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Economie

Les géants pétroliers du Moyen-Orient affirment que le marché a besoin d’une surprise d’approvisionnement de l’OPEP+

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De hauts responsables de trois des principaux pays producteurs de l’OPEP – l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Koweït – se sont réunis pour dire que l’augmentation considérable de l’offre par le club des producteurs ce week-end était nécessaire au marché mondial.

Les prix du pétrole ont progressé cette semaine, signe que le marché a largement ignoré la hausse de la production plus importante que prévu annoncée samedi par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés. Malgré la tension actuelle, les prévisionnistes soulignent que la croissance de l’offre risque de dépasser la demande plus tard dans l’année.

« On constate que malgré l’augmentation observée ces derniers mois, les stocks n’ont pas connu d’accumulation majeure, ce qui signifie que le marché avait besoin de ces barils », a déclaré Suhail Al Mazrouei, ministre de l’Énergie des Émirats arabes unis, en marge d’une conférence organisée par le groupe à Vienne. Ses propos ont été repris par les responsables des compagnies pétrolières publiques d’Arabie saoudite et du Koweït.

Les signes d’un marché tendu incluent les stocks de pétrole brut du principal centre de stockage américain de Cushing, en Oklahoma, qui sont à leur plus bas niveau saisonnier depuis 2014, ainsi que l’effondrement des stocks de diesel aux États-Unis. Les écarts de temps laissent présager une dynamique tendue entre l’offre et la demande à court terme.

Bloomberg News n’a pas reçu d’accréditation pour couvrir le séminaire de l’OPEP, malgré de multiples demandes. Aucune explication n’a été fournie. 

Saudi Aramco, qui a augmenté ses principaux prix du pétrole pour ses clients en Asie un jour après la réunion du week-end, constate une « demande mondiale de pétrole saine », malgré les défis commerciaux, les tarifs douaniers et leur impact sur l’économie mondiale, a déclaré le président et directeur général Amin Nasser lors du séminaire de l’OPEP à Vienne, selon une vidéo publiée sur la plateforme X.

En avril, l’OPEP+ a annoncé – à la surprise du marché – une augmentation de la production de 411 000 barils par jour sur le marché mondial, répétant cette hausse en mai et juin. Elle a franchi une nouvelle étape samedi avec une hausse de 548 000 barils par jour.

Jeudi, le secrétaire général de l’OPEP, Haitham Al-Ghais, a déclaré à CNBC que le groupe percevait des signes persistants de forte demande, tirée par la Chine et l’Inde, ainsi que par une saison aéronautique florissante et une hausse de la demande d’essence aux États-Unis. Il a souligné l’importance d’un approvisionnement mondial ininterrompu en pétrole, avertissant que les conflits au Moyen-Orient et les sanctions américaines menaçaient de compromettre cet approvisionnement.

Cheikh Nawaf Al-Sabah, directeur général de Kuwait Petroleum Corp., a déclaré mercredi dans une interview à Bloomberg TV en marge du séminaire que le marché était en bonne forme.

« Nous constatons une certaine tension potentielle sur le marché, ce qui nous donne l’opportunité de conquérir des parts de marché à l’avenir », a-t-il déclaré.

S’adressant à Bloomberg TV jeudi, le ministre des Hydrocarbures de la République du Congo, Bruno Jean-Richard Itoua, a déclaré qu’il était prématuré de révéler la prochaine action du groupe, mais si les données montrent la nécessité d’ajouter des barils supplémentaires en septembre, ils le feront.  

« Vous connaissez l’OPEP et l’OPEP+ ; ce que nous voulons, ce n’est ni augmenter ni diminuer les prix ; nous ne jouons pas à des jeux », a-t-il déclaré. « Nous voulons la meilleure stabilité possible pour le marché. »

Cependant, Patrick Pouyanne, PDG du géant pétrolier français TotalEnergies SE, a déclaré que l’absence d’une hausse plus importante des prix lors du récent conflit entre Israël et l’Iran suggérait un marché disposant d’une offre suffisante. 

« Le marché est bien approvisionné, soit dit en passant », a-t-il déclaré selon une vidéo de ses remarques publiée sur X. « Honnêtement, j’ai été un peu surpris » par la faible progression du marché.

Cependant, le sort du marché au-delà de l’été, lorsque la demande augmente généralement, est moins certain.

« En ce moment, si vous regardez par la fenêtre, le marché est assez tendu », a déclaré à Vienne Bob McNally, président et fondateur de Rapidan Energy Group et ancien responsable de l’énergie de la Maison Blanche, ajoutant que son évaluation est que l’offre devrait commencer à dépasser la demande plus tard ce trimestre, lorsque les raffineries traiteront moins de brut et que les barils supplémentaires commenceront à se matérialiser.

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Economie

Mali : Approvisionnement en carburant, plus de 643 camions-citernes acheminés vers Bamako

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Au Mali, l’approvisionnement en carburant devient une opération de sécurité. Plus de 643 camions-citernes ont rejoint Bamako sous escorte militaire, dans un contexte marqué par les perturbations des corridors routiers et les attaques visant les convois de produits pétroliers. »

Plus de 643 camions-citernes sont arrivés samedi matin à Bamako, après une escorte nocturne assurée par l’armée. Leur prise en charge a été confiée aux services chargés du contrôle et de la distribution des hydrocarbures.

Un convoi de plus de 643 camions-citernes a atteint Bamako samedi 3 octobre vers 7 heures, selon des informations communiquées par la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC).

Les véhicules ont circulé durant la nuit sous la protection des Forces armées maliennes. À leur arrivée dans la capitale, la Douane, la DGCC et la Police nationale ont pris le relais afin d’orienter les cargaisons vers les dépôts pétroliers et les stations-service.

Le nombre de véhicules a été communiqué sans précision sur le volume total transporté, l’origine des produits ou leur répartition entre le gasoil et l’essence.

Cette arrivée s’inscrit dans le dispositif de sécurisation des importations d’hydrocarbures au Mali, pays enclavé dont l’approvisionnement repose principalement sur des corridors routiers reliant Bamako aux ports de la sous-région.

Entre le 14 et le 20 septembre, le pays avait réceptionné 57,99 millions de litres de gasoil et d’essence, transportés par environ 1 273 citernes, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce.

Au 20 septembre, les réserves recensées dans les dépôts de l’OMAP, de Sanké et de Star Oil atteignaient 10,17 millions de litres de gasoil et 10,09 millions de litres d’essence. Les autorités avaient également signalé la réception en cours de 1 278 citernes à Bamako.

Un précédent convoi de 980 camions-citernes était entré dans la capitale le 6 septembre sous escorte militaire.

Avec APA

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Economie

Riyad réfute les allégations des Houthis suite à l’attaque de samedi contre Aramco

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Dans des propos rapportés tard le 3 octobre par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Malki, a contesté la version du mouvement yéménite pro-iranien. Selon lui, les Houthis cherchent des « victoires imaginaires » alors qu’ils subissent des difficultés à Taëz, troisième ville la plus peuplée du Yémen, majoritairement tenue par le gouvernement dans le sud-ouest du pays.

Les combattants anti-gouvernementaux avaient affirmé samedi avoir attaqué une installation du groupe pétrolier Saudi Aramco au sud de la capitale saoudienne. Des flammes et de la fumée ont été observées sur un site d’Aramco situé dans cette zone, sans communication des autorités saoudiennes sur l’origine ni l’ampleur de l’incendie.

Saudi Aramco constitue un actif stratégique pour le royaume, premier exportateur mondial de brut et chef de file de la coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite internationalement reconnu. Le ciblage revendiqué d’un site du groupe à Ryad élargit le registre des attaques houthies, déjà orientées vers les infrastructures pétrolières et les moyens maritimes saoudiens.

Dans son rapport annuel 2025, Aramco faisait état d’une production totale de liquides de 10,7 millions de barils par jour et d’une capacité nette de raffinage de 4,2 millions de barils par jour, avec une fiabilité d’approvisionnement de 99,9 % pour Saudi Arabian Oil Company. Ces volumes donnent aux installations du groupe une importance systémique pour les marchés pétroliers et pour l’approvisionnement domestique saoudien.

Les hostilités entre les Houthis, d’une part, et l’Arabie saoudite avec le gouvernement yéménite reconnu, d’autre part, se poursuivent depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Les Houthis mènent régulièrement des frappes contre l’Arabie saoudite et contre des navires du royaume.

En septembre, le mouvement houthi a infligé d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, consolidant son emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb après une offensive rapide que les frappes saoudiennes n’ont pas enrayée. Ce passage relie la mer Rouge au golfe d’Aden et conditionne une partie des flux pétroliers entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.

Les Houthis avaient déjà affirmé avoir visé des installations du groupe pétrolier saoudien à deux reprises avant l’épisode de Ryad : en septembre dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, puis en août dans le sud de l’Arabie saoudite.

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Economie

Les réserves pétrolières de l’AIE ont déjà livré 325 millions de barils

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Au 2 octobre, environ 325 millions de barils avaient été libérés dans le cadre de l’action collective de 400 millions de barils décidée le 11 mars par l’Agence internationale de l’énergie. Selon l’AIE, ce déstockage, engagé pour amortir les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers, constitue le plus important de son histoire.

Le G7 a demandé le 2 octobre à l’AIE de suivre l’exécution complète et rapide des engagements pris en mars 2026. Les dirigeants ont aussi acté une libération coordonnée de 100 millions de barils sur quatre mois, comprenant un apport significatif de gazole durant les vingt premiers jours par les membres du G7 et leurs partenaires.

Cette décision répond aussi à la pression du président américain Donald Trump, qui réclamait depuis plusieurs jours aux Européens de mobiliser davantage de gazole. Il avait agité la menace d’une interdiction des exportations américaines de carburants, une option écartée entre membres du G7 après la réunion.

La consommation mondiale de pétrole avoisine 100 millions de barils par jour, principalement dans les transports, la pétrochimie et l’industrie des plastiques. Les réserves stratégiques permettent aux États importateurs de disposer d’un coussin mobilisable en cas de pénurie, de blocage logistique ou de rupture d’approvisionnement.

Créée en 1974 après le premier choc pétrolier, l’AIE a pour mission fondatrice la sécurité énergétique de ses membres. Elle regroupe 32 pays, dont l’Allemagne, la France, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Turquie et les États-Unis.

Chaque pays membre doit maintenir des stocks équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes. Cette obligation peut être satisfaite par des réserves d’urgence, par des stocks commerciaux mobilisables par l’État ou par des volumes conservés à l’étranger dans le cadre d’accords bilatéraux.

L’obligation de l’AIE ne prescrit pas une répartition unique entre pétrole brut et produits raffinés. Les pays disposant d’un appareil de raffinage important peuvent privilégier le brut, qu’ils sont capables de transformer rapidement, tandis que les produits finis offrent une réponse plus directe aux tensions sur des carburants précis.

L’AIE estime toutefois qu’il est judicieux de conserver une partie des stocks d’urgence sous forme raffinée, malgré des coûts de stockage plus élevés. Pour les États appartenant à la fois à l’AIE et à l’Union européenne, un tiers des réserves doit être détenu sous forme de produits raffinés spécifiques.

En France, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité, qui détient environ deux tiers des stocks physiques français, indiquait dans un document relatif à 2024 que les réserves étaient composées à 30,6 % de pétrole brut et à 49,8 % de gazole. Le solde comprenait 9,1 % d’essence, 7,8 % de carburéacteur pour l’aviation et 2,7 % de fioul domestique.

Lorsqu’une action collective de l’AIE est décidée, chaque pays contribue selon son poids dans la consommation pétrolière totale des membres de l’organisation. La mise en œuvre opérationnelle reste ensuite nationale, avec des arbitrages sur les volumes, les produits libérés et le rythme de sortie des stocks.

En France, le président de la SAGESS avait indiqué en avril devant l’Assemblée nationale qu’un déstockage pouvait être engagé dans un délai de 24 heures. Emmanuel Macron a déclaré que la France ferait l’« effort » de privilégier le gazole au début, dans une « volonté d’envoyer un signal clair au marché ».

Les membres du G7 ont prévu de se réunir dans le cadre de l’AIE après l’annonce du 2 octobre afin d’examiner d’éventuelles libérations supplémentaires de gazole si les tensions d’approvisionnement le nécessitent.

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