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Economie

Crise de liquidités en Guinée : État des lieux et développements récents

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La Guinée a fait face à des défis significatifs en matière de liquidités au cours des dernières années, principalement en raison d’une combinaison de facteurs économiques, politiques et structurels. Voici un résumé basé sur les informations disponibles :

Contexte de la crise de liquidités

La Guinée a connu une faiblesse persistante des liquidités dans son système bancaire et économique, comme rapporté par le Département d’État américain. Cette situation découle de plusieurs causes :

Mauvaise gestion gouvernementale : Des politiques populistes et des problèmes de gouvernance ont contribué à une gestion inefficace des ressources financières, limitant la capacité du gouvernement à injecter des liquidités dans l’économie.

Baisse des revenus miniers : La Guinée, fortement dépendante de l’extraction de la bauxite, de l’or et d’autres minerais, a été affectée par la chute des prix mondiaux des matières premières, réduisant les recettes d’exportation et les réserves de devises étrangères.

Contraintes monétaires : La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG) a maintenu des exigences de réserves élevées pour les banques commerciales (abaissées de 16 % à 15 % des dépôts en mars 2022), conformément aux critères de performance du FMI. Ces mesures, bien que destinées à stabiliser l’économie, ont restreint la liquidité bancaire.

Problèmes structurels : Une infrastructure sous-développée, une bureaucratie inefficace et la corruption généralisée (Guinée classée 147 sur 180 dans l’Indice de perception de la corruption 2022 de Transparency International) ont entravé le développement économique et la capacité des entreprises à accéder aux liquidités.

Développements récents

Stabilité relative du franc guinéen : Jusqu’en décembre 2015, la BCRG gérait le taux de change avec une variance de 4 % par rapport au taux officieux. Depuis 2020, elle a adopté une stratégie d’intervention basée sur un régime de flottement géré, limitant ses interventions sur le marché des changes pour préserver les liquidités tout en contenant l’inflation. Cela a permis une certaine stabilité du franc guinéen, qui s’est déprécié graduellement de 9 400 GNF/USD en 2020 à environ 9 700 GNF/USD récemment.

Impact des chocs externes : La crise Ebola de 2014-2016 et la chute des prix des matières premières ont exacerbé les contraintes financières, laissant le gouvernement avec peu de ressources pour investir dans les services sociaux et les infrastructures.

Exposition des banques : En 2023, les banques guinéennes ont vu leur exposition au secteur public augmenter, avec 28,6 % de leurs actifs investis dans des titres publics (contre 21,6 % en 2022). Cette forte dépendance au souverain accroît les risques de liquidité, en particulier en cas de chocs économiques. Les prêts non performants (NPL) ont légèrement augmenté, passant de 8,8 % à 8,9 % des prêts totaux, et la part des actifs liquides a diminué à 22,3 % fin 2023.

Efforts d’amélioration : Malgré ces défis, des progrès ont été réalisés. La croissance économique a atteint 7,1 % en 2023, portée par une augmentation de 22 % de la production de bauxite et une performance robuste du secteur minier. L’inflation a ralenti à 9,3 % fin 2023, soutenue par des politiques fiscales et monétaires prudentes.

    Mesures et perspectives

    Réformes structurelles : Le gouvernement guinéen a entrepris des réformes pour diversifier l’économie, notamment via des investissements dans l’agriculture et les infrastructures (comme le projet Simandou et le chemin de fer Trans-Guinéen). Ces initiatives visent à réduire la dépendance aux revenus miniers et à améliorer la mobilisation des ressources internes.

    Soutien international : La Guinée bénéficie de financements internationaux, notamment 307 millions USD de la Banque d’Investissement et de Développement de la CEDEAO et 41 millions USD de la Banque Africaine de Développement pour des projets d’infrastructure. Cependant, une demande de facilité de crédit élargie auprès du FMI a été rejetée en 2024 en raison de la lenteur du retour à un fonctionnement démocratique.

    Défis persistants : La transition politique après le coup d’État de septembre 2021 continue d’engendrer une incertitude, limitant la croissance économique. Les protestations liées aux prix du carburant et au manque de progrès en matière de développement, ainsi que les tensions régionales dans le Sahel, pourraient perturber davantage les secteurs minier et agricole.

    Conclusion

    La crise de liquidités en Guinée reste un défi majeur, enraciné dans des problèmes structurels, une dépendance excessive aux exportations minières et des contraintes monétaires. Bien que des progrès aient été réalisés, notamment en termes de croissance économique et de stabilisation monétaire, des réformes continues et un retour à la stabilité politique sont essentiels pour renforcer la résilience financière et améliorer l’accès aux liquidités dans le système bancaire et économique.

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    Economie

    Comment la crise des ventes de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana a-t-elle éclaté ?

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    Les producteurs de la moitié du cacao mondial – la Côte d’Ivoire et le Ghana – ont eu du mal à vendre leurs fèves et à payer les agriculteurs cette année en raison des récoltes mondiales abondantes, de la baisse des prix du cacao et de la diminution de la demande de cet ingrédient de la part des chocolatiers.

    Pourquoi ces deux pays ont-ils obtenu des résultats inférieurs à ceux de leurs concurrents et que font-ils pour remédier au problème ?

    COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ?

    Le cacao ne fait pas l’objet d’un commerce libre en Côte d’Ivoire et au Ghana.En réalité, les organismes de réglementation du cacao des deux pays, nommés par le gouvernement, vendent environ 80 % de leurs fèves à des négociants internationaux un an à l’avance et, sur la base de ces ventes, fixent un prix pour les agriculteurs au début de la saison en octobre.

    Les agriculteurs vendent ensuite leurs fèves à des collecteurs locaux à ce prix, et ces derniers les revendent à des acheteurs agréés. Après réception du cacao, ces acheteurs agréés le vendent soit directement à des négociants internationaux, soit à des négociants locaux qui le revendent ensuite à des négociants internationaux.

    Le prix fixe fixé pour les agriculteurs en octobre couvre généralement la récolte principale d’octobre à mars, car les organismes de réglementation du cacao des pays ont tendance à ajuster le prix pour les agriculteurs pour la récolte intermédiaire d’avril à septembre, considérée comme étant de qualité inférieure. En octobre dernier, la Côte d’Ivoire a fixé le prix de sa principale récolte à environ 5 000 dollars la tonne métrique, tandis que le Ghana l’a fixé à près de 5 300 dollars la tonne métrique.

    Les cours mondiaux du cacao à terme ont chuté à environ 3 100 dollars la tonne, ayant perdu la moitié de leur valeur rien que cette année.Pour les négociants mondiaux de cacao, la chute des prix a eu pour conséquence immédiate de lourdes pertes s’ils achetaient des fèves ivoiriennes et ghanéennes pour les revendre aux prix du marché à terme. De ce fait, ils ont pour la plupart cessé d’en acheter.Des agriculteurs ghanéens ont déclaré le mois dernier n’avoir pas été payés pour leurs fèves de cacao depuis novembre, tandis que des sources du secteur ont indiqué à Reuters que la situation était similaire pour les agriculteurs ivoiriens. Elles ont également constaté une accumulation importante de stocks de cacao invendus en Côte d’Ivoire.

    QUELLES SONT LES MESURES PRIVILÉGIÉES JUSQU’À PRÉSENT PAR LA CÔTE D’IVOIRE ET LE GHANA EN RÉPONSE ?

    Pour tenter de fournir de l’argent aux agriculteurs, le gouvernement ivoirien a lancé à la fin du mois dernier un programme visant à acheter 100 000 tonnes de stocks de cacao invendus de la principale récolte aux agriculteurs, pour un montant d’un demi-milliard de dollars.

    Au Ghana, l’organisme de réglementation du cacao a réduit le 12 février de près d’un tiers, pour atteindre environ 3 580 dollars la tonne, après que l’on a estimé que le pays disposait d’environ 50 000 tonnes de stocks de cacao invendus.

    La Côte d’Ivoire prévoit également, à compter du 1er mars, de baisser d’environ un tiers son prix fixe aux agriculteurs dans l’espoir d’inciter les vendeurs à vendre aux négociants internationaux, ont indiqué des sources à Reuters.Le gouvernement a annoncé en début de semaine qu’il dévoilerait un nouveau prix pour les agriculteurs d’ici la fin février, soit un mois plus tôt que d’habitude.

    POURQUOI LES PRIX MONDIAUX DU CACAO ONT-ILS CHUTTÉ ?

    Après avoir presque triplé pour atteindre des niveaux records en 2024, les prix mondiaux du cacao ont depuis perdu environ les trois quarts de leur valeur.

    Cette chute est due en partie à la baisse de la demande, les prix élevés ayant incité les chocolatiers à réduire la taille des tablettes, à augmenter la quantité d’additifs autres que le cacao, tels que des gaufrettes ou des noix, et à remplacer des produits comme le beurre de cacao par d’autres matières grasses.

    Dans le même temps, des conditions météorologiques favorables ont permis d’obtenir des récoltes plus abondantes et plus saines, ce qui devrait permettre au marché mondial d’enregistrer un excédent d’environ 300 000 à 400 000 tonnes cette saison, selon les négociants internationaux.

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    Economie

    APE SN 01-2026 : un test de crédibilité macroéconomique pour le Sénégal

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    Le Sénégal effectue son retour sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) avec un emprunt obligataire par appel public à l’épargne (APE) d’un montant de 200 milliards de FCFA.

    L’opération est structurée par la SGI Invictus Capital & Finance (ICF), désignée arrangeur et chef de file. La souscription est ouverte du 26 février au 19 mars 2026.

    Cette émission intervient dans un contexte budgétaire délicat, marqué par des tensions sur les finances publiques et par une attention accrue portée à la soutenabilité de la dette. Elle s’inscrit ainsi au cœur des arbitrages économiques actuels, entre mobilisation de ressources pour financer les priorités de l’État et nécessité de préserver les équilibres macroéconomiques.

    Au-delà de la levée de fonds, cette émission constitue un indicateur clé : elle permettra d’évaluer l’appétit des investisseurs régionaux pour la signature souveraine sénégalaise dans un environnement de taux devenu plus exigeant qu’il y a cinq ans.

    Une structure calibrée

    L’opération est structurée en quatre tranches :

    40 milliards FCFA sur 3 ans à 6,40 %

    75 milliards FCFA sur 5 ans à 6,60 %

    50 milliards FCFA sur 7 ans à 6,75 %

    35 milliards FCFA sur 10 ans à 6,95 %

    La progression des taux selon la maturité reflète la prime de risque temporelle classique, mais également un contexte monétaire régional marqué par un resserrement progressif des conditions de liquidité. Les rendements proposés demeurent compétitifs dans l’environnement actuel du marché régional, caractérisé par une hausse graduelle des taux ces dernières années.

    La tranche à 10 ans, rémunérée à 6,95 %, sera particulièrement scrutée. Elle permettra d’apprécier la capacité du Trésor à allonger la maturité moyenne de sa dette tout en maîtrisant son coût.

    L’opération mobilise un large syndicat de placement couvrant l’ensemble de l’espace UEMOA, illustrant l’intégration croissante du marché financier régional et la capacité des États à s’appuyer sur une intermédiation transfrontalière structurée.

    Un test de confiance en 2026

    L’émission de 200 milliards FCFA envoie un double signal. D’une part, elle confirme la volonté de l’État de consolider son accès au financement domestique. D’autre part, elle fait office de baromètre de confiance quant à la gestion macroéconomique actuelle.

    Une souscription largement couverte conforterait la perception d’une signature souveraine robuste. À l’inverse, une couverture plus mesurée ou une concentration excessive sur les maturités courtes pourrait traduire une préférence accrue des investisseurs pour la prudence.

    Entre ambition et discipline

    Le Sénégal demeure une économie structurante en Afrique de l’Ouest, portée par des perspectives liées à l’exploitation des ressources énergétiques et à la transformation progressive de son appareil productif. Toutefois, la conjoncture actuelle impose un équilibre délicat : financer le développement sans accroître excessivement la charge de la dette.

    L’APE SN 01-2026 ne constitue donc pas seulement une opération financière. Il s’agit d’un exercice de crédibilité macroéconomique, observé avec attention par les marchés régionaux.

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    Economie

    Egypte : 2,3 milliards de dollars du FMI pour financer l’Economie

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    Le Conseil d’administration du FMI valide de nouveaux décaissements au titre des programmes EFF et RSF, saluant les progrès macroéconomiques tout en appelant à accélérer les réformes structurelles.

    Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les cinquième et sixième examens du programme économique de l’Égypte soutenu par la Facilité élargie de crédit (EFF), ainsi que le premier examen au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF).

    Cette décision permet aux autorités égyptiennes de mobiliser immédiatement environ 2,3 milliards de dollars, dont 2 milliards au titre de l’EFF et 273 millions dans le cadre du RSF. Le programme EFF, approuvé le 16 décembre 2022 pour une durée de 46 mois, a été prolongé jusqu’au 15 décembre 2026.

    Selon le FMI, la situation macroéconomique de l’Égypte s’est sensiblement améliorée grâce à des politiques monétaires et budgétaires restrictives et à une plus grande flexibilité du taux de change. La croissance du PIB réel a atteint 4,4 % au cours de l’exercice 2024/25, tandis que l’inflation a reculé à 11,9 % en janvier 2026.

    Le déficit du compte courant s’est réduit à 4,2 % du PIB, soutenu par la vigueur des transferts de fonds et des recettes touristiques. Les réserves internationales brutes sont passées de 54,9 milliards de dollars en décembre 2024 à 59,2 milliards de dollars en décembre 2025.

    Le Fonds souligne également une amélioration des résultats budgétaires, portée par une hausse des recettes fiscales et une modération des investissements publics.

    Toutefois, le solde primaire est resté inférieur aux objectifs du programme, en raison notamment de retards dans les cessions d’actifs prévues. Le niveau élevé de la dette publique et les besoins de financement brut continuent de peser sur les marges budgétaires.

    Sur le plan structurel, les progrès sont jugés inégaux. Le FMI insiste sur la nécessité d’accélérer le désengagement de l’État dans les secteurs non stratégiques et de renforcer la concurrence afin de favoriser un modèle de croissance davantage tiré par le secteur privé. Le maintien d’un régime de change flexible, la poursuite de la désinflation, l’élargissement de l’assiette fiscale et la mise en œuvre d’une stratégie globale de gestion de la dette figurent parmi les priorités.

    Le programme soutenu par la RSF avance parallèlement, notamment dans le domaine climatique. Les autorités ont publié un calendrier de mise en œuvre des objectifs en matière d’énergies renouvelables et adopté une directive obligeant les banques à déclarer leur exposition aux risques liés à la transition climatique.

    Malgré ces avancées, le FMI prévient que les risques demeurent élevés, liés aux tensions géopolitiques régionales et au durcissement des conditions financières mondiales, appelant à une poursuite résolue des réformes pour consolider une croissance durable et inclusive.

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