Economie
Algérie-Finance : L’appréciation du dinar va résorber l’inflation et consolider la confiance dans l’économie
« Pour chaque minute où vous êtes en colère, vous perdez soixante secondes de bonheur. »Ralph Waldo Emerson
La récente appréciation du dinar algérien face à l’euro et au dollar américain, particulièrement ces dernières semaines, permettra de résorber l’inflation, augmenter le pouvoir d’achat du citoyen, tout en renforçant la confiance dans l’économie nationale, ont indiqué plusieurs économistes.
Pour le professeur en économie, Mohamed Hamidouche, « l’appréciation du dinar algérien face à un panier de monnaies, notamment le dollar américain, se ressentira par une baisse relative des prix des matières importées ».
Cette baisse des prix, a-t-il expliqué, « en plus d’améliorer le pouvoir d’achat des ménages, profitera aux opérateurs économiques versés dans l’importation des produits semi-finis et les équipements, ce qui fera croître sensiblement leur chiffre d’affaires avant la fin de l’année ».
« Ces répercussions positives » entraîneront » une augmentation de la confiance des investisseurs dans l’économie nationale », a-t-il ajouté.
M.Hamidouche a tablé sur une amélioration de la valeur du dinar « sur au moins le prochain semestre, soit jusqu’à la fin du 1e trimestre de l’année prochaine », relevant que ces prévisions ne peuvent aller au-delà de cette période en raison des développements géopolitiques qui pèsent dans une large mesure sur la valeur des monnaies.
Pour cet expert, l’appréciation de la monnaie nationale s’explique par deux principaux facteurs, exogène et endogène.
Le facteur exogène a trait à la hausse des cours des hydrocarbures sur le marché international, du fait de la crise ukrainienne et des déséquilibres subséquents sur l’offre et la demande, notamment après les sanctions imposées à la Russie, a-t-il expliqué, rappelant, par là même, que les analyses mondiales soutiennent, dans leur ensemble, que cette crise géopolitique allait perdurer.
Avec cette cadence haussière des cours des hydrocarbures, « les réserves de change devront atteindre 100 milliards Usd au début de l’année prochaine », ce qui renforcera encore davantage la valeur du dinar face au dollar.
Quant au facteur endogène à l’origine de l’appréciation du dinar, Pr Hamidouche a souligné qu’il trouvait une explication dans la politique de commerce extérieur adoptée par le gouvernement qui œuvre au renforcement des exportations hors-hydrocarbures et à encourager Sonatrach à réaliser de nouvelles explorations.
Cette démarche a donné lieu à une hausse inédite des exportations algériennes, d’une part, et à une maîtrise de l’importation voire un frein à l’érosion des réserves de change, d’autre part, a-t-il fait remarquer.
L’expert en économie, Mourad Kouachi estime, lui, que le dinar algérien a connu récemment « un saut historique au niveau des transactions bancaires officielles, en ce sens que l’euro et le dollar se sont stabilisés autour de 140 Da ». Une hausse, poursuit-il, considérée comme « une augmentation inédite de la valeur de la monnaie nationale depuis plus d’une décennie, le dinar s’étant apprécié de 12,5% ces derniers jours en comparaison avec la même période de l’année dernière ».
L’universitaire prévoit « une hausse continue de la valeur du dinar pour le reste de l’année en cours et même durant l’année prochaine », eu égard aux évolutions géopolitiques qu’a engendrée la crise en Ukraine, ce qui explique la stabilité du prix du gaz à 300 Usd pour 1000 M3 et celui du pétrole à plus de 100 Usd/baril.
Sur les raisons de la hausse de la valeur du dinar, l’expert a précisé qu’elles sont liées, en premier lieu, au recul de la valeur de l’euro et du dollar sur le marché mondial, et à la hausse des réserves de change en Algérie, ce qui a « donné au dinar une capacité supplémentaire face aux chocs inflationnistes défavorables ». Les exportations des hydrocarbures devraient dépasser 50 milliards USD à la fin de l’année en cours, soit une hausse de 15 % par rapport à 2021.
Avec l’appréciation de la valeur du dinar, l’Algérie devrait assister à une « stabilisation des prix, un ralentissement des taux d’inflation, et par conséquent une amélioration du pouvoir d’achat et une augmentation du taux de croissance de l’économie de l’ordre de 3,6 % », a rassuré M. Kouachi.
Pour cet universitaire, le meilleur moyen pour préserver dans la durée l’appréciation de la monnaie nationale consiste à hisser les exportations hors hydrocarbures.
L’expert Ishak Kharchi, estime, lui, que la hausse de la valeur du dinar par rapport à l’euro et au dollar « va largement profiter à l’économie nationale, en ce que les investisseurs en Algérie auront à moins convertir pour acquérir des usines prêtes ».
La dépréciation de l’euro et du dollar permettra en outre de réduire la valeur des importations de l’Algérie et partant conforter le solde de la balance des paiements, ce qui est un indicateur économique important, a-t-il détaillé.
L’économiste Dr Fethi Ferhane a indiqué que la hausse de la valeur du dinar « aidera à alléger l’inflation, au regard de la grande hausse des prix sur le marché mondial et les répercussions qui en découlent sur les prix des importations du pays », assurant que la hausse du dinar a des répercussions positives sur les prix des intrants.
Selon la Banque d’Algérie, le taux de change du Dinar a atteint à l’achat, lundi, 140,2665 DA pour 1 dollar et 139,9158 DA pour 1 euro.
Economie
Mali : Approvisionnement en carburant, plus de 643 camions-citernes acheminés vers Bamako
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Au Mali, l’approvisionnement en carburant devient une opération de sécurité. Plus de 643 camions-citernes ont rejoint Bamako sous escorte militaire, dans un contexte marqué par les perturbations des corridors routiers et les attaques visant les convois de produits pétroliers. »
Plus de 643 camions-citernes sont arrivés samedi matin à Bamako, après une escorte nocturne assurée par l’armée. Leur prise en charge a été confiée aux services chargés du contrôle et de la distribution des hydrocarbures.
Un convoi de plus de 643 camions-citernes a atteint Bamako samedi 3 octobre vers 7 heures, selon des informations communiquées par la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC).
Les véhicules ont circulé durant la nuit sous la protection des Forces armées maliennes. À leur arrivée dans la capitale, la Douane, la DGCC et la Police nationale ont pris le relais afin d’orienter les cargaisons vers les dépôts pétroliers et les stations-service.
Le nombre de véhicules a été communiqué sans précision sur le volume total transporté, l’origine des produits ou leur répartition entre le gasoil et l’essence.
Cette arrivée s’inscrit dans le dispositif de sécurisation des importations d’hydrocarbures au Mali, pays enclavé dont l’approvisionnement repose principalement sur des corridors routiers reliant Bamako aux ports de la sous-région.
Entre le 14 et le 20 septembre, le pays avait réceptionné 57,99 millions de litres de gasoil et d’essence, transportés par environ 1 273 citernes, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce.
Au 20 septembre, les réserves recensées dans les dépôts de l’OMAP, de Sanké et de Star Oil atteignaient 10,17 millions de litres de gasoil et 10,09 millions de litres d’essence. Les autorités avaient également signalé la réception en cours de 1 278 citernes à Bamako.
Un précédent convoi de 980 camions-citernes était entré dans la capitale le 6 septembre sous escorte militaire.
Avec APA
Economie
Riyad réfute les allégations des Houthis suite à l’attaque de samedi contre Aramco
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Dans des propos rapportés tard le 3 octobre par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Malki, a contesté la version du mouvement yéménite pro-iranien. Selon lui, les Houthis cherchent des « victoires imaginaires » alors qu’ils subissent des difficultés à Taëz, troisième ville la plus peuplée du Yémen, majoritairement tenue par le gouvernement dans le sud-ouest du pays.
Les combattants anti-gouvernementaux avaient affirmé samedi avoir attaqué une installation du groupe pétrolier Saudi Aramco au sud de la capitale saoudienne. Des flammes et de la fumée ont été observées sur un site d’Aramco situé dans cette zone, sans communication des autorités saoudiennes sur l’origine ni l’ampleur de l’incendie.
Saudi Aramco constitue un actif stratégique pour le royaume, premier exportateur mondial de brut et chef de file de la coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite internationalement reconnu. Le ciblage revendiqué d’un site du groupe à Ryad élargit le registre des attaques houthies, déjà orientées vers les infrastructures pétrolières et les moyens maritimes saoudiens.
Dans son rapport annuel 2025, Aramco faisait état d’une production totale de liquides de 10,7 millions de barils par jour et d’une capacité nette de raffinage de 4,2 millions de barils par jour, avec une fiabilité d’approvisionnement de 99,9 % pour Saudi Arabian Oil Company. Ces volumes donnent aux installations du groupe une importance systémique pour les marchés pétroliers et pour l’approvisionnement domestique saoudien.
Les hostilités entre les Houthis, d’une part, et l’Arabie saoudite avec le gouvernement yéménite reconnu, d’autre part, se poursuivent depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Les Houthis mènent régulièrement des frappes contre l’Arabie saoudite et contre des navires du royaume.
En septembre, le mouvement houthi a infligé d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, consolidant son emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb après une offensive rapide que les frappes saoudiennes n’ont pas enrayée. Ce passage relie la mer Rouge au golfe d’Aden et conditionne une partie des flux pétroliers entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.
Les Houthis avaient déjà affirmé avoir visé des installations du groupe pétrolier saoudien à deux reprises avant l’épisode de Ryad : en septembre dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, puis en août dans le sud de l’Arabie saoudite.
Economie
Les réserves pétrolières de l’AIE ont déjà livré 325 millions de barils
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Au 2 octobre, environ 325 millions de barils avaient été libérés dans le cadre de l’action collective de 400 millions de barils décidée le 11 mars par l’Agence internationale de l’énergie. Selon l’AIE, ce déstockage, engagé pour amortir les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers, constitue le plus important de son histoire.
Le G7 a demandé le 2 octobre à l’AIE de suivre l’exécution complète et rapide des engagements pris en mars 2026. Les dirigeants ont aussi acté une libération coordonnée de 100 millions de barils sur quatre mois, comprenant un apport significatif de gazole durant les vingt premiers jours par les membres du G7 et leurs partenaires.
Cette décision répond aussi à la pression du président américain Donald Trump, qui réclamait depuis plusieurs jours aux Européens de mobiliser davantage de gazole. Il avait agité la menace d’une interdiction des exportations américaines de carburants, une option écartée entre membres du G7 après la réunion.
La consommation mondiale de pétrole avoisine 100 millions de barils par jour, principalement dans les transports, la pétrochimie et l’industrie des plastiques. Les réserves stratégiques permettent aux États importateurs de disposer d’un coussin mobilisable en cas de pénurie, de blocage logistique ou de rupture d’approvisionnement.
Créée en 1974 après le premier choc pétrolier, l’AIE a pour mission fondatrice la sécurité énergétique de ses membres. Elle regroupe 32 pays, dont l’Allemagne, la France, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Turquie et les États-Unis.
Chaque pays membre doit maintenir des stocks équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes. Cette obligation peut être satisfaite par des réserves d’urgence, par des stocks commerciaux mobilisables par l’État ou par des volumes conservés à l’étranger dans le cadre d’accords bilatéraux.
L’obligation de l’AIE ne prescrit pas une répartition unique entre pétrole brut et produits raffinés. Les pays disposant d’un appareil de raffinage important peuvent privilégier le brut, qu’ils sont capables de transformer rapidement, tandis que les produits finis offrent une réponse plus directe aux tensions sur des carburants précis.
L’AIE estime toutefois qu’il est judicieux de conserver une partie des stocks d’urgence sous forme raffinée, malgré des coûts de stockage plus élevés. Pour les États appartenant à la fois à l’AIE et à l’Union européenne, un tiers des réserves doit être détenu sous forme de produits raffinés spécifiques.
En France, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité, qui détient environ deux tiers des stocks physiques français, indiquait dans un document relatif à 2024 que les réserves étaient composées à 30,6 % de pétrole brut et à 49,8 % de gazole. Le solde comprenait 9,1 % d’essence, 7,8 % de carburéacteur pour l’aviation et 2,7 % de fioul domestique.
Lorsqu’une action collective de l’AIE est décidée, chaque pays contribue selon son poids dans la consommation pétrolière totale des membres de l’organisation. La mise en œuvre opérationnelle reste ensuite nationale, avec des arbitrages sur les volumes, les produits libérés et le rythme de sortie des stocks.
En France, le président de la SAGESS avait indiqué en avril devant l’Assemblée nationale qu’un déstockage pouvait être engagé dans un délai de 24 heures. Emmanuel Macron a déclaré que la France ferait l’« effort » de privilégier le gazole au début, dans une « volonté d’envoyer un signal clair au marché ».
Les membres du G7 ont prévu de se réunir dans le cadre de l’AIE après l’annonce du 2 octobre afin d’examiner d’éventuelles libérations supplémentaires de gazole si les tensions d’approvisionnement le nécessitent.
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