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Economie

Espagne : Hausse de l’approvisionnement en gaz pour sécuriser le réseau après une panne de courant

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L’Espagne augmente sa production d’électricité à partir de centrales à gaz plus coûteuses, à la suite d’une panne d’électricité nationale qui a suscité des inquiétudes quant à la capacité du réseau à faire face à une abondance d’énergie renouvelable. 

La production des turbines à gaz à cycle combiné, une technologie de production plus stable que l’énergie solaire, a bondi de 37 % dans les deux semaines suivant la panne, par rapport aux deux semaines précédentes, selon les données de l’opérateur du réseau électrique Red Electrica. Leur part moyenne dans le mix énergétique espagnol est passée d’environ 12 % à 18 %. 

La panne du réseau électrique espagnol a privé des millions de personnes d’électricité, de communications téléphoniques, de trains et de feux de circulation pendant des heures le 28 avril, notamment au Portugal voisin et dans certaines régions du sud de la France. Le gouvernement enquête toujours sur les causes de la panne et n’a pas encore déterminé quelle technologie était en cause ni pourquoi, ni à qui la faute.

Des CCGT supplémentaires « sont actuellement inclus pour réduire l’impact qu’un changement brusque de sortie peut avoir sur les surtensions », a déclaré Red Electrica en réponse aux questions. 

Suite à de fortes oscillations sur le réseau, environ 2,2 gigawatts de capacité ont été mis hors service dans le sud de l’Espagne moins d’une minute avant l’effondrement complet des systèmes électriques de la péninsule ibérique, a déclaré la vice-première ministre Sara Aagesen aux législateurs la semaine dernière.

Les analystes de RBC Capital Markets étaient parmi ceux qui ont déclaré que les coupables les plus probables étaient les fermes solaires en raison d’un manque d’onduleurs formant un réseau qui aident à stabiliser la production photovoltaïque. 

Dans une interview accordée jeudi à la radio espagnole RNE, Aagesen a déclaré que pointer du doigt l’énergie solaire et la capacité du réseau à gérer autant d’énergies renouvelables était « simpliste ». Le système est robuste et a connu de nombreux jours avec autant, voire plus, d’énergie solaire que le jour de la panne, a-t-elle soutenu. 

Cependant, Cani Fernandez, directeur de la CNMC, l’organisme de régulation de l’énergie, a déclaré aux législateurs que le système fonctionne actuellement avec des mécanismes de secours plus coûteux qui s’adapteraient plus rapidement aux oscillations indésirables. C’est une bonne comparaison entre les CCGT et le solaire.

« Il semble que Red Electrica souhaite exercer un contrôle strict sur le mix de production afin de le stabiliser », a déclaré Javier Pamos, analyste chez Aurora Energy Research. « Des centrales à cycle combiné y sont intégrées, même si certaines heures de la journée ne seraient pas nécessaires, la production renouvelable étant suffisante pour couvrir la demande. »

Les CCGT peuvent assurer une production continue, et les turbines fournissent également de l’énergie cinétique au réseau, un élément essentiel à sa stabilité. Le lendemain de la panne, leur production a atteint 216 gigawattheures, soit une hausse de 157 % par rapport à la veille, et plus de trois fois supérieure à celle de deux jours auparavant. 

Bien que le mandat de l’opérateur du réseau soit de répondre à la demande au coût le plus bas possible, il peut également modifier le mix de production pour maintenir un « profil de tension adéquat », a déclaré Red Electrica. 

L’utilisation des CCGT ajoute probablement entre 5 et 10 € par mégawattheure aux coûts, selon Javier Revuelta, directeur principal du cabinet de conseil en énergie AFRY AB, qui estime que jusqu’à 2 gigawatts de capacité supplémentaire au gaz sont ajoutés quotidiennement au mix énergétique espagnol par rapport aux jours précédant la panne. 

Les coûts supplémentaires engendrés par le remplacement du solaire par le gaz, dans un souci de stabilité, ne se répercutent pas nécessairement sur les prix de gros de l’électricité, car ils font partie des ajustements intervenus après la clôture des marchés. Ils auront toutefois un impact sur les factures des consommateurs. 

Le gouvernement est sous le feu des critiques car des rapports montrent que Red Electrica et la CNMC discutent depuis deux ans de la nécessité d’améliorer la capacité du système à équilibrer les variations de tension. 

Aagesen a déclaré que les procédures visant à envisager des mises à niveau suivaient leur cours normal et que si la CNMC avait évalué un risque élevé d’un événement comme la panne d’électricité du mois dernier, elle les aurait accélérées et aurait averti le ministère, ce qui ne s’est pas produit. 

« Personne ne l’a vu venir », a-t-elle déclaré. 

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Economie

Mali : Approvisionnement en carburant, plus de 643 camions-citernes acheminés vers Bamako

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Au Mali, l’approvisionnement en carburant devient une opération de sécurité. Plus de 643 camions-citernes ont rejoint Bamako sous escorte militaire, dans un contexte marqué par les perturbations des corridors routiers et les attaques visant les convois de produits pétroliers. »

Plus de 643 camions-citernes sont arrivés samedi matin à Bamako, après une escorte nocturne assurée par l’armée. Leur prise en charge a été confiée aux services chargés du contrôle et de la distribution des hydrocarbures.

Un convoi de plus de 643 camions-citernes a atteint Bamako samedi 3 octobre vers 7 heures, selon des informations communiquées par la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC).

Les véhicules ont circulé durant la nuit sous la protection des Forces armées maliennes. À leur arrivée dans la capitale, la Douane, la DGCC et la Police nationale ont pris le relais afin d’orienter les cargaisons vers les dépôts pétroliers et les stations-service.

Le nombre de véhicules a été communiqué sans précision sur le volume total transporté, l’origine des produits ou leur répartition entre le gasoil et l’essence.

Cette arrivée s’inscrit dans le dispositif de sécurisation des importations d’hydrocarbures au Mali, pays enclavé dont l’approvisionnement repose principalement sur des corridors routiers reliant Bamako aux ports de la sous-région.

Entre le 14 et le 20 septembre, le pays avait réceptionné 57,99 millions de litres de gasoil et d’essence, transportés par environ 1 273 citernes, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce.

Au 20 septembre, les réserves recensées dans les dépôts de l’OMAP, de Sanké et de Star Oil atteignaient 10,17 millions de litres de gasoil et 10,09 millions de litres d’essence. Les autorités avaient également signalé la réception en cours de 1 278 citernes à Bamako.

Un précédent convoi de 980 camions-citernes était entré dans la capitale le 6 septembre sous escorte militaire.

Avec APA

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Economie

Riyad réfute les allégations des Houthis suite à l’attaque de samedi contre Aramco

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Dans des propos rapportés tard le 3 octobre par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Malki, a contesté la version du mouvement yéménite pro-iranien. Selon lui, les Houthis cherchent des « victoires imaginaires » alors qu’ils subissent des difficultés à Taëz, troisième ville la plus peuplée du Yémen, majoritairement tenue par le gouvernement dans le sud-ouest du pays.

Les combattants anti-gouvernementaux avaient affirmé samedi avoir attaqué une installation du groupe pétrolier Saudi Aramco au sud de la capitale saoudienne. Des flammes et de la fumée ont été observées sur un site d’Aramco situé dans cette zone, sans communication des autorités saoudiennes sur l’origine ni l’ampleur de l’incendie.

Saudi Aramco constitue un actif stratégique pour le royaume, premier exportateur mondial de brut et chef de file de la coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite internationalement reconnu. Le ciblage revendiqué d’un site du groupe à Ryad élargit le registre des attaques houthies, déjà orientées vers les infrastructures pétrolières et les moyens maritimes saoudiens.

Dans son rapport annuel 2025, Aramco faisait état d’une production totale de liquides de 10,7 millions de barils par jour et d’une capacité nette de raffinage de 4,2 millions de barils par jour, avec une fiabilité d’approvisionnement de 99,9 % pour Saudi Arabian Oil Company. Ces volumes donnent aux installations du groupe une importance systémique pour les marchés pétroliers et pour l’approvisionnement domestique saoudien.

Les hostilités entre les Houthis, d’une part, et l’Arabie saoudite avec le gouvernement yéménite reconnu, d’autre part, se poursuivent depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Les Houthis mènent régulièrement des frappes contre l’Arabie saoudite et contre des navires du royaume.

En septembre, le mouvement houthi a infligé d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, consolidant son emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb après une offensive rapide que les frappes saoudiennes n’ont pas enrayée. Ce passage relie la mer Rouge au golfe d’Aden et conditionne une partie des flux pétroliers entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.

Les Houthis avaient déjà affirmé avoir visé des installations du groupe pétrolier saoudien à deux reprises avant l’épisode de Ryad : en septembre dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, puis en août dans le sud de l’Arabie saoudite.

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Economie

Les réserves pétrolières de l’AIE ont déjà livré 325 millions de barils

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Au 2 octobre, environ 325 millions de barils avaient été libérés dans le cadre de l’action collective de 400 millions de barils décidée le 11 mars par l’Agence internationale de l’énergie. Selon l’AIE, ce déstockage, engagé pour amortir les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers, constitue le plus important de son histoire.

Le G7 a demandé le 2 octobre à l’AIE de suivre l’exécution complète et rapide des engagements pris en mars 2026. Les dirigeants ont aussi acté une libération coordonnée de 100 millions de barils sur quatre mois, comprenant un apport significatif de gazole durant les vingt premiers jours par les membres du G7 et leurs partenaires.

Cette décision répond aussi à la pression du président américain Donald Trump, qui réclamait depuis plusieurs jours aux Européens de mobiliser davantage de gazole. Il avait agité la menace d’une interdiction des exportations américaines de carburants, une option écartée entre membres du G7 après la réunion.

La consommation mondiale de pétrole avoisine 100 millions de barils par jour, principalement dans les transports, la pétrochimie et l’industrie des plastiques. Les réserves stratégiques permettent aux États importateurs de disposer d’un coussin mobilisable en cas de pénurie, de blocage logistique ou de rupture d’approvisionnement.

Créée en 1974 après le premier choc pétrolier, l’AIE a pour mission fondatrice la sécurité énergétique de ses membres. Elle regroupe 32 pays, dont l’Allemagne, la France, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Turquie et les États-Unis.

Chaque pays membre doit maintenir des stocks équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes. Cette obligation peut être satisfaite par des réserves d’urgence, par des stocks commerciaux mobilisables par l’État ou par des volumes conservés à l’étranger dans le cadre d’accords bilatéraux.

L’obligation de l’AIE ne prescrit pas une répartition unique entre pétrole brut et produits raffinés. Les pays disposant d’un appareil de raffinage important peuvent privilégier le brut, qu’ils sont capables de transformer rapidement, tandis que les produits finis offrent une réponse plus directe aux tensions sur des carburants précis.

L’AIE estime toutefois qu’il est judicieux de conserver une partie des stocks d’urgence sous forme raffinée, malgré des coûts de stockage plus élevés. Pour les États appartenant à la fois à l’AIE et à l’Union européenne, un tiers des réserves doit être détenu sous forme de produits raffinés spécifiques.

En France, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité, qui détient environ deux tiers des stocks physiques français, indiquait dans un document relatif à 2024 que les réserves étaient composées à 30,6 % de pétrole brut et à 49,8 % de gazole. Le solde comprenait 9,1 % d’essence, 7,8 % de carburéacteur pour l’aviation et 2,7 % de fioul domestique.

Lorsqu’une action collective de l’AIE est décidée, chaque pays contribue selon son poids dans la consommation pétrolière totale des membres de l’organisation. La mise en œuvre opérationnelle reste ensuite nationale, avec des arbitrages sur les volumes, les produits libérés et le rythme de sortie des stocks.

En France, le président de la SAGESS avait indiqué en avril devant l’Assemblée nationale qu’un déstockage pouvait être engagé dans un délai de 24 heures. Emmanuel Macron a déclaré que la France ferait l’« effort » de privilégier le gazole au début, dans une « volonté d’envoyer un signal clair au marché ».

Les membres du G7 ont prévu de se réunir dans le cadre de l’AIE après l’annonce du 2 octobre afin d’examiner d’éventuelles libérations supplémentaires de gazole si les tensions d’approvisionnement le nécessitent.

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