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Economie

Ukraine-Gaz Naturel : l’Allemagne suspend l’autorisation du gazoduc Nord Stream 2 qui la relie à la Russie

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Citation du jour : « Le succès n’est rien d’autre que quelques disciplines simples pratiquées chaque jour. »Jim Rohn

Le chancelier allemand Olaf Scholz a suspendu l’autorisation du gazoduc controversé Nord Stream 2 reliant la Russie à l’Allemagne, après la reconnaissance par Moscou de l’indépendance de provinces ukrainiennes prorusses.

«Sans cette certification, Nord Stream 2 ne peut pas être mis en service», a déclaré Olaf Scholz lors d’une conférence de presse avec le premier ministre irlandais Micheal Martin, ajoutant que le dossier allait être «réexaminé» par le gouvernement allemand.

Le gazoduc Nord Stream 2, controversé !

Plusieurs des détracteurs de Nord Stream 2 ont pointé du doigt le risque d’accroître la dépendance énergétique européenne vis-à-vis du Kremlin. La Russie représentait en effet déjà plus de 40 % des importations de gaz naturel de l’UE en 2019. Dans le contexte d’une forte hausse des prix de l’énergie depuis l’automne 2021, Moscou est d’ailleurs accusé de ne pas livrer assez de gaz sur le Vieux Continent, profitant de la situation pour obtenir une mise en service rapide de Nord Stream 2.

Le gazoduc sous-marin, qui lève un certain nombre de droits de passage, est aussi un moyen pour Gazprom de réduire ses coûts de transport de l’énergie vers l’ouest. En contournant l’Ukraine par la Baltique, il la prive ainsi de ressources financières importantes (estimées à 1,5 milliard d’euros par an) liées au transit du gaz russe sur son territoire.

La mise en service de ce nouveau gazoduc pose enfin des questions relatives à la transition énergétique sur le Vieux Continent. Alors que l’UE a un objectif de neutralité climatique à l’horizon 2050, la mise en place d’une telle infrastructure gazière, censée être utilisée plusieurs décennies, pourrait accroître la dépendance au gaz dans le mix énergétique européen. Emetteur de gaz à effet de serre, cet hydrocarbure est pourtant un élément stratégique de la politique énergétique de l’Allemagne. Si le pays a fortement développé la production d’énergies renouvelables, il repose en grande partie sur le charbon et, dans une moindre mesure, sur le gaz pour produire son électricité.

L’intérêt de l’Allemagne dans ce projet ?

Au-delà de sa propre consommation d’énergie, atteindre les 110 milliards de mètres cube d’importations par an devrait renforcer le rôle géopolitique de l’Allemagne dans le domaine de l’énergie. Le pays deviendrait ainsi un hub, à son tour capable d’exporter vers ses voisins le surplus de gaz lui-même importé de Russie. Selon Berlin, Nord Stream 2 sécurise par ailleurs l’approvisionnement européen en énergie, car le gazoduc permettrait de s’affranchir des risques politiques et techniques dans les pays de transit, Ukraine et Pologne en tête.

La chancelière Angela Merkel a toujours défendu la mise en service de Nord Stream 2, tout comme le nouveau chancelier Olaf Scholz (SPD). L’ancien dirigeant social-démocrate Gerhard Schröder, qui avait approuvé le tracé de Nord Stream 1, est par ailleurs aujourd’hui chef du comité des actionnaires du consortium pour la construction et l’exploitation du gazoduc.

Nord Stream 2 représente 1 230 kilomètres de tuyaux sous la mer Baltique. Ceux-ci relient le village de Bolchoï Kouziomkino, dans la région de Saint-Pétersbourg en Russie, à Lumbin, une ville côtière au nord de l’Allemagne. L’objectif du projet est de compléter les services de son grand frère, le gazoduc Nord Stream 1, déjà en service depuis 2012 et qui suit plus ou moins le même tracé.

Le nouveau pipeline double ainsi les capacités de transport de gaz depuis la Russie via la Baltique, ce qui permettrait d’atteindre pour ce réseau un approvisionnement de 110 milliards de mètres cube par an vers l’Allemagne. A titre de comparaison, l’UE a importé plus de 440 milliards de mètres cube de gaz naturel en 2019 (contre 385 milliards en 2010), dont 166 milliards provenaient de l’ensemble des gazoducs russes.

Exploité par le mastodonte énergétique russe Gazprom, Nord Stream 2 est le fruit d’un partenariat avec cinq entreprises européennes dont une française : OMV, Engie, Wintershall Dea, Uniper et Shell. Basée en Suisse et détenue par Gazprom, la société Nord Stream 2 AG a été créée pour mener à bien le projet, de sa planification à son exploitation en passant par la construction. Plus de 9 milliards d’euros auront été nécessaires pour mettre au point Nord Stream 2.

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La présidente du parlement sud-africain prend un congé spécial à la suite d’une enquête sur la corruption

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La présidente de l’Assemblée nationale sud-africaine, Nosiviwe Mapisa-Nqakula, a déclaré jeudi qu’elle prendrait un congé spécial à la suite d’une enquête sur des allégations de corruption à l’époque où elle était ministre de la défense.

Des enquêteurs ont perquisitionné le domicile de Mme Mapisa-Nqakula mardi dans le cadre de l’enquête sur la corruption, mais ils n’ont pas fourni d’autres détails sur l’enquête ou les allégations de corruption.

Mme Mapisa-Nqakula, qui a été ministre de la défense de 2012 à 2021, a nié avoir commis des actes répréhensibles.

« Compte tenu de la gravité des allégations et des spéculations médiatiques qui en découlent, j’ai décidé de prendre un congé spécial de mon poste de présidente de l’Assemblée nationale, avec effet immédiat », a déclaré Mme Mapisa-Nqakula dans un communiqué.

Elle a ajouté qu’il n’y avait pas eu de notification formelle d’un mandat d’arrêt ou de communication concernant son arrestation imminente, après que les médias locaux aient rapporté qu’elle devait se rendre à la police vendredi.

« Mes avocats ont toutefois informé de manière proactive l’Autorité nationale des poursuites de ma volonté d’obtempérer et de coopérer si le besoin s’en faisait sentir », a-t-elle déclaré.

La chaîne publique sud-africaine SABC a rapporté que Mme Mapisa-Nqakula est soupçonnée d’avoir reçu des millions de rands en espèces à titre de pots-de-vin de la part d’un ancien entrepreneur militaire lorsqu’elle était ministre de la défense.

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Economie

Gaz naturel : Exxon est en avance sur le calendrier pour doubler son portefeuille de GNL, selon un dirigeant

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Exxon Mobil est en avance sur son plan visant à doubler la taille de son portefeuille de gaz naturel liquéfié (GNL) pour atteindre 40 millions de tonnes par an (mtpa) d’ici 2030 et se concentrera sur la vente de son propre gaz plutôt que sur le commerce de celui de tiers, a déclaré jeudi le responsable GNL de la société.

Exxon réorganise sa stratégie de négoce de GNL dans le contexte d’une production croissante de ce combustible et dans le cadre d’une réorganisation plus large de l’entreprise qui a débuté en 2022.

La major pétrolière est relativement peu présente sur le marché du GNL par rapport à TotalEnergies et Shell PLC. Shell est l’un des leaders du secteur et a réalisé 2,4 milliards de dollars grâce au négoce de GNL au quatrième trimestre 2023.

Contrairement à Shell et Total, Exxon prévoit de commercialiser principalement son propre gaz, a déclaré Peter Clarke, vice-président principal d’Exxon pour le GNL mondial.

« Notre portefeuille ne ressemblera jamais à celui de Shell, ni à celui de Total, nous ciblons différents aspects de la chaîne de valeur », a-t-il déclaré lors d’un entretien avec Reuters.

Exxon a déclaré en 2020 qu’il prévoyait de doubler son portefeuille de GNL pour atteindre 40 millions de tonnes par an d’ici dix ans, contre 20 millions de tonnes par an. Sa production actuelle est à peine inférieure à 30 millions de tonnes par an, a-t-il ajouté.

« Nous sommes en bonne voie pour atteindre l’objectif que nous nous sommes fixé en 2020 », a déclaré M. Clarke. « Et nous sommes légèrement en avance sur cet objectif.

Alors qu’Exxon pourrait élargir son portefeuille commercial en achetant et en commercialisant du GNL auprès de tiers, M. Clarke a déclaré qu’il considérait que les marges dans ce domaine étaient faibles par rapport aux bénéfices qu’il pouvait réaliser sur son propre gaz naturel.

Pour Exxon, il est plus intéressant de produire, de liquéfier et de vendre du gaz. Les contrats à long terme représentent toujours environ 80 % du commerce mondial de GNL, a-t-il ajouté.

« Le principal élément du GNL est évidemment la commercialisation du GNL lui-même », a déclaré M. Clarke. « Nous voulons avoir le meilleur portefeuille de GNL au monde en termes de solidité financière et de rendement financier. Je dirais que nous sommes en bonne voie pour y parvenir.

Les volumes d’Exxon augmenteront grâce au projet Golden Pass LNG, dans lequel Exxon détient une participation de 30 % avec QatarEnergies comme partenaire. Ce projet a une capacité d’exportation estimée à environ 18 millions de tonnes par an et produira son premier GNL en 2025.

La société a déclaré qu’elle comptait prendre une décision finale d’investissement pour son projet PNG Papua LNG en Papouasie-Nouvelle-Guinée cette année et commencer l’ingénierie et la conception d’un projet au Mozambique d’ici la fin de l’année.

M. Clarke a déclaré que ces projets aideraient Exxon à approvisionner ses clients en Asie, où la société voit le plus grand potentiel de croissance.

« Le marché est en pleine expansion. D’ici 2050, 75 % de la demande mondiale d’énergie proviendra de la région Asie-Pacifique, c’est pourquoi nous nous concentrons vraiment sur cette région.

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Economie

Le pétrole en pleine hésitation après la Fed

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Les prix du pétrole hésitaient jeudi, les investisseurs digérant la décision de la Fed, qui a maintenu ses taux directeurs mais a également indiqué son intention de procéder à plusieurs baisses dans l’année.

Vers 10H20 GMT (11H20 HEC), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en mai, abandonnait 0,09% à 85,87 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate WTI pour livraison le même mois, dont c’est le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, perdait 0,16% à 81,14 dollars.

Les prix du pétrole ont d’abord rebondi avant l’ouverture des marchés européens, avant d’osciller entre gains et pertes, en raison des « signes indiquant que la Réserve fédérale américaine (Fed) pourrait maintenir les taux d’intérêt à un niveau plus élevé pendant plus longtemps« , expliquent les analystes d’Energi Danmark.

L’institution monétaire américaine, qui a, sans surprise, laissé ses taux directeurs inchangés dans une fourchette de 5,25% et 5,50% pour la cinquième fois consécutive, a surtout affirmé son intention de procéder à trois baisses de ses taux directeurs d’ici la fin de l’année.

« La décision sur les taux a été conforme aux attentes« , mais les espoirs de baisses de taux à venir « sont venus de la conférence de presse habituelle du président de la Fed après la fin de la réunion« , explique Tamas Varga, analyste chez PVM Energy.

La perspective de baisses de taux à venir a dans un premier temps « stimulé l’appétit pour le risque et affaibli le dollar américain, ce qui a profité aux prix du pétrole brut« , explique Ole Hvalbye, de Seb.

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