Economie
Brésil-Pétrole : Petrobras versera 2,1 milliards de dollars de dividendes
« Toute personne qui réussit, avait un rêve et l’a poursuivi jusqu’au bout. » Anthony Robbins
Le producteur de pétrole public brésilien Petrobras a approuvé des dividendes légèrement inférieurs aux attentes dans un contexte de guerre commerciale qui a créé une incertitude économique et fait baisser les prix du pétrole.
Petroleo Brasileiro SA, nom officiel de la société, versera 11,72 milliards de réaux brésiliens (2,1 milliards de dollars) de dividendes au premier trimestre, a-t-elle annoncé lundi dans un document déposé. Les prévisions tablaient sur un versement de 2,2 milliards de dollars, selon une moyenne de six prévisions d’analystes examinées par Bloomberg.
Le géant pétrolier brésilien a versé de généreux dividendes à ses actionnaires, malgré les critiques politiques qui ont contribué à la chute de son précédent PDG l’an dernier. Les investisseurs craignent que la hausse des dépenses d’investissement, qui a dépassé les prévisions en 2024, ne se poursuive et ne limite les versements futurs.
Petrobras maintient son projet d’expansion de la production pétrolière, à l’instar d’autres grands groupes pétroliers internationaux, dont Exxon Mobil Corp., Chevron Corp. et Shell Plc, malgré la baisse des prix du brut en avril et la décision de l’OPEP+ d’augmenter sa production en juin. Contrairement aux exploitants de schiste américains qui ont besoin de plus de 60 dollars le baril pour couvrir leurs coûts, le prix d’équilibre de Petrobras est de 28 dollars le baril.
Le producteur basé à Rio de Janeiro a annoncé un bénéfice ajusté avant éléments exceptionnels de 61,1 milliards de réaux, légèrement inférieur aux 62,2 milliards de réaux estimés par Bloomberg. Le bénéfice net a dépassé les attentes, à 35,2 milliards de réaux, en hausse de 48,6 % par rapport à la même période de l’année précédente, grâce à une production pétrolière plus élevée et à un taux de change plus favorable, a indiqué la société.
Les 4,1 milliards de dollars d’investissements ont diminué de 29 % par rapport au trimestre précédent, période durant laquelle des dépenses « atypiques » avaient été réalisées dans le champ offshore géant de Buzios. Cette baisse pourrait apaiser le marché. Néanmoins, la société a maintenu son plan de dépenses et poursuit une stratégie similaire à celle d’autres grands groupes pétroliers, comme Exxon Mobil et Chevron, qui maintiennent leurs plans d’investissement malgré la baisse des prix du pétrole.
« Nous maintenons notre engagement à exécuter notre plan d’affaires », a déclaré le directeur financier Fernando Melgarejo lors du communiqué de résultats, ajoutant que la société se concentre sur les champs pétroliers en eaux profondes, notamment ceux de Buzios et d’Atapu. « Ce sont des projets générateurs de valeur pour nos actionnaires. »
Le pétrole brut a récemment chuté sous les 60 dollars le baril, craignant que la guerre commerciale ne pèse sur la demande énergétique, et après que les membres de l’OPEP+ ont décidé d’augmenter leur production sur un marché apparemment excédentaire. Un optimisme mesuré concernant les négociations commerciales entre les États-Unis et la Chine a permis aux prix de remonter un peu.
Les analystes sont optimistes quant à l’accélération de la production de Petrobras, qui devrait atteindre sa capacité maximale sur les navires de production offshore récemment installés et en ajouter d’autres. Deux unités devraient atteindre leur capacité maximale au deuxième trimestre et une troisième devrait entrer en service.
Petrobras cherche à reconstituer ses réserves de pétrole et de gaz afin d’éviter un déclin de la production qui devrait s’amorcer vers 2030. La société a annoncé la semaine dernière avoir découvert du pétrole d’« excellente qualité » sur le bloc Aram, dans le bassin profond de Santos. Elle a également repris l’exploration terrestre dans l’État brésilien de Bahia après six ans d’interruption, avec un projet de forage de 100 puits au cours des cinq prochaines années.
Le producteur pétrolier public espère obtenir prochainement un permis pour commencer à forer sur un bloc en eaux profondes au large de la forêt amazonienne, mettant ainsi fin à un conflit de plusieurs années avec les autorités environnementales. La PDG Magda Chambriard a utilisé le slogan du président Donald Trump « Drill baby drill » pour plaider en faveur de l’exploration lors d’une conférence à Houston la semaine dernière. Petrobras a demandé aux autorités environnementales brésiliennes de répondre à une demande de déplacement d’une plateforme de forage offshore vers cette zone écologiquement sensible d’ici le 15 mai.
Economie
Mali : Approvisionnement en carburant, plus de 643 camions-citernes acheminés vers Bamako
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Au Mali, l’approvisionnement en carburant devient une opération de sécurité. Plus de 643 camions-citernes ont rejoint Bamako sous escorte militaire, dans un contexte marqué par les perturbations des corridors routiers et les attaques visant les convois de produits pétroliers. »
Plus de 643 camions-citernes sont arrivés samedi matin à Bamako, après une escorte nocturne assurée par l’armée. Leur prise en charge a été confiée aux services chargés du contrôle et de la distribution des hydrocarbures.
Un convoi de plus de 643 camions-citernes a atteint Bamako samedi 3 octobre vers 7 heures, selon des informations communiquées par la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC).
Les véhicules ont circulé durant la nuit sous la protection des Forces armées maliennes. À leur arrivée dans la capitale, la Douane, la DGCC et la Police nationale ont pris le relais afin d’orienter les cargaisons vers les dépôts pétroliers et les stations-service.
Le nombre de véhicules a été communiqué sans précision sur le volume total transporté, l’origine des produits ou leur répartition entre le gasoil et l’essence.
Cette arrivée s’inscrit dans le dispositif de sécurisation des importations d’hydrocarbures au Mali, pays enclavé dont l’approvisionnement repose principalement sur des corridors routiers reliant Bamako aux ports de la sous-région.
Entre le 14 et le 20 septembre, le pays avait réceptionné 57,99 millions de litres de gasoil et d’essence, transportés par environ 1 273 citernes, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce.
Au 20 septembre, les réserves recensées dans les dépôts de l’OMAP, de Sanké et de Star Oil atteignaient 10,17 millions de litres de gasoil et 10,09 millions de litres d’essence. Les autorités avaient également signalé la réception en cours de 1 278 citernes à Bamako.
Un précédent convoi de 980 camions-citernes était entré dans la capitale le 6 septembre sous escorte militaire.
Avec APA
Economie
Riyad réfute les allégations des Houthis suite à l’attaque de samedi contre Aramco
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Dans des propos rapportés tard le 3 octobre par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Malki, a contesté la version du mouvement yéménite pro-iranien. Selon lui, les Houthis cherchent des « victoires imaginaires » alors qu’ils subissent des difficultés à Taëz, troisième ville la plus peuplée du Yémen, majoritairement tenue par le gouvernement dans le sud-ouest du pays.
Les combattants anti-gouvernementaux avaient affirmé samedi avoir attaqué une installation du groupe pétrolier Saudi Aramco au sud de la capitale saoudienne. Des flammes et de la fumée ont été observées sur un site d’Aramco situé dans cette zone, sans communication des autorités saoudiennes sur l’origine ni l’ampleur de l’incendie.
Saudi Aramco constitue un actif stratégique pour le royaume, premier exportateur mondial de brut et chef de file de la coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite internationalement reconnu. Le ciblage revendiqué d’un site du groupe à Ryad élargit le registre des attaques houthies, déjà orientées vers les infrastructures pétrolières et les moyens maritimes saoudiens.
Dans son rapport annuel 2025, Aramco faisait état d’une production totale de liquides de 10,7 millions de barils par jour et d’une capacité nette de raffinage de 4,2 millions de barils par jour, avec une fiabilité d’approvisionnement de 99,9 % pour Saudi Arabian Oil Company. Ces volumes donnent aux installations du groupe une importance systémique pour les marchés pétroliers et pour l’approvisionnement domestique saoudien.
Les hostilités entre les Houthis, d’une part, et l’Arabie saoudite avec le gouvernement yéménite reconnu, d’autre part, se poursuivent depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Les Houthis mènent régulièrement des frappes contre l’Arabie saoudite et contre des navires du royaume.
En septembre, le mouvement houthi a infligé d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, consolidant son emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb après une offensive rapide que les frappes saoudiennes n’ont pas enrayée. Ce passage relie la mer Rouge au golfe d’Aden et conditionne une partie des flux pétroliers entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.
Les Houthis avaient déjà affirmé avoir visé des installations du groupe pétrolier saoudien à deux reprises avant l’épisode de Ryad : en septembre dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, puis en août dans le sud de l’Arabie saoudite.
Economie
Les réserves pétrolières de l’AIE ont déjà livré 325 millions de barils
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Au 2 octobre, environ 325 millions de barils avaient été libérés dans le cadre de l’action collective de 400 millions de barils décidée le 11 mars par l’Agence internationale de l’énergie. Selon l’AIE, ce déstockage, engagé pour amortir les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers, constitue le plus important de son histoire.
Le G7 a demandé le 2 octobre à l’AIE de suivre l’exécution complète et rapide des engagements pris en mars 2026. Les dirigeants ont aussi acté une libération coordonnée de 100 millions de barils sur quatre mois, comprenant un apport significatif de gazole durant les vingt premiers jours par les membres du G7 et leurs partenaires.
Cette décision répond aussi à la pression du président américain Donald Trump, qui réclamait depuis plusieurs jours aux Européens de mobiliser davantage de gazole. Il avait agité la menace d’une interdiction des exportations américaines de carburants, une option écartée entre membres du G7 après la réunion.
La consommation mondiale de pétrole avoisine 100 millions de barils par jour, principalement dans les transports, la pétrochimie et l’industrie des plastiques. Les réserves stratégiques permettent aux États importateurs de disposer d’un coussin mobilisable en cas de pénurie, de blocage logistique ou de rupture d’approvisionnement.
Créée en 1974 après le premier choc pétrolier, l’AIE a pour mission fondatrice la sécurité énergétique de ses membres. Elle regroupe 32 pays, dont l’Allemagne, la France, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Turquie et les États-Unis.
Chaque pays membre doit maintenir des stocks équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes. Cette obligation peut être satisfaite par des réserves d’urgence, par des stocks commerciaux mobilisables par l’État ou par des volumes conservés à l’étranger dans le cadre d’accords bilatéraux.
L’obligation de l’AIE ne prescrit pas une répartition unique entre pétrole brut et produits raffinés. Les pays disposant d’un appareil de raffinage important peuvent privilégier le brut, qu’ils sont capables de transformer rapidement, tandis que les produits finis offrent une réponse plus directe aux tensions sur des carburants précis.
L’AIE estime toutefois qu’il est judicieux de conserver une partie des stocks d’urgence sous forme raffinée, malgré des coûts de stockage plus élevés. Pour les États appartenant à la fois à l’AIE et à l’Union européenne, un tiers des réserves doit être détenu sous forme de produits raffinés spécifiques.
En France, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité, qui détient environ deux tiers des stocks physiques français, indiquait dans un document relatif à 2024 que les réserves étaient composées à 30,6 % de pétrole brut et à 49,8 % de gazole. Le solde comprenait 9,1 % d’essence, 7,8 % de carburéacteur pour l’aviation et 2,7 % de fioul domestique.
Lorsqu’une action collective de l’AIE est décidée, chaque pays contribue selon son poids dans la consommation pétrolière totale des membres de l’organisation. La mise en œuvre opérationnelle reste ensuite nationale, avec des arbitrages sur les volumes, les produits libérés et le rythme de sortie des stocks.
En France, le président de la SAGESS avait indiqué en avril devant l’Assemblée nationale qu’un déstockage pouvait être engagé dans un délai de 24 heures. Emmanuel Macron a déclaré que la France ferait l’« effort » de privilégier le gazole au début, dans une « volonté d’envoyer un signal clair au marché ».
Les membres du G7 ont prévu de se réunir dans le cadre de l’AIE après l’annonce du 2 octobre afin d’examiner d’éventuelles libérations supplémentaires de gazole si les tensions d’approvisionnement le nécessitent.
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