nous invite alors à ne plus avoir honte de dire et de vivre nos émotions. Il nous encourage à suivre ce qu’il appelle « la troisième voie : ni rejeter sa vulnérabilité, ni en être écrasé« .
12.3 – Rester humain
Selon l’auteur, la société actuelle nous incite à cacher nos émotions, comme en témoignent nos héros contemporains. Contrairement aux héros d’autrefois – « des êtres humains incroyablement humains » tels que Lancelot, Achille ou Perceval le Gallois – ceux d’aujourd’hui, Iron Man ou Robocop, sont des personnages sans failles, des robots et machines qui n’ont plus rien à voir avec l’humanité.
Le message que nous recevons alors est qu’il nous faut nous débarrasser de notre vulnérabilité devenue aujourd’hui honteuse.
Pourtant, nous savons bien que le pompier en larmes après avoir sauvé un enfant des flammes ne nous touche « pas autant par sa vaillance que pour son moment de faiblesse, en ce qu’il réveille une part de notre humanité enfouie« . Pourquoi nous entêtons-nous donc à nous refuser ce que nous admirons chez les autres ?
Chapitre 13 – Cessez de vous torturer : devenez votre meilleur ami

13.1 – Cette petite voix qui nous mine…
Nous avons tous déjà entendu, suppose l’auteur, dans le métro ou dans la rue, une personne s’exclamer à haute voix : « Quel(le) con(ne) je suis, mais quel(le) con(ne) » ou encore « Je ne suis pas fichu(e) de… ».
Cette petite voix qui passe son temps à commenter chacune de nos actions et pensées est notre pire juge. Elle est d’une telle sévérité qu’elle ressemble en tout point à du harcèlement : nous passons notre temps à nous observer, à nous juger, jusqu’à nous faire échouer. Et quand il nous arrive de vouloir nous opposer à cette petite voix, cela prend comme une nouvelle forme de harcèlement : « je suis bête de penser que je suis bête ».
13.2 – Se montrer bienveillant envers les autres et envers soi-même
Rares sont ceux qui osent se congratuler, et cela peut s’expliquer par les vieilles méthodes éducatives qui nous ont profondément marquées, pense Fabrice Midal. Dès l’école, les enseignants et les parents ne sont pas démonstratifs en commentaires positifs. Plus tard aussi, au travail notamment, nous sommes rarement félicité.
En fait, nous sommes persuadés que l’apprentissage et le progrès ne peuvent se faire qu’avec une certaine forme de tension, au risque sinon de voir la personne complimentée relâcher ses efforts. Des méthodes pédagogiques non violentes montrent que cette idée est complètement dépassée.
13.3 – Agir avec soi-même comme avec son meilleur ami
Le problème, c’est qu’à force de ne pas nous féliciter et de ne pas reconnaître nos réussites, nous nous dénigrons. Nous nous auto-flagellons et cette violence devient banale.
Fabrice Midal nous invite alors à prendre conscience du harcèlement que nous nous infligeons pour nous en extraire. Ensuite, il nous suggère d’agir avec nous-mêmes « exactement comme avec un vrai ami » en nous témoignant beaucoup de bienveillance. Attention, il n’est pas question de se répéter sans cesse que l’on s’aime, de se féliciter alors que rien ne le justifie, de se laisser aller ou encore se réconforter narcissiquement toute la journée. Non, il s’agit simplement d’être gentil avec soi-même et de se laisser être, comme nous le ferions avec notre meilleur ami :
« Quand un ami commet une gaffe, on le lui dit sans avoir besoin de le cogner ni de l’assommer ni de lui répéter dix fois de suite que cette gaffe était magistrale, fatale. On discute avec lui de la manière de la réparer, des moyens qu’il pourrait mettre en oeuvre pour s’améliorer et ne pas récidiver. On ne le culpabilise pas jusqu’à la fin de ses jours pour cette erreur, on ne lui répète pas « tu aurais dû ». On le félicite quand il le mérite, on l’apaise quand il s’est violenté, on l’aide à guérir ce qui est blessé en lui. On ne lui reproche pas en permanence ses défauts. Au fond, on l’apprécie avec ses défauts, voire à cause d’eux ! »
Voici l’attitude à avoir envers soi quand nous devenons notre meilleur ami.
13.4 – Pratiquer « l’amour bienveillant » pour s’autoriser à être soi
Fabrice Midal termine ce chapitre en insistant sur un point : la bienveillance envers soi dans la société actuelle est considérée comme une forme d’égoïsme, alors qu’au contraire c’est une forme d’héroïsme que de s’accepter pleinement.
L’auteur évoque, à ce propos, la pratique de ce qu’il appelle « l’amour bienveillant« . Il s’agit d’une méditation de pleine présence qui recèle « une dimension de tendresse, d’amitié, d’apaisement, d’amour qui la rend forcément bienveillante ».
« Dans cette forme de méditation, on invoque délibérément de la bienveillance envers soi en revivant un moment où l’on s’est senti vraiment aimé. Quand on cherche bien, on comprend qu’il ne s’agit pas forcément d’un moment de passion amoureuse, mais bien plus souvent d’un épisode qui, vu de l’extérieur, semblerait anodin. »
Cette méditation, qui nous fait revivre un moment où nous nous sommes senti aimé et entouré de bienveillance, nous autorise à raviver ses émotions et ressentir ce soulagement.
Pour l’auteur, c’est essentiel car c’est seulement quand nous nous reconnaissons le droit d’être tel que nous sommes que l’on peut reconnaître pleinement aux autres et à l’humanité, le droit d’être tels qu’ils sont.
Chapitre 14 – Cessez de vouloir aimer : soyez bienveillant

14.1 – Un « Je t’aime » conditionnel Vs une sincère bienveillance
Dans l’avant-dernier chapitre de « Foutez-vous la paix », Fabrice Midal revient sur la façon dont il a vécu les témoignages d’affection de sa grand-mère quand il était petit.
Cette dernière ne cessait de lui dire qu’elle l’aimait beaucoup, et cela à chaque occasion qu’il la voyait. Ces témoignages d’amour étaient souvent assortis de requêtes, comme prendre des nouvelles d’elle plus souvent ou se couper les cheveux. Bien que son amour soit merveilleux, Fabrice Midal ressentait une pression peser sur ses épaules et une énorme culpabilité : celle de manquer à tous ses devoirs.
Il s’agissait d’un amour profond et il est certain que sa grand-mère n’avait aucune mauvaise pensée en agissant ainsi. Pourtant, l’auteur a le sentiment que sa grand-mère ne l’a jamais vu comme il était vraiment : même si celle-ci lui souhaitait le meilleur, c’était le meilleur selon sa perspective à elle.
En parallèle de cette histoire, l’auteur nous raconte la relation particulière qu’il entretenait avec un de ses professeurs. Fabrice Midal s’était rendu compte, un jour, que ce professeur l’aimait sincèrement pour ce qu’il était vraiment. Pour l’auteur, c’était là de l’amour. Mais s’il avait évoqué, avec son professeur, leur relation en ces termes et la chargeant autant d’affects, le professeur n’aurait sans doute pas compris, car tous deux étaient finalement juste contents d’être ensemble. Pourtant, la réalité, c’est que le regard qu’il posait sur lui était rempli de bienveillance.
14.2 – Exprimer une véritable bienveillance
Ce que veut souligner l’auteur en racontant ces deux anecdotes, c’est que nous utilisons trop souvent le mot « amour » sans réelle bienveillance. Alors qu’inversement, parfois « l’amour se manifeste sans être dit : il est bienveillance ».
Pour l’auteur, ceux qui n’évoquent pas spontanément le mot « amour » pour parler de leur relation sont souvent les plus aimants (son professeur par exemple). Ils sont « ceux qui se réjouissent sincèrement que vous soyez comme vous êtes et qui vous souhaitent de toujours mieux être celui que vous avez à être ».
C’est pourquoi, Fabrice Midal nous invite à ne plus nous forcer à dire « je t’aime » à tout bout de champ si c’est convenu, artificiel ou conditionnel. À la place, il nous encourage à être bienveillant.
Chapitre 15 – Cessez de discipliner vos enfants : la méditation n’est pas de la Ritaline

15.1 – La méditation pour un enfant : se ressourcer et s’épanouir, pas se calmer
Pour terminer son ouvrage intitulé « Foutez-vous la paix », Fabrice Midal nous confie une anecdote personnelle qu’il a vécue.
Un jour, alors que l’auteur se trouve chez une amie, la fille pré-adolescente de cette amie rentre de l’école pleine d’entrain. Elle sautille alors de joie. Pour l’auteur, son emballement fait plaisir à voir. Mais la voyant ainsi, sa mère demande aussitôt à la jeune fille d’aller méditer pour se calmer.
Cette vision de la méditation est complètement à l’opposé de celle de l’auteur. Car pour lui, la méditation n’a absolument pas vocation à calmer un enfant. Lorsque, parfois, un parent lui demande de rendre un enfant sage comme une image en lui faisant faire quelques séances de méditation, l’auteur les renvoie aussitôt à l’agressivité de leur démarche.
Non seulement, demander à un enfant de méditer afin de modifier sa personnalité et le calmer n’est pas du tout le but de la méditation. Mais en plus, une séance de méditation est un moment de présence qui se partage avec son enfant : on ne fait pas « faire » de la méditation à un enfant, on médite avec lui.
À ce propos, Fabrice Midal est clair :
« Je le dis une fois pour toutes : la méditation n’a pas vocation a rendre plus calmes les adultes ni, a fortiori, les enfants. Elle n’est pas là pour les empêcher d’être des enfants, mais, au contraire, pour les autoriser à être des enfants, à se ressourcer, à vivre, à s’épanouir à l’heure où nous mettons une incroyable pression sur eux et où nous ne savons plus ce que signifie être un enfant. Une séance de méditation n’équivaut pas à un cachet de Ritaline. »
15.2 – Des enfants pas calmés mais apaisés par la méditation
La méditation « ne calme pas », mais elle « apaise », affirme l’auteur. C’est-à-dire qu’elle aide à réduire l’espace nécessaire aux tensions pour exister. Et si la méditation n’a pas pour but de faire rentrer l’enfant dans un moule, elle invente, par contre, une manière de rentrer en relation avec lui, quel que soit son état.
Fabrice Midal soutient que la violence ordinaire subie par les enfants est une réelle source de stress pour eux. Or, les effets de la pression et du stress endurés peuvent modifier le développement de leurs neurones et l’organisation de leurs connexions interneuronales. C’est pourquoi nous devons, pense l’auteur, créer une nouvelle forme d’éducation bienveillante, et la méditation peut en faire partie.
15.3 – Être respectueux et bienveillant
Pour terminer le dernier chapitre de son livre « Foutez-vous la paix« , Fabrice Midal nous suggère de considérer l’enfant comme un ami ou un invité plutôt que de le voir comme « notre » enfant, correspondant à « nos » projets.
De cette façon, nous devrions mieux saisir sa réalité et ce qui le touche. Nous devrions mieux le comprendre et l’autoriser à être tout ce qu’il est.
L’auteur précise que nous pouvons totalement être respectueux et bienveillant avec son enfant sans pour autant se montrer laxiste. Il suffit de détendre la situation et d’entrer en relation « avec » lui, plutôt que « contre » lui.
Enfin, pour Fabrice Midal, initier un enfant à la méditation, c’est lui apprendre à être attentif et vivant, à se détacher des jeux vidéo ou d’internet pour apprivoiser le silence et partir à la découverte d’un nouveau mode de vie. Mais il faut savoir que pour les enfants, méditer est encore un état naturel : ils ne sont pas encore prisonniers du carcan de la société ni coupés de leur corps et de leurs sensations.
Conclusion de « Foutez-vous la paix » de Fabrice Midal
Un livre qui ouvre des perspectives vers une nouvelle pratique de la méditation
Dans « Foutez-moi la paix », Fabrice Midal montre comment il est possible d’appliquer la méditation de façon concrète dans de nombreux aspects de notre vie quotidienne.
Pour l‘auteur, il n’est surtout pas question de nous enseigner des exercices supplémentaires. Il s’agit plutôt de nous montrer que la méditation est transversale et qu’elle s’inscrit sur un spectre large et en filigrane de tout ce que l’on vit au quotidien.
Ainsi, l’auteur développe ses réflexions au fil de quinze chapitres, et chacun d’entre eux aborde une dimension différente de notre rapport à nous-mêmes, aux autres et au monde.
Des réflexions simples mais profondes pour repenser le sens profond de la méditation
La méditation de pleine présence que propose Fabrice Midal dans « Foutez-vous la paix » est une méditation où l’on ne cherche rien : ni à être calme, ni à faire le vide dans sa tête, ni à atteindre un état spirituel quelconque. Rien, à part se foutre complètement la paix et s’autoriser à être un humain.
Ainsi, ce fameux « foutez-vous la paix », clairement exprimé dans le titre et tout au long des chapitres, résume en tout point l’approche extrêmement simple mais pourtant profonde que partage l’auteur. Une vision loin des injonctions de calme, de focus, de productivité que l’on associe aujourd’hui à la méditation. De ce laisser-faire, se dégage parfois une forme de nonchalance. Cela ne plaira pas à certains, mais en ravira probablement d’autres.
Une lecture qui nous rappelle la force de la bienveillance, des émotions, de notre vulnérabilité et de la pleine présence
Au-delà de la méditation, Fabrice Midal développe, dans ce livre, la dimension libératrice de « se foutre la paix ». Au coeur de son message : nous autoriser à être nous-mêmes, dans notre entièreté, avec nos émotions, notre vulnérabilité et à vivre dans un état de pleine présence, de créativité, de bienveillance envers soi-même et les autres.
La lecture en devient alors apaisante car elle nous ôte, pour une fois, cette pression que nous portons sur nos épaules. Les propos sont déculpabilisants sans inciter au laxisme, bienveillants sans être mielleux. L’auteur nous offre aussi sa vision anticonformiste en invitant à davantage d’intelligence critique et de recherche de liberté pour sortir du carcan étroit de la société.
Points forts :
- Une approche pleine d’humanité et différente de la méditation.
- Le ton apaisant de l’auteur.
- Des propos déculpabilisants.
- La facilité de lecture.
Points faibles :
- L’impression qu’une seule idée clé (ne rien faire, ressentir la situation présente et l’accepter) tourne en boucle tout au long du livre.
- Une forme de nonchalance se dégage du livre et ne conviendra pas à tout le monde.
Ma note :★★★★
Le petit guide pratique du livre Foutez-vous la paix
Les deux piliers sur lesquels se repose la pratique de la méditation telle qu’elle est proposée par Fabrice Midal dans son ouvrage :
1. Être présent à son souffle, respirer
2. Être ouvert à tout ce qui est là dans la situation
Foire Aux Questions (FAQ) du livre Foutez-vous la paix
1. Comment le public a-t-il accueilli le livre Foutez-vous la paix de Fabrice Midal ?
Fruit de l’émission radiophonique trois minutes diffusée sur France Culture pendant l’été 2019, le livre ‘’Foutez-vous la paix’’ paru le 7 septembre 2022 aux éditions FLAMMARION a connu un grand succès auprès du grand public et traduit en plusieurs langues, devenant ainsi un best-seller avec des millions d’exemplaires vendus à travers le monde.
2. Quel est l’impact du livre Foutez-vous la paix de Fabrice Midal ?
Grâce à son approche simple et puissante, cet ouvrage a révolutionné la vie des millions de personnes à travers le monde en mettant à leur disposition des astuces concrètes pour lutter contre la pression, l’insomnie, la culpabilité, l’hypersensibilité, … et découvrir les forces et les atouts disponibles en elles.
3. À qui le livre Foutez-vous la paix de Fabrice Midal s’adresse-t-il ?
Ce livre s’adresse à tout le monde sans exception, quelque soit votre domaine d’intervention, que vous soyez entrepreneur, employé, étudiant, chômeur, cet ouvrage vous est destiné.
4. Que signifie la sagesse d’après l’auteur ?
Pour Fabrice Midal, la sagesse est un chemin et non un but.
5. Quel est le rôle fondamental de la méditation d’après Fabrice Midal ?
Pour répondre à cette question, l’auteur pense que la méditation pacifie, mais elle ne calme pas.
Développement personnel
Résumé du livre La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente d’Émile Coué
Jues Barthélemy-Saint-Hilaire : « Désormais , Mahomet, lui apparaitra comme un des hommes les plus extraordinaire et les plus grands qui se soient montrés sur la terre. »
Émile Coué (1857-1926), pharmacien et psychologue français, publie en 1922 cet ouvrage fondateur qui expose sa célèbre « méthode Coué », une approche préventive et curative basée sur l’autosuggestion consciente. Inspirée de ses observations sur l’effet placebo et les travaux de l’École de Nancy (comme ceux de Hippolyte Bernheim), la méthode vise à exploiter le pouvoir de l’imagination pour influencer le corps et l’esprit, en contournant la volonté souvent inefficace.
Coué insiste sur le fait que l’imagination est la faculté dominante de l’humain : « Chaque fois que la volonté et l’imagination sont en lutte, c’est toujours l’imagination qui l’emporte, sans aucune exception. » Le livre est structuré en quatre parties principales, riches en exemples cliniques et en explications théoriques, pour démontrer comment l’autosuggestion peut guérir des maux physiques, moraux ou psychologiques, et même transformer la société.
1. L’être conscient et l’être inconscient
Coué distingue deux entités en nous : l’être conscient (rationnel, mais doté d’une mémoire infidèle) et l’être inconscient (intelligent, avec une mémoire impeccable qui enregistre tout événement, même mineur). L’inconscient est influencé par des idées dominantes, positives ou négatives, qui deviennent des « prophéties autoréalisatrices ». Par exemple, un patient qui craint une maladie peut l’aggraver par cette peur seule, car l’inconscient transforme l’idée en réalité physique. Coué illustre cela par des cas d’hystérie ou de somnambulisme, où l’inconscient commande des actions inconscientes (comme des accès de violence). La clé : imprégner l’inconscient d’idées positives via l’autosuggestion pour harmoniser les deux êtres.
2. La volonté et l’imagination
Contrairement à la croyance populaire, la volonté n’est pas la force motrice principale ; c’est l’imagination qui guide nos actions. Coué explique que forcer sa volonté (par exemple, « je dois guérir ») crée souvent une résistance interne, alors que s’imaginer déjà guéri libère l’énergie nécessaire. Il cite des exemples concrets : un enfant maladif qui grandit de 12 cm et gagne 19 livres en pratiquant l’autosuggestion, ou un homme rhumatisant qui jette ses cannes après une séance. L’imagination, nourrie par des suggestions répétées, active l’inconscient pour produire des effets thérapeutiques, sans effort conscient.

3. La suggestion et l’autosuggestion
La suggestion est une idée imposée à l’inconscient, qui devient autosuggestion quand on se la répète soi-même. Coué la distingue de l’hypnose (qu’il pratique initialement en groupe pour impressionner les patients), en insistant sur son aspect conscient et accessible à tous. Elle est « aussi vieille que le monde », mais nouvelle dans sa forme délibérée. Des cas cliniques abondent : guérison d’ulcères, de paralysies, d’anxiété, ou même de troubles moraux chez des délinquants juvéniles. Coué argue que l’autosuggestion peut réformer les « maisons de correction » en transformant les jeunes en citoyens honnêtes, en remplaçant les idées négatives par des positives.
4. Applications pratiques et éducation
La méthode s’applique au quotidien pour la santé, le moral et l’éducation. Coué recommande une pratique simple : matin et soir, au lit, répéter 20 fois (en comptant sur une corde à nœuds) la formule : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » Sans fixer l’attention, comme une litanie machinale, pour que l’idée s’imprègne dans l’inconscient. Pour des problèmes spécifiques, formuler des suggestions positives précises (ex. : « Mon bras est guéri »). Il étend cela à l’éducation : les enseignants et parents doivent suggérer confiance et succès aux enfants pour éviter les échecs auto-imposés. Coué conclut sur le potentiel social : une société plus heureuse si tous pratiquent cette maîtrise de soi.
Impact et héritage
Ce livre, best-seller mondial, a influencé la pensée positive, la sophrologie, le training autogène et la psychologie positive moderne. Coué, qui soignait en groupes et voyagea jusqu’aux États-Unis, y est vu comme un pionnier de l’autohypnose. Critiqué pour son apparente simplicité, il reste une référence pour le développement personnel : non pas « vouloir » changer, mais « s’imaginer » changé. Le texte est accessible, ponctué d’anecdotes vivantes, et invite à une expérimentation immédiate. Si vous le lisez, commencez par la pratique – c’est son essence !
Développement personnel
Accepter la Volonté Divine : Un Chemin vers la Paix Intérieure
Le Messager d’Allah (que les Bénédictions d’Allah soient sur lui et sur sa Famille) a dit: « Al Mahdi est le « paon » (l’ornement) des gens du Paradis. »
Dans le tumulte de la vie quotidienne, où les ambitions personnelles, les défis imprévus et les déceptions se succèdent, il est facile de se sentir perdu. Pour un croyant, cependant, il existe un ancrage profond : l’acceptation de la volonté divine. Cette notion, ancrée dans de nombreuses traditions spirituelles, n’est pas une résignation passive, mais un acte conscient de confiance et de croissance personnelle. Dans cette chronique de développement personnel, explorons comment intégrer cette acceptation dans notre vie pour cultiver une sérénité durable, une résilience accrue et une connexion plus profonde avec notre foi.
Comprendre la Volonté Divine : Au-delà de la Simple Obéissance
La volonté divine n’est pas un caprice arbitraire, mais un plan bienveillant conçu par une force supérieure – Dieu, pour les croyants chrétiens, musulmans ou d’autres confessions monothéistes. Cela implique non seulement de reconnaître que nos plans humains sont limités, mais aussi de voir dans chaque événement une opportunité d’apprentissage spirituel.
En développement personnel, accepter cette volonté signifie shifter notre mindset : passer d’une posture de contrôle absolu à une ouverture confiante. Imaginez un marin qui lutte contre les vents contraires ; en acceptant les courants, il navigue plus efficacement. De même, résister à la volonté divine génère du stress, de l’anxiété et un sentiment d’impuissance. L’accepter, en revanche, libère de l’énergie pour se concentrer sur ce que l’on peut changer : nos réactions, nos attitudes et nos actions alignées avec nos valeurs spirituelles.
Les Bénéfices pour le Développement Personnel
Accepter la volonté divine n’est pas synonyme de fatalisme ; c’est un outil puissant pour l’épanouissement. Voici quelques avantages concrets :
Réduction du Stress et de l’Anxiété : En remettant nos soucis à une puissance supérieure, nous allégeons notre fardeau mental. Des études en psychologie positive montrent que les pratiques de lâcher-prise, comme la prière ou la méditation, diminuent les niveaux de cortisol, l’hormone du stress. Pour un croyant, cela se traduit par une paix intérieure, comme le décrit le Psaume 46:10 : « Arrêtez, et sachez que je suis Dieu. »
Renforcement de la Résilience : Les épreuves – perte d’emploi, maladie, rupture – deviennent des leçons divines plutôt que des échecs personnels. Pensez à l’histoire de Job dans la Bible, qui, malgré ses souffrances, maintient sa foi et en sort transformé. En développement personnel, cela cultive l’humilité et la gratitude, des qualités essentielles pour rebondir.
Amélioration des Relations : Accepter que les autres aient leur propre chemin divin nous aide à lâcher les attentes irréalistes. Cela favorise l’empathie et le pardon, renforçant les liens familiaux et communautaires.
Croissance Spirituelle et Personnelle : Cette acceptation encourage l’introspection : « Qu’est-ce que Dieu essaie de m’enseigner ici ? » Elle pousse à développer des vertus comme la patience et la persévérance, alignées avec des principes comme ceux énoncés dans l’Épître de Jacques (1:2-4) : « Considérez comme un sujet de joie complète, mes frères, quand vous passez par diverses épreuves, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. »
Étapes Pratiques pour Intégrer l’Acceptation dans Votre Quotidien
Pour transformer cette notion abstraite en habitude concrète, voici un plan d’action en quatre étapes, inspiré de principes de développement personnel et de sagesse spirituelle :
Cultivez la Prière et la Méditation Quotidienne : Commencez ou terminez votre journée par un moment de silence dédié à Dieu. Posez-vous la question : « Quelle est ta volonté pour moi aujourd’hui ? » Utilisez des affirmations comme « Je m’abandonne à ton plan parfait » pour reprogrammer votre esprit.
Identifiez et Challengez Vos Résistances : Tenez un journal où vous notez les situations où vous luttez contre les événements (ex. : « Pourquoi cela m’arrive-t-il ? »). Réfléchissez : est-ce une opportunité déguisée ? Des exercices de mindfulness, adaptés à une perspective croyante, peuvent aider à observer ces pensées sans jugement.
Cherchez des Signes et des Soutiens : Lisez les Écritures ou des témoignages de croyants qui ont traversé des épreuves similaires. Rejoignez une communauté de foi – groupe de prière ou forum en ligne – pour partager et recevoir du soutien. Souvenez-vous que la volonté divine se révèle souvent à travers les circonstances et les conseils des autres.
Pratiquez la Gratitude Active : Chaque soir, listez trois choses pour lesquelles vous remerciez Dieu, même dans les difficultés. Cela renforce l’acceptation en focalisant sur les bienfaits cachés, comme le dit Proverbes 3:5-6 : « Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta propre intelligence ; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. »
Un Engagement Libérateur
Accepter la volonté divine n’est pas une fin en soi, mais le début d’une vie plus alignée et épanouie. Pour un croyant, c’est l’ultime acte de foi : confier son destin à Celui qui sait mieux. Bien sûr, cela demande du courage et de la pratique, mais les récompenses – paix, force intérieure et croissance – en valent la peine. Si vous traversez une période difficile, rappelez-vous : ce qui semble être un obstacle pourrait être le pont vers une version meilleure de vous-même.
Et vous, quelle expérience avez-vous avec l’acceptation de la volonté divine ? Partagez dans les commentaires pour enrichir notre communauté. Que la paix de Dieu vous accompagne dans ce voyage personnel.
Développement personnel
Résumé du livre : La peur des autres ( 1ere partie )
« L’honnêteté, quand elle est vendue et achetée, devient déshonnête. » Alphonse de Lamartine
Résumé de « La peur des autres : trac, timidité, phobie sociale » de Christophe André et Patrick Légeron : un livre d’introduction à la psychologie de la « peur de l’autre » à la fois très bien argumenté et très bien documenté — par deux des plus grands spécialistes les plus réputés du domaine en France !
Ce livre pose la question de l’anxiété sociale, une peur largement répandue qui est liée au regard des autres. Elle peut se manifester lors de situations courantes, comme parler en public par exemple. Elle peut non seulement entraîner de la gêne, mais aussi de l’inconfort persistant, voire un repli sur soi.
L’anxiété sociale, parfois appelée phobie sociale, prend différentes formes, plus ou moins problématiques.
Tous ces éléments jouent un rôle. De manière générale, cette anxiété est intimement liée à notre perception du regard des autres.
Imaginer la disparition de l’anxiété sociale paraît utopique : le jugement d’autrui est une réalité sociale bien présente. Pourtant, elle pourrait être atténuée par plus de franchise et d’honnêteté dans nos rapports.
Il existe des solutions efficaces pour traiter l’anxiété sociale. Les thérapies cognitives et comportementales, ainsi que certains médicaments, apportent une aide précieuse.
Le but de cet ouvrage est d’expliquer ces peurs et de guider chacun vers un mieux-être.
PREMIÈRE PARTIE – Nos peurs sociales et leurs manifestations
Chapitre 1 – Des situations et des hommes
Des situations sociales dérangeantes
Certaines situations sociales génèrent de la gêne, comme parler en public ou être observé. La majorité des gens ressentent de l’appréhension face à ces moments. Parmi les peurs les plus fréquentes, parler en public figure en première place, avec 51 % des Français concernés. Cette peur est aussi commune que celles des serpents et du vide.
Mais d’autres situations plus banales — liées à des interactions sociales quotidiennes — peuvent être tout aussi gênantes pour certaines personnes. L’absence de menace réelle rend ces moments d’anxiété sociale d’autant plus frustrants. Les personnes affectées par cette anxiété se questionnent souvent sur la raison de leur réaction, sans trouver de réponse claire.
Une vieille histoire
Dans l’Odyssée d’Homère, Ulysse est intimidé avant de rencontrer le roi Alkinoos. Cette anxiété sociale touche donc même les plus courageux ! D’ailleurs, de nombreux autres exemples littéraires (Rousseau, Baudelaire, etc.) illustrent ce type d’émotion.
Bien sûr, les médecins se sont aussi intéressés à ces phobies sociales. Pierre Janet les décrit dès 1909, évoquant la peur de parler en public ou de certaines interactions sociales. Aujourd’hui, chercheurs et médecins étudient ces mécanismes et cherchent à expliquer pourquoi nous ressentons cette gêne.
Les situations en cause
L’anxiété sociale nécessite la présence d’autrui. Robinson Crusoé ne ressent pas cette émotion, du moins jusqu’à l’arrivée de Vendredi… Dès que nous avons des interlocuteurs, les conditions sont réunies pour éprouver de l’anxiété.
Certaines situations sont particulièrement génératrices d’appréhension, comme le regard d’un groupe ou la rencontre de nouvelles personnes. Les travaux sur l’anxiété sociale sévère identifient quatre grandes catégories de situations redoutées. Ces catégories permettent de mieux comprendre les circonstances provoquant cette gêne sociale. Passons-les en revue.
1 — L’anxiété de performance
Les situations sociales les plus redoutées impliquent la prise de parole en présence d’un public. L’anxiété est exacerbée par la crainte du jugement et de l’évaluation de ses compétences. Cela concerne non seulement les prises de parole en groupe, mais aussi les entretiens individuels formalisés.
Les situations anxiogènes peuvent être classées selon leur degré d’interactivité. Certaines personnes redoutent les interactions directes, d’autres préfèrent éviter les situations sans réponse du public. Cette anxiété peut empêcher les individus de s’exprimer, de prendre des décisions ou de progresser dans leur carrière.
L’anxiété de performance est fréquente chez les enseignants, artistes et sportifs. Ils peuvent ressentir une appréhension incontrôlée avant leurs prestations. Les enseignants, par exemple, craignent de ne pas « tenir leur classe ». Le trac est certes vu comme un signe de talent, mais il peut aussi devenir paralysant, forçant certains artistes ou sportifs à abandonner leur carrière.
2 — Les situations d’échange et de contact
L’anxiété sociale n’est pas seulement liée à une prestation en public. Elle peut survenir dans des interactions sociales où aucun jugement de performance n’est en jeu. Ces situations incluent des échanges superficiels avec des inconnus ou des discussions avec des personnes connues.
Certaines personnes, comme Rémi ou Édith (cités dans l’ouvrage), redoutent les conversations prolongées, ne sachant pas quoi dire après les salutations initiales. Marie-Odile craint de devoir échanger avec des inconnus, tandis que Patrice préfère éviter les interactions banales avec les commerçants.
L’anxiété dans ces interactions est liée à la peur de dévoiler une intimité indésirable ou d’être jugé sur sa véritable valeur. Certaines personnes, comme Catherine, se sentent plus à l’aise lors de premières rencontres, mais redoutent les interactions répétées. Les craintes gravitent autour de la peur de montrer ses manques, de révéler un secret culpabilisant, ou d’afficher un comportement jugé « bizarre » par autrui.
3 — Les situations où il faut s’affirmer
S’affirmer implique de défendre ses droits et d’exprimer ses besoins. L’anxiété sociale complique souvent ces situations, notamment lorsqu’il s’agit de dire non, de demander quelque chose, ou d’exprimer un désaccord.
Certaines personnes — comme un patient plombier évoqué par les auteurs — ont des difficultés à réclamer leur dû, ce qui peut avoir de lourdes conséquences financières. D’autres, comme une assistante sociale, préfèrent acheter un vêtement qu’elles n’aiment pas plutôt que de quitter un magasin sans rien acheter, par peur du jugement des vendeurs.
La crainte de la réaction d’autrui explique ces difficultés à s’affirmer. Beaucoup redoutent de contrarier ou de provoquer une réaction négative. Cette anxiété peut même empêcher des actions nécessaires, comme annoncer une mauvaise nouvelle.
4 — Le regard d’autrui
Un simple regard peut parfois provoquer un malaise, même lors d’actes banals. Cela inclut marcher sous les yeux d’autres personnes, écrire ou jouer d’un instrument lorsqu’on est observé.
Certaines personnes redoutent tellement ce regard qu’elles évitent systématiquement ces situations. Par exemple, un étudiant préfère arriver en avance et rester jusqu’à la fin pour ne pas être remarqué. Une employée de ministère évite de s’asseoir près de ceux qui prendront la parole en réunion pour ne pas attirer l’attention.
Ce malaise face au regard d’autrui est un comportement observé dans le règne animal, lié à la dominance. Chez l’humain, ce phénomène est présent, mais devient problématique lorsqu’il engendre des comportements d’évitement systématiques.
Une hiérarchie de nos peurs sociales ?
Moins de 10 % des personnes ne ressentent jamais d’anxiété sociale dans aucune des situations décrites. Les situations anxiogènes varient d’une personne à l’autre : certains craignent d’être observés en train de faire un créneau, tandis que d’autres redoutent de parler en public.
Les différentes situations anxiogènes peuvent être représentées sous forme de pyramide. La base représente les peurs les plus courantes, et chaque niveau supérieur inclut les craintes des niveaux inférieurs. Par exemple, la peur de se dévoiler implique souvent la crainte d’accomplir une prestation sous le regard d’un groupe. La crainte d’être observé est souvent liée à toutes les autres peurs.
Ces différentes craintes peuvent coexister dans une même situation. Par exemple, un écrivain invité à une émission de télévision doit faire face à l’anxiété de la performance en public, à la peur de se dévoiler lors de questions personnelles, à la nécessité de s’affirmer sans paraître hostile, et à la crainte d’être observé de près par les caméras.
Un mécanisme commun
Toutes ces situations ont un point commun : elles exposent au regard et au jugement des autres. L’anxiété sociale est souvent perçue comme une anxiété d’évaluation. Toutes les situations où nous sommes évalués, même à l’écrit, peuvent provoquer de l’anxiété.
Lorsqu’une anxiété d’évaluation se combine au regard direct d’autrui, elle se transforme en anxiété sociale. Cette peur s’exprime par des manifestations émotionnelles, comportementales et cognitives, que nous allons explorer en détail.
Chapitre 2 – Le tumulte du corps
Les mots de l’angoisse
La première conséquence ressentie par une personne souffrant d’anxiété sociale est souvent le tumulte physique. Les manifestations corporelles sont au cœur de l’angoisse et en sont les signes les plus visibles.
Ces expressions soulignent que l’anxiété sociale s’accompagne principalement de symptômes corporels, qui traduisent le malaise ressenti.
Un inventaire à la Prévert
Les symptômes de l’anxiété sociale sont nombreux et variés, incluant :
Ce qui se voit et ce qui ne se voit pas
Ces symptômes peuvent être divisés en deux groupes :
- Ceux qui sont internes, comme les palpitations ou les mains moites ;
- Ceux qui sont visibles, tels que les tremblements ou le rougissement.
Les symptômes visibles sont souvent les plus redoutés car ils révèlent notre malaise aux autres, ce qui est gênant dans les situations sociales.
L’intensité de ces manifestations varie. Pour certains, elles sont discrètes, tandis que pour d’autres, elles peuvent atteindre un paroxysme, provoquant même des attaques de panique. Ces symptômes peuvent sérieusement affecter les interactions sociales et la qualité de vie, comme en témoignent les personnes qui évitent les situations où leur anxiété risque de se manifester de manière trop visible.
La trahison du corps
L’émergence soudaine des symptômes physiques d’anxiété sociale pose de nombreux problèmes. Une fois enclenchés, il est difficile de les arrêter, et se concentrer dessus peut aggraver la situation. La lisibilité de nos émotions sous le regard des autres accroît notre vulnérabilité, rendant l’expérience encore plus stressante.
Cette gêne face au regard d’autrui, souvent perçue comme une évaluation, est courante et peut devenir une obsession, générant une spirale d’anxiété. Le poème de Claude Roy cité par les auteurs illustre bien ce malaise, où la personne se sent exposée, déstabilisée par l’attention des autres.
Le phénomène de « peur de la peur« , décrit par le dramaturge et romancier Tennessee Williams, illustre comment la crainte de revivre ces symptômes d’anxiété peut devenir une prophétie autoréalisatrice. Cette anticipation négative crée un conditionnement qui renforce l’anxiété lors des futures interactions.
Tu as rougi !
L’anxiété sociale présente des manifestations physiologiques spécifiques, telles que le rougissement, qui est au centre des préoccupations de nombreuses personnes. La peur de rougir, appelée éreutophobie, peut aggraver le rougissement en raison de l’anticipation anxieuse.
Certaines personnes ont une grande facilité à rougir (érythrose) sans être éreutophobes. Pour les éreutophobes, la crainte de rougir devient une obsession, amplifiant ainsi la réaction. Le rougissement est souvent perçu comme une révélation involontaire de son état émotionnel, rendant la situation encore plus difficile à gérer.
Le rougissement peut survenir dans des situations variées, souvent en lien avec le regard des autres. L’anticipation de ce rougissement peut déclencher une spirale de gêne et de malaise. Certains, pour échapper à ce malaise, envisagent même des interventions chirurgicales, bien que ces opérations ne soient pas toujours efficaces et comportent des risques importants.
Les réactions physiologiques d’émotivité ont-elles un sens ?
Les manifestations physiques de l’anxiété, comme le rougissement, sont des réactions de stress héritées de nos ancêtres. Lorsque confronté à une situation stressante, le corps se prépare à combattre ou fuir, déclenchant la libération d’adrénaline et d’autres hormones.
Cela provoque l’accélération du cœur, la respiration rapide, et la dilatation des vaisseaux sanguins, préparant les muscles à l’action. Ces réactions, autrefois utiles face aux dangers physiques, deviennent aujourd’hui un obstacle dans des situations stressantes symboliques, comme les interactions sociales.
Le rougissement peut, pour certaines personnes, être perçu comme une vulnérabilité, les exposant aux moqueries. Toutefois, dans d’autres cas, comme pour les comédiens ou les sportifs, le stress et les réactions physiologiques peuvent agir comme un stimulant, améliorant la performance jusqu’à un certain seuil, au-delà duquel il devient paralysant.
La réaction émotionnelle à l’anxiété sociale varie d’une personne à l’autre. Certaines sont stimulées par le stress, tandis que d’autres sont dépassées par celui-ci. Les normes culturelles jouent également un rôle : autrefois, l’émotivité était mieux acceptée, tandis qu’aujourd’hui, le contrôle de soi est valorisé, ce qui renforce la pression sur les personnes anxieuses.
Chapitre 3 – Les désordres du comportement
Panique à bord !
L’anxiété sociale peut désorganiser les capacités relationnelles en provoquant deux réactions principales : la fébrilité et la sidération.
Ces deux tendances, fébrilité et sidération, reflètent les grandes réactions face au stress : tenter de prendre le contrôle ou, au contraire, se résigner et subir. Ces comportements peuvent altérer les performances sociales en rendant les gestes raides, les pensées incontrôlables ou en provoquant un engourdissement mental, empêchant toute réaction appropriée.
Courage, fuyons !
Lorsque l’anxiété sociale devient trop forte, les individus ont tendance à éviter les situations qui leur causent du stress. Cet évitement, s’il est compréhensible, peut à terme restreindre leur vie sociale et les empêcher de saisir des opportunités importantes, telles qu’une promotion ou une rencontre amoureuse. L’évitement subtil, comme éviter le contact visuel ou limiter les interactions verbales, est une autre stratégie courante qui entretient malheureusement l’anxiété.
L’échappement, ou la fuite physique d’une situation stressante, est une réponse plus extrême. Cette réaction, bien que temporairement soulageante, a souvent des conséquences embarrassantes, comme en témoigne l’histoire de la patiente qui a quitté précipitamment un opticien.
Parfois, au lieu de fuir, certains adoptent un comportement opposé, devenant exagérément familiers ou utilisant l’humour pour détourner l’attention de leur anxiété.
Certaines personnes adoptent des comportements pour « se donner de la contenance« , comme allumer une cigarette ou manipuler des objets. Ces actions, bien qu’elles apaisent temporairement l’anxiété, contribuent à renforcer les mauvaises habitudes et à masquer leur véritable malaise. Les lunettes, par exemple, peuvent être utilisées comme un bouclier symbolique pour se protéger du regard d’autrui.
Le hérisson et le paillasson
L’anxiété sociale peut perturber le style relationnel de la personne en générant soit une inhibition excessive, soit une agressivité inappropriée. Les personnes anxieuses peuvent avoir des idées ou des désirs qu’elles n’expriment pas, ou au contraire adopter un ton autoritaire pour masquer leur manque de confiance. Cette dynamique est souvent le résultat du stress qui pousse à fuir ou à combattre.
Certains, comme le médecin à l’aise avec ses patients mais mal à l’aise avec les femmes, deviennent inhibés dans certaines situations. D’autres, comme l’artiste qui n’ose pas parler d’argent, alternent entre inhibition et moments de frustration où l’agressivité émerge. Les comportements oscillent entre une posture de soumission (« paillasson ») et une posture de défense (« hérisson »), selon les attentes perçues des autres et le contexte.
Cette dualité est illustrée par Proust avec le personnage du docteur Cottard, qui alterne entre timidité excessive et froideur. Rousseau décrit aussi dans ses « Confessions » comment il a adopté une façade cynique et caustique pour masquer sa timidité et éviter de se sentir vulnérable. Ces stratégies sont souvent utilisées pour se protéger de l’anxiété sociale et maintenir un semblant de contrôle sur les interactions.
Des chaînes invisibles…
L’anxiété sociale peut profondément affecter la vie quotidienne des personnes concernées, créant un cercle vicieux : plus on évite une situation, plus elle devient redoutée.
Derrière ces conduites d’évitement se cache une vision anxiogène du monde et des rapports humains, où chaque interaction devient une source potentielle de stress et de jugement. Cette perception crée une barrière qui limite les expériences et les relations, enfermant les personnes anxieuses dans une vision réductrice et menaçante des interactions sociales.
Chapitre 4 – Tempête sous un crâne
Le hit-parade des pensées négatives
L’anxiété sociale est liée à des perceptions spécifiques de soi-même et du monde environnant. Les pensées automatiques, ou « cognitions », jouent un rôle crucial dans l’anxiété sociale. Ces pensées sont souvent négatives et apparaissent instantanément face à des situations redoutées, constituant un monologue intérieur qui influence les comportements et les émotions.
Un jugement négatif sur soi
L’anxiété sociale est souvent associée à une vision négative de soi-même et de ses performances. Les personnes souffrant d’anxiété sociale ont tendance à se focaliser sur ce qui, selon elles, ne va pas dans leur comportement, puis à accorder une importance excessive à ces éléments négatifs, souvent en s’autodévalorisant de manière globale et définitive.
Un exemple illustre bien ce mécanisme : un patient, lors d’un entretien d’embauche, avait plaisanté sur les habitants du Sud de la France, et s’était ensuite angoissé à l’idée que l’interlocuteur puisse être de cette région. Il a ruminé sur cet incident, l’estimant catastrophique, malgré le reste de l’entretien qui s’était bien passé. Finalement, il fut embauché, et l’interlocuteur, bien que Marseillais, n’avait même pas relevé la plaisanterie.
L’estime de soi, qui représente les jugements sur nos compétences, est souvent faible chez les personnes souffrant d’anxiété sociale. Cette estime de soi basse les pousse à se fixer des objectifs irréalistes et à être extrêmement critiques envers elles-mêmes.
Même lorsque des retours positifs leur sont donnés, elles peuvent les percevoir de manière négative, les prenant pour de la condescendance ou de la pitié. Cela crée une boucle qui entretient l’anxiété, avec une vision biaisée de soi-même qui rend difficile l’accès aux encouragements extérieurs, surtout dans les formes sévères d’anxiété sociale.
La peur du jugement d’autrui
L’anxiété sociale est souvent associée à une préoccupation excessive du regard des autres, notamment sur soi-même et ses actions. Les personnes souffrant d’anxiété sociale se demandent constamment : « Que pense-t-on de moi ? », et répondent systématiquement de manière négative. Cette préoccupation constante crée un schéma de pensées où chaque interaction est perçue comme une évaluation négative, renforçant la peur et le malaise.
Ces cognitions dysfonctionnelles, décrites par Rousseau comme une « vivacité de sentir » couplée à une « lenteur de penser », conduisent l’individu à se sentir vulnérable et jugé négativement dans toutes les situations sociales. Tout geste ambigu est interprété de façon défavorable, qu’il s’agisse de critiques mineures perçues comme un rejet complet, ou de simples froncements de sourcils vus comme des marques de désaccord.
Les études en psychologie expérimentale montrent que les personnes souffrant d’anxiété sociale réagissent de manière disproportionnée aux visages perçus comme hostiles, même lorsque les expressions sont neutres. Lors de prises de parole en public, les anxieux sociaux détectent plus rapidement les signes de désapprobation parmi les auditeurs, et se sentent perturbés par eux, contrairement aux personnes moins anxieuses qui sont plus sensibles aux signes d’approbation.
En outre, les situations ambiguës sont systématiquement interprétées de manière négative, qu’il s’agisse d’amis quittant une soirée plus tôt ou d’un interlocuteur qui reste silencieux. Les anxieux sociaux ont également du mal à lire les émotions des autres, percevant souvent des signes hostiles là où il n’y en a pas, renforçant ainsi leur sentiment d’inadéquation et d’insécurité dans les interactions sociales.
La crainte des réactions d’autrui
L’anxiété sociale est souvent exacerbée par une crainte excessive des réactions des autres, surtout lorsque ces réactions sont inconnues ou imprévisibles. C’est pourquoi les situations impliquant des inconnus ou des groupes sont particulièrement angoissantes pour les anxieux sociaux.
Cette crainte des réponses hostiles amène les personnes anxieuses à percevoir leurs semblables comme potentiellement agressifs, imaginant systématiquement des réactions négatives à leurs actions. Par exemple, demander à un serveur de restaurant de changer un plat ou demander à un voisin de baisser le son deviennent des épreuves redoutées car elles sont perçues comme susceptibles de déclencher des conflits.
L’anticipation anxieuse, ou comment se raconter des films catastrophes à longueur de journée
L’anxiété d’anticipation joue un rôle central dans l’anxiété sociale. Les personnes anxieuses ont tendance à se raconter des « films catastrophes » en anticipant systématiquement les pires scénarios possibles. Ces scénarios se construisent autour de véritables enchaînements catastrophiques, où chaque élément négatif alimente le suivant.
Par exemple, un individu invité à un cocktail peut imaginer que s’il prend un verre, il va trembler, ce qui attirera les regards et les jugements des autres, renforçant son image de quelqu’un de faible et peu fiable.
Les situations où l’anxiété sociale atteint son paroxysme sont celles où la personne se sent piégée, quel que soit son choix.
Un autre patient décrit, par exemple, sa peur lorsqu’il se retrouve seul dans un groupe inconnu : s’il prend la parole, il craint d’être jugé inconvenant, et s’il se tait, il pense être perçu comme introverti ou incapable de communiquer.
Ces scénarios de déroute résistent souvent aux faits, même lorsque ceux-ci montrent que les pires craintes ne se sont pas réalisées, illustrant à quel point ces anticipations négatives peuvent être tenaces et difficiles à déconstruire.
Anxiété toujours !
L’anxiété sociale peut altérer les processus cognitifs de façon durable à travers les trois phases temporelles d’une situation stressante : avant, pendant et après.
- Quand la peur influence la réalité
Ce cycle de pensées négatives, connu sous le nom de « prophéties autoréalisées » ou « autoréalisatrices », fait que la peur finit par influencer la réalité. En anticipant le pire et en focalisant sur ses propres symptômes d’anxiété, la personne augmente la probabilité que ces symptômes se produisent effectivement, confirmant ainsi ses craintes initiales. Cela rend encore plus difficile la rupture de ce cercle vicieux, car chaque situation sociale renforce la vision négative qu’elle a d’elle-même.
L’intensité de l’anxiété sociale et la capacité de la personne à y faire face varient. Certaines personnes peuvent maintenir une certaine distance par rapport à leurs peurs, voire en rire, et parviennent à s’améliorer progressivement. Pour d’autres, l’anxiété est si intense qu’elle devient paralysante, entraînant une souffrance et un handicap dans leur vie quotidienne.
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