Economie
Pétrole : l’OPEP+ pourrait relever à nouveau sa production en juillet
« Presque personne n’est assez pur de péchés pour ne pas mériter un châtiment. » Victor Hugo
« Les membres de l’OPEP+ discutent de la possibilité d’une troisième augmentation consécutive de la production de pétrole en juillet, une décision qui sera prise lors de la réunion du groupe prévue dans un peu plus d’une semaine, ont indiqué des délégués. »
Une augmentation de la production de 411 000 barils par jour pour juillet – soit le triple du volume initialement prévu – fait partie des options en discussion, bien qu’aucun accord définitif n’ait encore été trouvé, ont déclaré les délégués, qui ont requis l’anonymat, l’information étant confidentielle. Une décision finale doit être prise lors d’une réunion le 1er juin.
Le cartel a contribué à la chute des prix du brut depuis l’annonce de hausses de prix de 411 000 barils pour mai et juin – soit environ 1 % de la production actuelle de l’OPEP+ –, marquant une rupture historique avec des années de défense des marchés pétroliers. Le pétrole a de nouveau plongé jeudi, perdant 0,9 % à 64,31 dollars le baril à 9 h 13 à Londres.
Alors que l’OPEP+ affirme que les augmentations de l’offre visent à satisfaire la demande, les responsables ont avancé en privé une série de motivations, allant de la punition des membres surproducteurs à la récupération de parts de marché et à l’apaisement du président Donald Trump.
Lors de leur dernière réunion , l’Arabie saoudite, chef de file du groupe, a averti les membres fautifs, comme le Kazakhstan et l’Irak, qu’elle pourrait augmenter encore leur production s’ils ne respectaient pas leurs quotas. Malgré quelques promesses d’amélioration, les Kazakhs n’ont guère fait d’efforts pour contrôler les compagnies pétrolières internationales opérant dans le pays et continuent d’exporter des volumes proches des records .
« Nous préconisons une nouvelle augmentation de 411 000 barils par jour du quota de l’OPEP en juillet, comme en mai et juin », a déclaré Martijn Rats, stratège pétrolier mondial chez Morgan Stanley. « Le respect des quotas par les pays surproducteurs n’a guère évolué et, jusqu’à présent, les précédentes augmentations de quotas ont été absorbées par le marché. »
Selon une enquête Bloomberg, 25 des 32 traders et analystes prévoient que l’OPEP+ approuvera effectivement une hausse de 411 000 barils par jour. Cinq d’entre eux s’attendent à ce que le groupe revienne à son calendrier antérieur d’augmentations plus modestes, avec une augmentation de 138 000 barils.
Coïncidant avec le lancement de la guerre commerciale de Trump en avril, les hausses surprises de l’offre de l’OPEP+ ont d’abord eu un impact brutal sur les prix du pétrole, ramenant le brut à son plus bas niveau en quatre ans, près de 60 dollars le baril à Londres. Les contrats à terme se sont redressés depuis, la Maison-Blanche ayant réduit certains de ses droits de douane.
Malgré cela, de nombreux prévisionnistes anticipent désormais une baisse des perspectives du marché cette année. La semaine dernière, l’Agence internationale de l’énergie a prédit un ralentissement de la croissance de la demande mondiale de pétrole jusqu’à la fin de l’année 2025, après un premier trimestre robuste en raison de difficultés économiques.
Par conséquent, Goldman Sachs Group Inc. a prédit que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires suspendront toute nouvelle hausse après s’être mis d’accord sur l’augmentation pour juillet.
Huit pays clés de l’OPEP+ tiendront une visioconférence le 1er juin pour fixer les niveaux de production de juillet. L’alliance, composée de 22 pays, tiendra également une série de réunions virtuelles le 28 mai, au cours desquelles elle aura l’occasion de revoir les quotas de production sous-jacents pour 2025 et 2026.
« Si la politique évolue effectivement vers une politique de parts de marché au détriment de la défense des prix, il est alors logique de procéder à un démantèlement rapide », a déclaré Harry Tchilinguirian, responsable de la recherche et de l’analyse pétrolières chez Onyx Commodities Ltd. « C’est un peu comme un pansement : on l’enlève d’un seul coup, et non lentement. »
Economie
Mali : Approvisionnement en carburant, plus de 643 camions-citernes acheminés vers Bamako
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Au Mali, l’approvisionnement en carburant devient une opération de sécurité. Plus de 643 camions-citernes ont rejoint Bamako sous escorte militaire, dans un contexte marqué par les perturbations des corridors routiers et les attaques visant les convois de produits pétroliers. »
Plus de 643 camions-citernes sont arrivés samedi matin à Bamako, après une escorte nocturne assurée par l’armée. Leur prise en charge a été confiée aux services chargés du contrôle et de la distribution des hydrocarbures.
Un convoi de plus de 643 camions-citernes a atteint Bamako samedi 3 octobre vers 7 heures, selon des informations communiquées par la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC).
Les véhicules ont circulé durant la nuit sous la protection des Forces armées maliennes. À leur arrivée dans la capitale, la Douane, la DGCC et la Police nationale ont pris le relais afin d’orienter les cargaisons vers les dépôts pétroliers et les stations-service.
Le nombre de véhicules a été communiqué sans précision sur le volume total transporté, l’origine des produits ou leur répartition entre le gasoil et l’essence.
Cette arrivée s’inscrit dans le dispositif de sécurisation des importations d’hydrocarbures au Mali, pays enclavé dont l’approvisionnement repose principalement sur des corridors routiers reliant Bamako aux ports de la sous-région.
Entre le 14 et le 20 septembre, le pays avait réceptionné 57,99 millions de litres de gasoil et d’essence, transportés par environ 1 273 citernes, selon le ministère de l’Industrie et du Commerce.
Au 20 septembre, les réserves recensées dans les dépôts de l’OMAP, de Sanké et de Star Oil atteignaient 10,17 millions de litres de gasoil et 10,09 millions de litres d’essence. Les autorités avaient également signalé la réception en cours de 1 278 citernes à Bamako.
Un précédent convoi de 980 camions-citernes était entré dans la capitale le 6 septembre sous escorte militaire.
Avec APA
Economie
Riyad réfute les allégations des Houthis suite à l’attaque de samedi contre Aramco
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Dans des propos rapportés tard le 3 octobre par le quotidien saoudien Asharq Al-Awsat, le porte-parole de la coalition, le général Turki al-Malki, a contesté la version du mouvement yéménite pro-iranien. Selon lui, les Houthis cherchent des « victoires imaginaires » alors qu’ils subissent des difficultés à Taëz, troisième ville la plus peuplée du Yémen, majoritairement tenue par le gouvernement dans le sud-ouest du pays.
Les combattants anti-gouvernementaux avaient affirmé samedi avoir attaqué une installation du groupe pétrolier Saudi Aramco au sud de la capitale saoudienne. Des flammes et de la fumée ont été observées sur un site d’Aramco situé dans cette zone, sans communication des autorités saoudiennes sur l’origine ni l’ampleur de l’incendie.
Saudi Aramco constitue un actif stratégique pour le royaume, premier exportateur mondial de brut et chef de file de la coalition militaire appuyant le gouvernement yéménite internationalement reconnu. Le ciblage revendiqué d’un site du groupe à Ryad élargit le registre des attaques houthies, déjà orientées vers les infrastructures pétrolières et les moyens maritimes saoudiens.
Dans son rapport annuel 2025, Aramco faisait état d’une production totale de liquides de 10,7 millions de barils par jour et d’une capacité nette de raffinage de 4,2 millions de barils par jour, avec une fiabilité d’approvisionnement de 99,9 % pour Saudi Arabian Oil Company. Ces volumes donnent aux installations du groupe une importance systémique pour les marchés pétroliers et pour l’approvisionnement domestique saoudien.
Les hostilités entre les Houthis, d’une part, et l’Arabie saoudite avec le gouvernement yéménite reconnu, d’autre part, se poursuivent depuis leur reprise en juillet, qui a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Les Houthis mènent régulièrement des frappes contre l’Arabie saoudite et contre des navires du royaume.
En septembre, le mouvement houthi a infligé d’importants revers aux forces gouvernementales yéménites et à leur allié saoudien, consolidant son emprise sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb après une offensive rapide que les frappes saoudiennes n’ont pas enrayée. Ce passage relie la mer Rouge au golfe d’Aden et conditionne une partie des flux pétroliers entre le Moyen-Orient, l’Europe et l’Asie.
Les Houthis avaient déjà affirmé avoir visé des installations du groupe pétrolier saoudien à deux reprises avant l’épisode de Ryad : en septembre dans la ville portuaire de Yanbu, principal terminal pétrolier du royaume, puis en août dans le sud de l’Arabie saoudite.
Economie
Les réserves pétrolières de l’AIE ont déjà livré 325 millions de barils
« Le rire pur, le rire d’enfant, commence avec la pleine acceptation de nos erreurs et préjugés. » Arnaud Desjardins
Au 2 octobre, environ 325 millions de barils avaient été libérés dans le cadre de l’action collective de 400 millions de barils décidée le 11 mars par l’Agence internationale de l’énergie. Selon l’AIE, ce déstockage, engagé pour amortir les effets de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés pétroliers, constitue le plus important de son histoire.
Le G7 a demandé le 2 octobre à l’AIE de suivre l’exécution complète et rapide des engagements pris en mars 2026. Les dirigeants ont aussi acté une libération coordonnée de 100 millions de barils sur quatre mois, comprenant un apport significatif de gazole durant les vingt premiers jours par les membres du G7 et leurs partenaires.
Cette décision répond aussi à la pression du président américain Donald Trump, qui réclamait depuis plusieurs jours aux Européens de mobiliser davantage de gazole. Il avait agité la menace d’une interdiction des exportations américaines de carburants, une option écartée entre membres du G7 après la réunion.
La consommation mondiale de pétrole avoisine 100 millions de barils par jour, principalement dans les transports, la pétrochimie et l’industrie des plastiques. Les réserves stratégiques permettent aux États importateurs de disposer d’un coussin mobilisable en cas de pénurie, de blocage logistique ou de rupture d’approvisionnement.
Créée en 1974 après le premier choc pétrolier, l’AIE a pour mission fondatrice la sécurité énergétique de ses membres. Elle regroupe 32 pays, dont l’Allemagne, la France, l’Australie, l’Autriche, la Belgique, le Canada, l’Italie, le Japon, le Mexique, la Turquie et les États-Unis.
Chaque pays membre doit maintenir des stocks équivalents à au moins 90 jours d’importations nettes. Cette obligation peut être satisfaite par des réserves d’urgence, par des stocks commerciaux mobilisables par l’État ou par des volumes conservés à l’étranger dans le cadre d’accords bilatéraux.
L’obligation de l’AIE ne prescrit pas une répartition unique entre pétrole brut et produits raffinés. Les pays disposant d’un appareil de raffinage important peuvent privilégier le brut, qu’ils sont capables de transformer rapidement, tandis que les produits finis offrent une réponse plus directe aux tensions sur des carburants précis.
L’AIE estime toutefois qu’il est judicieux de conserver une partie des stocks d’urgence sous forme raffinée, malgré des coûts de stockage plus élevés. Pour les États appartenant à la fois à l’AIE et à l’Union européenne, un tiers des réserves doit être détenu sous forme de produits raffinés spécifiques.
En France, la Société anonyme de gestion des stocks de sécurité, qui détient environ deux tiers des stocks physiques français, indiquait dans un document relatif à 2024 que les réserves étaient composées à 30,6 % de pétrole brut et à 49,8 % de gazole. Le solde comprenait 9,1 % d’essence, 7,8 % de carburéacteur pour l’aviation et 2,7 % de fioul domestique.
Lorsqu’une action collective de l’AIE est décidée, chaque pays contribue selon son poids dans la consommation pétrolière totale des membres de l’organisation. La mise en œuvre opérationnelle reste ensuite nationale, avec des arbitrages sur les volumes, les produits libérés et le rythme de sortie des stocks.
En France, le président de la SAGESS avait indiqué en avril devant l’Assemblée nationale qu’un déstockage pouvait être engagé dans un délai de 24 heures. Emmanuel Macron a déclaré que la France ferait l’« effort » de privilégier le gazole au début, dans une « volonté d’envoyer un signal clair au marché ».
Les membres du G7 ont prévu de se réunir dans le cadre de l’AIE après l’annonce du 2 octobre afin d’examiner d’éventuelles libérations supplémentaires de gazole si les tensions d’approvisionnement le nécessitent.
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