Economie
Sénégal-Ressources Extractives : Ndeye Marie Diedhiou, la « Seigneure de la guerre »des ressources en Casamance
Au vu des importants gisements miniers déjà en exploitation, les phosphates, les carrières, l’or, le zircon et le fer et des récentes découvertes de pétrole et de gaz, le Sénégal se positionne de plus en plus comme un pays riche en ressources naturelles. C’est pourquoi le gouvernement ambitionne de faire de ce secteur un des piliers de son développement, comme indiqué dans son plan stratégique de développement économique (le Plan Sénégal Émergent). Diverses réformes du cadre normatif et politique, engagées depuis 2016 pour accompagner la mise en œuvre de l’ITIE (notamment la révision du code minier, du code pétrolier et du code gazier, l’adoption de la politique sectorielle minière, et l’adoption de la loi sur le contenu local), traduisent cette ambition.
À ces efforts s’ajoute la réorganisation du cadre institutionnel (réformes des directions au sein du ministère des Mines et de la Géologie, réorganisation de PETROSEN), qui passe également par la création de nouvelles institutions (COS PETROGAZ, GES – PETROGAZ. Toutefois, malgré ces avancées, la faible prise en charge de la demande sociale dans les zones d’exploitation des ressources reste évidente. Il est facile de constater, surtout dans ces zones, le manque d’accès des populations aux services sociaux de base (faibles revenus des populations, insuffisance des équipements et des retombées financières au profit des collectivités locales). Et même si le dispositif juridique instaure clairement des dispositions permettant aux populations de bénéficier de leurs ressources, les revenus perçus jusqu’à maintenant par les compagnies et l’État n’ont pas eu de répercussions suffisamment positives sur la vie des populations, notamment les femmes.
L’État sénégalais dispose déjà d’un cadre politique et normatif intégrant les principes généraux relatifs à l’égalité de genre (femmes, jeunes, personnes vulnérables, minorités, etc.) et aux droits des femmes en particulier. En effet, plusieurs textes instaurent la prise en compte du genre. Citons, entre autres, la Constitution, la loi n° 2010-11 du 28 mai 2010 instituant la parité absolue homme-femme applicable au niveau de toutes les institutions totalement ou partiellement électives, le document de stratégie économique nationale (Plan Sénégal Émergent), la Stratégie nationale d’équité et d’égalité de genre, la circulaire de la Primature (cabinet du Premier ministre) de 2013 invitant les ministères sectoriels à intégrer la dimension de genre dans leurs interventions. Mais paradoxalement, malgré ces dispositifs, l’analyse réalisée dans le secteur extractif par la coalition nationale Publiez Ce Que Vous Payez (PCQVP) dans le cadre du projet pilote genre montre un écart notable entre l’existence et la mise en œuvre de ces dispositions. En effet, à titre d’exemple, même si le code minier de 2016 à travers son article 109 instaure l’égalité des chances pour l’accès à l’emploi et la formation, le Rapport ITIE 2018 révèle que seulement 9 % des femmes bénéficient d’un emploi dans les entreprises extractives. En termes de représentativité des femmes dans les instances de gouvernance des ressources naturelles au Sénégal, la brèche demeure encore énorme tant au sein du Groupe multipartite de l’ITIE qu’au sein des structures de gouvernance de la coalition nationale. Pour l’instant, Ndeye Marie Diedhiou est la seule femme chargée de la coordination d’une antenne régionale de Publiez Ce Que Vous Payez. La présente étude est l’occasion de mettre en avant le travail remarquable de cette coordonnatrice, surnommée la « Seigneure de la guerre » des ressources en Casamance. Une championne de la transparence, voix des communautés.
Au Sénégal, la coalition nationale Publiez Ce Que Vous Payez est organisée en antennes régionales et ce afin « d’être plus proche des communautés affectées par les opérations minières », selon son Coordonnateur national, M. Ibrahima Sory Diallo. Comme il explique ; Certes la capitale, Dakar, reste le centre de prise de décisions, mais les enjeux sont autres pour les populations qui vivent le paradoxe de l’abondance. Et dans un contexte de faible confiance entre les acteurs, l’émergence d’un leadership au niveau local reste un défi majeur dans notre secteur d’activités.
PCQVP Sénégal compte actuellement sept antennes dans plusieurs régions du Sénégal, dont une seule, celle de Ziguinchor, est dirigée par une femme. Elle se nomme Ndeye Marie Diedhiou et ses actions lui ont valu le surnom de la « Seigneure de la guerre » des ressources en Casamance. Sur la côte nord de la Casamance, la dune de Niafrang (nom du village qui y est implanté) est convoitée pour le zircon que contient son sable. La Casamance ayant été fragilisée par plus de trente ans d’affrontements civils, un cessez-le-feu a été décidé et signé entre le gouvernement sénégalais et les forces rebelles indépendantistes du MFDC en décembre 2004. Mais à peine un mois avant la signature de ce cessez-le-feu, un permis d’exploration avait été octroyé par arrêté ministériel à la compagnie minière australienne Carnegie Ltd (permis repris postérieurement par Astron).
Or les populations n’avaient été ni consultées ni informées. La première audience, dans le cadre de l’enquête publique, n’a eu lieu qu’en 2011, les Casamançais n’ayant cessé de dénoncer le manque d’informations sur le projet. Les villages avoisinant la dune de Niafrang dépendent de la riziculture, des cultures maraîchères, de la pêche, de l’exploitation du palmier à huile, de l’apiculture, de la pêche à l’huître et du tourisme. Les rizières, les palmeraies et les villages sont protégés de la mer et de son eau salée par la dune. Témoins des effets de l’exploitation minière de zircon en Gambie, toute proche, les Casamançais craignent que cette activité ne contamine les nappes phréatiques, mettant ainsi en péril le milieu naturel. Opposés au projet d’extraction, les habitants du village, ceux des villages voisins et plusieurs de leurs partenaires se sont mobilisés et organisés en un Collectif pour mettre en garde contre l’exploitation de la zone.
C’est dans ce contexte que la coalition nationale Publiez Ce Que Vous Payez intervient dans la zone et se saisit du dossier. Afin de conférer une véritable légitimité au projet, il est nécessaire de mettre en avant les préoccupations des communautés locales. Mais pour porter leur message, face à la défense des intérêts privés, encore fallait-il trouver la bonne voix : cette voix est celle de Ndeye Marie Diedhiou.
Elle est l’unique femme coordonnatrice d’une antenne régionale de Publiez Ce Que Vous Payez au Sénégal, coalition qu’elle intègre depuis son adhésion au mouvement mondial. Les qualificatifs ne manquent pas pour vanter sa contribution au dynamisme de la coalition. Le Coordonnateur national de PCQVP se félicite de son leadership et de son appui incessant à la vie de la coalition : «Je connais Ndeye Marie depuis 2013, mais bien avant cela, j’avais entendu parler d’elle à travers la plateforme pour la paix en Casamance. Je retiens d’elle qu’elle une femme qui se caractérise par sa rigueur, son professionnalisme, pleinement vouée à son travail, dotée notamment d’une grande capacité managériale. Au sein de la plateforme pour la paix en Casamance, elle collabore autant avec les hommes qu’avec les femmes et cela démontre qu’elle a les compétences voulues, le savoir-faire. Ils se sont tous mobilisés à ses côtés. Avant de lancer l’antenne de la coalition à Ziguinchor, j’ai mené une enquête de moralité. J’ai demandé aux populations et aux autorités de la zone sur qui nous pouvions compter pour occuper les fonctions de coordonnateur régional. Tous, unanimement, m’ont orienté vers Madame Thiam [nom de son défunt mari]. En somme, elle est une championne de l’entrepreneuriat social tous azimuts ! ».
Depuis sa désignation à la tête de l’antenne de Ziguinchor, Ndeye Marie Diedhiou n’a raté aucun rendez-vous important de la coalition. Les militants du mouvement sont unanimes : elle incarne la crédibilité et la légitimité dont la coalition a besoin pour progresser dans sa démarche. Membre de la délégation sénégalaise à la conférence mondiale PCQVP tenue à Lima en 2016, elle a dignement représenté la coalition nationale et exposé le travail accompli. Mais cette position ne la met pas à l’abri de certains risques, liés à son engagement dans le secteur, surtout en zone hostile. Impact Diversité, inclusion, participation et unité d’action Pour faire entendre la voix des femmes, le premier acte proposé par Ndeye Marie Diedhiou a été de réunir l’ensemble des organisations de femmes, des associations, des OSC et autres femmes influentes autour d’un cadre d’actions harmonisé. C’est de façon digne d’éloges qu’elle a mobilisé autour de la Plateforme des femmes pour la paix, 170 associations membres réparties à travers la région naturelle de la Casamance.
L’objectif pour elle est de rassembler les énergies, les compétences et l’expertise de chacune des organisations membres afin d’influencer le processus de recherche de la paix, de favoriser un épanouissement et le respect des droits des femmes dans tous les secteurs de la vie active. Cette approche inclusive a permis à cette Plateforme de s’imposer très rapidement comme l’interlocuteur incontournable dans le processus de paix en Casamance, tout comme dans les initiatives de développement économique ainsi que dans la défense des droits des femmes et des jeunes filles. En dépit de la diversité des organisations membres, Ndeye Marie Diedhiou a réussi à établir une vision commune entre elles, en définissant des objectifs globaux et des axes d’interventions permettant à chacune d’elles de tirer profit de la Plateforme. Les axes de plaidoyer développés, portant plus particulièrement sur « les femmes, la paix et la sécurité », « les droits humains », « l’environnement et le développement durable », ont favorisé la mobilisation de toutes les associations membres autour des objectifs communs.
De l’action conjointe au travail d’influence Après un entretien avec le consultant chargé de l’étude et la parution du rapport d’analyse de la question genre au Sénégal, Ndeye Marie Diedhiou a exigé la parité dans la représentation des antennes au sein du Comité directeur. Désormais, les deux délégués de chaque antenne sont désignés sur une base paritaire au Comité directeur. La décision a été adoptée à la réunion du Comité et institutionnalisée dans le code de conduite de PCQVP Sénégal. Cette règle, Ndeye Marie Diedhiou et Marieme Soda Mbacke ont réussi à l’étendre à la représentation des membres dans les réunions et activités de la coalition. Grâce au projet genre, elles ont pu entreprendre une révision du code de conduite de la coalition afin de favoriser une prise en compte institutionnelle de l’équilibre genre au niveau de la représentativité, aussi bien au sein des instances de PCQVP qu’au collège de la société civile du Groupe multipartite de l’ITIE.
Sensibilisation sur les enjeux du secteur extractif et la question de genre La compréhension des enjeux liés à l’exploitation des ressources extractives a représenté jusqu’à maintenant un grand défi pour les acteurs de la société civile dans la région de la Casamance. En effet, au-delà de la présence de zircon et de pétrole dans la zone maritime, le point à souligner est ici le manque de communication de la part des autorités publiques. Par exemple, le permis d’exploration octroyé à la compagnie
Difficultés rencontrées et enseignements tirés L’activisme en zone hostile, un engagement justifié mais non dépourvu de risques Considérée par les visiteurs et touristes comme l’une des plus belles régions du Sénégal et d’Afrique de l’Ouest, la région historique et naturelle de la Casamance est marquée et meurtrie depuis le début des années 1980 par une guerre indépendantiste entre les Forces armées du Sénégal et le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC).
Un premier incident grave en 1982 a mis le feu aux poudres et déclenché un conflit qui allait éprouver la région pendant plus de trente ans. C’est ce contexte a qui justifié l’engagement citoyen de Ndeye Marie Diedhiou, comme ses propos le rappellent : « L’environnement dans lequel je vis a malheureusement été marqué par trente années de conflit. Comme cela est souvent le cas ailleurs dans le monde, les conflits armés ont un impact négatif considérable sur la vie des femmes et des enfants. C’est ce contexte qui a très tôt motivé mon engagement et m’a poussée à m’impliquer dans le mouvement de consolidation de la paix ici dans ma région ».
Les stéréotypes, frein au leadership féminin Cible de violences verbales, d’injures et de menaces de la part du MFDC, la militante apparaît désormais comme « l’ennemie à abattre » à tous niveaux. Malgré un travail de Les moins tolérants pensent qu’elle est inconsciente de s’engager sur des terrains aussi « minés », sans sécurité aucune. Le dossier du zircon est devenu tellement complexe, compte tenu des divergences d’intérêts des acteurs, que son intervention entraîne pour elle bien des risques. Il arrive que les factions armées du mouvement rebelle me menacent de mort et me déclarent persona non grata dans la zone. Ils jugent que mon attitude et ma volonté de conciliation entre les parties sont synonymes de complicité avec la compagnie, et pour le gouvernement, de corruption. Il s’agit de personnes souvent mal intentionnées qui me mettent en porte-à-faux avec les communautés et qui font office de délateurs au sein du MFDC pour salir ma réputation et ma dignité de femme ». La légitimité, gage de succès dans le combat Des sacrifices, Ndeye Marie Diedhiou en a fait, parfois au risque de sa carrière d’enseignante ou tout simplement de sa vie. Elle a maintes fois frôlé la mort parce qu’elle était souvent incomprise dans son combat pour la paix en Casamance. Les conditions de vie des femmes de ma région, leur survie même, les conditions que j’ai moi-même vécues aux côtés de ma mère en tant qu’ainée d’une famille de douze enfants, conditions que j’affronte encore dans un milieu où le conservatisme socioculturel et religieux continue de régner, conditions que je vis tout simplement parce que je suis une femme engagée au beau milieu d’un conflit armé : ces conditions définissent désormais l’essence même de mon existence. Par conséquent, je garde espoir parce que les hommes et les femmes qui m’entourent me font confiance, malgré d’immenses défis au quotidien. Quand je me retourne et que je vois tous ces braves gens qui comptent sur moi, les paroles d’encouragement de mon défunt époux — qui a toujours été mon « champion genre » — raisonnent en moi : « Ne baisse pas les bras, tu mènes un combat noble… ».
Oumou Kalsoum Ba
Coalition Publiez ce que vous payez
Economie
Comment la crise des ventes de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana a-t-elle éclaté ?
« Avoir un but trace la voie. » Lao-Tseu
Les producteurs de la moitié du cacao mondial – la Côte d’Ivoire et le Ghana – ont eu du mal à vendre leurs fèves et à payer les agriculteurs cette année en raison des récoltes mondiales abondantes, de la baisse des prix du cacao et de la diminution de la demande de cet ingrédient de la part des chocolatiers.
Pourquoi ces deux pays ont-ils obtenu des résultats inférieurs à ceux de leurs concurrents et que font-ils pour remédier au problème ?
COMMENT EN SOMMES-NOUS ARRIVÉS LÀ ?
Le cacao ne fait pas l’objet d’un commerce libre en Côte d’Ivoire et au Ghana.En réalité, les organismes de réglementation du cacao des deux pays, nommés par le gouvernement, vendent environ 80 % de leurs fèves à des négociants internationaux un an à l’avance et, sur la base de ces ventes, fixent un prix pour les agriculteurs au début de la saison en octobre.
Les agriculteurs vendent ensuite leurs fèves à des collecteurs locaux à ce prix, et ces derniers les revendent à des acheteurs agréés. Après réception du cacao, ces acheteurs agréés le vendent soit directement à des négociants internationaux, soit à des négociants locaux qui le revendent ensuite à des négociants internationaux.
Le prix fixe fixé pour les agriculteurs en octobre couvre généralement la récolte principale d’octobre à mars, car les organismes de réglementation du cacao des pays ont tendance à ajuster le prix pour les agriculteurs pour la récolte intermédiaire d’avril à septembre, considérée comme étant de qualité inférieure. En octobre dernier, la Côte d’Ivoire a fixé le prix de sa principale récolte à environ 5 000 dollars la tonne métrique, tandis que le Ghana l’a fixé à près de 5 300 dollars la tonne métrique.
Les cours mondiaux du cacao à terme ont chuté à environ 3 100 dollars la tonne, ayant perdu la moitié de leur valeur rien que cette année.Pour les négociants mondiaux de cacao, la chute des prix a eu pour conséquence immédiate de lourdes pertes s’ils achetaient des fèves ivoiriennes et ghanéennes pour les revendre aux prix du marché à terme. De ce fait, ils ont pour la plupart cessé d’en acheter.Des agriculteurs ghanéens ont déclaré le mois dernier n’avoir pas été payés pour leurs fèves de cacao depuis novembre, tandis que des sources du secteur ont indiqué à Reuters que la situation était similaire pour les agriculteurs ivoiriens. Elles ont également constaté une accumulation importante de stocks de cacao invendus en Côte d’Ivoire.
QUELLES SONT LES MESURES PRIVILÉGIÉES JUSQU’À PRÉSENT PAR LA CÔTE D’IVOIRE ET LE GHANA EN RÉPONSE ?
Pour tenter de fournir de l’argent aux agriculteurs, le gouvernement ivoirien a lancé à la fin du mois dernier un programme visant à acheter 100 000 tonnes de stocks de cacao invendus de la principale récolte aux agriculteurs, pour un montant d’un demi-milliard de dollars.
Au Ghana, l’organisme de réglementation du cacao a réduit le 12 février de près d’un tiers, pour atteindre environ 3 580 dollars la tonne, après que l’on a estimé que le pays disposait d’environ 50 000 tonnes de stocks de cacao invendus.
La Côte d’Ivoire prévoit également, à compter du 1er mars, de baisser d’environ un tiers son prix fixe aux agriculteurs dans l’espoir d’inciter les vendeurs à vendre aux négociants internationaux, ont indiqué des sources à Reuters.Le gouvernement a annoncé en début de semaine qu’il dévoilerait un nouveau prix pour les agriculteurs d’ici la fin février, soit un mois plus tôt que d’habitude.
POURQUOI LES PRIX MONDIAUX DU CACAO ONT-ILS CHUTTÉ ?
Après avoir presque triplé pour atteindre des niveaux records en 2024, les prix mondiaux du cacao ont depuis perdu environ les trois quarts de leur valeur.
Cette chute est due en partie à la baisse de la demande, les prix élevés ayant incité les chocolatiers à réduire la taille des tablettes, à augmenter la quantité d’additifs autres que le cacao, tels que des gaufrettes ou des noix, et à remplacer des produits comme le beurre de cacao par d’autres matières grasses.
Dans le même temps, des conditions météorologiques favorables ont permis d’obtenir des récoltes plus abondantes et plus saines, ce qui devrait permettre au marché mondial d’enregistrer un excédent d’environ 300 000 à 400 000 tonnes cette saison, selon les négociants internationaux.
Economie
APE SN 01-2026 : un test de crédibilité macroéconomique pour le Sénégal
« Avoir un but trace la voie. » Lao-Tseu
Le Sénégal effectue son retour sur le marché financier de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) avec un emprunt obligataire par appel public à l’épargne (APE) d’un montant de 200 milliards de FCFA.
L’opération est structurée par la SGI Invictus Capital & Finance (ICF), désignée arrangeur et chef de file. La souscription est ouverte du 26 février au 19 mars 2026.
Cette émission intervient dans un contexte budgétaire délicat, marqué par des tensions sur les finances publiques et par une attention accrue portée à la soutenabilité de la dette. Elle s’inscrit ainsi au cœur des arbitrages économiques actuels, entre mobilisation de ressources pour financer les priorités de l’État et nécessité de préserver les équilibres macroéconomiques.
Au-delà de la levée de fonds, cette émission constitue un indicateur clé : elle permettra d’évaluer l’appétit des investisseurs régionaux pour la signature souveraine sénégalaise dans un environnement de taux devenu plus exigeant qu’il y a cinq ans.
Une structure calibrée
L’opération est structurée en quatre tranches :
40 milliards FCFA sur 3 ans à 6,40 %
75 milliards FCFA sur 5 ans à 6,60 %
50 milliards FCFA sur 7 ans à 6,75 %
35 milliards FCFA sur 10 ans à 6,95 %
La progression des taux selon la maturité reflète la prime de risque temporelle classique, mais également un contexte monétaire régional marqué par un resserrement progressif des conditions de liquidité. Les rendements proposés demeurent compétitifs dans l’environnement actuel du marché régional, caractérisé par une hausse graduelle des taux ces dernières années.
La tranche à 10 ans, rémunérée à 6,95 %, sera particulièrement scrutée. Elle permettra d’apprécier la capacité du Trésor à allonger la maturité moyenne de sa dette tout en maîtrisant son coût.
L’opération mobilise un large syndicat de placement couvrant l’ensemble de l’espace UEMOA, illustrant l’intégration croissante du marché financier régional et la capacité des États à s’appuyer sur une intermédiation transfrontalière structurée.
Un test de confiance en 2026
L’émission de 200 milliards FCFA envoie un double signal. D’une part, elle confirme la volonté de l’État de consolider son accès au financement domestique. D’autre part, elle fait office de baromètre de confiance quant à la gestion macroéconomique actuelle.
Une souscription largement couverte conforterait la perception d’une signature souveraine robuste. À l’inverse, une couverture plus mesurée ou une concentration excessive sur les maturités courtes pourrait traduire une préférence accrue des investisseurs pour la prudence.
Entre ambition et discipline
Le Sénégal demeure une économie structurante en Afrique de l’Ouest, portée par des perspectives liées à l’exploitation des ressources énergétiques et à la transformation progressive de son appareil productif. Toutefois, la conjoncture actuelle impose un équilibre délicat : financer le développement sans accroître excessivement la charge de la dette.
L’APE SN 01-2026 ne constitue donc pas seulement une opération financière. Il s’agit d’un exercice de crédibilité macroéconomique, observé avec attention par les marchés régionaux.
Economie
Egypte : 2,3 milliards de dollars du FMI pour financer l’Economie
« Avoir un but trace la voie. » Lao-Tseu
Le Conseil d’administration du FMI valide de nouveaux décaissements au titre des programmes EFF et RSF, saluant les progrès macroéconomiques tout en appelant à accélérer les réformes structurelles.
Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a achevé les cinquième et sixième examens du programme économique de l’Égypte soutenu par la Facilité élargie de crédit (EFF), ainsi que le premier examen au titre de la Facilité pour la résilience et la durabilité (RSF).
Cette décision permet aux autorités égyptiennes de mobiliser immédiatement environ 2,3 milliards de dollars, dont 2 milliards au titre de l’EFF et 273 millions dans le cadre du RSF. Le programme EFF, approuvé le 16 décembre 2022 pour une durée de 46 mois, a été prolongé jusqu’au 15 décembre 2026.
Selon le FMI, la situation macroéconomique de l’Égypte s’est sensiblement améliorée grâce à des politiques monétaires et budgétaires restrictives et à une plus grande flexibilité du taux de change. La croissance du PIB réel a atteint 4,4 % au cours de l’exercice 2024/25, tandis que l’inflation a reculé à 11,9 % en janvier 2026.
Le déficit du compte courant s’est réduit à 4,2 % du PIB, soutenu par la vigueur des transferts de fonds et des recettes touristiques. Les réserves internationales brutes sont passées de 54,9 milliards de dollars en décembre 2024 à 59,2 milliards de dollars en décembre 2025.
Le Fonds souligne également une amélioration des résultats budgétaires, portée par une hausse des recettes fiscales et une modération des investissements publics.
Toutefois, le solde primaire est resté inférieur aux objectifs du programme, en raison notamment de retards dans les cessions d’actifs prévues. Le niveau élevé de la dette publique et les besoins de financement brut continuent de peser sur les marges budgétaires.
Sur le plan structurel, les progrès sont jugés inégaux. Le FMI insiste sur la nécessité d’accélérer le désengagement de l’État dans les secteurs non stratégiques et de renforcer la concurrence afin de favoriser un modèle de croissance davantage tiré par le secteur privé. Le maintien d’un régime de change flexible, la poursuite de la désinflation, l’élargissement de l’assiette fiscale et la mise en œuvre d’une stratégie globale de gestion de la dette figurent parmi les priorités.
Le programme soutenu par la RSF avance parallèlement, notamment dans le domaine climatique. Les autorités ont publié un calendrier de mise en œuvre des objectifs en matière d’énergies renouvelables et adopté une directive obligeant les banques à déclarer leur exposition aux risques liés à la transition climatique.
Malgré ces avancées, le FMI prévient que les risques demeurent élevés, liés aux tensions géopolitiques régionales et au durcissement des conditions financières mondiales, appelant à une poursuite résolue des réformes pour consolider une croissance durable et inclusive.
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