Economie
Nigéria : La société nationale de pétrole du Nigéria cherche un nouveau prêt garanti pour améliorer ses finances
“ La langue véhicule des sonorités propres à
une civilisation. ”Ken Bugul
La NNPC du Nigeria est en pourparlers pour un nouveau prêt garanti par le pétrole afin de renforcer ses finances et de permettre des investissements dans ses activités, a déclaré son directeur général à Reuters, alors que la pression monte sur la compagnie pétrolière soutenue par l’État dont dépend l’économie.
La Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC), dont le gouvernement est le principal actionnaire, cherche à lever au moins 2 milliards de dollars, ont déclaré deux sources au fait de la situation.
Ses dettes envers les fournisseurs d’essence ont doublé au cours des quatre derniers mois pour atteindre 6 milliards de dollars.
Les finances du gouvernement nigérian dépendent du pétrole exporté par la NNPC et le pétrole fournit l’essentiel des réserves de change cruciales. Mais les vols d’oléoducs et des années de sous-investissement ont sapé la production de pétrole ces dernières années, et le coût des subventions à l’essence a encore réduit les réserves de liquidités.
Le président Bola Tinubu s’est efforcé de faire passer des réformes dans le plus grand exportateur de pétrole d’Afrique – notamment en éliminant les subventions aux carburants et en permettant à la monnaie naira de s’échanger à des niveaux proches de ceux du marché – sans pousser la population du pays à un point de rupture du coût de la vie.
Le chef de la NNPC, Mele Kyari, a confirmé que la société souhaitait obtenir un prêt pour une production de 30 000 à 35 000 barils par jour de pétrole brut, mais il a refusé de préciser le montant recherché. Il a déclaré que les fonds recueillis seraient utilisés pour toutes les activités commerciales de la NNPC, y compris pour soutenir la croissance de la production.
« Nous n’avons aucun problème à couvrir nos paiements d’essence. Il s’agit simplement d’argent pour des activités normales et non d’un acte désespéré », a déclaré M. Kyari à Reuters.
« Il s’agira d’une syndication avec des partenaires critiques mais réguliers qui ont fait des affaires avec notre société pour acheminer les liquidités », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il s’attendait à conclure l’accord dans les deux prochains mois.
La NNPC dispose déjà d’un prêt de 3,3 milliards de dollars garanti par Afreximbank, mais cinq sources ont déclaré que le manque de liquidités de la société avait été aggravé par l’augmentation des coûts des subventions aux carburants, et que le nouveau prêt l’aiderait à les payer.
Il n’est pas clair quel prêteur arrangerait le prêt, car trois sources ont déclaré qu’Afrexim ne serait pas en mesure d’étendre son exposition au Nigeria à ce point. Les cinq sources qui ont parlé à Reuters ont demandé à ne pas être nommées car elles n’étaient pas autorisées à s’exprimer sur le sujet.
Certaines sociétés de négoce de pétrole ont déjà cessé de participer aux appels d’offres de la NNPC pour l’essence, car les factures en souffrance ont porté leur exposition au Nigeria au-delà des niveaux autorisés par leurs sociétés.
M. Tinubu a annoncé la suppression des coûteuses subventions aux carburants peu après son entrée en fonction l’année dernière, ce qui a permis de tripler les prix à la pompe. Les subventions – dont les critiques disent qu’elles sont un outil inefficace qui profite principalement à l’élite des propriétaires de voitures citadines – ont été un fardeau pour les finances du Nigeria pendant des années.
Mais face à une inflation à deux chiffres, la NNPC a plafonné le prix moyen des carburants à un peu plus de 600 nairas le litre il y a un an – un prix qui s’est éloigné des niveaux du marché depuis la chute du naira et l’augmentation des prix mondiaux du pétrole.
Des files d’attente ont commencé à se former la semaine dernière à Lagos, car les distributeurs d’essence d’Abuja ont cessé de vendre. Selon certaines sources, le prix départ dépôt à Lagos est supérieur à 700 nairas par litre, ce qui signifie que les stations-service perdraient de l’argent si elles vendaient aux prix plafonnés.
La raffinerie Dangote, qui produit 650 000 barils par jour dans la banlieue de Lagos, devrait commencer à produire de l’essence, opens new tab dans les semaines à venir. Mais cette raffinerie a des prêts – et des coûts d’alimentation en pétrole brut – en dollars américains, et serait réticente à vendre à perte à l’intérieur du Nigeria – ou à attendre des mois pour être payée par la NNPC.
Les sources ont indiqué que la pression s’est accrue sur le gouvernement pour qu’il augmente les prix à la pompe, mais les dirigeants, conscients des émeutes meurtrières au Kenya qui ont forcé le gouvernement à revenir sur ses projets d’augmentation des taxes, devraient se montrer prudents.
Economie
Mali : Approvisionnement en carburant, plus de 643 camions-citernes acheminés vers Bamako
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Au Mali, l’approvisionnement en carburant devient une opération de sécurité. Plus de 643 camions-citernes ont rejoint Bamako sous escorte militaire, dans un contexte marqué par les perturbations des corridors routiers et les attaques visant les convois de produits pétroliers. »
Plus de 643 camions-citernes sont arrivés samedi matin à Bamako, après une escorte nocturne assurée par l’armée. Leur prise en charge a été confiée aux services chargés du contrôle et de la distribution des hydrocarbures.
Un convoi de plus de 643 camions-citernes a atteint Bamako samedi 3 octobre vers 7 heures, selon des informations communiquées par la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC).
Les véhicules ont circulé durant la nuit sous la protection des Forces armées maliennes. À leur arrivée dans la capitale, la Douane, la DGCC et la Police nationale ont pris le relais afin d’orienter les cargaisons vers les dépôts pétroliers et les stations-service.
Le nombre de véhicules a été communiqué sans précision sur le volume total transporté, l’origine des produits ou leur répartition entre le gasoil et l’essence.
Cette arrivée s’inscrit dans le dispositif de sécurisation des importations d’hydrocarbures au Mali, pays enclavé dont l’approvisionnement repose principalement sur des corridors routiers reliant Bamako aux ports de la sous-région.
Entre le 14 et le 20 septembre, le pays avait réceptionné 57,99 millions de litres de gasoil et d’essence, transportés par environ 1 273 citernes, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce.
Au 20 septembre, les réserves recensées dans les dépôts de l’OMAP, de Sanké et de Star Oil atteignaient 10,17 millions de litres de gasoil et 10,09 millions de litres d’essence. Les autorités avaient également signalé la réception en cours de 1 278 citernes à Bamako.
Un précédent convoi de 980 camions-citernes était entré dans la capitale le 6 septembre sous escorte militaire.
Avec APA
Economie
Riyad réfute les allégations des Houthis suite à l’attaque de samedi contre Aramco
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Dans des propos rapportés tard le 3 octobre par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Malki, a contesté la version du mouvement yéménite pro-iranien. Selon lui, les Houthis cherchent des « victoires imaginaires » alors qu’ils subissent des difficultés à Taëz, troisième ville la plus peuplée du Yémen, majoritairement tenue par le gouvernement dans le sud-ouest du pays.
Les combattants anti-gouvernementaux avaient affirmé samedi avoir attaqué une installation du groupe pétrolier Saudi Aramco au sud de la capitale saoudienne. Des flammes et de la fumée ont été observées sur un site d’Aramco situé dans cette zone, sans communication des autorités saoudiennes sur l’origine ni l’ampleur de l’incendie.
Saudi Aramco constitue un actif stratégique pour le royaume, premier exportateur mondial de brut et chef de file de la coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite internationalement reconnu. Le ciblage revendiqué d’un site du groupe à Ryad élargit le registre des attaques houthies, déjà orientées vers les infrastructures pétrolières et les moyens maritimes saoudiens.
Dans son rapport annuel 2025, Aramco faisait état d’une production totale de liquides de 10,7 millions de barils par jour et d’une capacité nette de raffinage de 4,2 millions de barils par jour, avec une fiabilité d’approvisionnement de 99,9 % pour Saudi Arabian Oil Company. Ces volumes donnent aux installations du groupe une importance systémique pour les marchés pétroliers et pour l’approvisionnement domestique saoudien.
Les hostilités entre les Houthis, d’une part, et l’Arabie saoudite avec le gouvernement yéménite reconnu, d’autre part, se poursuivent depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Les Houthis mènent régulièrement des frappes contre l’Arabie saoudite et contre des navires du royaume.
En septembre, le mouvement houthi a infligé d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, consolidant son emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb après une offensive rapide que les frappes saoudiennes n’ont pas enrayée. Ce passage relie la mer Rouge au golfe d’Aden et conditionne une partie des flux pétroliers entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.
Les Houthis avaient déjà affirmé avoir visé des installations du groupe pétrolier saoudien à deux reprises avant l’épisode de Ryad : en septembre dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, puis en août dans le sud de l’Arabie saoudite.
Economie
Les réserves pétrolières de l’AIE ont déjà livré 325 millions de barils
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Au 2 octobre, environ 325 millions de barils avaient été libérés dans le cadre de l’action collective de 400 millions de barils décidée le 11 mars par l’Agence internationale de l’énergie. Selon l’AIE, ce déstockage, engagé pour amortir les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers, constitue le plus important de son histoire.
Le G7 a demandé le 2 octobre à l’AIE de suivre l’exécution complète et rapide des engagements pris en mars 2026. Les dirigeants ont aussi acté une libération coordonnée de 100 millions de barils sur quatre mois, comprenant un apport significatif de gazole durant les vingt premiers jours par les membres du G7 et leurs partenaires.
Cette décision répond aussi à la pression du président américain Donald Trump, qui réclamait depuis plusieurs jours aux Européens de mobiliser davantage de gazole. Il avait agité la menace d’une interdiction des exportations américaines de carburants, une option écartée entre membres du G7 après la réunion.
La consommation mondiale de pétrole avoisine 100 millions de barils par jour, principalement dans les transports, la pétrochimie et l’industrie des plastiques. Les réserves stratégiques permettent aux États importateurs de disposer d’un coussin mobilisable en cas de pénurie, de blocage logistique ou de rupture d’approvisionnement.
Créée en 1974 après le premier choc pétrolier, l’AIE a pour mission fondatrice la sécurité énergétique de ses membres. Elle regroupe 32 pays, dont l’Allemagne, la France, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Turquie et les États-Unis.
Chaque pays membre doit maintenir des stocks équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes. Cette obligation peut être satisfaite par des réserves d’urgence, par des stocks commerciaux mobilisables par l’État ou par des volumes conservés à l’étranger dans le cadre d’accords bilatéraux.
L’obligation de l’AIE ne prescrit pas une répartition unique entre pétrole brut et produits raffinés. Les pays disposant d’un appareil de raffinage important peuvent privilégier le brut, qu’ils sont capables de transformer rapidement, tandis que les produits finis offrent une réponse plus directe aux tensions sur des carburants précis.
L’AIE estime toutefois qu’il est judicieux de conserver une partie des stocks d’urgence sous forme raffinée, malgré des coûts de stockage plus élevés. Pour les États appartenant à la fois à l’AIE et à l’Union européenne, un tiers des réserves doit être détenu sous forme de produits raffinés spécifiques.
En France, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité, qui détient environ deux tiers des stocks physiques français, indiquait dans un document relatif à 2024 que les réserves étaient composées à 30,6 % de pétrole brut et à 49,8 % de gazole. Le solde comprenait 9,1 % d’essence, 7,8 % de carburéacteur pour l’aviation et 2,7 % de fioul domestique.
Lorsqu’une action collective de l’AIE est décidée, chaque pays contribue selon son poids dans la consommation pétrolière totale des membres de l’organisation. La mise en œuvre opérationnelle reste ensuite nationale, avec des arbitrages sur les volumes, les produits libérés et le rythme de sortie des stocks.
En France, le président de la SAGESS avait indiqué en avril devant l’Assemblée nationale qu’un déstockage pouvait être engagé dans un délai de 24 heures. Emmanuel Macron a déclaré que la France ferait l’« effort » de privilégier le gazole au début, dans une « volonté d’envoyer un signal clair au marché ».
Les membres du G7 ont prévu de se réunir dans le cadre de l’AIE après l’annonce du 2 octobre afin d’examiner d’éventuelles libérations supplémentaires de gazole si les tensions d’approvisionnement le nécessitent.
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