Développement personnel
Développement Personnel : Résumé du livre « Le pouvoir de la confiance en soi » de Brian Tracy (Première partie )
« Il est bon de laisser chaque jour derrière soi, comme une eau qui coule, sans tristesse.Hier est parti et son histoire est racontée. Aujourd’hui, de nouvelles graines poussent. »Rûmî
Résumé du livre“Le pouvoir de la confiance en soi : devenez impossible à arrêter, irrésistible et audacieux dans toutes les sphères de votre vie“ : le conférencier canadien Bryan Tracy propose une méthode pour apprendre à canaliser ses forces, accroître sa confiance en soi et atteindre ses objectifs de vie.
Introduction
Le livre est composé de sept chapitres, en plus de l’introduction. En voici la structure :
- Le fondement de la confiance en soi
- Résolution et pouvoir personnel
- Acquérir la compétence et la maîtrise de soi
- Le jeu intérieur de la confiance en soi
- Tirer parti de ses forces
- Triompher de l’adversité
- La confiance en soi en action
Pour l’auteur, les racines du manque de confiance en soi sont multiples. Elles proviennent de nos histoires respectives. Mais il est possible de modifier cet état. Comment ? Tout d’abord, en ayant à l’esprit une série de lois mentales, dont Brian Tracy évoque ici la première.
Causalité : pour tout effet donné agissent les mêmes causes.
Si vous voulez avoir confiance en vous, observez comment les gens qui ont ce pouvoir l’ont acquis et développé. Si vous apprenez d’eux et que vous faites la même chose, alors vous acquérez une confiance en vous-même semblable à vos modèles. Bref, la confiance en soi est un pouvoir qui s’entraîne !
Chapitre 1 : Les fondements de la confiance en soi
Tout dépend de la pensée
Biologiquement, notre corps se renouvelle en moyenne tous les sept ans. Il en va de façon semblable pour l’esprit ! Comme vos cellules, qui vous composent et se transforment, les idées que vous entretenez font ce que vous êtes et elles aussi, elles changent.
Les pensées négatives font de vous une personne triste, qui a peu d’entrain ; les pensées positives vous façonnent de façon opposée. Elles font de vous une personne joyeuse à qui la vie réussit. Il y a là une autre loi, un premier enseignement à tirer, selon Brian Tracy :
Concentration : toute pensée sur laquelle on revient constamment se transforme en réalité.
Pensées et réalité se construisent ensemble. Vos pensées génèrent une réalité. À l’inverse, la réalité vient confirmer et renforcer vos pensées. Soit vous êtes dans un cercle vertueux (pensées et réalité positives), soit vous êtes dans un cercle vicieux (pensées et réalité négatives).
La croissance personnelle n’a rien de facile
« On ne peut pas avoir des pensées et mener un autre genre d’existence » dit Brian Tracy dans Le pouvoir de la confiance en soi. Bien sûr, nous avons tous un passé. Celui-ci nous a peut-être placés dans un cercle vicieux dont il est difficile de s’extraire.
À force d’agir en fonction d’habitudes négatives (des pensées devenues des réalités quotidiennes), on ne voit tout simplement plus comment en changer, comment évoluer.
L’acquisition de la confiance en soi passe par la discipline : il faut fermer son esprit aux choses que vous redoutez, aux pensées négatives. Pour être heureux et réussir dans la vie, il convient donc de se doter de principes solides. Ceux-ci vous gouverneront comme la loi de la gravité gouverne les corps physiques. En voici une troisième :
Correspondance : votre monde extérieur reflète votre monde intérieur.
Commencez par votre vie intérieure en identifiant clairement vos valeurs
Les personnes ayant une bonne confiance en soi mènent leur vie en fonction de leurs valeurs : ils sont sûrs de ce qu’ils pensent et de la façon dont ils agissent. La fidélité à soi-même compte énormément. On appelle aussi cela l’intégrité, c’est-à-dire la capacité à respecter ses valeurs dans toutes les occasions. Quand vous avez un souci, un conflit, repensez-y. Êtes-vous intègre ? Respectez-vous vos propres valeurs ?
Déterminez donc vos valeurs : c’est le premier pas. Elles doivent être très clairement identifiées et résumées en quelques mots simples. Vous pouvez les écrire sur des cartes que vous ferez plastifier et ainsi les avoir dans votre portefeuille !
Dans les affaires, les entreprises qui ont des valeurs très clairement identifiées enregistreraient des bénéfices jusqu’à 700 fois supérieurs aux autres, rappelle Brian Tracy dans Le pouvoir de la confiance en soi.
Pour quelles valeurs travailleriez-vous d’arrache-pied ? À quoi vous consacreriez-vous entièrement ? À votre santé, à votre carrière, à Dieu, à la liberté ? La liste est longue. Comment identifier celles qui vous tiennent à cœur ?
Un exercice : réalisez votre notice nécrologique ou votre éloge funèbre. Imaginez-vous vos amis, votre famille, rappelant qui vous étiez, ce que vous avez apporté à votre communauté, au monde ? Identifiez-vous à un « moi » que vous aimeriez profondément devenir et dont les gens pourraient se souvenir.
Mettre par ordre de priorité et faire des choix
Quelle est la valeur qui prime sur les autres ? À quoi sacrifieriez-vous le reste ? Il y aura toujours une multiplicité à ordonner et donc, un sacrifice à faire. Mais cela n’est pas négatif : cela vous permet de structurer votre esprit et vos émotions. En conséquence, vous faites aussi de meilleurs choix et vous agissez en étant mieux orienté.
Un ordre que l’on retrouve souvent, du moins aux États-Unis et au Canada, est rappelé dans Le pouvoir de la confiance en soi :
- Dieu
- La famille
- La santé
- La carrière
C’est à vous de hiérarchiser vos valeurs en fonction de vos aspirations et de votre expérience.
L’intégrité est une valeur transversale
L’intégrité vous permet de tenir ensemble vos valeurs et de les considérer comme non négociables. Si vous êtes intègre, vous vivez selon vos valeurs sans faire de compromis sur ce qu’elles sont ni sur leur ordre. Bref, l’intégrité désigne l’adhésion à ses propres valeurs.
C’est l’intégrité qui vous oblige à agir selon ce que vous pensez et aussi à accepter la vie telle qu’elle est, plutôt qu’à fuir dans les faux-semblants. Vous pouvez alors être en paix avec vous-même.
Vos valeurs ne s’expriment que dans vos actions
En situation stressante, il n’est pas toujours facile d’agir conformément à ses valeurs. Pourtant c’est essentiel. L’obstacle permet de révéler vos valeurs et d’identifier votre degré d’intégrité et de force mentale.
Vous pouvez savoir quelles ont été vos valeurs dans le passé en regardant honnêtement comment vous avez agi.
Si vos actions suivent vos valeurs, vous vous sentez bien et votre confiance en vous-même augmente. Si, au contraire, vous délaissez vos valeurs au profit d’autres intérêts, alors votre confiance en vous dégringole. Selon Brian Tracy, voici une autre loi à laquelle il vous faudra prêter attention pour développer le pouvoir de la confiance en soi :
Réversibilité : si vous agissez comme si vous aviez déjà une valeur, cette-ci va s’implanter en vous.
C’est ce qui se traduit aussi dans le principe du « faire comme si » : vous pouvez accroître votre niveau de confiance en vous-même en vous persuadant, grâce à une sorte de jeu de rôle, que vous possédez déjà certaines qualités ou valeurs. À force de pratiquer ces valeurs de façon ludique, elles s’ancreront en vous « pour de vrai ».
Les clés de la confiance en soi : la maîtrise de soi et l’autodiscipline
Profitez de toute occasion pour construire cette confiance en soi et agir en conformité avec vos valeurs. Plus l’obstacle (un échec, un revers, un problème quelconque) sera difficile à surmonter, et plus vous aurez besoin de force et d’autodiscipline pour agir de façon intègre. Mais plus la joie d’avoir surmonté l’obstacle ancrera la valeur à laquelle vous aspirez.
C’est ce qu’on nomme le principe de résistance. Il en va de même pour la confiance en soi qu’en haltérophilie. Plus vous travaillez des poids lourds, et plus vos muscles grossissent et se fortifient. Ici, les muscles, ce sont vos valeurs !
Acquérir la force intérieure passe par un sentiment : être sûr que l’on pourra surmonter à nouveau un obstacle du même type que celui que l’on a déjà vaincu. Vous avez persévéré et vous avez surmonté la difficulté. Vous devez vous en convaincre. C’est un point clé sur lequel insiste beaucoup l’auteur du Pouvoir de la confiance en soi.
Un exercice : trouvez les situations de votre vie où vous avez réussi à surmonter un obstacle et chérissez-les, en vous répétant que vous avez déjà été fort par le passé et que vous pourrez encore l’être.
Actions à mener
- Lister les trois valeurs les plus importantes dans votre vie privée ;
- Trouver les trois valeurs qui vous caractérisent dans le travail et en affaires ;
- Faites la liste des trois personnes avec qui vous aimeriez passer l’après-midi ;
- Que leur demanderiez-vous ? Pourquoi voulez-vous les rencontrer ? Et pourquoi voudraient-elles, elles aussi, passer un après-midi avec vous ?
- Quelles sont les trois occasions lors desquelles vous avez vécu en conformité avec vos valeurs les plus importantes, alors que vous auriez pu faire des compromis ?
- Que feriez-vous, concrètement, pour que vos valeurs et vos actions soient davantage en harmonie ?
- Faites votre éloge funèbre !
Chapitre 2 : Résolution et pouvoir personnel
Gagner en assurance et en compétence
Dans Le pouvoir de la confiance en soi, l’accent est placé sur l’engagement dans les choses que l’on fait. Vous devez savoir que vous pouvez accomplir ce que vous entreprenez. Commencez par de petites choses, peu importe, mais soyez convaincu de votre aptitude à les réaliser.
Peu à peu, fixez-vous des objectifs plus ambitieux, mais toujours en gardant ce même état d’esprit. À partir de vos expériences passées, dotez-vous d’une solide croyance en votre capacité à venir à bout de ce que vous vous proposez de faire.
C’est une attitude ou un état d’esprit, plus qu’une simple pensée positive. Cette attitude doit reposer sur des faits, à savoir sur vos expériences antérieures et la manière dont vous les interprétez.
Les lois mentales de la confiance en soi
Tout au long du chapitre 2 du Pouvoir de la confiance en soi, Brian Tracy complète son énumération des lois qui permettent de comprendre comment fonctionnent les mécanismes de la confiance en soi et de la réussite.
Les voici ici résumés :
Effort indirect : ce qu’on obtient dans la vie arrive indirectement, comme l’aboutissement d’une démarche dans laquelle on s’était investi par ailleurs.
Cause à effet : tout ce qui se passe dans la vie a une cause. Si vous répétez la cause, vous obtiendrez les mêmes effets.
Attraction : nos pensées attirent l’objet de notre désir. Plus la pensée est précise, et plus on a des chances d’obtenir ce que l’on souhaite.
Correspondance : le monde extérieur correspond au monde intérieur que l’on s’est façonné.
Ensemencement : tout ce que vous semez aujourd’hui constituera votre réalité prochaine.
Concentration : corollaire de la loi d’attraction — plus vous vous concentrez sur un objectif et plus celui-ci a de chances de devenir réalité.
Substitution : une pensée en chasse une autre. Le conscient n’entretient qu’une pensée à la fois (soit négative, soit positive).
Émotion : toute pensée conçue, toute décision prise ou toute action engendrée repose sur une émotion ou une autre. Les deux émotions principales sont la peur et le désir.
Le subconscient admet mieux les pensées à forte charge émotionnelle. La loi de l’émotion, par exemple, permet de prédire que plus l’émotion sera forte, et plus le changement d’état d’esprit pourra être rapide. Une peur extrême, un désir extrême peuvent vous inciter à agir et à penser différemment en très peu de temps. Les émotions plus faibles génèrent des changements plus lents.
Les quatre C de la confiance en soi
Pour activer le pouvoir de la confiance en soi à partir de ces principes, souvenez-vous de ces quatre mots-clés :
- Clarté : déterminez clairement ce que vous souhaitez réaliser et le genre de personne que vous voulez devenir.
- Conviction : assurez-vous fermement d’être capable d’accomplir tout ce que vous vous proposez de faire.
- Concentration : prenez la résolution de faire le nécessaire et tenez-vous-y. Acquérez aussi la volonté de payer à l’avance le prix de toute réussite à laquelle vous aspirez.
- Cohérence : décidez-vous à travailler vos objectifs chaque jour, matin, midi et soir, jusqu’à les atteindre.
Lorsque vous aurez lié les quatre C entre eux, vous serez certain de cheminer vers une confiance en soi inébranlable. Selon Brian Tracy, c’est la recette de base pour devenir impossible à arrêter et irrésistible dans toutes les sphères de la vie !
L’importance des objectifs
Se donner des objectifs clairs et précis permet de commencer à mettre en œuvre les 4 C. Faites jouez les lois mentales en votre faveur ! Délivrez-vous, une bonne fois pour toutes, des accidents et du hasard.
Donnez à votre vie un sens et une structure. Vous êtes en mesure de décider vous-même de l’orientation que prendra votre existence. Étape par étape, vous cheminerez alors vers le succès.
Il s’agit sans doute de la compétence principale à acquérir. Sa mise en œuvre est simple : mettez par écrit les objectifs que vous vous fixez pour cette année. Écrivez de façon claire et précise, en étant convaincu de votre capacité à les réaliser.
Votre subconscient mémorisera mieux les objectifs rédigés de cette façon :
- À la première personne du singulier (« Je »)
- Au présent de l’indicatif (« Je réussis ») ;
- De façon positive (évitez les constructions en « ne… pas ») ;
- Comme si l’action était déjà accomplie.
La peur et la zone de sécurité : les ennemis du changement
La peur mine vos meilleures intentions et vos espoirs. Elle vous fait trébucher dans le vrai monde, alors qu’elle n’est que dans votre esprit ! Excuses, raisonnements fallacieux, tout est bon pour vous faire rester sur place.
C’est aussi pourquoi beaucoup de gens pensent qu’écrire ses objectifs ne sert à rien. En fait, sans trace écrite, impossible d’échouer. La peur a gagné ! Elle vous a éloigné de la possibilité d’un échec. Conséquence fâcheuse : vous procrastinerez, vous vous justifierez…
Retour au cercle vicieux. À l’instar de 87 % de la population, vous ne passerez jamais à l’action.
La zone de sécurité ou zone de confort, est le lieu où l’on s’installe lorsqu’on est plus ou moins sûr d’avoir un niveau de performance acceptable dans tel ou tel domaine. Vous vous détendez, vous créez un sillon duquel vous ne voulez plus bouger.
Tels sont les principaux domaines dans lesquels on invente des zones de sécurité :
- Attitude et personnalité ;
- Réactions aux gens et aux événements imprévus ;
- Revenu et niveau de vie liés au travail ;
- Degré de forme mentale et physique.
Une fois pris dans une routine, vous résistez au changement : l’inertie vous absorbe. Le problème, c’est que cela crée souvent de l’ennui et de la frustration. Un sentiment d’inaccomplissement s’installe.
Vous savez que vous pouvez plus et mieux, mais vous êtes devenu fainéant. Repensez-y : vous êtes dotés de capacités étonnantes ! Déployez-les ! Le célèbre psychologue Carl Roger a dit : « Chaque homme a le désir ardent et inné d’accomplir ses possibilités inhérentes » (cité par Brian Tracy dans Le pouvoir de la confiance en soi).
Ascension à la grandeur personnelle
Les personnes ayant le mieux réussi dans la vie sont celles qui croient qu’elles ont quelque chose de bien ou d’important à faire dans la vie. Elles ont un sens aigu de leur destinée et la conviction qu’elles peuvent agir pour l’accomplir. Elles refusent de négliger leurs capacités et de vivre en deçà de ce dont elles sont capables.
Se fixer des objectifs est capital, car cela engage votre être vers la voie de l’amélioration. Une fois doté d’objectifs clairs et précis, vous avez envie d’exploiter ce qu’il y a de meilleur en vous pour les réaliser.
« Tout commence par un stylo, un bloc-notes et vous » (Brian Tracy, Le pouvoir de la confiance en soi).
Développement personnel
Résumé du livre La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente d’Émile Coué
Jues Barthélemy-Saint-Hilaire : « Désormais , Mahomet, lui apparaitra comme un des hommes les plus extraordinaire et les plus grands qui se soient montrés sur la terre. »
Émile Coué (1857-1926), pharmacien et psychologue français, publie en 1922 cet ouvrage fondateur qui expose sa célèbre « méthode Coué », une approche préventive et curative basée sur l’autosuggestion consciente. Inspirée de ses observations sur l’effet placebo et les travaux de l’École de Nancy (comme ceux de Hippolyte Bernheim), la méthode vise à exploiter le pouvoir de l’imagination pour influencer le corps et l’esprit, en contournant la volonté souvent inefficace.
Coué insiste sur le fait que l’imagination est la faculté dominante de l’humain : « Chaque fois que la volonté et l’imagination sont en lutte, c’est toujours l’imagination qui l’emporte, sans aucune exception. » Le livre est structuré en quatre parties principales, riches en exemples cliniques et en explications théoriques, pour démontrer comment l’autosuggestion peut guérir des maux physiques, moraux ou psychologiques, et même transformer la société.
1. L’être conscient et l’être inconscient
Coué distingue deux entités en nous : l’être conscient (rationnel, mais doté d’une mémoire infidèle) et l’être inconscient (intelligent, avec une mémoire impeccable qui enregistre tout événement, même mineur). L’inconscient est influencé par des idées dominantes, positives ou négatives, qui deviennent des « prophéties autoréalisatrices ». Par exemple, un patient qui craint une maladie peut l’aggraver par cette peur seule, car l’inconscient transforme l’idée en réalité physique. Coué illustre cela par des cas d’hystérie ou de somnambulisme, où l’inconscient commande des actions inconscientes (comme des accès de violence). La clé : imprégner l’inconscient d’idées positives via l’autosuggestion pour harmoniser les deux êtres.
2. La volonté et l’imagination
Contrairement à la croyance populaire, la volonté n’est pas la force motrice principale ; c’est l’imagination qui guide nos actions. Coué explique que forcer sa volonté (par exemple, « je dois guérir ») crée souvent une résistance interne, alors que s’imaginer déjà guéri libère l’énergie nécessaire. Il cite des exemples concrets : un enfant maladif qui grandit de 12 cm et gagne 19 livres en pratiquant l’autosuggestion, ou un homme rhumatisant qui jette ses cannes après une séance. L’imagination, nourrie par des suggestions répétées, active l’inconscient pour produire des effets thérapeutiques, sans effort conscient.

3. La suggestion et l’autosuggestion
La suggestion est une idée imposée à l’inconscient, qui devient autosuggestion quand on se la répète soi-même. Coué la distingue de l’hypnose (qu’il pratique initialement en groupe pour impressionner les patients), en insistant sur son aspect conscient et accessible à tous. Elle est « aussi vieille que le monde », mais nouvelle dans sa forme délibérée. Des cas cliniques abondent : guérison d’ulcères, de paralysies, d’anxiété, ou même de troubles moraux chez des délinquants juvéniles. Coué argue que l’autosuggestion peut réformer les « maisons de correction » en transformant les jeunes en citoyens honnêtes, en remplaçant les idées négatives par des positives.
4. Applications pratiques et éducation
La méthode s’applique au quotidien pour la santé, le moral et l’éducation. Coué recommande une pratique simple : matin et soir, au lit, répéter 20 fois (en comptant sur une corde à nœuds) la formule : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » Sans fixer l’attention, comme une litanie machinale, pour que l’idée s’imprègne dans l’inconscient. Pour des problèmes spécifiques, formuler des suggestions positives précises (ex. : « Mon bras est guéri »). Il étend cela à l’éducation : les enseignants et parents doivent suggérer confiance et succès aux enfants pour éviter les échecs auto-imposés. Coué conclut sur le potentiel social : une société plus heureuse si tous pratiquent cette maîtrise de soi.
Impact et héritage
Ce livre, best-seller mondial, a influencé la pensée positive, la sophrologie, le training autogène et la psychologie positive moderne. Coué, qui soignait en groupes et voyagea jusqu’aux États-Unis, y est vu comme un pionnier de l’autohypnose. Critiqué pour son apparente simplicité, il reste une référence pour le développement personnel : non pas « vouloir » changer, mais « s’imaginer » changé. Le texte est accessible, ponctué d’anecdotes vivantes, et invite à une expérimentation immédiate. Si vous le lisez, commencez par la pratique – c’est son essence !
Développement personnel
Accepter la Volonté Divine : Un Chemin vers la Paix Intérieure
Le Messager d’Allah (que les Bénédictions d’Allah soient sur lui et sur sa Famille) a dit: « Al Mahdi est le « paon » (l’ornement) des gens du Paradis. »
Dans le tumulte de la vie quotidienne, où les ambitions personnelles, les défis imprévus et les déceptions se succèdent, il est facile de se sentir perdu. Pour un croyant, cependant, il existe un ancrage profond : l’acceptation de la volonté divine. Cette notion, ancrée dans de nombreuses traditions spirituelles, n’est pas une résignation passive, mais un acte conscient de confiance et de croissance personnelle. Dans cette chronique de développement personnel, explorons comment intégrer cette acceptation dans notre vie pour cultiver une sérénité durable, une résilience accrue et une connexion plus profonde avec notre foi.
Comprendre la Volonté Divine : Au-delà de la Simple Obéissance
La volonté divine n’est pas un caprice arbitraire, mais un plan bienveillant conçu par une force supérieure – Dieu, pour les croyants chrétiens, musulmans ou d’autres confessions monothéistes. Cela implique non seulement de reconnaître que nos plans humains sont limités, mais aussi de voir dans chaque événement une opportunité d’apprentissage spirituel.
En développement personnel, accepter cette volonté signifie shifter notre mindset : passer d’une posture de contrôle absolu à une ouverture confiante. Imaginez un marin qui lutte contre les vents contraires ; en acceptant les courants, il navigue plus efficacement. De même, résister à la volonté divine génère du stress, de l’anxiété et un sentiment d’impuissance. L’accepter, en revanche, libère de l’énergie pour se concentrer sur ce que l’on peut changer : nos réactions, nos attitudes et nos actions alignées avec nos valeurs spirituelles.
Les Bénéfices pour le Développement Personnel
Accepter la volonté divine n’est pas synonyme de fatalisme ; c’est un outil puissant pour l’épanouissement. Voici quelques avantages concrets :
Réduction du Stress et de l’Anxiété : En remettant nos soucis à une puissance supérieure, nous allégeons notre fardeau mental. Des études en psychologie positive montrent que les pratiques de lâcher-prise, comme la prière ou la méditation, diminuent les niveaux de cortisol, l’hormone du stress. Pour un croyant, cela se traduit par une paix intérieure, comme le décrit le Psaume 46:10 : « Arrêtez, et sachez que je suis Dieu. »
Renforcement de la Résilience : Les épreuves – perte d’emploi, maladie, rupture – deviennent des leçons divines plutôt que des échecs personnels. Pensez à l’histoire de Job dans la Bible, qui, malgré ses souffrances, maintient sa foi et en sort transformé. En développement personnel, cela cultive l’humilité et la gratitude, des qualités essentielles pour rebondir.
Amélioration des Relations : Accepter que les autres aient leur propre chemin divin nous aide à lâcher les attentes irréalistes. Cela favorise l’empathie et le pardon, renforçant les liens familiaux et communautaires.
Croissance Spirituelle et Personnelle : Cette acceptation encourage l’introspection : « Qu’est-ce que Dieu essaie de m’enseigner ici ? » Elle pousse à développer des vertus comme la patience et la persévérance, alignées avec des principes comme ceux énoncés dans l’Épître de Jacques (1:2-4) : « Considérez comme un sujet de joie complète, mes frères, quand vous passez par diverses épreuves, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. »
Étapes Pratiques pour Intégrer l’Acceptation dans Votre Quotidien
Pour transformer cette notion abstraite en habitude concrète, voici un plan d’action en quatre étapes, inspiré de principes de développement personnel et de sagesse spirituelle :
Cultivez la Prière et la Méditation Quotidienne : Commencez ou terminez votre journée par un moment de silence dédié à Dieu. Posez-vous la question : « Quelle est ta volonté pour moi aujourd’hui ? » Utilisez des affirmations comme « Je m’abandonne à ton plan parfait » pour reprogrammer votre esprit.
Identifiez et Challengez Vos Résistances : Tenez un journal où vous notez les situations où vous luttez contre les événements (ex. : « Pourquoi cela m’arrive-t-il ? »). Réfléchissez : est-ce une opportunité déguisée ? Des exercices de mindfulness, adaptés à une perspective croyante, peuvent aider à observer ces pensées sans jugement.
Cherchez des Signes et des Soutiens : Lisez les Écritures ou des témoignages de croyants qui ont traversé des épreuves similaires. Rejoignez une communauté de foi – groupe de prière ou forum en ligne – pour partager et recevoir du soutien. Souvenez-vous que la volonté divine se révèle souvent à travers les circonstances et les conseils des autres.
Pratiquez la Gratitude Active : Chaque soir, listez trois choses pour lesquelles vous remerciez Dieu, même dans les difficultés. Cela renforce l’acceptation en focalisant sur les bienfaits cachés, comme le dit Proverbes 3:5-6 : « Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta propre intelligence ; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. »
Un Engagement Libérateur
Accepter la volonté divine n’est pas une fin en soi, mais le début d’une vie plus alignée et épanouie. Pour un croyant, c’est l’ultime acte de foi : confier son destin à Celui qui sait mieux. Bien sûr, cela demande du courage et de la pratique, mais les récompenses – paix, force intérieure et croissance – en valent la peine. Si vous traversez une période difficile, rappelez-vous : ce qui semble être un obstacle pourrait être le pont vers une version meilleure de vous-même.
Et vous, quelle expérience avez-vous avec l’acceptation de la volonté divine ? Partagez dans les commentaires pour enrichir notre communauté. Que la paix de Dieu vous accompagne dans ce voyage personnel.
Développement personnel
Résumé du livre : La peur des autres ( 1ere partie )
« L’honnêteté, quand elle est vendue et achetée, devient déshonnête. » Alphonse de Lamartine
Résumé de « La peur des autres : trac, timidité, phobie sociale » de Christophe André et Patrick Légeron : un livre d’introduction à la psychologie de la « peur de l’autre » à la fois très bien argumenté et très bien documenté — par deux des plus grands spécialistes les plus réputés du domaine en France !
Ce livre pose la question de l’anxiété sociale, une peur largement répandue qui est liée au regard des autres. Elle peut se manifester lors de situations courantes, comme parler en public par exemple. Elle peut non seulement entraîner de la gêne, mais aussi de l’inconfort persistant, voire un repli sur soi.
L’anxiété sociale, parfois appelée phobie sociale, prend différentes formes, plus ou moins problématiques.
Tous ces éléments jouent un rôle. De manière générale, cette anxiété est intimement liée à notre perception du regard des autres.
Imaginer la disparition de l’anxiété sociale paraît utopique : le jugement d’autrui est une réalité sociale bien présente. Pourtant, elle pourrait être atténuée par plus de franchise et d’honnêteté dans nos rapports.
Il existe des solutions efficaces pour traiter l’anxiété sociale. Les thérapies cognitives et comportementales, ainsi que certains médicaments, apportent une aide précieuse.
Le but de cet ouvrage est d’expliquer ces peurs et de guider chacun vers un mieux-être.
PREMIÈRE PARTIE – Nos peurs sociales et leurs manifestations
Chapitre 1 – Des situations et des hommes
Des situations sociales dérangeantes
Certaines situations sociales génèrent de la gêne, comme parler en public ou être observé. La majorité des gens ressentent de l’appréhension face à ces moments. Parmi les peurs les plus fréquentes, parler en public figure en première place, avec 51 % des Français concernés. Cette peur est aussi commune que celles des serpents et du vide.
Mais d’autres situations plus banales — liées à des interactions sociales quotidiennes — peuvent être tout aussi gênantes pour certaines personnes. L’absence de menace réelle rend ces moments d’anxiété sociale d’autant plus frustrants. Les personnes affectées par cette anxiété se questionnent souvent sur la raison de leur réaction, sans trouver de réponse claire.
Une vieille histoire
Dans l’Odyssée d’Homère, Ulysse est intimidé avant de rencontrer le roi Alkinoos. Cette anxiété sociale touche donc même les plus courageux ! D’ailleurs, de nombreux autres exemples littéraires (Rousseau, Baudelaire, etc.) illustrent ce type d’émotion.
Bien sûr, les médecins se sont aussi intéressés à ces phobies sociales. Pierre Janet les décrit dès 1909, évoquant la peur de parler en public ou de certaines interactions sociales. Aujourd’hui, chercheurs et médecins étudient ces mécanismes et cherchent à expliquer pourquoi nous ressentons cette gêne.
Les situations en cause
L’anxiété sociale nécessite la présence d’autrui. Robinson Crusoé ne ressent pas cette émotion, du moins jusqu’à l’arrivée de Vendredi… Dès que nous avons des interlocuteurs, les conditions sont réunies pour éprouver de l’anxiété.
Certaines situations sont particulièrement génératrices d’appréhension, comme le regard d’un groupe ou la rencontre de nouvelles personnes. Les travaux sur l’anxiété sociale sévère identifient quatre grandes catégories de situations redoutées. Ces catégories permettent de mieux comprendre les circonstances provoquant cette gêne sociale. Passons-les en revue.
1 — L’anxiété de performance
Les situations sociales les plus redoutées impliquent la prise de parole en présence d’un public. L’anxiété est exacerbée par la crainte du jugement et de l’évaluation de ses compétences. Cela concerne non seulement les prises de parole en groupe, mais aussi les entretiens individuels formalisés.
Les situations anxiogènes peuvent être classées selon leur degré d’interactivité. Certaines personnes redoutent les interactions directes, d’autres préfèrent éviter les situations sans réponse du public. Cette anxiété peut empêcher les individus de s’exprimer, de prendre des décisions ou de progresser dans leur carrière.
L’anxiété de performance est fréquente chez les enseignants, artistes et sportifs. Ils peuvent ressentir une appréhension incontrôlée avant leurs prestations. Les enseignants, par exemple, craignent de ne pas « tenir leur classe ». Le trac est certes vu comme un signe de talent, mais il peut aussi devenir paralysant, forçant certains artistes ou sportifs à abandonner leur carrière.
2 — Les situations d’échange et de contact
L’anxiété sociale n’est pas seulement liée à une prestation en public. Elle peut survenir dans des interactions sociales où aucun jugement de performance n’est en jeu. Ces situations incluent des échanges superficiels avec des inconnus ou des discussions avec des personnes connues.
Certaines personnes, comme Rémi ou Édith (cités dans l’ouvrage), redoutent les conversations prolongées, ne sachant pas quoi dire après les salutations initiales. Marie-Odile craint de devoir échanger avec des inconnus, tandis que Patrice préfère éviter les interactions banales avec les commerçants.
L’anxiété dans ces interactions est liée à la peur de dévoiler une intimité indésirable ou d’être jugé sur sa véritable valeur. Certaines personnes, comme Catherine, se sentent plus à l’aise lors de premières rencontres, mais redoutent les interactions répétées. Les craintes gravitent autour de la peur de montrer ses manques, de révéler un secret culpabilisant, ou d’afficher un comportement jugé « bizarre » par autrui.
3 — Les situations où il faut s’affirmer
S’affirmer implique de défendre ses droits et d’exprimer ses besoins. L’anxiété sociale complique souvent ces situations, notamment lorsqu’il s’agit de dire non, de demander quelque chose, ou d’exprimer un désaccord.
Certaines personnes — comme un patient plombier évoqué par les auteurs — ont des difficultés à réclamer leur dû, ce qui peut avoir de lourdes conséquences financières. D’autres, comme une assistante sociale, préfèrent acheter un vêtement qu’elles n’aiment pas plutôt que de quitter un magasin sans rien acheter, par peur du jugement des vendeurs.
La crainte de la réaction d’autrui explique ces difficultés à s’affirmer. Beaucoup redoutent de contrarier ou de provoquer une réaction négative. Cette anxiété peut même empêcher des actions nécessaires, comme annoncer une mauvaise nouvelle.
4 — Le regard d’autrui
Un simple regard peut parfois provoquer un malaise, même lors d’actes banals. Cela inclut marcher sous les yeux d’autres personnes, écrire ou jouer d’un instrument lorsqu’on est observé.
Certaines personnes redoutent tellement ce regard qu’elles évitent systématiquement ces situations. Par exemple, un étudiant préfère arriver en avance et rester jusqu’à la fin pour ne pas être remarqué. Une employée de ministère évite de s’asseoir près de ceux qui prendront la parole en réunion pour ne pas attirer l’attention.
Ce malaise face au regard d’autrui est un comportement observé dans le règne animal, lié à la dominance. Chez l’humain, ce phénomène est présent, mais devient problématique lorsqu’il engendre des comportements d’évitement systématiques.
Une hiérarchie de nos peurs sociales ?
Moins de 10 % des personnes ne ressentent jamais d’anxiété sociale dans aucune des situations décrites. Les situations anxiogènes varient d’une personne à l’autre : certains craignent d’être observés en train de faire un créneau, tandis que d’autres redoutent de parler en public.
Les différentes situations anxiogènes peuvent être représentées sous forme de pyramide. La base représente les peurs les plus courantes, et chaque niveau supérieur inclut les craintes des niveaux inférieurs. Par exemple, la peur de se dévoiler implique souvent la crainte d’accomplir une prestation sous le regard d’un groupe. La crainte d’être observé est souvent liée à toutes les autres peurs.
Ces différentes craintes peuvent coexister dans une même situation. Par exemple, un écrivain invité à une émission de télévision doit faire face à l’anxiété de la performance en public, à la peur de se dévoiler lors de questions personnelles, à la nécessité de s’affirmer sans paraître hostile, et à la crainte d’être observé de près par les caméras.
Un mécanisme commun
Toutes ces situations ont un point commun : elles exposent au regard et au jugement des autres. L’anxiété sociale est souvent perçue comme une anxiété d’évaluation. Toutes les situations où nous sommes évalués, même à l’écrit, peuvent provoquer de l’anxiété.
Lorsqu’une anxiété d’évaluation se combine au regard direct d’autrui, elle se transforme en anxiété sociale. Cette peur s’exprime par des manifestations émotionnelles, comportementales et cognitives, que nous allons explorer en détail.
Chapitre 2 – Le tumulte du corps
Les mots de l’angoisse
La première conséquence ressentie par une personne souffrant d’anxiété sociale est souvent le tumulte physique. Les manifestations corporelles sont au cœur de l’angoisse et en sont les signes les plus visibles.
Ces expressions soulignent que l’anxiété sociale s’accompagne principalement de symptômes corporels, qui traduisent le malaise ressenti.
Un inventaire à la Prévert
Les symptômes de l’anxiété sociale sont nombreux et variés, incluant :
Ce qui se voit et ce qui ne se voit pas
Ces symptômes peuvent être divisés en deux groupes :
- Ceux qui sont internes, comme les palpitations ou les mains moites ;
- Ceux qui sont visibles, tels que les tremblements ou le rougissement.
Les symptômes visibles sont souvent les plus redoutés car ils révèlent notre malaise aux autres, ce qui est gênant dans les situations sociales.
L’intensité de ces manifestations varie. Pour certains, elles sont discrètes, tandis que pour d’autres, elles peuvent atteindre un paroxysme, provoquant même des attaques de panique. Ces symptômes peuvent sérieusement affecter les interactions sociales et la qualité de vie, comme en témoignent les personnes qui évitent les situations où leur anxiété risque de se manifester de manière trop visible.
La trahison du corps
L’émergence soudaine des symptômes physiques d’anxiété sociale pose de nombreux problèmes. Une fois enclenchés, il est difficile de les arrêter, et se concentrer dessus peut aggraver la situation. La lisibilité de nos émotions sous le regard des autres accroît notre vulnérabilité, rendant l’expérience encore plus stressante.
Cette gêne face au regard d’autrui, souvent perçue comme une évaluation, est courante et peut devenir une obsession, générant une spirale d’anxiété. Le poème de Claude Roy cité par les auteurs illustre bien ce malaise, où la personne se sent exposée, déstabilisée par l’attention des autres.
Le phénomène de « peur de la peur« , décrit par le dramaturge et romancier Tennessee Williams, illustre comment la crainte de revivre ces symptômes d’anxiété peut devenir une prophétie autoréalisatrice. Cette anticipation négative crée un conditionnement qui renforce l’anxiété lors des futures interactions.
Tu as rougi !
L’anxiété sociale présente des manifestations physiologiques spécifiques, telles que le rougissement, qui est au centre des préoccupations de nombreuses personnes. La peur de rougir, appelée éreutophobie, peut aggraver le rougissement en raison de l’anticipation anxieuse.
Certaines personnes ont une grande facilité à rougir (érythrose) sans être éreutophobes. Pour les éreutophobes, la crainte de rougir devient une obsession, amplifiant ainsi la réaction. Le rougissement est souvent perçu comme une révélation involontaire de son état émotionnel, rendant la situation encore plus difficile à gérer.
Le rougissement peut survenir dans des situations variées, souvent en lien avec le regard des autres. L’anticipation de ce rougissement peut déclencher une spirale de gêne et de malaise. Certains, pour échapper à ce malaise, envisagent même des interventions chirurgicales, bien que ces opérations ne soient pas toujours efficaces et comportent des risques importants.
Les réactions physiologiques d’émotivité ont-elles un sens ?
Les manifestations physiques de l’anxiété, comme le rougissement, sont des réactions de stress héritées de nos ancêtres. Lorsque confronté à une situation stressante, le corps se prépare à combattre ou fuir, déclenchant la libération d’adrénaline et d’autres hormones.
Cela provoque l’accélération du cœur, la respiration rapide, et la dilatation des vaisseaux sanguins, préparant les muscles à l’action. Ces réactions, autrefois utiles face aux dangers physiques, deviennent aujourd’hui un obstacle dans des situations stressantes symboliques, comme les interactions sociales.
Le rougissement peut, pour certaines personnes, être perçu comme une vulnérabilité, les exposant aux moqueries. Toutefois, dans d’autres cas, comme pour les comédiens ou les sportifs, le stress et les réactions physiologiques peuvent agir comme un stimulant, améliorant la performance jusqu’à un certain seuil, au-delà duquel il devient paralysant.
La réaction émotionnelle à l’anxiété sociale varie d’une personne à l’autre. Certaines sont stimulées par le stress, tandis que d’autres sont dépassées par celui-ci. Les normes culturelles jouent également un rôle : autrefois, l’émotivité était mieux acceptée, tandis qu’aujourd’hui, le contrôle de soi est valorisé, ce qui renforce la pression sur les personnes anxieuses.
Chapitre 3 – Les désordres du comportement
Panique à bord !
L’anxiété sociale peut désorganiser les capacités relationnelles en provoquant deux réactions principales : la fébrilité et la sidération.
Ces deux tendances, fébrilité et sidération, reflètent les grandes réactions face au stress : tenter de prendre le contrôle ou, au contraire, se résigner et subir. Ces comportements peuvent altérer les performances sociales en rendant les gestes raides, les pensées incontrôlables ou en provoquant un engourdissement mental, empêchant toute réaction appropriée.
Courage, fuyons !
Lorsque l’anxiété sociale devient trop forte, les individus ont tendance à éviter les situations qui leur causent du stress. Cet évitement, s’il est compréhensible, peut à terme restreindre leur vie sociale et les empêcher de saisir des opportunités importantes, telles qu’une promotion ou une rencontre amoureuse. L’évitement subtil, comme éviter le contact visuel ou limiter les interactions verbales, est une autre stratégie courante qui entretient malheureusement l’anxiété.
L’échappement, ou la fuite physique d’une situation stressante, est une réponse plus extrême. Cette réaction, bien que temporairement soulageante, a souvent des conséquences embarrassantes, comme en témoigne l’histoire de la patiente qui a quitté précipitamment un opticien.
Parfois, au lieu de fuir, certains adoptent un comportement opposé, devenant exagérément familiers ou utilisant l’humour pour détourner l’attention de leur anxiété.
Certaines personnes adoptent des comportements pour « se donner de la contenance« , comme allumer une cigarette ou manipuler des objets. Ces actions, bien qu’elles apaisent temporairement l’anxiété, contribuent à renforcer les mauvaises habitudes et à masquer leur véritable malaise. Les lunettes, par exemple, peuvent être utilisées comme un bouclier symbolique pour se protéger du regard d’autrui.
Le hérisson et le paillasson
L’anxiété sociale peut perturber le style relationnel de la personne en générant soit une inhibition excessive, soit une agressivité inappropriée. Les personnes anxieuses peuvent avoir des idées ou des désirs qu’elles n’expriment pas, ou au contraire adopter un ton autoritaire pour masquer leur manque de confiance. Cette dynamique est souvent le résultat du stress qui pousse à fuir ou à combattre.
Certains, comme le médecin à l’aise avec ses patients mais mal à l’aise avec les femmes, deviennent inhibés dans certaines situations. D’autres, comme l’artiste qui n’ose pas parler d’argent, alternent entre inhibition et moments de frustration où l’agressivité émerge. Les comportements oscillent entre une posture de soumission (« paillasson ») et une posture de défense (« hérisson »), selon les attentes perçues des autres et le contexte.
Cette dualité est illustrée par Proust avec le personnage du docteur Cottard, qui alterne entre timidité excessive et froideur. Rousseau décrit aussi dans ses « Confessions » comment il a adopté une façade cynique et caustique pour masquer sa timidité et éviter de se sentir vulnérable. Ces stratégies sont souvent utilisées pour se protéger de l’anxiété sociale et maintenir un semblant de contrôle sur les interactions.
Des chaînes invisibles…
L’anxiété sociale peut profondément affecter la vie quotidienne des personnes concernées, créant un cercle vicieux : plus on évite une situation, plus elle devient redoutée.
Derrière ces conduites d’évitement se cache une vision anxiogène du monde et des rapports humains, où chaque interaction devient une source potentielle de stress et de jugement. Cette perception crée une barrière qui limite les expériences et les relations, enfermant les personnes anxieuses dans une vision réductrice et menaçante des interactions sociales.
Chapitre 4 – Tempête sous un crâne
Le hit-parade des pensées négatives
L’anxiété sociale est liée à des perceptions spécifiques de soi-même et du monde environnant. Les pensées automatiques, ou « cognitions », jouent un rôle crucial dans l’anxiété sociale. Ces pensées sont souvent négatives et apparaissent instantanément face à des situations redoutées, constituant un monologue intérieur qui influence les comportements et les émotions.
Un jugement négatif sur soi
L’anxiété sociale est souvent associée à une vision négative de soi-même et de ses performances. Les personnes souffrant d’anxiété sociale ont tendance à se focaliser sur ce qui, selon elles, ne va pas dans leur comportement, puis à accorder une importance excessive à ces éléments négatifs, souvent en s’autodévalorisant de manière globale et définitive.
Un exemple illustre bien ce mécanisme : un patient, lors d’un entretien d’embauche, avait plaisanté sur les habitants du Sud de la France, et s’était ensuite angoissé à l’idée que l’interlocuteur puisse être de cette région. Il a ruminé sur cet incident, l’estimant catastrophique, malgré le reste de l’entretien qui s’était bien passé. Finalement, il fut embauché, et l’interlocuteur, bien que Marseillais, n’avait même pas relevé la plaisanterie.
L’estime de soi, qui représente les jugements sur nos compétences, est souvent faible chez les personnes souffrant d’anxiété sociale. Cette estime de soi basse les pousse à se fixer des objectifs irréalistes et à être extrêmement critiques envers elles-mêmes.
Même lorsque des retours positifs leur sont donnés, elles peuvent les percevoir de manière négative, les prenant pour de la condescendance ou de la pitié. Cela crée une boucle qui entretient l’anxiété, avec une vision biaisée de soi-même qui rend difficile l’accès aux encouragements extérieurs, surtout dans les formes sévères d’anxiété sociale.
La peur du jugement d’autrui
L’anxiété sociale est souvent associée à une préoccupation excessive du regard des autres, notamment sur soi-même et ses actions. Les personnes souffrant d’anxiété sociale se demandent constamment : « Que pense-t-on de moi ? », et répondent systématiquement de manière négative. Cette préoccupation constante crée un schéma de pensées où chaque interaction est perçue comme une évaluation négative, renforçant la peur et le malaise.
Ces cognitions dysfonctionnelles, décrites par Rousseau comme une « vivacité de sentir » couplée à une « lenteur de penser », conduisent l’individu à se sentir vulnérable et jugé négativement dans toutes les situations sociales. Tout geste ambigu est interprété de façon défavorable, qu’il s’agisse de critiques mineures perçues comme un rejet complet, ou de simples froncements de sourcils vus comme des marques de désaccord.
Les études en psychologie expérimentale montrent que les personnes souffrant d’anxiété sociale réagissent de manière disproportionnée aux visages perçus comme hostiles, même lorsque les expressions sont neutres. Lors de prises de parole en public, les anxieux sociaux détectent plus rapidement les signes de désapprobation parmi les auditeurs, et se sentent perturbés par eux, contrairement aux personnes moins anxieuses qui sont plus sensibles aux signes d’approbation.
En outre, les situations ambiguës sont systématiquement interprétées de manière négative, qu’il s’agisse d’amis quittant une soirée plus tôt ou d’un interlocuteur qui reste silencieux. Les anxieux sociaux ont également du mal à lire les émotions des autres, percevant souvent des signes hostiles là où il n’y en a pas, renforçant ainsi leur sentiment d’inadéquation et d’insécurité dans les interactions sociales.
La crainte des réactions d’autrui
L’anxiété sociale est souvent exacerbée par une crainte excessive des réactions des autres, surtout lorsque ces réactions sont inconnues ou imprévisibles. C’est pourquoi les situations impliquant des inconnus ou des groupes sont particulièrement angoissantes pour les anxieux sociaux.
Cette crainte des réponses hostiles amène les personnes anxieuses à percevoir leurs semblables comme potentiellement agressifs, imaginant systématiquement des réactions négatives à leurs actions. Par exemple, demander à un serveur de restaurant de changer un plat ou demander à un voisin de baisser le son deviennent des épreuves redoutées car elles sont perçues comme susceptibles de déclencher des conflits.
L’anticipation anxieuse, ou comment se raconter des films catastrophes à longueur de journée
L’anxiété d’anticipation joue un rôle central dans l’anxiété sociale. Les personnes anxieuses ont tendance à se raconter des « films catastrophes » en anticipant systématiquement les pires scénarios possibles. Ces scénarios se construisent autour de véritables enchaînements catastrophiques, où chaque élément négatif alimente le suivant.
Par exemple, un individu invité à un cocktail peut imaginer que s’il prend un verre, il va trembler, ce qui attirera les regards et les jugements des autres, renforçant son image de quelqu’un de faible et peu fiable.
Les situations où l’anxiété sociale atteint son paroxysme sont celles où la personne se sent piégée, quel que soit son choix.
Un autre patient décrit, par exemple, sa peur lorsqu’il se retrouve seul dans un groupe inconnu : s’il prend la parole, il craint d’être jugé inconvenant, et s’il se tait, il pense être perçu comme introverti ou incapable de communiquer.
Ces scénarios de déroute résistent souvent aux faits, même lorsque ceux-ci montrent que les pires craintes ne se sont pas réalisées, illustrant à quel point ces anticipations négatives peuvent être tenaces et difficiles à déconstruire.
Anxiété toujours !
L’anxiété sociale peut altérer les processus cognitifs de façon durable à travers les trois phases temporelles d’une situation stressante : avant, pendant et après.
- Quand la peur influence la réalité
Ce cycle de pensées négatives, connu sous le nom de « prophéties autoréalisées » ou « autoréalisatrices », fait que la peur finit par influencer la réalité. En anticipant le pire et en focalisant sur ses propres symptômes d’anxiété, la personne augmente la probabilité que ces symptômes se produisent effectivement, confirmant ainsi ses craintes initiales. Cela rend encore plus difficile la rupture de ce cercle vicieux, car chaque situation sociale renforce la vision négative qu’elle a d’elle-même.
L’intensité de l’anxiété sociale et la capacité de la personne à y faire face varient. Certaines personnes peuvent maintenir une certaine distance par rapport à leurs peurs, voire en rire, et parviennent à s’améliorer progressivement. Pour d’autres, l’anxiété est si intense qu’elle devient paralysante, entraînant une souffrance et un handicap dans leur vie quotidienne.
-
Economie5 ans agoCameroun- Transport : Projet de construction de la voie ferrée Yaoundé-Douala, l’Etat lance un appel à manifestation d’intérêt pour les études techniques
-
santé et bien-être3 ans agoClou de girofle et romarin duo de choc pour vos cheveux
-
Développement personnel5 ans agoDéveloppement Personnel : résumé du livre l’ego est l’ennemi de Ryan Holiday
-
A vendre3 ans agoAvec « Sniper » et « Dichlofort » Dites A Dieu aux cafards, aux insectes (3000F CFA)
-
Economie5 ans agoSénégal-Mine : la société d’exploration THOR annonce des résultats prometteurs dans la zone de Kéniéba
-
Economie5 ans agoAgriculture-Algérie: Réduire les importations agricoles de 2,5 milliards de dollars à l’horizon 2024
-
Développement personnel6 ans agoDev Personnel : Qu’est-ce que la confiance en soi ?
-
Développement personnel5 ans agoDéveloppement Personnel : Savoir oser
