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Economie

Gaz Naturel : L’UE s’apprête à proposer l’interdiction des importations de gaz russe d’ici fin 2027

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L'Allemagne se prépare à accueillir son premier terminal méthanier flottant chargé de gaz naturel liquéfié

L’Union européenne devrait proposer des mesures visant à interdire les importations de gaz russe d’ici la fin de 2027, alors que le bloc s’efforce de rompre ses liens avec le pays qui était autrefois son plus grand fournisseur d’énergie.

L’UE poursuit son projet de longue date d’éliminer progressivement les combustibles fossiles russes, après avoir retardé plus tôt cette année la publication de sa « feuille de route » afin d’évaluer l’impact des efforts américains pour mettre fin à la guerre en Ukraine, selon des sources proches du dossier. Les flux de gaz russe vers l’Europe ont fortement diminué après l’invasion totale de Moscou en 2022, mais elle reste un fournisseur important, grâce à un gazoduc passant par la Turquie et à des expéditions de gaz naturel liquéfié.

L’UE prévoit de proposer en juin une interdiction de tous les achats de gaz dans le cadre de nouveaux accords avec la Russie et  de contrats spot existants , qui représentent environ un tiers des importations, devant entrer en vigueur avant la fin de l’année, selon les sources. 

La Commission européenne, l’organe exécutif du bloc, adoptera également le mois prochain des mesures pour mettre fin aux importations restantes de gazoduc russe et de GNL liées à des contrats à long terme, mais elles nécessiteront une transition plus longue jusqu’à la fin de 2027, ont indiqué les sources.

Les efforts visant à mettre fin à la dépendance au gaz russe ouvriront la voie aux fournisseurs américains pour approvisionner davantage de GNL en Europe, un objectif que le président Donald Trump a réclamé à plusieurs reprises. Les coûts et la sécurité restent des priorités dans le sillage de la crise énergétique, mais l’UE s’attend à ce que son plan ait un effet limité sur les prix, compte tenu de l’afflux de nouveaux approvisionnements en GNL sur le marché mondial dans les années à venir, ont indiqué ces sources.

Les enjeux sont colossaux : l’UE a acheté pour 23 milliards d’euros (26 milliards de dollars) d’énergie russe en 2024, dépassant ainsi son aide militaire à l’Ukraine l’an dernier. Les importations russes ont encore représenté 19 % des achats totaux de gaz du bloc des 27 nations l’an dernier, après que les expéditions de GNL ont atteint un niveau record suite à la réduction des flux de gazoducs par Gazprom PJSC.

Le calendrier de cette commission dépend de la capacité du bloc à s’approvisionner en GNL alternatif auprès des États-Unis, du Qatar, du Canada et de l’Afrique, selon ces sources. Des achats auprès des États-Unis sont en cours de discussion dans le cadre des négociations commerciales avec l’administration Trump, a rapporté Bloomberg la semaine dernière.

Alors que les prix du gaz dans l’UE ne représentent plus qu’un dixième du pic atteint lors de la crise énergétique qui a suivi l’invasion russe de l’Ukraine en 2022, l’approvisionnement de la région reste limité, car il reconstitue des réserves épuisées. D’importants volumes de nouveaux approvisionnements en provenance des États-Unis et du Qatar sont attendus dès 2027. 

Les plans de la Commission, qui seront dévoilés mardi à Strasbourg, sont susceptibles d’être modifiés avant l’annonce, ont indiqué les sources. Les contrats à terme sur le gaz européen de référence ont chuté jusqu’à 2,1 % lundi avant de  compenser  ces pertes.

La Commission cherchera également à accroître la transparence sur l’origine des approvisionnements en gaz de l’UE, selon les sources. Une option consisterait à obliger les entreprises à partager des informations clés sur les volumes et la durée des contrats avec les autorités nationales et la Commission.

Toute proposition législative de la Commission devra être approuvée par les États membres et le Parlement. Pour que l’interdiction des nouveaux contrats avec la Russie et des transactions sur le marché au comptant prenne effet avant la fin de l’année, les institutions devront travailler selon un calendrier accéléré.

Pour l’instant, l’Europe reste une destination attractive pour les cargaisons provenant de l’immense usine russe de GNL de Yamal dans l’Arctique, avec des contrats à long terme signés par des sociétés telles que TotalEnergies SE, Naturgy Energy Group SA et l’allemand Securing Energy for Europe GmbH.

On ne sait pas encore quelles mesures la Commission proposera pour permettre aux entreprises de sortir des contrats de prise ferme.

Sanctionner les importations de gaz russe constituerait, en théorie, l’outil juridique le plus puissant, permettant aux acheteurs européens de déclarer un cas de force majeure et de se soustraire à leurs obligations. Mais l’UE a jusqu’à présent évité de proposer une telle mesure, car l’opposition de la Hongrie et de la Slovaquie – qui continuent d’importer du gaz russe par gazoduc – la priverait du soutien unanime nécessaire.

En revanche, les mesures commerciales envisagées par la Commission, telles que les droits de douane et les quotas, peuvent être adoptées à la majorité qualifiée. Cependant, certains craignent que cela ne soit pas suffisant pour inciter les entreprises à résilier les contrats, et que cela ait également des répercussions potentielles sur les prix.

Restreindre les accords d’achat de gaz russe à court terme pourrait également s’avérer difficile, car il n’existe pas de définition précise de ce qu’est un contrat spot sur les marchés du GNL. On considère souvent qu’il s’agit de tout contrat d’une durée maximale de trois mois. 

De plus, il n’est pas évident, lors de l’accostage d’un pétrolier, de savoir si la cargaison de GNL a été achetée sur la base d’un contrat à long terme ou au comptant. Il sera donc difficile pour l’UE de contrôler les règles et d’en évaluer l’impact.

La feuille de route contiendra également des mesures visant à éliminer progressivement les importations de matières nucléaires en provenance de Russie, notamment l’uranium utilisé dans les réacteurs VVER de conception russe, ont indiqué des sources proches du dossier. Le mois prochain, la Commission présentera des mesures commerciales visant à rendre les approvisionnements en provenance de Moscou moins viables économiquement, ainsi que des restrictions sur les nouveaux contrats. Selon ces plans, les pays devront se fixer des objectifs pour mettre fin à leur dépendance.

Et pour le pétrole, les deux pays qui dépendent encore le plus des approvisionnements russes – la Slovaquie et la Hongrie – seront obligés de faire des plans pour montrer comment ils travaillent pour mettre fin aux expéditions d’ici la fin de 2027, selon les personnes proches du dossier.  

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Economie

Mali : Approvisionnement en carburant, plus de 643 camions-citernes acheminés vers Bamako

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Au Mali, l’approvisionnement en carburant devient une opération de sécurité. Plus de 643 camions-citernes ont rejoint Bamako sous escorte militaire, dans un contexte marqué par les perturbations des corridors routiers et les attaques visant les convois de produits pétroliers. »

Plus de 643 camions-citernes sont arrivés samedi matin à Bamako, après une escorte nocturne assurée par l’armée. Leur prise en charge a été confiée aux services chargés du contrôle et de la distribution des hydrocarbures.

Un convoi de plus de 643 camions-citernes a atteint Bamako samedi 3 octobre vers 7 heures, selon des informations communiquées par la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC).

Les véhicules ont circulé durant la nuit sous la protection des Forces armées maliennes. À leur arrivée dans la capitale, la Douane, la DGCC et la Police nationale ont pris le relais afin d’orienter les cargaisons vers les dépôts pétroliers et les stations-service.

Le nombre de véhicules a été communiqué sans précision sur le volume total transporté, l’origine des produits ou leur répartition entre le gasoil et l’essence.

Cette arrivée s’inscrit dans le dispositif de sécurisation des importations d’hydrocarbures au Mali, pays enclavé dont l’approvisionnement repose principalement sur des corridors routiers reliant Bamako aux ports de la sous-région.

Entre le 14 et le 20 septembre, le pays avait réceptionné 57,99 millions de litres de gasoil et d’essence, transportés par environ 1 273 citernes, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce.

Au 20 septembre, les réserves recensées dans les dépôts de l’OMAP, de Sanké et de Star Oil atteignaient 10,17 millions de litres de gasoil et 10,09 millions de litres d’essence. Les autorités avaient également signalé la réception en cours de 1 278 citernes à Bamako.

Un précédent convoi de 980 camions-citernes était entré dans la capitale le 6 septembre sous escorte militaire.

Avec APA

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Economie

Riyad réfute les allégations des Houthis suite à l’attaque de samedi contre Aramco

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Dans des propos rapportés tard le 3 octobre par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Malki, a contesté la version du mouvement yéménite pro-iranien. Selon lui, les Houthis cherchent des « victoires imaginaires » alors qu’ils subissent des difficultés à Taëz, troisième ville la plus peuplée du Yémen, majoritairement tenue par le gouvernement dans le sud-ouest du pays.

Les combattants anti-gouvernementaux avaient affirmé samedi avoir attaqué une installation du groupe pétrolier Saudi Aramco au sud de la capitale saoudienne. Des flammes et de la fumée ont été observées sur un site d’Aramco situé dans cette zone, sans communication des autorités saoudiennes sur l’origine ni l’ampleur de l’incendie.

Saudi Aramco constitue un actif stratégique pour le royaume, premier exportateur mondial de brut et chef de file de la coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite internationalement reconnu. Le ciblage revendiqué d’un site du groupe à Ryad élargit le registre des attaques houthies, déjà orientées vers les infrastructures pétrolières et les moyens maritimes saoudiens.

Dans son rapport annuel 2025, Aramco faisait état d’une production totale de liquides de 10,7 millions de barils par jour et d’une capacité nette de raffinage de 4,2 millions de barils par jour, avec une fiabilité d’approvisionnement de 99,9 % pour Saudi Arabian Oil Company. Ces volumes donnent aux installations du groupe une importance systémique pour les marchés pétroliers et pour l’approvisionnement domestique saoudien.

Les hostilités entre les Houthis, d’une part, et l’Arabie saoudite avec le gouvernement yéménite reconnu, d’autre part, se poursuivent depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Les Houthis mènent régulièrement des frappes contre l’Arabie saoudite et contre des navires du royaume.

En septembre, le mouvement houthi a infligé d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, consolidant son emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb après une offensive rapide que les frappes saoudiennes n’ont pas enrayée. Ce passage relie la mer Rouge au golfe d’Aden et conditionne une partie des flux pétroliers entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.

Les Houthis avaient déjà affirmé avoir visé des installations du groupe pétrolier saoudien à deux reprises avant l’épisode de Ryad : en septembre dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, puis en août dans le sud de l’Arabie saoudite.

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Les réserves pétrolières de l’AIE ont déjà livré 325 millions de barils

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Au 2 octobre, environ 325 millions de barils avaient été libérés dans le cadre de l’action collective de 400 millions de barils décidée le 11 mars par l’Agence internationale de l’énergie. Selon l’AIE, ce déstockage, engagé pour amortir les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers, constitue le plus important de son histoire.

Le G7 a demandé le 2 octobre à l’AIE de suivre l’exécution complète et rapide des engagements pris en mars 2026. Les dirigeants ont aussi acté une libération coordonnée de 100 millions de barils sur quatre mois, comprenant un apport significatif de gazole durant les vingt premiers jours par les membres du G7 et leurs partenaires.

Cette décision répond aussi à la pression du président américain Donald Trump, qui réclamait depuis plusieurs jours aux Européens de mobiliser davantage de gazole. Il avait agité la menace d’une interdiction des exportations américaines de carburants, une option écartée entre membres du G7 après la réunion.

La consommation mondiale de pétrole avoisine 100 millions de barils par jour, principalement dans les transports, la pétrochimie et l’industrie des plastiques. Les réserves stratégiques permettent aux États importateurs de disposer d’un coussin mobilisable en cas de pénurie, de blocage logistique ou de rupture d’approvisionnement.

Créée en 1974 après le premier choc pétrolier, l’AIE a pour mission fondatrice la sécurité énergétique de ses membres. Elle regroupe 32 pays, dont l’Allemagne, la France, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Turquie et les États-Unis.

Chaque pays membre doit maintenir des stocks équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes. Cette obligation peut être satisfaite par des réserves d’urgence, par des stocks commerciaux mobilisables par l’État ou par des volumes conservés à l’étranger dans le cadre d’accords bilatéraux.

L’obligation de l’AIE ne prescrit pas une répartition unique entre pétrole brut et produits raffinés. Les pays disposant d’un appareil de raffinage important peuvent privilégier le brut, qu’ils sont capables de transformer rapidement, tandis que les produits finis offrent une réponse plus directe aux tensions sur des carburants précis.

L’AIE estime toutefois qu’il est judicieux de conserver une partie des stocks d’urgence sous forme raffinée, malgré des coûts de stockage plus élevés. Pour les États appartenant à la fois à l’AIE et à l’Union européenne, un tiers des réserves doit être détenu sous forme de produits raffinés spécifiques.

En France, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité, qui détient environ deux tiers des stocks physiques français, indiquait dans un document relatif à 2024 que les réserves étaient composées à 30,6 % de pétrole brut et à 49,8 % de gazole. Le solde comprenait 9,1 % d’essence, 7,8 % de carburéacteur pour l’aviation et 2,7 % de fioul domestique.

Lorsqu’une action collective de l’AIE est décidée, chaque pays contribue selon son poids dans la consommation pétrolière totale des membres de l’organisation. La mise en œuvre opérationnelle reste ensuite nationale, avec des arbitrages sur les volumes, les produits libérés et le rythme de sortie des stocks.

En France, le président de la SAGESS avait indiqué en avril devant l’Assemblée nationale qu’un déstockage pouvait être engagé dans un délai de 24 heures. Emmanuel Macron a déclaré que la France ferait l’« effort » de privilégier le gazole au début, dans une « volonté d’envoyer un signal clair au marché ».

Les membres du G7 ont prévu de se réunir dans le cadre de l’AIE après l’annonce du 2 octobre afin d’examiner d’éventuelles libérations supplémentaires de gazole si les tensions d’approvisionnement le nécessitent.

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