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Economie

Washington et Londres annoncent de nouvelles sanctions contre le pétrole et le gaz russes

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A quelques jours de l’investiture le 20 janvier du président américain élu Donald Trump, le département du Trésor a détaillé une série de sanctions visant entre autres deux des principales sociétés russes du secteur, Gazprom Neft et Sourgoutneftegaz.

Londres a aussi sanctionné ces deux entreprises, « qui produisent à elles seules plus d’un million de barils de pétrole par jour, soit une valeur d’environ 23 milliards de dollars (22,5 milliards d’euros) par an aux prix actuels ».

Une décision immédiatement dénoncée comme « injustifiée et illégitime » par Gazprom Neft, filiale du grand groupe étatique Gazprom, citée par les agences de presse russes.

« Les Etats-Unis prennent des mesures radicales à l’encontre d’une source de revenus essentielle de la guerre brutale et illégale menée par la Russie en Ukraine. Elles viennent renforcer notre souci, depuis le début du conflit, de perturber les revenus du Kremlin issus de ce secteur, notamment avec la mise en place d’un prix plafond », a expliqué la secrétaire au Trésor sortante, Janet Yellen.

Daleep Singh, conseiller adjoint à la sécurité nationale de la Maison Blanche pour l’économie internationale, a indiqué que ces sanctions étaient « les plus importantes jamais imposées » par les Etats-Unis au secteur énergétique russe.

« Ces sanctions frapperont durement tous les maillons clés de la chaîne de production et de distribution du pétrole russe », a-t-il ajouté.

Le ministère britannique des Affaires étrangères a également assuré que les revenus pétroliers sont « vitaux pour l’économie de guerre de la Russie, représentant environ un quart de l’ensemble du budget russe en 2023 ».

« S’attaquer aux compagnies pétrolières épuisera le trésor de guerre de la Russie, et chaque rouble que nous retirons des mains de Poutine contribuera à sauver des vies ukrainiennes », a déclaré le chef de la diplomatie britannique David Lammy.

Washington a par ailleurs annoncé vendredi des sanctions contre près de 200 pétroliers et méthaniers opérant depuis la Russie et présentés comme faisant partie de la « flotte fantôme » de Moscou.

Un certain nombre des navires ciblés sont cependant enregistrés sous pavillon de la Barbade et du Panama.

– Levier de négociation –

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a salué des mesures américaines et britanniques qui « portent un coup important au fondement financier de la machine de guerre russe ».

Londres avait de son côté annoncé mi-décembre une nouvelle salve de sanctions à l’encontre de 20 navires de la flotte fantôme russe, portant à une centaine le nombre de bateaux sanctionnés.

Au-delà des producteurs et des navires, les sanctions américaines visent également l’ensemble de la filière, ciblant notamment un certain nombre d’intermédiaires, de fournisseurs de services sur les champs pétroliers ainsi que des responsables politiques du secteur.

Ces sanctions américaines passent également par l’interdiction de la fourniture de services proposés par des entreprises américaines spécialisées dans le secteur pétrolier à destination des entreprises visées, notamment dans l’assistance à l’extraction et à la production des produits pétroliers.

Elle entrera en vigueur le 27 janvier prochain, a précisé le département du Trésor.

Plus largement, les Etats-Unis se donnent la possibilité d' »imposer des sanctions à toute personne qui souhaite opérer ou a opéré dans le secteur énergétique russe », selon le communiqué du ministère.

Ces sanctions viennent s’ajouter aux nombreuses mesures déjà mises en place, notamment l’introduction d’un prix plafonné pour le pétrole russe, depuis décembre 2022.

Washington avait annoncé le 21 novembre une série de restrictions visant une cinquantaine d’établissement bancaires russes, dont la filiale financière de Gazprom, Gazprombank, afin, déjà, de réduire les revenus issus de la vente des hydrocarbures.

Interrogé sur le sort de ces sanctions sous le prochain gouvernement, un haut responsable américain a estimé, lors d’un échange avec la presse, que c’était « totalement de son ressort de décider si, quand et dans quelles conditions il pourrait lever les sanctions que nous avons mis en place ».

Il a ajouté que ces mesures fourniraient – en affaiblissant Moscou – un « levier significatif » tant à l’administration de Donald Trump qu’à l’Ukraine « pour négocier une paix juste et durable ».

Les sanctions entraînent le gel des avoirs détenus directement ou indirectement par les entreprises visées aux Etats-Unis ainsi que l’interdiction pour des entreprises basées aux Etats-Unis, ou des citoyens américains, de commercer avec ces cibles des sanctions, au risque d’être sanctionnés à leur tour.

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Economie

Pétrole : Les prix rebondissent lundi sur fond de tensions géopolitiques et d’incertitudes sur la paix en Ukraine

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Les cours du pétrole ont progressé lundi en début de séance asiatique, les investisseurs évaluant les risques de perturbations d’approvisionnement au Moyen-Orient et l’absence de percée décisive dans les négociations de paix en Ukraine.

Le Brent de mer du Nord, référence européenne, a gagné environ 67 cents (1,1 %) pour s’établir autour de 61,31 dollars le baril vers 7 h 51 GMT. De son côté, le West Texas Intermediate (WTI) américain a progressé de 65 cents (1,15 %) à 57,39 dollars.

Ces hausses font suite à une chute de plus de 2 % vendredi, alimentée par les craintes d’une surabondance mondiale et les espoirs d’un accord de paix en Ukraine avant la rencontre entre les présidents Volodymyr Zelensky et Donald Trump.

Lors d’une conférence de presse conjointe dimanche après-midi à Mar-a-Lago, la résidence floridienne de Donald Trump, le président américain a déclaré que les deux parties se rapprochaient « beaucoup, peut-être même très proches » d’un accord pour mettre fin à la guerre. Il a toutefois reconnu que le sort du Donbass restait une « question clé non résolue », précisant qu’il serait clair « dans quelques semaines » si les négociations aboutiraient.

Les pourparlers n’ont pas débouché sur un accord territorial, et un règlement rapide semble improbable sans avancée majeure, selon Mingyu Gao, analyste chez China Futures.

La hausse des prix s’explique aussi par le maintien de tensions élevées : Russie et Ukraine ont continué à viser mutuellement leurs infrastructures énergétiques ce week-end, a noté Yang An, analyste chez Haitong Futures.

« Le Moyen-Orient connaît également des troubles récents, avec des frappes aériennes saoudiennes au Yémen et des déclarations iraniennes affirmant une guerre ouverte contre les États-Unis, l’Europe et Israël. Cela alimente les inquiétudes sur des perturbations d’approvisionnement », a ajouté l’analyste.

Tony Sycamore, analyste chez IG, prévoit un WTI dans une fourchette de 55 à 60 dollars, tenant compte des sanctions américaines sur le pétrole vénézuélien et des répercussions d’une frappe contre des cibles de l’EI au Nigeria, producteur d’environ 1,5 million de barils par jour.

Malgré ce rebond, les fondamentaux restent baissiers à long terme, avec des prévisions d’excédent mondial en 2026. Les marchés surveillent désormais les prochaines étapes diplomatiques et tout signe d’escalade régionale.

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Nigéria : Achèvement de la conduite principale du gazoduc AKK, un pas décisif vers l’industrialisation du Nord

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La Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC Ltd) a annoncé l’achèvement du soudage de la conduite principale du gazoduc Ajaokuta-Kaduna-Kano (AKK), un projet de 2,8 milliards de dollars longtemps retardé. Cette avancée majeure, incluant le franchissement critique du fleuve Niger réalisé plus tôt dans l’année, ouvre la voie à une mise en service précoce en 2026.

Le directeur général du groupe NNPC Ltd, Bashir (Bayo) Ojulari, a fait cette déclaration dimanche à la presse, après avoir briefé le président Bola Tinubu à Lagos sur les performances de l’entreprise en 2025 et les priorités stratégiques pour 2026.

« Ce n’est pas seulement une question d’énergie », a insisté M. Ojulari. « Il s’agit d’industrialisation : usines d’engrais, production d’électricité et industries gazières à Kaduna, Kano, Abuja et Ajaokuta. Nous anticipons la création de zones industrielles dédiées. » Le gazoduc permettra d’acheminer le gaz naturel sous sa forme brute vers le nord du pays, une région freinée depuis des décennies par des pénuries chroniques d’électricité et un manque d’infrastructures énergétiques.

Conçu initialement en 2008, le projet AKK, long de 614 km, est au cœur des ambitions du Nigéria pour valoriser ses vastes réserves de gaz et stimuler la croissance économique. Son achèvement pourrait transformer le nord, en favorisant l’émergence d’industries gaz intensives et en réduisant la dépendance aux importations énergétiques.

M. Ojulari a également révélé les perspectives de la NNPC : la production pétrolière devrait atteindre 1,8 million de barils par jour en 2026, contre environ 1,7 million en 2025, tandis que la production de gaz continuera de progresser. Il a attribué ces avancées aux réformes structurelles issues de la loi sur l’industrie pétrolière (Petroleum Industry Act), qui permettent à la NNPC d’opérer comme une entreprise orientée vers le profit, sans dépendre des subventions fédérales.

Le président Tinubu a réaffirmé son soutien à ces objectifs, en fixant un cap de 30 milliards de dollars d’investissements supplémentaires d’ici 2030 et une production pétrolière de 2 millions de barils par jour d’ici 2027.

Cette annonce marque un tournant pour le secteur énergétique nigérian, dans un contexte où le pays cherche à maximiser ses ressources pour une transition vers une économie plus diversifiée et industrialisée. La phase finale de raccordement et de tests du gazoduc AKK sera cruciale pour concrétiser ces promesses dès le début de 2026.

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Economie

Uranium au Niger : Niamey rejette fermement les accusations de « vol » et réaffirme sa souveraineté

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Les autorités nigériennes ont rejeté « avec la plus grande fermeté » ce samedi 27 décembre toute qualification de « vol » concernant l’exploitation et la commercialisation de l’uranium extrait de la mine de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr). Lors d’un point de presse conjoint, les ministres des Mines, le colonel Ousmane Abarchi, et de la Justice, Alio Daouda, ont défendu l’exercice légitime de la souveraineté de l’État sur ses ressources naturelles.

Cette réaction fait suite à l’ouverture, mi-décembre, d’une enquête par le parquet de Paris pour « vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère », après le départ signalé d’un chargement d’uranium du site d’Arlit. Le groupe français Orano, ancien opérateur majoritaire, avait dénoncé cette opération comme une violation d’une décision arbitrale internationale.

La Somaïr, nationalisée par ordonnance en juin 2025, était auparavant détenue à 63,4 % par Orano et à 36,6 % par l’État nigérien via la Sopamine. Niamey justifie cette mesure par un partenariat historique jugé « déséquilibré » : sur plus de 50 ans d’exploitation (1971-2024), Orano aurait commercialisé 86,3 % de la production contre seulement 9,2 % pour la partie nigérienne, malgré les règles d’actionnariat.

Les ministres ont également pointé des manquements d’Orano, tels que des impayés estimés à plus de 58 milliards de FCFA, des perturbations opérationnelles post-coup d’État de juillet 2023, et un « lourd passif environnemental » dans la région d’Arlit.

« La République du Niger applique strictement sa réglementation minière en toute souveraineté et sévira contre tout partenaire qui ne la respectera pas », a déclaré le colonel Abarchi. Le ministre de la Justice a ajouté : « Le contrat avec Orano était un droit d’exploitation conditionné, non une propriété du sous-sol nigérien. »

Ce différend illustre les tensions persistantes entre la junte au pouvoir depuis juillet 2023 et la France, ancienne puissance coloniale. Fin novembre, Niamey avait annoncé la mise sur le marché international de l’uranium de la Somaïr, affirmant son droit à choisir librement ses partenaires. Le Niger, septième producteur mondial d’uranium, poursuit ainsi sa politique de reconquête de ses ressources stratégiques, dans un contexte régional marqué par des nationalisations similaires au Mali et au Burkina Faso.

Orano, de son côté, poursuit plusieurs procédures d’arbitrage international et condamne toute disposition de stocks qu’elle estime lui revenir partiellement. Le bras de fer judiciaire et diplomatique semble loin d’être achevé.

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