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Chronique

Chronique-Média : Vous êtes ce que vous consommez !

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« Les meilleures choses qui arrivent dans le monde de l’entreprise ne sont pas le résultat du travail d’un seul homme. C’est le travail de toute une équipe. » Steve Job

Vous êtes ce que vous consommez. « Lorsque vous choisissez quel média consommer, vous choisissez vos pensées, perspectives et opinions futures. Et si vous choisissez mal, vous penserez mal.

En 1964, le célèbre théoricien des médias Marshall McLuhan a écrit : « Le médium est le message. » Il a fait valoir que la façon dont nous recevons l’information est souvent tout aussi influente, sinon plus, que le contenu de l’information elle-même.

McLuhan a probablement été inspiré par les turbulences culturelles des années 1960 et la nouvelle présence d’une télévision dans presque tous les foyers. Il a soutenu que la télévision était un médium qui inspirait une sorte de passivité aveugle chez les spectateurs, les rendant particulièrement suggestibles à toute information ou divertissement auquel ils étaient exposés, et donc facilement en acceptant des points de vue prédominants.

Quand on y pense, c’est logique. Contrairement à lire un livre ou à écouter de la musique, regarder la télévision demande incroyablement peu d’efforts. Il y a une raison pour laquelle il est largement reconnu comme le mode de divertissement préféré de l’homme paresseux.

Vous venez de définir la chaîne et laissez-vous alimenter par des images jolies, des choses passionnantes.

Il n’est pas étonnant que la recherche sur les résultats de la consommation de télévision tend à être catastrophique. Les gens qui regardent des émissions pas intéressantes à la télévision sont généralement plus mécontents, malsains et plus paranoïaques aux sujets du monde. Les enfants qui regardent des quantités vertigineuses de télévision fonctionnent moins bien cognitivement et sont plus susceptibles d’avoir des problèmes comportementaux et sociaux.

Quand ma génération était enfant, nos mères nous ont crié que toute cette télévision allait pourrir notre cerveau. Et même si c’était un peu dramatique… Nos mères avaient raison.

Pourquoi la lecture ?

Du côté opposé du spectre « le médium est le message » est le mot écrit. La lecture a toutes sortes d’avantages cognitifs et elle est probablement due à la nature du milieu lui-même.

Par exemple, la lecture de ce bulletin exige un effort mental. Contrairement à la télévision, à la seconde où vous arrêtez d’essayer, elle cesse de livrer. Les concepts doivent être interprétés, puis formulés et visualisés dans votre esprit. Si je commence à écrire sur un âne confus qui essaie continuellement d’ouvrir une bouteille de soda, votre esprit se met à travailler la construction information dans votre tête.

Et non seulement votre esprit le crée, mais vous pouvez dicter comment vous le créez. L’âne est-il seul et triste ? Est-il battu par un maître cruel comme punition?

Avant que ça ne devienne trop bizarre, ce que j’essaie de dire, c’est que la lecture est un médium intrinsèquement interactif. La transmission de l’information dépend non seulement de l’écriture de ces mots, mais aussi de votre choix actif de les lire, de les interpréter et d’y réagir.

Cette augmentation de l’effort créatif mental mène alors à toutes sortes de résultats positifs. La lecture nous rend plus empathique, améliore notre capacité d’attention, améliore le raisonnement logique, et ainsi de suite.

Les nouveaux médias peuvent aller dans les deux sens.

Tout cela est pertinent parce qu’avec Internet, vous avez non seulement un contrôle total sur ce que vous consommez, mais aussi sur le support par lequel vous le consommez.

Ce qui me frappe, c’est que certains médias, un peu comme la télévision sont optimisés pour capter et retenir l’attention, autant que possible, quel qu’en soit le coût. C’était des appâts avant.Mais il y a aussi les médias, la télévision en continu , certains jeux vidéo (mais pas tous), etc qui ressemblent à de la lecture. Ils encouragent une attention soutenue, vous défiant avec de nouveaux concepts puissants ou des images uniques.

McLuhan a écrit à une époque où il y avait peu de choix de médias. Vous aviez quelques chaînes de télévision et le journal local et c’était tout. En conséquence, le médium de l’information/divertissement qui dominait à l’époque, a largement dicté les contours de la culture.

Mais aujourd’hui, il y a un buffet de médias d’information. Si vous voulez en savoir plus sur la méditation, il y a des histoires Instagram, des vidéos YouTube, des podcasts, des tweets ou des explications écrites. C’est un véritable plateau de médias, chaud et fumant.

C’est pourquoi j’appelle la lutte autour du choix des médias « The Attention Diet, » et non « The Attention Regimen, » ou « The Attention Curriculum, » ou peu importe. Lorsque vous mangez quelque chose, cette nourriture génère littéralement les cellules qui composent votre corps. Donc, si vous mangez de la merde assez longtemps, votre corps devient… Eh bien, un peu merdique.

De même, lorsque vous choisissez quel média à consommer, vous choisissez vos pensées, perspectives et opinions futures. Et si vous choisissez mal, vous allez penser mal. Ce n’est pas seulement que vous êtes ce que vous mangez. Vous êtes tout ce que vous consommez.

Mark Manson

Écrivain américain, consultant en développement personnel

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Chronique

Cette vérité que l’on ne saurait cacher

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« POUR FAIRE LA PAIX AVEC UN ENNEMI, ON DOIT TRAVAILLER AVEC CET ENNEMI, ET CET ENNEMI DEVIENT VOTRE ASSOCIÉ. » Mandela

La situation en cours résulte de la dérive autoritaire du président. L’hubris d’un pouvoir qui emprisonne ou exile ses opposants les plus menaçants, réprime les libertés et tire sur son propre peuple avec une révoltante impunité.

Il convient, tout d’abord, de nous incliner devant nos morts et d’avoir une pensée pour leurs proches endeuillés. Ils sont une vingtaine, à l’heure où nous écrivons cette tribune, à avoir déjà perdu la vie. Ce décompte lugubre pourrait croître dans les jours qui suivent.

Les événements en cours exigent de chacun qu’il prenne ses responsabilités. Nous affirmons que la situation que vit actuellement notre pays résulte de la dérive autoritaire du président Macky Sall. En 2012, notre confiance l’a placé à la tête de l’État sénégalais. Mais mû par son désir de se maintenir à tout prix au pouvoir, il s’est promis de « réduire l’opposition à sa plus simple expression ».

Le président Macky Sall a ainsi semé les graines de la discorde et de la violence dans notre pays. Sa responsabilité devant le peuple sénégalais est sans appel.

L’Histoire retiendra que c’est lui qui nous a entraînés dans cette crise politique sans précédent, fragilisé notre tissu social et affaissé nos Institutions. Il a de surcroît imprudemment libéré les monstres qui sommeillent en chaque groupe humain et qu’il convient de toujours brider par une pratique de la justice, de l’égalité des citoyen.ne. s et de la paix sociale.  

Si nous en sommes arrivés là, c’est parce que nous, le peuple sénégalais, n’avons pas assez réagi quand le régime en place s’est mis à traquer les militants et les cadres de Pastef en plus bien évidemment de son leader, Ousmane Sonko. Il y a pourtant eu des signes avant-coureurs – que nous n’avons hélas pas su décrypter – de cette campagne de répression systématique et sans précédent au Sénégal.

Depuis quelque temps, en effet, tous ceux qui osent élever la voix contre une troisième candidature du président sortant en font immédiatement les frais. Peu à peu, les interdictions de marches pacifiques sont devenues la règle ; les arrestations et emprisonnements arbitraires se sont multipliés.

Dans un tel contexte de brutale fermeture de l’espace politique, les procès aux verdicts ubuesques et la séquestration illégale d’un dirigeant de l’opposition en sont venus à paraître d’une inquiétante banalité.

La nature socratique du verdict du procès d’Ousmane Sonko a fini par convaincre que ce n’était pas la manifestation de la vérité qui était visée, mais bel et bien l’élimination d’un opposant politique dans la perspective des prochaines élections présidentielles. Elle pose surtout le problème de notre appareil judiciaire dont la fragilité et la fébrilité sont apparues au grand jour.

En vérité nous sommes tous témoins, depuis plusieurs mois, de l’hubris d’un pouvoir qui emprisonne ou exile ses opposants les plus menaçants, réprime les libertés (notamment celles de la presse) et tire sur son propre peuple avec une révoltante impunité.

Nous sommes aussi tous témoins des errements d’un État désireux de rester fort à tout prix – ce prix fût-il celui du sang, de la dissimulation, du mensonge -, oubliant qu’un État fort est un État juste, et que l’ordre se maintient d’abord par l’équité.

A cette réalité brute, l’appareil idéologique du régime en place a répondu que rien ne se passait ; et que ceux qui se trouvaient en prison étaient des individus qui avaient contrevenu aux règles, violé la loi, ou mieux, n’avaient pas respecté les règles de l’État de droit.

Par un étrange renversement de perspective, ceux qui ont affaibli et décrédibilisé les Institutions de la République – notamment la Justice, devenue partisane -, les mêmes qui ont rompu l’égalité des citoyens devant la loi, sont ceux qui s’en proclament les gardiens.

Aux citoyen.ne.s dénonçant cet état de fait, on oppose une batterie de chefs d’inculpation allant de la diffusion de fausses nouvelles au discrédit jeté contre les Institutions, en passant par l’appel à l’insurrection, pour justifier l’appareil répressif mis en place contre eux. Par ces actes, c’est toute la conscience démocratique de la société civile sénégalaise qui est réprimée, sommée de rentrer chez elle et de baisser pavillon.

Ce désir d’instiller la peur chez les citoyens et d’inhiber ainsi toute velléité de protestation par le langage et le discours a cependant quelque chose de profondément anachronique : les Sénégalais.e.s sont attachés à leur liberté de parole et ils n’y renonceront pas.

Un autre déni majeur est celui de la demande de justice sociale et de justice contentieuse de la part d’une jeunesse qui représente 75 % de la population sénégalaise. Cette jeunesse, en plus de manquer de perspectives, n’a pas d’espace d’expression politique et voit ses rêves d’une société plus équitable hypothéqués. Nous voyons enfin des populations, déjà précaires et laissées à elles-mêmes, aux prises avec les problèmes élémentaires du quotidien le plus rude. Elles observent avec tristesse et impuissance la frénésie accumulatrice d’une caste qui s’enrichit illicitement, cultive un entre-soi indécent et répond, quand on l’interpelle ou lui demande des comptes, par le mépris, la force ou, pire, l’indifférence. Une caste que rien ne semble plus pouvoir affecter, ni la misère sociale, ni sa propre misère morale : voilà le drame.

Aujourd’hui, comme hier, le langage, lieu primal de la lutte de la vérité contre le mensonge, demeure fondamental. La première des compromissions consiste à ne pas nommer ce qui est, à l’esquiver, à l’euphémiser, à le diluer par des tours de passe-passe sémantiques, ou à tout bonnement travestir la réalité.

La première des oppressions qui nous est faite est d’avoir tenté par moult opérations de nous obliger à prendre le mensonge pour la vérité. Pour cela, l’appareil idéologique de l’État a tourné à plein régime en produisant des discours ayant pour objectif de voiler le réel.

Nous tenons à alerter à travers cette tribune sur l’usage excessif de la force dans la répression du soulèvement populaire en cours. Symbole de la violence de l’État contre la société, cette répression prend aujourd’hui une forme nouvelle et particulièrement inquiétante. Il s’agit, ni plus ni moins, de la « dé-républicanisation » des forces de défense et de sécurité auxquelles ont été intégrées des milices armées opérant au vu et au su de tous. En agissant de la sorte, le régime actuel est en train de faillir à son devoir de protéger le peuple sénégalais.

Une autre dimension de l’oppression est le gouvernement par la violence et la peur que le régime actuel a méthodiquement mis en œuvre depuis un certain temps. L’intimidation des voix dissidentes, la violence physique, la privation de liberté ont été une étape importante du saccage de nos acquis démocratiques.

Nous n’ignorions pas, après 1963, 1968, 1988, 1993, 2011 et 2021, que l’histoire politique du Sénégal charriait sa part obscure de violence. Mais de toutes les convulsions qui ont agité l’histoire moderne de notre pays, celle qui se déroule sous nos yeux nous semble être la plus simple à résoudre et, par ce fait même, la plus tragique en ses conséquences actuelles. Il suffirait qu’un homme dise : Je renonce à briguer un troisième mandat qui déshonorerait ma parole d’homme, mon pays et sa Constitution, pour que la colère qui s’exprime dans les rues sénégalaises en ce moment même, sans disparaître tout à fait, s’atténue.

Cet homme, c’est le président de la République. Qu’il annonce que les articles L29, L30 et L57 du Code électoral seront révisés, que le parrainage sera aboli afin de rendre les élections inclusives et que tous les prisonniers politiques et d’opinion seront libérés pour que la tension baisse, et que la paix ait une chance de revenir.

La vague de violence qui secoue le Sénégal depuis plusieurs jours n’est pas seulement liée à une conjoncture politique passagère : elle est aussi structurelle, profonde, ancienne. Elle traverse tous les pans de la société sénégalaise, et traduit une foi perdue dans l’État de droit ainsi que le désir d’une plus grande justice (sociale), que garantirait un pacte démocratique renouvelé.

Toute la question est de savoir si le pouvoir actuel a encore le temps, la latitude, la volonté de mettre un terme à une spirale de violence dont il nous semble qu’il est, tout compte fait, le principal responsable. La voie royale vers une paix durable est cependant dans la réhabilitation de la Justice et dans l’édification, cette fois-ci, d’une société véritablement démocratique.

Il s’agira après la tempête, de refonder le pacte Républicain, de construire d’authentiques contre-pouvoirs, de reformer en profondeur nos Institutions, de sortir de notre hyper-présidentialisme afin de ne plus conférer à un seul individu un pouvoir sans limites et sans contrôle.

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Sénégal: le point de bascule

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Par Aziz Fall

Mon cher pays semble s’approcher inexorablement du point de bascule susceptible de bouleverser de manière encore indéterminée son tissu social. Je ne reviendrai pas sur les nombreuses alertes et signaux alarmants qui s’agrègent pêlemêle depuis un certain temps.


Pour la première fois, on voit émerger des pôles de dissension dans tous les domaines sociaux et son corollaire est une fragmentation de plus en plus accentuée entre franges et nul ne semble épargné par les clairons de la division.

Le doute, ce mal pernicieux se substitue à un espoir certes diffus, parfois surprenant mais tout le temps prévalant dans l’habitus sénégalais
A présent, il devient rare de rencontrer un compatriote spontanément optimiste quant à un futur immédiat dans ce pays encore connu comme la terre de la Téranga.
Ce n’est pas seulement le fait incriminant de la politique qui, souvent, fait office de caisse de résonance désespérée d’un malaise grandissant. Toutefois, ces joutes politiques qui semblent se dérouler en feu continu participent à cristalliser les extrêmes et les outrances. Sur la durée, c’est le seuil de tolérance collectif qui risque d’en pâtir car la tolérance n’a jamais été une proposition statique
Elle vit de la sève nourricière des individus qui la verbalisent. Nous sommes collectivement tenus, avec l’individu comme point de départ de la consolider et de la raffermir au risque de glisser sur des sentiers qui mènent à la dérive. La nature humaine qui nous gouverne fait qu’on n’accepte l’actualité d’une dérive que lorsque le dérapage est perçu comme occurrence normale et acceptable.

Au regard de ce qui se passe dans notre société ces derniers temps, le constat est clair : les nuages s’amoncellent et ce n’est pas leur taille qui suscite la crainte, mais leur fréquence et leur constance. Car, en dernière analyse, il n’y a pas de petite violence ; il n’y a pas de petite crise.
Je rappelle le nombre inacceptable de compatriotes morts lors des évènements de mars 2021 ; et cela n’a pas arrêté depuis.  sans oublier les innombrables journées d’incertitude, de soubresauts et de haltes socioéconomiques qui frappent Dakar de plus en plus.
Simultanément à ces malheureux développements, nous sommes témoins d’une inflation de la violence verbale qui s’impose et se met à dominer l’espace public.

Ce sont des phénomènes qui se nourrissent de leur réalité et se caractérisent par leur évolution parasitaire donc exponentielle et risquent de mener toute la nation vers le chaos.

Ce dernier ne survient pas nécessairement sous la forme d’une déflagration soudaine et brutale, il peut aussi s’installer en pas feutrés et remettre en cause, pour longtemps et profondément, les certitudes acquises à travers un héritage bien ancré. Je veux nommer ces vertus de solidarité, de la sacralisation de la dignité humaine, entre autres.

Quelle est la cause de ce glissement redoutable, se demande-t-on ? Le premier constat nous oriente évidemment vers certains politiques. Le peuple du Sénégal semble pour la première fois plier sous les assauts d’une catégorie d’acteurs politiques aveuglés par des enjeux circonscrits. Leur force de pression sur le liant invisible mais solide et résilient qui unissait ce peuple a gagné du momentum ces derniers temps.
Surtout que ce monde nouveau et ses caractéristiques disruptives les rendent particulièrement nuisibles et compromettants pour la consolidation et même la sauvegarde des acquis collectifs.

Gardons-nous de sombrer dans un tsunami de regrets pour avoir blessé et meurtri ce que nous avons de plus précieux, ce qu’il y’a de plus précieux pour toute communauté. Ce trésor qu’on nous envie, pour lequel on nous désigne comme une exception ; ce bouclier incompressible et formidable, cette planche salutaire et réconfortante : notre cohésion nationale et notre fierté commune d’appartenir à cette terre d’entrée du continent.

Je ne peux pas deviner les secrets intimes de mes compatriotes quand ils pensent au Sénégal.
Prennent-ils le temps de penser le Sénégal, de le regarder dans leur cœur, de le voir sourire dans leur âme, de le projeter en entité vibrante et dynamique dans leur esprit ?
Peut-être suis-je encore victime de mes temps de nostalgie du pays quand j’étais, loin, si loin de lui et pendant longtemps. C’était une expérience proche de l’épiphanie que d’apercevoir mon pays de loin, dans toute sa splendeur et sa plénitude.

Il m’apparut littéralement comme un don de Dieu, car il l’est. Je ne passerai jamais sous silence les innombrables cas poignants de détresse, les manquements divers et variés dans plusieurs domaines, le désespoir de beaucoup de jeunes à la recherche d’une voie de salut, les parents inquiets pour le bien-être de leur progéniture et oui notre sous-développement. D’autant plus que c’est une époque où je vivais dans l’une des sociétés les plus développées au monde avec un standard de vie presque à nul autre pareil. C’est en ces moments précis que le Sénégal s’est révélé à moi comme la terre des grands hommes qui n’avaient pas besoin de lustres pour rendre visibles la grandeur et la beauté humaines.

Il faut faire l’effort de mesurer le degré de sophistication sociale et communautaire humectée d’humanité qui colore ce peuple.

Protégeons cette décence qui le charrie mieux que n’importe quelle autoroute et plus loin que n’importe quel véhicule, quelle que soit, par ailleurs, sa modernité. Ce pays vaut tous les sacrifices, même celui des ambitions les plus légitimes lorsque son âme est sur la sellette.

Il est vrai qu’on ne peut être sur un balcon et se voir passer dans la rue. Ceci nous rappelle la finitude consubstantielle à notre être et notre incapacité de pouvoir apprécier les offrandes de la vie et la réalité alentour dans toute sa complexité. C’est aussi pourquoi il semble nous être difficile de saisir la grandeur de notre pays. Elle ne se mesure pas au PNB, elle est en fait inquantifiable parce qu’immatérielle. La Téranga n’est pas un vain mot, et à travers le monde nous sommes le seul pays connu et reconnu comme tel. Ce concept encapsule un patrimoine distinct et distinctif qui ruisselle dans nos tréfonds à force d’être collé à nos peaux depuis nos ancêtres. Que nous vaudrait le risque de la compromettre alors que nous sommes juste de passage ?

Oui, le monde moderne apporte des défis de dimensions et de nature inconnues car dans le passé la souveraineté était un principe d’ordre. Aujourd’hui, la globalisation et l’interdépendance grandissante qui résulte de nouvelles interactions transnationales risquent de s’imposer comme un principe de désordre.

Notre pays n’échappe pas à cette évolution sociologique qui requiert non pas une transformation mais un réajustement en gardant en ligne de mire notre identité remarquable de peuple profondément décent et démocratique. Les enjeux de l’heure et les aspirations grandes et justifiées qui nous animent nous obligent à un recentrage de nos attitudes et comportements individuels et collectifs.
A défaut, on trouvera difficilement des moments et des occasions de pouvoir profiter de la gloire annoncée de nos lionceaux, des perspectives de progrès associés à nos ressources nouvelles et cet élan national qui devrait nous amener sur les rives de l’émergence.

Ensemble veillons à sauvegarder les promesses d’Un Peuple, Un But, Une Foi.

Aziz FALL

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Chronique

L’eco sera encore freinée par la situation économique internationale

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« Ceux qui abandonnent ne gagnent jamais, ceux qui gagnent n’abandonnent jamais. »Napoleon Hill

Avec un taux de croissance moyen compris entre 2,7 et 3% entre 2021et 2023, l’économie mondiale reste très tributaire de la géopolitique. Les effets post-covid s’estompent progressivement et restent toujours visibles et gênants.

Viennent aussi alourdir la situation, la guerre en Ukraine, l’inflation sous l’effet de la baisse des prix des produits de base. Et ce même si l’inflation sous-jacente devrait diminuer plus lentement.

Une situation sur fond de tension dans le secteur financier international et qui relance le debats et la réflexion en Afrique sur « l’opérationalité »  immediate de la future monnaie, l’eco et de la politique monétaire y afférente. Lorsqu’on

 a sur l’international un taux d’intérêt naturel aussi important pour la politique monétaire que pour la politique budgétaire perce que constituant un niveau de référence, il faut une  orientation de la politique monétaire qui tient compte également dautres facteurs  comme  la viabilité de la dette publique.

Les signes timides du début de l’année 2023 qui donnaient à penser que l’économie mondiale pourrait atterrir en douceur à la faveur d’un ralentissement de l’inflation et d’une croissance régulière peuvent etre illusoires parce que dependant encore  de la guerre en Ukraine et de ses conséquences sur le secteur financier et le ravitaillement des principaux circuits du commerce international.

Les hausses de taux d’intérêt des banques centrales, et de la baisse des prix des denrées alimentaires et de l’énergie, les pressions sous-jacentes sur les prix  malgré la baisse sensible de l’inflation, se révèlent tenaces.

Les réalités spécifiques des pays sous tension face au chômage et aux situations socioéconomiques difficiles accentuent les risques de dégradation des perspectives.

Sur les questions dès politiques budgétaires, de la dette publique et de l’inflation liée au dérèglement des circuits d’approvisionnement du commerce international…, bref et de souverainetés économiques, il est clair que beaucoup de nœuds restent à défaire pour l’Afrique dans sa globalité et encore plus pour les communautés régionales, si l’on considère les cadres contraignants qui  régissent les « pactes » d’union et de references politico-économiques.  

Réorganiser, sécuriser ou  stabiliser une économie sous régionale encore très dépendante du « bordel international » releve de l’utopie. En tout cas dans l’immédiat. Pour voir le von côté des choses, cette situation donne du temps pour peaufiner encore le projet de l’éco, mais surtout offre aussi une opportunité d’étendre l’adhésion régionale.

Car l’absence d’un large consensus sur la politique monétaire sous-régionale et régionale,  la dualité anglophones Vs francophones gênent déja la progression interne et continuent à faire l’affaire des… autres communautés économiques internationales.

La  souveraineté monétaire, il faut comprendre aussi, ne pourra exister que dans une volonté de souveraineté économique. Et qui dit souveraineté économique parle de souveraineté numérique, de souveraineté alimentaire, de souveraineté industrielle, de souveraineté énergétique… 

C’est en puisant intelligemment de la… dépendance des pays du Nord par le transfert de competences, le codéveloppement, la transformation des économies locales … que l’Afrique s’affranchira sur le plan économique et pourra asseoir ses politiques monétaire, financière, industrielle, numérique, énergétique, alimentaire et parvenir enfin à la souveraineté économique.

En attendant, la situation économique internationale gêne la progression du projet de l’éco.

A suivre.

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