Economie
Contribution- Sénégal-GNL : Mutations du marché du gaz et implications pour le pays (deuxième partie )
Le contexte énergétique complexe, accentué par les enjeux climatiques et la pression sociétale sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre a poussé la plupart des acteurs de l’industrie à mettre en place des stratégies pour atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050.
Mais, atteindre cette neutralité carbone requiert des investissements colossaux et des innovations de rupture aussi bien sur le plan technique qu’économique, nécessitant ainsi une solution de transition.
Dans notre première contribution (www.gposg.net), nous avions mis en évidence comment le gaz naturel liquéfié (GNL) pourrait être une solution pour accompagner cette transition. La progression de sa production et de sa consommation sont des indicateurs factuels de l’intérêt qu’il suscite surtout dans les pays asiatiques où 70% de la production mondiale est absorbée par seulement trois pays à savoir la Chine, le Japon et la Corée du Sud.
La deuxième partie de cette contribution présente une analyse prospective du marché mondial du gaz. Elle met ensuite un focus sur la place de l’Afrique dans la configuration du marché actuel et futur.
Enfin, est abordé l’intérêt environnemental d’utiliser le GNL dans les tous les secteurs de la production énergétique.
Rappelons que le gaz naturel de par sa nature et ses propriétés physiques, est d’environ 20% moins émetteur de CO2 que le pétrole et le charbon. D’autre part, ses émissions en dioxyde de souffre (SOx) et d’azote (NOx) sont quasiment nulles.
Il a donc un rôle crucial à jouer car en réalité dans le court et moyen terme, le scénario du « Green deal » (consistant à une neutralité carbone à l’horizon 2050), au « Gas deal » (stratégie de transition énergétique axée sur le développement du gaz naturel) semble le plus probable et le plus réaliste pour les pays développés et ceux en cours de développement.
Les Etats en développement et leurs industries devraient également opter pour des ressources fossiles traditionnelles à faibles émissions de gaz à effet de serre comme le gaz naturel, car ce type de ressource permettrait de maintenir le niveau élevé de production d’électricité auquel nous sommes habitués sans avoir d’impact direct sur l’économie de ces pays.
La flambée des cours du gaz et perspectives
Les cours mondiaux de gaz naturel ont atteint des sommets ces derniers mois. La forte reprise de la consommation et de l’économie post COVID en est une des causes mais pas la seule. Elle traduit également l’intérêt porté sur le gaz naturel pour accompagner cette forte reprise de l’économie mondiale. De plus, cette flambée des prix et du dynamisme de manière globale du marché du GNL peut également s’expliquer par la stratégie des pays comme la Chine de réduire de manière drastique les émissions de CO2 et de particules fines dans un futur proche. Enfin, la libéralisation accrue du marché du GNL pourrait expliquer cette flambée des prix.
En effet de manière classique, les contrats d’achat et de vente de GNL se font sur le principe du « long term contract » c’est-à-dire un contrat d’approvisionnement entre opérateurs et acheteurs établi sur le long terme (15 à 20 ans) sur la base d’un prix de vente plus ou moins fixe sur la durée du contrat. Ce type de contrat assure une certaine visibilité pour tous les acteurs de la chaine de valeur (production, transport, consommateurs).
Nous assistons cependant depuis quelques années aux développements d’autres type de contrats comme le « spot » et le « short term contract ».
Le « short term » est comme le contrat longue durée, un contrat d’achat et de vente mais sur une durée très courte (en moyenne 5ans). Il permet de répondre à un besoin d’approvisionnement sur une courte durée.
Le « spot » quant à lui à un caractère très libéral. Il concerne le trading des cargaisons de GNL chargées et qui n’ont pas de destination précise. Ces cargaisons sont mises en vente sur le marché financier pour être commercialisées au prix fort aux plus offrants.
L’Asie est aujourd’hui l’épicentre du marché « spot » et la part de ce type de trading augmente d’année en année dans les échanges mondiaux de GNL. En 2020 le « spot » et le « short term » ont représenté 40% des échanges mondiaux de GNL. Il est prévu que leur part dépasse celle des contrats longs termes dans les prochaines années et même devenir la norme.
L’analyse des cours du gaz sur le marché européen et américain, montre que leurs tendances sont fortement liées à l’évolution des prix du « spot » dans la zone Asie. Cela démontre qu’aujourd’hui que c’est l’Asie qui dicte les cours du gaz comme illustré sur la figure ci-dessous. L’Europe et les USA n’ont
malheureusement aucun contrôle sur l’évolution de ces cours au vu de leur faible impact dans les importations de GNL.
En effet la Chine avec un mix énergétique à plus de 80% constitués de charbon et de pétrole, et seulement de 7% de gaz, s’est fixée comme objectif 2060 pour la neutralité(carbone). Pour ce faire, elle a décidé d’accroitre de manière exponentielle ses importations de GNL en multipliant les partenariats avec de grands pays producteurs comme l’Australie et le Qatar qui sont respectivement les premiers et second pays producteurs de GNL. Cette perspective vient déjouer des prévisions faites il y’a quelques années sur un déclin lent et continu du marché du GNL après 2030 avec l’ambitieux plan de décarbonisation dans lequel l’Union Européenne s’est engagé pour la neutralité carbone de son mix énergétique d’ici à 2050.
L’analyse du marché actuel donne des perspectives bien différentes. En effet, il est prévu selon la banque Morgan Stanley, que l’augmentation des importations de GNL lors de la prochaine décennie soit la plus rapide de l’histoire des hydrocarbures et qu’à terme, que nous assistions à la construction de plus de méthaniers (navire transportant du GNL) que de pétroliers.
Les prévisionnistes tablent sur le doublement de la production de GNL à l’horizon 2030 par rapport à 2020 pour répondre à la forte demande du trio Chine, Japon et Corée du Sud, mais également à des puissances comme l’Inde, le Pakistan et tous les pays d’Asie du Sud qui sont dans une démarche de transition du charbon vers une énergie moins polluante.
Toujours dans cette perspective de décarbonation, des opérateurs et producteurs de GNL, comptent s’approprier des technologies de capture de CO2 afin de produire et transporter des cargaisons de GNL neutre en carbone.
Nous assistons probablement l’âge d’or du GNL.
Evolution de l’offre et de la demande de GNL
La place de l’Afrique dans le GNL et quelles stratégies adoptées ?
En plus de l’Australie, le Qatar et les États-Unis qui sont les trois premiers producteurs et exportateurs de GNL dans le monde, de nouveaux acteurs comme la Malaisie et l’Algérie sont également devenus des producteurs de premier plan dans ce secteur. Aussi depuis 2017 et la mise en exploitation du projet GNL de Yamal par Novatek, la Russie affiche des ambitions importantes dans ce secteur. Néanmoins, les prix élevés du gaz du début des années 2010 ont favorisé l’émergence de nouveaux acteurs susceptibles de remettre en cause la hiérarchie traditionnelle sur le marché du GNL.
Parmi ces nouveaux compétiteurs, le continent africain est sans doute celui qui possède le plus fort potentiel de croissance dans les années à venir. Ainsi, le secteur gazier africain se caractérise par une quantité considérable de réserves non recensées car associées aux gisements pétroliers et généralement brûlées par torchère. Ne comptant officiellement que pour 2 % des réserves mondiales, l’Afrique possède donc un potentiel inexploité situé principalement en offshore. Pendant des années, seuls le Nigeria et, dans une moindre mesure, le Cameroun ont exploité leurs réserves de gaz associées. Récemment, deux grands gisements gaziers ont été découverts, l’un en Afrique de l’Est à cheval entre la Tanzanie et le Mozambique, l’autre sur la façade atlantique dans les eaux sénégalaises et mauritaniennes.
Ces découvertes ont ainsi mis en valeur le potentiel du continent africain pour devenir un acteur majeur du GNL. Les investisseurs sont d’autant plus intéressés que les projets sont extrêmement compétitifs en matière de coûts et bénéficient de surcroît d’une proximité géographique favorable avec les marchés européens et asiatiques.
Cependant des défis immenses se posent aux nouveaux pays africains producteurs de GNL.
En effet la majorité des opérateurs intervenant sur le continent sont souvent européens et sont pleinement engagés dans la stratégie européenne du « green deal » consistant à une neutralité carbone en 2050 avec une réduction drastique des investissements dans le secteur des hydrocarbures.
Ce désintérêt des Majors européens vis-à-vis de nouveaux projets gaziers et même en cours, est dû au surcoût que va imposer la transition énergétique et qui pourrait mettre en péril la rentabilité des projets. Nous assistons déjà à plusieurs retraits et cessions de champs pétroliers et gaziers en Afrique de la part de certains opérateurs. Des projets tels que GTA présentent un fort risque de démobilisation de la part de l’opérateur. Dès lors la question de la stratégie Gaz de pays comme le Sénégal et la Mauritanie se pose.
Il est évident que les pays africains producteurs de gaz n’ont aucun intérêt à aligner leurs stratégies sur celle des pays européens qui sont dans une logique de neutralité carbone. L’Afrique n’est pas prête pour s’engager dans cette voie.
La stratégie adoptée par certains pays asiatiques semblerait être plus en phase avec nos réalités. La solution d’un développement du secteur gazier sur le continent africain pourrait par exemple passer par un partenariat fort et stratégique avec l’Asie dont les besoins en GNL sont énormes avec des prix qui permettraient aux pays producteurs de maximiser leurs revenus gaziers.
Un autre paramètre stratégique que les pays gaziers doivent maitriser est le trading des ressources gazières et le développement d’un écosystème gazier fort et dynamique qui serait capable d’absorber une partie de la production gazière du pays pour le développement industriel et la transformation d’autres matières premières.
Polyvalence du GNL et son intérêt dans la demande énergétique croissante
Si le GNL est essentiellement utilisé dans la production d’électricité, le chauffage résidentiel ou encore comme matière première dans l’industrie, son usage s’est progressivement étendu vers le transport maritime et routier. Aujourd’hui, bien que le GNL soit encore marginal, il y’a plus de 170 navires commerciaux qui utilisent le gaz liquéfié comme carburant. Deux raisons expliquent cette poussée récente du GNL.
Premièrement, le GNL a considérablement gagné en compétitivité ces dernières années. La mise sur le marché de la production de gaz non-conventionnel aux États-Unis a ainsi permis une baisse conséquente des prix mondiaux. Les fuels lourds ou le diesel ont donc perdu une grande partie de leurs avantages face au GNL, d’autant que celui-ci bénéficie d’un soutien des pouvoirs publics via une fiscalité accommodante.
Deuxièmement, le gaz liquéfié est beaucoup plus avantageux d’un point de vue environnemental que les carburants classiques, alors que le transport maritime et routier est un secteur où les émissions de dioxyde de carbone (CO2) sont extrêmement difficiles à réduire. Dans un souci de préserver la qualité de l’air (en particulier sur les côtes) en réduisant les émissions de polluants atmosphériques des navires, l’Organisation maritime internationale (OMI) a imposé une réduction de la teneur en soufre des carburants pour les navires de 3,5 % à 0,5 % au 1er janvier 2020. Cette évolution des normes environnementales rend le GNL particulièrement attractif car il n’émet quasiment pas de souffre (SOx), peu d’oxydes d’azote (NOx) et près de 20 % de CO2 en moins que le fuel lourd. Ceci explique d’ailleurs l’engouement récent pour ce carburant, notamment de la part des compagnies de croisière dont les navires, qui circulent à proximité des côtes, sont directement visés par les réductions de normes d’émissions.
Néanmoins, des infrastructures doivent être construites en parallèle au développement de la flotte afin de garantir la disponibilité physique du GNL dans les chaînes d’approvisionnement. Au niveau du transport routier, cette problématique du manque d’infrastructures est également un frein à la croissance de ce carburant. Même si, grâce au soutien des pouvoirs publics (en particulier en Chine, en Europe et en Amérique du Nord), les infrastructures se développent rapidement. À l’heure actuelle, le GNL reste donc marginal dans le secteur des transports mais pourrait connaître une forte croissance dans les années à venir.
Notre troisième et dernière contribution abordera les défis auxquels le Sénégal devra faire face et des recommandations seront proposées pour les juguler.
Le Groupe des Professionnels Sénégalais de la Diaspora sur le Oil and Gas (GPSOG)
Economie
Comment la crise des ventes de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana a-t-elle éclaté ?
« Avoir un but trace la voie. » Lao-Tseu
Les producteurs de la moitié du cacao mondial – la Côte d’Ivoire et le Ghana – ont eu du mal à vendre leurs fèves et à payer les agriculteurs cette année en raison des récoltes mondiales abondantes, de la baisse des prix du cacao et de la diminution de la demande de cet ingrédient de la part des chocolatiers.
Pourquoi ces deux pays ont-ils obtenu des résultats inférieurs à ceux de leurs concurrents et que font-ils pour remédier au problème ?
COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ?
Le cacao ne fait pas l’objet d’un commerce libre en Côte d’Ivoire et au Ghana.En réalité, les organismes de réglementation du cacao des deux pays, nommés par le gouvernement, vendent environ 80 % de leurs fèves à des négociants internationaux un an à l’avance et, sur la base de ces ventes, fixent un prix pour les agriculteurs au début de la saison en octobre.
Les agriculteurs vendent ensuite leurs fèves à des collecteurs locaux à ce prix, et ces derniers les revendent à des acheteurs agréés. Après réception du cacao, ces acheteurs agréés le vendent soit directement à des négociants internationaux, soit à des négociants locaux qui le revendent ensuite à des négociants internationaux.
Le prix fixe fixé pour les agriculteurs en octobre couvre généralement la récolte principale d’octobre à mars, car les organismes de réglementation du cacao des pays ont tendance à ajuster le prix pour les agriculteurs pour la récolte intermédiaire d’avril à septembre, considérée comme étant de qualité inférieure. En octobre dernier, la Côte d’Ivoire a fixé le prix de sa principale récolte à environ 5 000 dollars la tonne métrique, tandis que le Ghana l’a fixé à près de 5 300 dollars la tonne métrique.
Les cours mondiaux du cacao à terme ont chuté à environ 3 100 dollars la tonne, ayant perdu la moitié de leur valeur rien que cette année.Pour les négociants mondiaux de cacao, la chute des prix a eu pour conséquence immédiate de lourdes pertes s’ils achetaient des fèves ivoiriennes et ghanéennes pour les revendre aux prix du marché à terme. De ce fait, ils ont pour la plupart cessé d’en acheter.Des agriculteurs ghanéens ont déclaré le mois dernier n’avoir pas été payés pour leurs fèves de cacao depuis novembre, tandis que des sources du secteur ont indiqué à Reuters que la situation était similaire pour les agriculteurs ivoiriens. Elles ont également constaté une accumulation importante de stocks de cacao invendus en Côte d’Ivoire.
QUELLES SONT LES MESURES PRIVILÉGIÉES JUSQU’À PRÉSENT PAR LA CÔTE D’IVOIRE ET LE GHANA EN RÉPONSE ?
Pour tenter de fournir de l’argent aux agriculteurs, le gouvernement ivoirien a lancé à la fin du mois dernier un programme visant à acheter 100 000 tonnes de stocks de cacao invendus de la principale récolte aux agriculteurs, pour un montant d’un demi-milliard de dollars.
Au Ghana, l’organisme de réglementation du cacao a réduit le 12 février de près d’un tiers, pour atteindre environ 3 580 dollars la tonne, après que l’on a estimé que le pays disposait d’environ 50 000 tonnes de stocks de cacao invendus.
La Côte d’Ivoire prévoit également, à compter du 1er mars, de baisser d’environ un tiers son prix fixe aux agriculteurs dans l’espoir d’inciter les vendeurs à vendre aux négociants internationaux, ont indiqué des sources à Reuters.Le gouvernement a annoncé en début de semaine qu’il dévoilerait un nouveau prix pour les agriculteurs d’ici la fin février, soit un mois plus tôt que d’habitude.
POURQUOI LES PRIX MONDIAUX DU CACAO ONT-ILS CHUTTÉ ?
Après avoir presque triplé pour atteindre des niveaux records en 2024, les prix mondiaux du cacao ont depuis perdu environ les trois quarts de leur valeur.
Cette chute est due en partie à la baisse de la demande, les prix élevés ayant incité les chocolatiers à réduire la taille des tablettes, à augmenter la quantité d’additifs autres que le cacao, tels que des gaufrettes ou des noix, et à remplacer des produits comme le beurre de cacao par d’autres matières grasses.
Dans le même temps, des conditions météorologiques favorables ont permis d’obtenir des récoltes plus abondantes et plus saines, ce qui devrait permettre au marché mondial d’enregistrer un excédent d’environ 300 000 à 400 000 tonnes cette saison, selon les négociants internationaux.
Economie
APE SN 01-2026 : un test de crédibilité macroéconomique pour le Sénégal
« Avoir un but trace la voie. » Lao-Tseu
Le Sénégal effectue son retour sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) avec un emprunt obligataire par appel public à l’épargne (APE) d’un montant de 200 milliards de FCFA.
L’opération est structurée par la SGI Invictus Capital & Finance (ICF), désignée arrangeur et chef de file. La souscription est ouverte du 26 février au 19 mars 2026.
Cette émission intervient dans un contexte budgétaire délicat, marqué par des tensions sur les finances publiques et par une attention accrue portée à la soutenabilité de la dette. Elle s’inscrit ainsi au cœur des arbitrages économiques actuels, entre mobilisation de ressources pour financer les priorités de l’État et nécessité de préserver les équilibres macroéconomiques.
Au-delà de la levée de fonds, cette émission constitue un indicateur clé : elle permettra d’évaluer l’appétit des investisseurs régionaux pour la signature souveraine sénégalaise dans un environnement de taux devenu plus exigeant qu’il y a cinq ans.
Une structure calibrée
L’opération est structurée en quatre tranches :
40 milliards FCFA sur 3 ans à 6,40 %
75 milliards FCFA sur 5 ans à 6,60 %
50 milliards FCFA sur 7 ans à 6,75 %
35 milliards FCFA sur 10 ans à 6,95 %
La progression des taux selon la maturité reflète la prime de risque temporelle classique, mais également un contexte monétaire régional marqué par un resserrement progressif des conditions de liquidité. Les rendements proposés demeurent compétitifs dans l’environnement actuel du marché régional, caractérisé par une hausse graduelle des taux ces dernières années.
La tranche à 10 ans, rémunérée à 6,95 %, sera particulièrement scrutée. Elle permettra d’apprécier la capacité du Trésor à allonger la maturité moyenne de sa dette tout en maîtrisant son coût.
L’opération mobilise un large syndicat de placement couvrant l’ensemble de l’espace UEMOA, illustrant l’intégration croissante du marché financier régional et la capacité des États à s’appuyer sur une intermédiation transfrontalière structurée.
Un test de confiance en 2026
L’émission de 200 milliards FCFA envoie un double signal. D’une part, elle confirme la volonté de l’État de consolider son accès au financement domestique. D’autre part, elle fait office de baromètre de confiance quant à la gestion macroéconomique actuelle.
Une souscription largement couverte conforterait la perception d’une signature souveraine robuste. À l’inverse, une couverture plus mesurée ou une concentration excessive sur les maturités courtes pourrait traduire une préférence accrue des investisseurs pour la prudence.
Entre ambition et discipline
Le Sénégal demeure une économie structurante en Afrique de l’Ouest, portée par des perspectives liées à l’exploitation des ressources énergétiques et à la transformation progressive de son appareil productif. Toutefois, la conjoncture actuelle impose un équilibre délicat : financer le développement sans accroître excessivement la charge de la dette.
L’APE SN 01-2026 ne constitue donc pas seulement une opération financière. Il s’agit d’un exercice de crédibilité macroéconomique, observé avec attention par les marchés régionaux.
Economie
Egypte : 2,3 milliards de dollars du FMI pour financer l’Economie
« Avoir un but trace la voie. » Lao-Tseu
Le Conseil d’administration du FMI valide de nouveaux décaissements au titre des programmes EFF et RSF, saluant les progrès macroéconomiques tout en appelant à accélérer les réformes structurelles.
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les cinquième et sixième examens du programme économique de l’Égypte soutenu par la Facilité élargie de crédit (EFF), ainsi que le premier examen au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF).
Cette décision permet aux autorités égyptiennes de mobiliser immédiatement environ 2,3 milliards de dollars, dont 2 milliards au titre de l’EFF et 273 millions dans le cadre du RSF. Le programme EFF, approuvé le 16 décembre 2022 pour une durée de 46 mois, a été prolongé jusqu’au 15 décembre 2026.
Selon le FMI, la situation macroéconomique de l’Égypte s’est sensiblement améliorée grâce à des politiques monétaires et budgétaires restrictives et à une plus grande flexibilité du taux de change. La croissance du PIB réel a atteint 4,4 % au cours de l’exercice 2024/25, tandis que l’inflation a reculé à 11,9 % en janvier 2026.
Le déficit du compte courant s’est réduit à 4,2 % du PIB, soutenu par la vigueur des transferts de fonds et des recettes touristiques. Les réserves internationales brutes sont passées de 54,9 milliards de dollars en décembre 2024 à 59,2 milliards de dollars en décembre 2025.
Le Fonds souligne également une amélioration des résultats budgétaires, portée par une hausse des recettes fiscales et une modération des investissements publics.
Toutefois, le solde primaire est resté inférieur aux objectifs du programme, en raison notamment de retards dans les cessions d’actifs prévues. Le niveau élevé de la dette publique et les besoins de financement brut continuent de peser sur les marges budgétaires.
Sur le plan structurel, les progrès sont jugés inégaux. Le FMI insiste sur la nécessité d’accélérer le désengagement de l’État dans les secteurs non stratégiques et de renforcer la concurrence afin de favoriser un modèle de croissance davantage tiré par le secteur privé. Le maintien d’un régime de change flexible, la poursuite de la désinflation, l’élargissement de l’assiette fiscale et la mise en œuvre d’une stratégie globale de gestion de la dette figurent parmi les priorités.
Le programme soutenu par la RSF avance parallèlement, notamment dans le domaine climatique. Les autorités ont publié un calendrier de mise en œuvre des objectifs en matière d’énergies renouvelables et adopté une directive obligeant les banques à déclarer leur exposition aux risques liés à la transition climatique.
Malgré ces avancées, le FMI prévient que les risques demeurent élevés, liés aux tensions géopolitiques régionales et au durcissement des conditions financières mondiales, appelant à une poursuite résolue des réformes pour consolider une croissance durable et inclusive.
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