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Développement personnel

Dév Personnel : Résumé du livre l’art subtil de s’en foutre de Mark Manson

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Chapitre 1 – Don’t try

1.1 – L’histoire de Charles Bukowski ou le succès d’un raté

L’histoire de Charles Bukowski est celle d’un homme, alcoolique, dragueur, addictif au jeu, et pour reprendre les termes de l’auteur “mufle”, “radin” et “parasite”. Bukowski est aussi un poète.

Pour Mark Manson, il est la dernière personne à qui nous demanderions conseil pour vivre mieux. Il serait aussi la dernière à être citée dans un livre de développement personnel. C’est pourquoi l’auteur commence son livre L’art subtil de s’en foutre en nous racontant son histoire…

Charles Bukowski passe plus de trente ans à vivre de la sorte. Puis, un jour, le responsable d’une maison d’édition lui donne sa chance. Le poète écrit son premier livre et devient ainsi, à cinquante ans, un romancier et poète renommé.

Pour Mark Manson, cet homme incarne le rêve américain. En effet, il se bat pour obtenir ce à quoi il aspire, n’abandonne à aucun moment et finit par réaliser ses rêves les plus fous.

Pourtant, pour l’auteur, ce n’est pas sa détermination à gagner qui a amené Bukowski au succès. Selon lui, il connaît le succès car il est conscient d’être un perdant, il y consent et sait exploiter cette identité en toute honnêteté en écrivant des livres. En bref, le succès de Bukowski, selon Mark Manson, c’est d’être un raté et d’en prendre son parti.

Pour l’auteur, la vie de Bokowski montre bien que, même si elles vont souvent de pair, l’amélioration de soi et la réussite, ne sont pas pour autant, systématiquement en corrélation.

1.2 – Une société centrée sur nos manques et créatrice de frustrations

Notre environnement nous bombarde de messages nous incitant à vouloir tout, tout le temps.

Le discours ambiant est saturé […]. Sois plus heureux. Sois en meilleure santé. Sois le meilleur, meilleur que les autres. Sois plus intelligent, plus rapide, plus riche, plus sexy, plus populaire, plus productif, toujours plus envié et admiré. Sois parfait, pour ne pas dire exceptionnel, et gagne des fortunes […].

Quelqu’un de vraiment heureux n’éprouve pas le besoin de se planter devant une glace pour répéter cinquante fois “je suis heureux”. Il l’est. Point barre.

En fait, ces conseils n’aboutissent qu’à nous focaliser sur ce qui nous manque. Cette obsession du positif nous rappelle constamment ce qu’on n’est pas, ce qu’on n’a pas, ou ce qu’on aurait dû être mais qu’on a échoué à devenir.

Voilà pourquoi, au final, on passe notre vie à poursuivre un bonheur vain et une satisfaction illusoire.

Ainsi, selon Mark Manson, si on veut avoir une “vie au top”, on ne doit pas essayer d’en vouloir davantage. On doit, au contraire, s’efforcer de baisser son niveau d’aspiration, et de se contenter de ce qui est vrai, immédiat et important à nos yeux.

1.3 – La solution de Mark Manson : s’en foutre !

Ce qui nous bousille la vie, c’est justement de penser qu’il y a un truc qui cloche en nous. On s’en veut à mort de s’en vouloir à mort. On se sent coupable de se sentir coupable. On a les boules d’avoir les boules. On angoisse d’angoisser. […] C’est pour toutes ces raisons qu’il vaut mieux s’en foutre.

Mark Manson fait part de trois postulats essentiels :

  • L’aspiration à vivre des expériences plus positives est en soi une expérience négative. Et paradoxalement, consentir à vivre les expériences négatives qui se présentent ou s’imposent à nous constitue, en soi, une expérience positive.
  • Selon la “loi de l’effort inverse” du philosophe Alan Watts (l’un des pères de la contre-culture américaine dans les années 1960) : plus on cherche à se sentir mieux, moins on se sent bien. Le fait de vouloir obtenir quelque chose, de chercher continuellement le bonheur ne fait que renforcer notre sentiment de manque. C’est pourquoi parfois, quand on se préoccupe moins de réussir certaines choses, on les réussit mieux.
  • Dans la vie, tout ce qui en vaut la peine s’obtient en acceptant l’expérience négative associée. Sinon, on produit l’effet inverse :

L’évitement de la souffrance produit de la souffrance. Le contournement de la lutte est en soi une lutte. Le déni de l’échec, c’est encore l’échec. Dissimuler ce qui est vécu comme honteux alimente un sentiment de honte.

L’auteur propose alors d’apprendre à focaliser son attention et à établir des priorités dans nos pensées le plus efficacement possible. Il s’agit, en fait, de faire le tri entre ce qui est vital pour nous et ce qui ne l’est pas, et ce, en fonction de nos valeurs personnelles.

1.4 – L’art subtil de s’en foutre, ça veut dire quoi ?

Mark Manson propose les trois “subtilités” suivantes pour expliquer ce que “s’en foutre” signifie pour lui :

  • “S’en foutre” ne signifie pas être indifférent, mais être à l’aise avec le sentiment d’être différent.

En fait, on ne peut se foutre de tout. Mais on peut se foutre de tout ce que nous considérons ne pas être important et nous mobiliser pour ce qui compte vraiment à nos yeux.

  • Pour “se foutre” de l’adversité, il faut donner de l’importance à quelque chose de plus important que l’adversité.

Identifier ce qui a de l’importance et fait sens à nos yeux est capital. Sans cela, on va “galérer” pour des choses qui n’en valent pas la peine.

  • Qu’on s’en rende compte ou pas, on choisit toujours de tenir à un quelque chose plutôt qu’à un autre.

Avec l’âge et la maturité, on devient plus sélectif, on apprend à tenir uniquement à ce qui en vaut la peine.

Si notre énergie décline à l’approche de la cinquantaine, notre identité, elle, se consolide. On sait qui on est et on s’accepte tel quel, y compris dans nos aspects les moins reluisants. Cela est libérateur. Se simplifier la vie contribue à faire de soi quelqu’un de vraiment heureux.

1.5 – Pourquoi écrire L’art subtil de s’en foutre ?

Pour Mark Manson, l’ambition de ce livre est de nous aider à :

  • Clarifier nos choix de vie et faire le tri entre ce à quoi nous choisissons d’accorder de l’importance ou pas.

L’attitude qui consiste à s’en foutre est, à cet égard, un moyen simple de réorienter ses attentes et d’opérer la distinction entre ce qui compte et ce qui ne compte pas.

  • Convertir nos souffrances en outils, nos traumatismes en pouvoirs, et nos problèmes en problèmes légèrement moins problématiques :

Reçois-le [L’art subtil de s’en foutre] comme un guide pour souffrir et pour mieux souffrir, souffrir en sachant davantage pourquoi, souffrir avec davantage de compassion et d’humilité. C’est un livre qui t’aide à te mouvoir avec légèreté en dépit de tes lourds fardeaux, à te reposer en compagnie de tes peurs, à rire même quand tes larmes coulent. Il ne t’apprendra pas à gagner, à obtenir ou réussir, mais à perdre, à lâcher, à laisser filer. Il peut aussi t’enseigner à dresser l’inventaire de ta vie pour tout mettre au rebut, sauf le plus important. Il veut surtout t’inviter à te laisser tomber à la renverse les yeux grands fermés, à ne plus te pourrir autant la vie, à arrêter d’essayer.

Chapitre 2 – Le bonheur est un problème

2.1 – La souffrance est incontournable et utile

Mark Manson démarre ce chapitre par l’histoire d’un roi et de son fils vivant sur les contreforts de l’Himalaya. L’histoire de ce prince qui vécut dans l’opulence et la satisfaction puis dans le dénuement et le manque, avant de trouver un certain équilibre, n’est autre que le récit de vie de Bouddha (l’auteur nous le révèle à la fin). Sa philosophie a pour principe fondamental que la souffrance et la perte sont inévitables, et qu’il est donc vain d’essayer d’y résister.

Mark Manson partage cette idée que la vie tout entière est une forme de souffrance, et que nul n’y échappe. Pour lui :

  • Le bonheur n’est pas algorithmique. On ne peut pas le décrocher, l’obtenir, l’atteindre comme on réussit à intégrer une grande école.
  • L’insatisfaction et le sentiment de mal-être font partie intégrante de la nature humaine et sont même un élément nécessaire à la construction du bonheur.

2.2 – Souhaite-toi une vie pleine de “bons” problèmes

Selon Mark Manson, la souffrance a une fonction biologique : ces états d’insatisfaction et d’insécurité intérieure poussent à bouger pour innover et survivre. C’est d’ailleurs cette insatisfaction chronique qui a poussé l’espèce humaine à sans cesse se battre, lutter, construire et conquérir. Elle est donc une caractéristique de l’évolution.

Par conséquent, pour Mark Manson, il n’est pas bénéfique d’éviter la souffrance puisque celle-ci contribue, d’une certaine manière, au bien-être.

N’attends pas une vie sans problèmes. Ça n’existe pas. Au contraire, souhaite-toi une vie pleine de bons problèmes.

2.3 – Résoudre des problèmes rend heureux

Selon Mark Manson, être heureux implique d’avoir quelque chose à résoudre. Le bonheur serait, en ce sens, une activité toujours en cours parce que la résolution des problèmes est une tâche indéfiniment renouvelée :

Tu n’es pleinement heureux que quand tu identifies les problèmes que tu as envie d’avoir et de solutionner.

Cependant, pour beaucoup de gens, la vie n’est pas si facile. Selon Mark Manson, il y a deux raisons principales à cela :

  1. La tendance au déni

Certains nient carrément avoir des problèmes. Ce qui les oblige à “se faire des films” ou à se détourner de la réalité avec diverses distractions.

  1. La mentalité de victime

Certains choisissent de se persuader qu’ils ne sont pas capables de résoudre leurs problèmes, alors qu’ils le pourraient très bien, en réalité. En se posant en victimes, ils accusent les autres de leurs maux ou incriminent les circonstances extérieures, d’où leur colère, leur sentiment d’impuissance et leur désespoir.

2.4 – Ne fais pas tout un plat de tes émotions

Nos émotions sont une mécanique dont nous sommes dotés pour nous signaler que quelque chose est soit bénéfique, soit néfaste pour nous. Par conséquent, elles fonctionnent comme des indicateurs biologiques propres à nous faire changer favorablement :

  • Les émotions négatives sont un appel à l’action (quand on les éprouve, c’est qu’on est censé faire quelque chose).
  • Les émotions positives nous récompensent d’avoir agi correctement.

Bien qu’importantes, les émotions ne font pas tout dans la vie. Ce sont des suggestions neuro-biologiques, pas des commandements. C’est pourquoi, selon Mark Manson, nous ne devons pas nous fier aveuglément à ce qu’elles nous disent, mais prendre l’habitude de les remettre en question.

2.5 – Choisis tes combats

Pour Mark Manson, il faut se battre pour être heureux.

Il faut identifier et gérer ses combats pour s’épanouir véritablement, se sentir durablement satisfait et donner du sens à sa vie.

Pour cela, il ne faut pas se demander ce qui nous ferait plaisir dans la vie. Il est beaucoup plus pertinent de se poser la question suivante : “Quelle souffrance veux-tu endurer ?”. Autrement dit, selon les termes de l’auteur : “Pour quoi es-tu prêt à en chier” ?

Pour illustrer ses propos, Mark Manson nous confie son rêve de jeunesse : devenir une rock star !

Malgré tous les plans élaborés et tout le temps qu’il a passé à imaginer sa vie de rock star, Mark Manson nous explique qu’il n’a finalement jamais réaliser, ni même essayer de réaliser son rêve. Pourquoi ? Parce qu’en fait, ce qu’il aimait, c’est le résultat (l’image de lui sur scène, les gens l’applaudissant). Il n’aimait pas assez le chemin pour y arriver. En réalité, il pensait vouloir quelque chose mais il ne le voulait pas vraiment. Il voulait la récompense mais pas les efforts, la victoire mais pas le combat.

Or, pour savoir qui on est, on doit savoir pour quoi on est prêt à se battre. Nos combats conditionnent nos réussites.

Chapitre 3 – Tu n’as rien d’extraordinaire, tu sais…

La vérité, c’est qu’un problème personnel, ça n’existe pas. Si tu as un problème, dis-toi bien que des millions de gens l’ont eu avant toi, l’ont en ce moment ou l’auront demain. Et des gens que tu connais. […] Tu n’as rien d’extraordinaire.

3.1 – Le “petit con” de Jimmy

Une nouvelle histoire, celle de Jimmy cette fois, vient ouvrir ce troisième chapitre.

Mark Manson nous décrit longuement le portrait de cet homme. Jimmy est 100 % positif, mégalo, sûr de lui, parlant plus qu’il n’agit et vivant aux crochets des autres. Il est convaincu qu’il pourrait s’enrichir sans se donner la peine de faire quoique ce soit et mener la grande vie sans rien sacrifier. Bref, Jimmy est persuadé de mériter le meilleur alors qu’il est juste “un petit con” (selon les mots utilisés par l’auteur).

Ainsi, pour Mark Manson, les méthodes de développement personnel tant vantées, qui tendent à persuader les gens qu’ils sont exceptionnels et à leur apprendre comment avoir une bonne image d’eux-mêmes sans raison valable, n’engendrent pas une population de Bill Gates ou de Martin Luther King, mais au contraire de Jimmy.

Selon Mark Manson, c’est dans la perception, l’évaluation de ses expériences négatives, de ses failles, que l’on mesure l’estime de soi.

3.2 – “Se la péter” pour compenser : la jeunesse de Mark Manson

Mark Manson nous confie, ici, une partie de son adolescence et son lot de tourments. Il relate plusieurs événements de sa jeunesse : le renvoi de son collège suite à la découverte de marijuana dans son sac alors qu’il n’a que 13 ans, ses mensonges,  le divorce de ses parents… Avec beaucoup de sincérité et d’humilité, il dresse un auto-portrait d’un adolescent plutôt sympa et futé, mais rebelle et menteur. Puis, se décrit comme un jeune adulte nombriliste, coureur de filles, immature, ayant “chopé le melon” et le besoin perpétuel d’en faire des tonnes :

Ma soif de reconnaissance, en moi jamais étanchée, a vite tourné à l’autosatisfaction – pour ne pas dire à l’auto-glorification – systématique. Je me croyais autorisé à dire ou à faire tout ce qui me passait par la tête, à trahir la confiance que les gens avait placé en moi, à les mépriser dans leurs sentiments, pour finir par me justifier à coups d’excuses pitoyables.

Au final, ce qu’analyse l’auteur à travers son propre vécu, c’est que :

Plus la souffrance est intense, plus tu te sens impuissant face à tes problèmes, et plus tu te la pètes pour compenser.

Selon lui, ce besoin se manifeste de l’une des deux façons suivantes :

  1. “Je suis génialissime et vous êtes tous nuls à chier, donc je mérite un traitement spécial.”
  2. “Je suis nul à chier et vous êtes tous génialissimes, donc je mérite un traitement spécial.”

3.3 – La tyrannie de l’exceptionnel

Les gens sont, dans l’ensemble, assez moyens dans l’essentiel des domaines. Même s’ils brillent dans un domaine, il y a de bonnes chances pour qu’ils se situent en dessous de la moyenne dans beaucoup d’autres.

Or, ce sont les extrêmes qui font la une des médias :

Tous les jours, du matin au soir, on est inondés d’extraordinaire. On retient le meilleur du meilleur. Le pire du pire. Les exploits physiques les plus dingues. Les blagues les plus hilarantes. Les nouvelles les plus renversantes. Les menaces les plus flippantes. Tout ça en continu. Mais l’existence en elle-même se déroule principalement au niveau du milieu de la courbe, dans le banal, l’ordinaire. La vie, pour l’essentiel de son déroulement, n’a rien d’extraordinaire.

Être “moyen” est devenu le nouveau marqueur de la nullité.

Le flot d’informations que l’on reçoit avec la technologie, nous amène, aujourd’hui, à penser que l’exceptionnel est la norme en vigueur. À cause de cela, nous nous sentons mal, nous doutons de nous-même, voire nous ressentons de la honte.

Dès lors, pour Mark Manson, avoir conscience et accepter que notre existence n’a rien d’exceptionnel :

  • Nous rend libre d’accomplir ce qui nous motive vraiment, sans inhibitions ni attentes irréalistes.
  • Nous aidera à apprécier chaque jour davantage des choses simples.

Chapitre 4 – La valeur de la souffrance

4.1 – Le sens de nos souffrances

  • L’histoire de Hiroo Onoda

Nouveau chapitre, nouvelle histoire ! Celle que l’auteur nous relate ici se passe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Cette histoire est celle Hiroo Onoda, un lieutenant japonais qui, poursuivi par les troupes américaines, se réfugie quelques mois avant la fin de la guerre, dans la jungle de l’île de Lubang aux Philippines.

Une fois la guerre terminée, Onoda, coupé du monde au fin fond d’une jungle hostile, va continuer de croire, pendant plus de trente ans, que la guerre n’a jamais cessé. Durant toutes ces années, tous les moyens possibles et imaginables sont employés par l’armée américaine et les autorités japonaises pour informer le lieutenant de la fin des combats. En vain. Rien n’y fait. Onoda n’y croit pas. Il est convaincu qu’il s’agit d’un traquenard et continue la guérilla, refusant de sortir de sa cachette. C’est finalement un jeune baroudeur marginal du nom de Suzuki, qui le retrouve et parvient à lui faire entendre raison.

  • Pourquoi souffre-t-on ?

Lorsque Suzuki demande à Onoda pourquoi il est resté là, à poursuivre la lutte armée, Onoda lui répond qu’il avait reçu l’ordre de “ne jamais se rendre” et qu’il s’y était tout simplement conformé. Comble de l’ironie, Onoda vit ses dernières années beaucoup plus déprimé qu’il ne l’a jamais été pendant des décennies dans sa jungle, là où son existence signifiait quelque chose, là où sa souffrance était supportable.

Dans cette histoire, les deux hommes ont sacrifié la majeure partie de leur vie : Onoda par loyauté à un empire défunt, Suzuki pour une folle aventure (on sait que Suzuki meurt peu de temps après au cours d’une de ces aventures).

Cependant, la souffrance d’Onoda et de Susuki signifie quelque chose à leurs yeux. Elle répond à une cause supérieure à leur personne. Et c’est parce qu’elle signifiait quelque chose, qu’ils ont réussi à trouver le courage de l’endurer, et même peut-être en retirer du plaisir.

En conclusion de ce récit, Mark Manson nous invite à réfléchir sur le sens de nos souffrances pour améliorer notre vie :

Si la souffrance comme nos problèmes sont inévitables, la question qu’on devrait se poser n’est pas “Comment est-ce que j’arrête de souffrir ?” mais “Pourquoi suis-je en train de souffrir ? Pour quelle cause ? Dans quel but ?”

4.2 – L’oignon et la conscience de soi

La conscience de soi présente, à l’image de l’oignon, de multiples sous-couches :

  • La première couche est l’appréhension basique de nos émotions.
  • La deuxième couche est la capacité à se demander pourquoi on ressent certaines émotions.
  • La troisième (et la plus importante) couche est celle de nos valeurs personnelles qui :
    • Déterminent la nature de nos problèmes et donc la qualité de notre vie.
    • Fondent qui on est et tout ce qu’on fait (tout ce que nous pensons d’une situation se rapporte, en fait, à la valeur que nous lui accordons).

Selon Mark Manson, très souvent, le développement personnel proposé opère à un niveau superficiel : il vise juste à ce que les gens se sentent bien à court terme.

4.3 – Problèmes de rocks stars

L’histoire que Mark Manson nous raconte ici est très parlante.

Il s’agit de celle de Dave, un guitariste congédié, du jour au lendemain, par son groupe de musique. Fâché et humilié par son éviction, Dave décide de prendre sa revanche. Obsédé par son idée, l’homme se promet de mettre tout en œuvre pour parvenir au sommet de la gloire et pouvoir ainsi triompher face au groupe qui l’a abandonné quelques années auparavant. C’est ainsi que Dave, de son nom complet Dave Mustaine, crée le groupe de rock Megadeth !  Connu dans le monde entier, le groupe vend plus de 25 millions d’albums et réalise des tournées mondiales phénoménales.

On pourrait croire que tenant sa revanche, Dave Mustaine devint heureux. Mais non ! Car le groupe l’ayant éjecté n’en est pas moins que le célèbre groupe de rock Metallica qui vendit, de son côté, plus de 180 millions d’albums et eut un succès planétaire encore plus colossal.

Peu importe le parcours accompli depuis lors, dans sa tête, Dave Mustaine sera toujours “le gars qui s’est fait jeter de Metallica”. Même s’il est devenu un artiste reconnu qui gagne des millions de dollars, aujourd’hui, le guitariste continue de se percevoir comme un raté. Et ce, parce que, du fait de son expérience, il a choisi, pour auto-évaluer sa vie, Metallica comme étalon de référence.

Morale de l’histoire, selon Mark Manson : tout le monde ou presque se compare aux autres. Mais, selon l’auteur :

La question est celle des critères retenus. Si tu veux faire évoluer ta manière de percevoir, d’envisager tes problèmes, alors il te faut modifier tes valeurs et/ou tes instruments de mesure de l’échec et de la réussite.

4.4 – Les fausses valeurs

Ici, Mark Manson liste ce qu’il appelle les “fausses valeurs”, c’est-à-dire les valeurs qui n’engendrent, selon lui, que des problèmes inextricables :

  • Le plaisir :

Le plaisir est la forme de satisfaction la plus superficielle et la plus facile à obtenir et donc, à perdre. S’il est nécessaire (à certaines doses), il n’est pas en soi suffisant. Le plaisir n’est pas la cause du bonheur, il en est un effet.

  • La réussite matérielle :

Des recherches montrent qu’à partir du moment où l’on est capable de satisfaire ses besoins fondamentaux (nourriture, abri, etc.), la corrélation entre le bonheur et la réussite matérielle est quasiment nulle.

  • Avoir toujours raison :

Ceux qui pensent avoir de la valeur parce qu’ils ont constamment le dernier mot s’interdisent par là même de tirer leçon de leurs erreurs. En ne pouvant appréhender les choses sous un angle différent, ils ferment la porte aux enseignements de l’expérience.

  • Rester positif quoi qu’il arrive :

Même si envisager systématiquement le bon côté des choses possède bien des avantages, en réalité, la vie est parfois juste “nulle à chier”. Il n’y a alors aucun problème à exprimer nos émotions négatives. Cependant, il est important de le faire d’une manière socialement acceptable, saine et en adéquation avec nos valeurs.

À la longue, boucler un marathon nous rend plus heureux que manger un gâteau au chocolat. Élever des gamins nous épanouit davantage que gagner à un jeu vidéo. Lancer une petite entreprise avec des copains en tirant la langue pour joindre les deux bouts nous apporte davantage de satisfaction qu’acheter un nouvel ordi. Ce sont des activités stressantes, pas évidentes et souvent pas très fun qui nécessitent de déminer les problèmes les uns après les autres. Mais quel pied ! Il faut en passer par beaucoup d’efforts, de douleurs, et même de colère, voire de désespoir – mais une fois que tu en viens à bout, tu regardes en arrière et tu as la larme à l’œil en racontant ta guerre à tes petits-enfants.

Comme disait Freud : “Un jour, avec le recul, les années de lutte t’apparaîtront comme les plus belles.” C’est pourquoi ces valeurs – le plaisir, la réussite matérielle, avoir toujours raison et rester positif quoi qu’il arrive – sont des idéaux minables.

4.5 – Les valeurs “cool” et les valeurs “merdiques”

  • Les valeurs “cool” sont :
    • Basées sur la réalité,
    • Socialement constructives,
    • Immédiates et contrôlables.

Quelques exemples de valeurs “cool”, selon Mark Manson : l’honnêteté, l’innovation, la vulnérabilité, se défendre, défendre les autres, se respecter, la curiosité, la charité, l’humilité et la créativité .

  • Les valeurs “merdiques” sont :
    • Basées sur des superstitions,
    • Socialement destructrices,
    • Ni immédiates ni contrôlables.

Quelques exemples de valeurs “merdiques”, selon Mark Manson : la domination par la manipulation ou la violence, “baiser” n’importe qui, “envoyer chier” tout le monde, se sentir bien tout le temps, se regarder le nombril, ne jamais rester seul, être aimé par tout le monde, être “friqué” pour être “friqué”.

Quand on opte pour des valeurs “cool”, nous sommes capables de nous tourner vers des choses qui comptent vraiment. Celles-ci nous font nous sentir mieux et génèrent du bonheur, du plaisir et de la réussite. De cette manière, on se confronte à de meilleurs problèmes et notre vie s’en trouve améliorée.

4.6 – Cinq valeurs “négatives” les plus profitables

La suite de L’art subtil de s’en foutre s’articule autour de cinq valeurs.

Celles-ci :

  • Ne sont pas les plus répandues, mais, sont, selon Mark Manson, les plus profitables.
  • Obéissent toutes à la “loi de l’effort inverse”, celles-ci étant “négatives” (voir Chapitre 1).
  • Demandent toutes de se confronter à ses propres problèmes.
  • Sont aussi iconoclastes et anticonformistes qu’inconfortables, mais peuvent changer la vie.

Ces cinq valeurs sont les suivantes :

  • La responsabilité radicale : prendre la responsabilité de tout ce qui nous arrive dans la vie, sans nous occuper de désigner un coupable.
  • L’incertitude : reconnaître notre propre ignorance et cultiver le doute permanent quant à nos propres croyances.
  • L’échec : être disposé à prendre connaissance de nos défauts, de nos erreurs, pour y remédier.
  • Le rejet : la capacité à dire et à entendre “non” pour définir clairement ce qu’on accepte et n’accepte pas dans ta vie.
  • La contemplation de notre condition de mortel : considérer sérieusement notre propre mort est ce qui nous aidera à relativiser toutes les autres valeurs.

Chapitre 5 – Tu fais tout le temps des choix

5.1 – Choisir ou pas ses problèmes

Pour démarrer ce chapitre, Mark Manson prend l’exemple d’un marathon que nous aurions couru :

  • Si nous avons choisi librement de faire ce marathon et qu’on s’y est préparé, le moment est inoubliable.
  • Si, par contre, celui-ci nous a été imposé et qu’on l’a fait contre notre volonté, le marathon devient une expérience des plus pénible.

En effet, selon Mark Manson :

La seule différence entre une situation ressentie comme accablante et une autre au contraire perçue comme galvanisante est le sentiment, dans le second cas, d’avoir pu exercer un choix en toute autonomie et d’en assumer la responsabilité. […] Quand c’est toi qui choisis tes problèmes, tu te sens fort. Dès lors qu’on te les impose, tu te vis comme une malheureuse victime.

5.2 – Ne pas choisir, c’est encore choisir

Après de nombreuses années à n’être qu’un vilain petit canard, le psychologue et philosophe américain William James, dépressif, décide de  tenter une expérience : celle de passer une année avec la conviction ancrée d’être 100 % responsable de tout ce qui lui arriverait, sans aucune exception.

Après cette expérience, sa vie change radicalement. Celle-ci est, pour lui, une “renaissance” (mot utilisé pour en parler). C’est grâce à cela qu’il dit avoir pu accomplir ce qu’il a entrepris par la suite.

L’idée phare ici est qu’il suffit de réaliser qu’on est responsable de tout ce qui nous arrive dans la vie, quelles qu’en soient les circonstances, pour évoluer.

Selon Mark Manson, on ne contrôle, certes, pas toujours ce qui survientCependant, on contrôle toujours le regard que l’on porte sur ce qui nous arrive et la façon dont on y réagit.

Dès lors, un même événement peut devenir positif ou négatif en fonction du critère qu’on choisit d’appliquer.

5.3 – Ne confonds pas “responsabilité” et “faute”

Il est important d’éviter l’amalgame entre “responsabilité” et “culpabilité” qui vont souvent de pair dans nos mentalités d’Occidentaux.

On est constamment responsable d’expériences qui ne sont pas de notre faute. Ça fait partie de la vie.

Mark Manson nous fait part d’un moyen pour bien dissocier les deux concepts :

  • La faute découle de choix qui ont déjà été faits.
  • La responsabilité résulte de choix que nous sommes en train d’effectuer, chaque jour, à chaque seconde.

Pour illustrer cette idée et nous aider à comprendre la différence entre “responsabilité” et “culpabilité”, Mark Manson nous raconte sa première rupture amoureuse. Alors qu’elle le trompe avec son professeur, sa copine décide de rompre avec lui. C’est un déchirement pour le jeune homme délaissé qui traîne, des mois durant, son chagrin et qui en rend sa copine pleinement responsable. Mais un jour, il réalise que même si ce qui lui arrivait et l’état dans lequel il était réduit étaient de sa faute, elle-même n’était en rien responsable de son état déplorable. En effet, c’était bien lui qui l’était !

Mark Manson nous explique alors comment il a finalement réussi, après un long processus, à se corriger dans ses relations qui ont suivi.

Revendiquer la responsabilité de ses propres problèmes est une autre paire de manches, mais les enseignements qu’on en retire sont extrêmement précieux. C’est par là que tu corriges tes travers. Se contenter d’accuser les autres, c’est se faire du mal à soi-même.

5.4 – Comment réagir aux tragédies ?

L’histoire que nous expose Mark Manson ici est poignante.

Malala Yousafzai est une petite villageoise afghane. À l’âge de 13 ans, Malala refuse ce que les talibans qui contrôlent son pays lui imposent à cause de son statut de fille. Ainsi, malgré l’interdiction en vigueur, elle fait le choix de se rendre tous les jours à l’école. À cause de cela, la jeune fille se prend, un jour, une balle dans la tête. Toutefois, elle échappe à la mort miraculeusement.

Aujourd’hui, bien que menacée de mort, la jeune militante continue de dénoncer l’oppression et les violences subies par les femmes dans les pays musulmans dans plusieurs livres. En 2014, le prix Nobel de la paix lui est décerné. Elle est désormais connue à l’échelle planétaire.

A la fin de ce récit, Mark Manson met en avant qu’il aurait été si facile à Malala de simplement dire : “Que puis-je y faire ?” ou “Je n’ai pas le choix.” Et nul ne lui en aurait fait le reproche. Mais la jeune fille a fait un autre choix.

5.5 – La vie est une partie de poker

Le poker, c’est ainsi que Mark Manson nous dit voir la vie :

On a tous en main une donne, au départ. Certains partent avec une plus belle donne que beaucoup d’autres. Et même s’il est tentant de faire une fixette sur tes cartes pour en conclure que tu t’es fait arnaquer, le vrai jeu réside dans les choix que tu fais avec, les risques que tu décides de prendre et les conséquences que tu choisis d’assumer. Ceux qui font systématiquement les meilleurs choix dans les situations qu’ils rencontrent sont aussi ceux qui s’en sortent le mieux. Dans la vie comme au poker. Et ce ne sont pas nécessairement ceux qui d’entée avaient la plus belle donne.

5.6 – La “victimattitude”

Aujourd’hui, quiconque s’estime offensé pour un quelconque motif, se sent le droit de s’indigner à la face du monde et considère comme normal d’intéresser ses congénères.

Selon Mark Manson, le préjudice de cette “victimattitude”, c’est qu’elle détourne l’attention des vraies victimes. En effet, plus il y a de gens qui se déclarent lésés par d’infimes infractions, plus les authentiques victimes sont noyées dans la masse et deviennent invisibles.

Chapitre 6 – Tu as faux sur toute la ligne (mais l’auteur aussi)

6.1 – Architectes de nos propres croyances

J’ai toujours eu faux sur toute la ligne. Je me suis archi-trompé sur moi-même, sur les autres, sur la société, sur la culture, sur le monde, sur l’univers – sur tout, depuis le début. […] Je me trompe encore et encore et encore sur tout, c’est pourquoi ma vie avance vers le mieux.

Mark Manson nous fait part d’une expérience réalisée par des psychologues. Ces derniers ont placé quelqu’un dans une pièce équipée de boutons à actionner. Puis, il lui ont demandé de trouver l’action à exercer pour que la lumière s’allume. Chaque fois que la lumière s’allume, un point est gagné. Le but est de gagner le maximum de points en 30 minutes.

L’auteur nous explique que l’objectif de cette expérience est, en fait, de montrer à quelle vitesse l’esprit humain est capable d’inventer “des conneries” et d’y croire.

En effet, lors de l’expérience, tous les individus cobayes croient avoir découvert la séquence “parfaite”. Notre cerveau est une machine à produire du sens. Or, le “sens” qu’on attribue à quelque chose est généré par les associations que notre cerveau opère entre deux ou plusieurs expériences. En somme, il n’y a de bien, pour nous, que ce que notre expérience nous a montré.

C’est pourquoi, la clé, selon Mark Manson, est de cultiver constamment le doute et se donner tort.

6.2 – Fais gaffe à ce que tu crois

  • L’incroyable histoire de Meredith

L’histoire que nous révèle ici Mark Manson est étonnante.

Lors d’une thérapie, en 1988, Meredith, une journaliste féministe, réalise que, petite, elle a été abusée sexuellement par son père. Il s’agit, en fait, d’un souvenir refoulé, resté dans son inconscient tout une partie de sa vie. Aussi, à l’âge de 37 ans, elle raconte tout à sa famille et affronte son père qui nie. Tout l’entourage de Meredith prend parti et se divise.

Mais cette histoire est bien plus dramatique que ça. En effet, dix ans plus tard, Meredith réalise que son père ne l’a jamais abusée ! Elle a, en fait, fabriqué le souvenir traumatique avec l’aide d’un thérapeute pourtant bien intentionné. Rongée par la culpabilité, elle multiplie les excuses et les justifications, mais trop tard : son père est décédé et sa famille meurtrie pour toujours. Meredith fera de cette histoire un livre : “My Lie : A True Story of False Memory”.

  • Se faire moins confiance

En fait, dans les années 80 (l’auteur en développe les raisons), de nombreuses femmes ont accusé des hommes de leur famille d’abus sexuels pour finir par faire volte-face et se rétracter des années plus tard.

Ces faits divers montrent bien comment fonctionnent nos souvenirs :

Notre cerveau traite les situations vécues de manière à ce qu’elles cadrent avec l’ensemble des expériences précédentes, avec nos sentiments et certitudes. Dès lors, lorsque nous rencontrons des situations qui viennent contredire tout ce qu’on tenait pour vrai quant à notre passé, il génère des souvenirs fictifs pour rétablir la cohérence.

Par ailleurs, pour Mark Manson, le fonctionnement de nos souvenirs s’apparente à celui du téléphone arabe. Ce jeu consiste à dire quelque chose à l’oreille de notre voisin qui le répète à l’oreille de son voisin, et ainsi de suite. Au bout de la chaîne, ce que la dernière personne entend n’a plus rien à voir avec le message initial.

Par conséquent, notre mémoire est faillible et notre cerveau fonctionne avec des partis pris très ancrés. C’est pourquoi, contrairement à tous ces messages qui nous invitent à nous faire confiance, à faire “au feeling” ou “comme on le sent”, Mark Manson, lui, préconise au contraire, de se faire moins confiance.

6.3 – Les dangers de la certitude absolue

Laura est une jeune femme “droguée” du développement personnel. Laura a été éconduite par l’auteur après une relation sexuelle. Depuis, cette dernière le harcèle et s’accroche à des certitudes farfelues. En nous dépeignant la personnalité de Laura, habitée par une attitude et des croyances irrationnelles, Mark Manson expose trois idées :

  • La certitude n’est jamais totale.
  • La poursuite de la certitude engendre souvent une insécurité supérieure. C’est encore une fois la “loi de l’effort inverse” : plus on recherche la certitude à propos de quelque chose, plus on renforce en soi le sentiment d’incertitude et d’insécurité. Mais l’inverse est vrai aussi : plus on consent à l’état d’incertitude, plus on apprécie de progresser dans la connaissance de ce qu’on ignore.
  • L’incertitude désamorce les stéréotypes et préjugés, et prévient les jugements sommaires (y compris sur soi).

6.4 – La loi de l’évitement de Mark Manson

La loi de l’évitement, selon Mark Manson est : plus quelque chose met en danger notre identité, menace de modifier l’appréciation (positive ou négative) qu’on a de soi-même, plus nous nous efforçons de l’éviter.

Ainsi, c’est la raison pour laquelle les gens redoutent autant le succès que l’échec : cela met en péril qui ils croient être. Or, tant qu’on refuse de toucher à la représentation qu’on a de soi-même, à ce qu’on croit être et ne pas être, on ne peut pas changer.

6.5 – Garde-toi d’être exceptionnel

Une fois qu’on a compris que nos problèmes n’ont rien de bien extraordinaire, qu’on s’est débarrassé des histoires sur soi, bref, qu’on a lâcher prise, nous voilà libéré !

L’auteur nous conseille alors de nous définir de la manière la plus standard et la plus ordinaire possible :

Ça revient fréquemment à laisser tomber les grandes idées sur toi-même […]. Ça signifie également renoncer à te la péter et à croire que quelque chose t’est dû. Ça veut dire aussi abandonner les shoots d’adrénaline dont tu te gaves depuis des années.

6.6 – Comment avoir un peu moins de certitudes sur toi-même

Mark Manson suggère quelques questions à se poser pour nous aider à avoir un peu plus d’incertitude dans notre vie.

  • Question n ° 1 : Et si j’avais tort ?

Cette question devrait devenir une habitude mentale, un réflexe. Et ce n’est pas parce qu’on se demande si on n’a pas tort qu’on a nécessairement tort. Parallèlement, il faut garder en tête qu’il y a toujours quelque chose sur quoi on a tort.

  • Question n ° 2 : Qu’est-ce que ça voudrait dire si j’avais tort ?

Être capable de considérer et d’évaluer d’autres points de vue sans forcément les adopter est sans doute LA compétence la plus importante pour évoluer soi-même de manière constructive.

  • Question n ° 3 : Le fait d’avoir tort créerait-il un problème meilleur ou pire que mon problème actuel, pour moi et les autres ?

Si on a l’impression que c’est soi contre le reste du monde, il y a des chances pour que ce soit juste soi contre soi-même.

Chapitre 7- “Se planter” pour bien démarrer

7.1 – Le paradoxe de l’échec et du succès

Les progrès, dans quelque domaine que ce soit, passent par des milliers de minuscules échecs. […] Refuser l’éventualité de l’échec revient à fermer la porte à toute possibilité de réussir.

Pourtant, la vie nous apprend à éviter l’échec. Pour Mark Manson, en sont largement responsables :

  • Le système scolaire : tout y est rapporté à la performance, les individus sont évalués sur cette base ; ceux qui ont une trajectoire qui va de travers et ne se conforment pas au cadre sont sanctionnés.
  • Les médias de masse : qui nous montrent sans cesse des réussites spectaculaires sans parler des milliers d’heures d’entraînement nécessaires pour les atteindre.

7.2 – La douleur fait partie du processus

Dans les années 1950, Kazimierz Dabrowski, un psychologue polonais, mène des recherches relatives aux survivants de la Seconde Guerre mondiale. De nombreux survivants disent que ces traumatismes accumulés ont finalement fait d’eux des individus plus matures et même plus heureux. Bien que le degré d’horreur de leur vécu soit au-delà de l’imaginable, certains sont parvenus à rebondir, à prendre élan de ces années d’épreuves et gagner en résilience.

Ce que veut nous dire Mark Manson en nous relatant ces recherches, c’est que la souffrance fait partie du processus. La ressentir compte beaucoup. Chercher à s’en abstraire, la masquer, se complaire dans la pensée positive revient à se priver de la motivation indispensable à toute métamorphose :

Selon Dabrowski, la peur, l’anxiété et la tristesse ne sont pas des états nécessairement ou systématiquement perturbateurs ou inutiles, au contraire. De la même manière que l’épreuve physique vient fortifier l’organisme, ils fonctionnent comme autant de moteurs, de vecteurs de l’évolution psychoaffective.

Ainsi, selon Mark Manson :

On a besoin de crises existentielles, sous une forme ou sous une autre, pour considérer en toute objectivité ce qui a fait sens dans notre vie et éventuellement envisager de changer de direction.

7.3 – Fais d’abord quelque chose, le reste suivra

Si vous séchez sur un problème, ne restez pas assis à y réfléchir ; mettez-vous à travailler dessus. Même si vous ne savez pas où vous allez, le seul fait de travailler dessus finira par faire surgir les bonnes idées.

L’action n’est pas seulement l’effet de la motivation. Elle en est aussi la cause. Les gens pensent que l’inspiration émotionnelle amène la motivation qui amène, à son tour, l’action. Point. Or, selon Mark Manson, la motivation s’inscrit, en réalité, dans un cycle sans fin : inspiration → motivation → action → inspiration → motivation → action → etc.

Il est donc, selon l’auteur, tout à fait possible de refaçonner son état d’esprit de la manière suivante : action → inspiration → motivation.

À ce propos, l’écrivain et entrepreneur américain Tim Ferriss rapporte le propos entendu d’un confrère, auteur de plus de soixante-dix romans :

Si tu mets en œuvre ce principe du “fais d’abord quelque chose, le reste suivra”, te planter t’indiffère. Avec “agir” pour critère de réussite, n’importe quel résultat se perçoit comme un progrès, l’inspiration se fait récompense au lieu de n’être que la condition préalable. Tu ne redoutes plus de te vautrer. Te voilà propulsé.

Chapitre 8 – L’importance de dire non

8.1 – L’utilité de frontières étanches dans la relation

Dans une relation bienveillante, les partenaires :

  • Identifient leurs problèmes respectifs et cherchent à les solutionner en s’épaulant mutuellement.
  • Ont une faculté à assumer leurs responsabilités (ce qui lui appartient exclusivement, sans chercher à se charger de ce qui revient à l’autre).
  • Sont capables de rejeter l’autre ou d’accepter de se trouver rejeté par lui ; ils ne redoutent pas les crises et conflits, encore moins les blessures narcissiques.

Dans une relation toxique, on voit souvent deux stratégies d’évitement des responsabilités :

  1. Soit une personne assume la responsabilité de problèmes / d’émotions qui ne sont pas les siens,
  2. Soit elle en vient à charger l’autre de la responsabilité des siens.

On parle souvent de deux profils comme aimantés l’un par l’autre : une personne qui fout le feu pour se donner de l’importance – la victime (dans le cas n°2), et une autre qui se valorise en éteignant l’incendie – son sauveur (dans le cas N°1).

8.2 – Comment bâtir la confiance

La confiance est l’ingrédient principal d’une relation. Mark Manson nous fait part de deux idées à ce sujet :

  • Dans une relation, il faut des conflits pour qu’il y ait de la confiance.
  • Quand la confiance est détruite, elle ne peut renaître qu’à deux conditions :
    • Que le fauteur admette les mobiles de l’”abus de confiance” ;
    • Qu’il fasse la démonstration de son changement de comportement dans la durée.

8.3 – S’engager pour être libre

Mark Manson nous fait part de plusieurs idées sur le fait de multiplier les expériences ou de s’engager auprès de certaines :

  • La société de consommation nous pousse à en vouloir toujours plus. Toutefois, “plus”ne signifie pas forcément “mieux”. C’est même plutôt le contraire.
  • Quand on est submergés d’opportunités et d’options, on souffre de ce que les psychologues appellent le “paradoxe du choix” : en gros, plus on nous propose d’options, moins on est satisfait de notre choix parce qu’on garde en tête toutes les autres possibilités auxquelles on a renoncé.
  • Il est vrai que s’engager vis-à-vis d’une personne, s’investir pleinement dans un lieu, un job ou une activité prive d’un tas d’autres expériences ; or, élargir le champ de ses expériences est nécessaire au cours de sa jeunesse. Cependant, plus on “prend de la bouteille”, moins les expériences inédites nous affectent, et multiplier les expériences prive de goûter à la joie de l’expérience dans sa plénitude.
  • L’engagement concentre l’énergie sur quelques objectifs prioritaires, avec, de ce fait, des chances de réussite plus élevées que pour celui qu’on aurait atteint en se dispersant.

Chapitre 9 – … Et puis tu meurs

9.1 – L’histoire de la mort de Josh

Pour ce dernier chapitre, Mark Manson nous brosse une histoire triste et tragique. Une histoire qu’il a vécu, plus jeune, et qui a totalement bouleversé sa vie.

Cette histoire, c’est la mort de son ami Josh. Lors d’une soirée dans une copropriété au nord de Dallas, l’auteur et son ami Josh, après avoir “descendu” plusieurs bières, se mettent au défi de sauter d’une falaise d’une dizaine de mètres surplombant un lac. Mais le jeu et la rigolade tourne au drame. Josh en meurt accidentellement.

Le récit de Mark Manson est émouvant. Ce dernier nous livre dans L’art subtil de s’en foutre la douleur qu’il a connu et la dépression qu’il a traversée après la mort de son ami. Puis, il nous dévoile en quoi cet événement a été un tournant dans sa vie :

Avant sa disparition, j’étais inhibé, sans ambition, obnubilé par ce que j’imaginais qu’on pouvait penser de moi. Après le drame, plus rien n’a été comme avant. Je suis devenu un autre, quelqu’un de responsable, de curieux, de bosseur. […] C’était la mort de quelqu’un d’autre qui m’avait donné la permission de vivre. Cet épisode, incontestablement le plus dur, est aussi celui qui a le plus transformé le cours de ma vie.

9.2 – La part d’immortel en toi

Ernest Becker était un paria universitaire. C’est ainsi que Mark Manson nous présente cet homme original, anthropologue et non conformiste.

Alors qu’il est sur le point d’être congédié pour la cinquième fois par un employeur en six ans, Ernest Becker déclare un cancer du côlon. Son pronostic vital est engagé. Contraint de passer les années suivantes alité, sans réel espoir d’en sortir, il décide d’écrire un livre sur la mort.

Cet ouvrage, “The Denial of Death“, remporte le prix Pulitzer et devient l’une des œuvres intellectuelles les plus influentes du XXe siècle, bouleversant les domaines de la psychologie et de l’anthropologie. “The Denial of Death“ soutient deux points essentiels :

  1. En tant qu’humains, nous sommes les seuls animaux capables de conceptualiser et de se représenter de manière abstraite.

En effet, nous sommes uniques en notre genre parmi les autres espèces. Nous naissons avec la capacité de nous imaginer dans des situations hypothétiques, de considérer le passé et le futur et d’envisager d’autres versions de la réalité. Par ailleurs, nous sommes les seuls animaux en mesure d’imaginer une réalité dont nous serions absents. Cette acuité de la conscience engendre ce que Becker désigne comme la “terreur de la mort”, une angoisse existentielle profonde qui sous-tend tout ce que nous pensons ou faisons.

  1. Becker part du principe que nous avons, à la base, deux moi :
  • Le premier moi est le moi physique : celui qui mange, dort, ronfle, etc.
  • Le second moi est le moi conceptuel : notre identité ou l’image qu’on a de nous-mêmes.

La thèse de Becker est la suivante : on est peu conscient que notre moi physique va mourir, que c’est inévitable. Du coup, pour compenser notre peur de la mort, on s’efforce de construire un moi conceptuel qui, lui, sera éternel. On met en oeuvre, comme Becker les appelle, des “projets d’immortalité” . Ces projets permettent à notre moi conceptuel de survivre à notre mort physique, de prolonger notre moi très au-delà.

Qu’il débouche sur la maîtrise d’un art, la conquête d’une nouvelle terre, l’accumulation de richesses ou l’engendrement d’une lignée dont le nom se perpétuera d’une génération à l’autre, le sens de notre vie est tout entier déterminé par cette aspiration innée à ne jamais mourir tout à fait.

Puisqu’elle est inévitable, s’efforcer d’accepter la mort vaut mieux que l’ignorer.

La mort nous terrifie tous autant que nous sommes. Paradoxalement, la mort est la lumière qui fait ressortir la pénombre du sens de l’existence. Sans la mort, rien ne revêtirait d’importance.

9.3 – La face lumineuse de la mort

Quand nous passons notre temps à courir après un peu plus de fric, un peu plus de gloire et d’attention, un peu plus d’assurance, que nous avons raison ou que nous sommes aimés, la mort qui balaie tout nous confronte à une question autrement plus lourde : que vas-tu laisser derrière toi ? Quelle empreinte ? Quelle influence auras-tu eue ? En quoi le monde sera-t-il différent quand tu n’en seras plus ? On dit qu’un papillon qui bat des ailes en Afrique peut provoquer un ouragan en Floride ; eh bien, quel ouragan vas-tu laisser dans ton sillage ?

Pour terminer L’art subtil de s’en foutre, Mark Manson relate une expérience vécue sur le site du Cap de Bonne Espérance : il nous raconte ce qu’il a ressenti, secondes après secondes, au moment où, en haut d’une falaise vertigineuse face à l’océan et au vent violent, il s’est approché de quelques centimètres du bord de la paroi verticale.

L’auteur nous explique que de telles rencontres provoquées de notre condition de mortels se pratiquaient déjà dans l’Antiquité. C’était une manière de toujours garder bien présente à l’esprit l’idée de sa propre mort afin de goûter la vie et d’en relativiser l’accueil des difficultés.

Par une anecdote, Mark Manson, nous révèle qu’après cette expérience, il s’est senti “vivant, très vivant” !

Rien ne rend aussi présent à soi-même, aussi conscient de l’instant comme d’être à quelques centimètres de sa propre mort.

Droit dans ses bottes et Des Livres Pour Changer de Vie

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Développement personnel

Résumé du livre La maîtrise de soi-même par l’autosuggestion consciente d’Émile Coué

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Émile Coué (1857-1926), pharmacien et psychologue français, publie en 1922 cet ouvrage fondateur qui expose sa célèbre « méthode Coué », une approche préventive et curative basée sur l’autosuggestion consciente. Inspirée de ses observations sur l’effet placebo et les travaux de l’École de Nancy (comme ceux de Hippolyte Bernheim), la méthode vise à exploiter le pouvoir de l’imagination pour influencer le corps et l’esprit, en contournant la volonté souvent inefficace.

Coué insiste sur le fait que l’imagination est la faculté dominante de l’humain : « Chaque fois que la volonté et l’imagination sont en lutte, c’est toujours l’imagination qui l’emporte, sans aucune exception. » Le livre est structuré en quatre parties principales, riches en exemples cliniques et en explications théoriques, pour démontrer comment l’autosuggestion peut guérir des maux physiques, moraux ou psychologiques, et même transformer la société.

1. L’être conscient et l’être inconscient

Coué distingue deux entités en nous : l’être conscient (rationnel, mais doté d’une mémoire infidèle) et l’être inconscient (intelligent, avec une mémoire impeccable qui enregistre tout événement, même mineur). L’inconscient est influencé par des idées dominantes, positives ou négatives, qui deviennent des « prophéties autoréalisatrices ». Par exemple, un patient qui craint une maladie peut l’aggraver par cette peur seule, car l’inconscient transforme l’idée en réalité physique. Coué illustre cela par des cas d’hystérie ou de somnambulisme, où l’inconscient commande des actions inconscientes (comme des accès de violence). La clé : imprégner l’inconscient d’idées positives via l’autosuggestion pour harmoniser les deux êtres.

2. La volonté et l’imagination

Contrairement à la croyance populaire, la volonté n’est pas la force motrice principale ; c’est l’imagination qui guide nos actions. Coué explique que forcer sa volonté (par exemple, « je dois guérir ») crée souvent une résistance interne, alors que s’imaginer déjà guéri libère l’énergie nécessaire. Il cite des exemples concrets : un enfant maladif qui grandit de 12 cm et gagne 19 livres en pratiquant l’autosuggestion, ou un homme rhumatisant qui jette ses cannes après une séance. L’imagination, nourrie par des suggestions répétées, active l’inconscient pour produire des effets thérapeutiques, sans effort conscient.

3. La suggestion et l’autosuggestion

La suggestion est une idée imposée à l’inconscient, qui devient autosuggestion quand on se la répète soi-même. Coué la distingue de l’hypnose (qu’il pratique initialement en groupe pour impressionner les patients), en insistant sur son aspect conscient et accessible à tous. Elle est « aussi vieille que le monde », mais nouvelle dans sa forme délibérée. Des cas cliniques abondent : guérison d’ulcères, de paralysies, d’anxiété, ou même de troubles moraux chez des délinquants juvéniles. Coué argue que l’autosuggestion peut réformer les « maisons de correction » en transformant les jeunes en citoyens honnêtes, en remplaçant les idées négatives par des positives.

4. Applications pratiques et éducation

La méthode s’applique au quotidien pour la santé, le moral et l’éducation. Coué recommande une pratique simple : matin et soir, au lit, répéter 20 fois (en comptant sur une corde à nœuds) la formule : « Tous les jours, à tous points de vue, je vais de mieux en mieux. » Sans fixer l’attention, comme une litanie machinale, pour que l’idée s’imprègne dans l’inconscient. Pour des problèmes spécifiques, formuler des suggestions positives précises (ex. : « Mon bras est guéri »). Il étend cela à l’éducation : les enseignants et parents doivent suggérer confiance et succès aux enfants pour éviter les échecs auto-imposés. Coué conclut sur le potentiel social : une société plus heureuse si tous pratiquent cette maîtrise de soi.

Impact et héritage

Ce livre, best-seller mondial, a influencé la pensée positive, la sophrologie, le training autogène et la psychologie positive moderne. Coué, qui soignait en groupes et voyagea jusqu’aux États-Unis, y est vu comme un pionnier de l’autohypnose. Critiqué pour son apparente simplicité, il reste une référence pour le développement personnel : non pas « vouloir » changer, mais « s’imaginer » changé. Le texte est accessible, ponctué d’anecdotes vivantes, et invite à une expérimentation immédiate. Si vous le lisez, commencez par la pratique – c’est son essence !

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Développement personnel

Accepter la Volonté Divine : Un Chemin vers la Paix Intérieure

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Dans le tumulte de la vie quotidienne, où les ambitions personnelles, les défis imprévus et les déceptions se succèdent, il est facile de se sentir perdu. Pour un croyant, cependant, il existe un ancrage profond : l’acceptation de la volonté divine. Cette notion, ancrée dans de nombreuses traditions spirituelles, n’est pas une résignation passive, mais un acte conscient de confiance et de croissance personnelle. Dans cette chronique de développement personnel, explorons comment intégrer cette acceptation dans notre vie pour cultiver une sérénité durable, une résilience accrue et une connexion plus profonde avec notre foi.

Comprendre la Volonté Divine : Au-delà de la Simple Obéissance

La volonté divine n’est pas un caprice arbitraire, mais un plan bienveillant conçu par une force supérieure – Dieu, pour les croyants chrétiens, musulmans ou d’autres confessions monothéistes. Cela implique non seulement de reconnaître que nos plans humains sont limités, mais aussi de voir dans chaque événement une opportunité d’apprentissage spirituel.

En développement personnel, accepter cette volonté signifie shifter notre mindset : passer d’une posture de contrôle absolu à une ouverture confiante. Imaginez un marin qui lutte contre les vents contraires ; en acceptant les courants, il navigue plus efficacement. De même, résister à la volonté divine génère du stress, de l’anxiété et un sentiment d’impuissance. L’accepter, en revanche, libère de l’énergie pour se concentrer sur ce que l’on peut changer : nos réactions, nos attitudes et nos actions alignées avec nos valeurs spirituelles.

Les Bénéfices pour le Développement Personnel

Accepter la volonté divine n’est pas synonyme de fatalisme ; c’est un outil puissant pour l’épanouissement. Voici quelques avantages concrets :

Réduction du Stress et de l’Anxiété : En remettant nos soucis à une puissance supérieure, nous allégeons notre fardeau mental. Des études en psychologie positive montrent que les pratiques de lâcher-prise, comme la prière ou la méditation, diminuent les niveaux de cortisol, l’hormone du stress. Pour un croyant, cela se traduit par une paix intérieure, comme le décrit le Psaume 46:10 : « Arrêtez, et sachez que je suis Dieu. »

Renforcement de la Résilience : Les épreuves – perte d’emploi, maladie, rupture – deviennent des leçons divines plutôt que des échecs personnels. Pensez à l’histoire de Job dans la Bible, qui, malgré ses souffrances, maintient sa foi et en sort transformé. En développement personnel, cela cultive l’humilité et la gratitude, des qualités essentielles pour rebondir.

Amélioration des Relations : Accepter que les autres aient leur propre chemin divin nous aide à lâcher les attentes irréalistes. Cela favorise l’empathie et le pardon, renforçant les liens familiaux et communautaires.

Croissance Spirituelle et Personnelle : Cette acceptation encourage l’introspection : « Qu’est-ce que Dieu essaie de m’enseigner ici ? » Elle pousse à développer des vertus comme la patience et la persévérance, alignées avec des principes comme ceux énoncés dans l’Épître de Jacques (1:2-4) : « Considérez comme un sujet de joie complète, mes frères, quand vous passez par diverses épreuves, sachant que l’épreuve de votre foi produit la patience. »

Étapes Pratiques pour Intégrer l’Acceptation dans Votre Quotidien

Pour transformer cette notion abstraite en habitude concrète, voici un plan d’action en quatre étapes, inspiré de principes de développement personnel et de sagesse spirituelle :

Cultivez la Prière et la Méditation Quotidienne : Commencez ou terminez votre journée par un moment de silence dédié à Dieu. Posez-vous la question : « Quelle est ta volonté pour moi aujourd’hui ? » Utilisez des affirmations comme « Je m’abandonne à ton plan parfait » pour reprogrammer votre esprit.

Identifiez et Challengez Vos Résistances : Tenez un journal où vous notez les situations où vous luttez contre les événements (ex. : « Pourquoi cela m’arrive-t-il ? »). Réfléchissez : est-ce une opportunité déguisée ? Des exercices de mindfulness, adaptés à une perspective croyante, peuvent aider à observer ces pensées sans jugement.

Cherchez des Signes et des Soutiens : Lisez les Écritures ou des témoignages de croyants qui ont traversé des épreuves similaires. Rejoignez une communauté de foi – groupe de prière ou forum en ligne – pour partager et recevoir du soutien. Souvenez-vous que la volonté divine se révèle souvent à travers les circonstances et les conseils des autres.

Pratiquez la Gratitude Active : Chaque soir, listez trois choses pour lesquelles vous remerciez Dieu, même dans les difficultés. Cela renforce l’acceptation en focalisant sur les bienfaits cachés, comme le dit Proverbes 3:5-6 : « Confie-toi en l’Éternel de tout ton cœur, et ne t’appuie pas sur ta propre intelligence ; reconnais-le dans toutes tes voies, et il aplanira tes sentiers. »

    Un Engagement Libérateur

    Accepter la volonté divine n’est pas une fin en soi, mais le début d’une vie plus alignée et épanouie. Pour un croyant, c’est l’ultime acte de foi : confier son destin à Celui qui sait mieux. Bien sûr, cela demande du courage et de la pratique, mais les récompenses – paix, force intérieure et croissance – en valent la peine. Si vous traversez une période difficile, rappelez-vous : ce qui semble être un obstacle pourrait être le pont vers une version meilleure de vous-même.

    Et vous, quelle expérience avez-vous avec l’acceptation de la volonté divine ? Partagez dans les commentaires pour enrichir notre communauté. Que la paix de Dieu vous accompagne dans ce voyage personnel.

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    Développement personnel

    Résumé du livre : La peur des autres ( 1ere partie )

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    Résumé de « La peur des autres : trac, timidité, phobie sociale » de Christophe André et Patrick Légeron : un livre d’introduction à la psychologie de la « peur de l’autre » à la fois très bien argumenté et très bien documenté — par deux des plus grands spécialistes les plus réputés du domaine en France !

    Ce livre pose la question de l’anxiété sociale, une peur largement répandue qui est liée au regard des autres. Elle peut se manifester lors de situations courantes, comme parler en public par exemple. Elle peut non seulement entraîner de la gêne, mais aussi de l’inconfort persistant, voire un repli sur soi.

    L’anxiété sociale, parfois appelée phobie sociale, prend différentes formes, plus ou moins problématiques.

    Tous ces éléments jouent un rôle. De manière générale, cette anxiété est intimement liée à notre perception du regard des autres.

    Imaginer la disparition de l’anxiété sociale paraît utopique : le jugement d’autrui est une réalité sociale bien présente. Pourtant, elle pourrait être atténuée par plus de franchise et d’honnêteté dans nos rapports.

    Il existe des solutions efficaces pour traiter l’anxiété sociale. Les thérapies cognitives et comportementales, ainsi que certains médicaments, apportent une aide précieuse.

    Le but de cet ouvrage est d’expliquer ces peurs et de guider chacun vers un mieux-être.

    PREMIÈRE PARTIE – Nos peurs sociales et leurs manifestations

    Chapitre 1 – Des situations et des hommes

    Des situations sociales dérangeantes

    Certaines situations sociales génèrent de la gêne, comme parler en public ou être observé. La majorité des gens ressentent de l’appréhension face à ces moments. Parmi les peurs les plus fréquentes, parler en public figure en première place, avec 51 % des Français concernés. Cette peur est aussi commune que celles des serpents et du vide.

    Mais d’autres situations plus banales — liées à des interactions sociales quotidiennes — peuvent être tout aussi gênantes pour certaines personnes. L’absence de menace réelle rend ces moments d’anxiété sociale d’autant plus frustrants. Les personnes affectées par cette anxiété se questionnent souvent sur la raison de leur réaction, sans trouver de réponse claire.

    Une vieille histoire

    Dans l’Odyssée d’Homère, Ulysse est intimidé avant de rencontrer le roi Alkinoos. Cette anxiété sociale touche donc même les plus courageux ! D’ailleurs, de nombreux autres exemples littéraires (Rousseau, Baudelaire, etc.) illustrent ce type d’émotion.

    Bien sûr, les médecins se sont aussi intéressés à ces phobies sociales. Pierre Janet les décrit dès 1909, évoquant la peur de parler en public ou de certaines interactions sociales. Aujourd’hui, chercheurs et médecins étudient ces mécanismes et cherchent à expliquer pourquoi nous ressentons cette gêne.

    Les situations en cause

    L’anxiété sociale nécessite la présence d’autrui. Robinson Crusoé ne ressent pas cette émotion, du moins jusqu’à l’arrivée de Vendredi… Dès que nous avons des interlocuteurs, les conditions sont réunies pour éprouver de l’anxiété.

    Certaines situations sont particulièrement génératrices d’appréhension, comme le regard d’un groupe ou la rencontre de nouvelles personnes. Les travaux sur l’anxiété sociale sévère identifient quatre grandes catégories de situations redoutées. Ces catégories permettent de mieux comprendre les circonstances provoquant cette gêne sociale. Passons-les en revue.

    1 — L’anxiété de performance

    Les situations sociales les plus redoutées impliquent la prise de parole en présence d’un public. L’anxiété est exacerbée par la crainte du jugement et de l’évaluation de ses compétences. Cela concerne non seulement les prises de parole en groupe, mais aussi les entretiens individuels formalisés.

    Les situations anxiogènes peuvent être classées selon leur degré d’interactivité. Certaines personnes redoutent les interactions directes, d’autres préfèrent éviter les situations sans réponse du public. Cette anxiété peut empêcher les individus de s’exprimer, de prendre des décisions ou de progresser dans leur carrière.

    L’anxiété de performance est fréquente chez les enseignants, artistes et sportifs. Ils peuvent ressentir une appréhension incontrôlée avant leurs prestations. Les enseignants, par exemple, craignent de ne pas « tenir leur classe ». Le trac est certes vu comme un signe de talent, mais il peut aussi devenir paralysant, forçant certains artistes ou sportifs à abandonner leur carrière.

    2 — Les situations d’échange et de contact

    L’anxiété sociale n’est pas seulement liée à une prestation en public. Elle peut survenir dans des interactions sociales où aucun jugement de performance n’est en jeu. Ces situations incluent des échanges superficiels avec des inconnus ou des discussions avec des personnes connues.

    Certaines personnes, comme Rémi ou Édith (cités dans l’ouvrage), redoutent les conversations prolongées, ne sachant pas quoi dire après les salutations initiales. Marie-Odile craint de devoir échanger avec des inconnus, tandis que Patrice préfère éviter les interactions banales avec les commerçants.

    L’anxiété dans ces interactions est liée à la peur de dévoiler une intimité indésirable ou d’être jugé sur sa véritable valeur. Certaines personnes, comme Catherine, se sentent plus à l’aise lors de premières rencontres, mais redoutent les interactions répétées. Les craintes gravitent autour de la peur de montrer ses manques, de révéler un secret culpabilisant, ou d’afficher un comportement jugé « bizarre » par autrui.

    3 — Les situations où il faut s’affirmer

    S’affirmer implique de défendre ses droits et d’exprimer ses besoins. L’anxiété sociale complique souvent ces situations, notamment lorsqu’il s’agit de dire non, de demander quelque chose, ou d’exprimer un désaccord.

    Certaines personnes — comme un patient plombier évoqué par les auteurs — ont des difficultés à réclamer leur dû, ce qui peut avoir de lourdes conséquences financières. D’autres, comme une assistante sociale, préfèrent acheter un vêtement qu’elles n’aiment pas plutôt que de quitter un magasin sans rien acheter, par peur du jugement des vendeurs.

    La crainte de la réaction d’autrui explique ces difficultés à s’affirmer. Beaucoup redoutent de contrarier ou de provoquer une réaction négative. Cette anxiété peut même empêcher des actions nécessaires, comme annoncer une mauvaise nouvelle.

    4 — Le regard d’autrui

    Un simple regard peut parfois provoquer un malaise, même lors d’actes banals. Cela inclut marcher sous les yeux d’autres personnes, écrire ou jouer d’un instrument lorsqu’on est observé.

    Certaines personnes redoutent tellement ce regard qu’elles évitent systématiquement ces situations. Par exemple, un étudiant préfère arriver en avance et rester jusqu’à la fin pour ne pas être remarqué. Une employée de ministère évite de s’asseoir près de ceux qui prendront la parole en réunion pour ne pas attirer l’attention.

    Ce malaise face au regard d’autrui est un comportement observé dans le règne animal, lié à la dominance. Chez l’humain, ce phénomène est présent, mais devient problématique lorsqu’il engendre des comportements d’évitement systématiques.

    Une hiérarchie de nos peurs sociales ?

    Moins de 10 % des personnes ne ressentent jamais d’anxiété sociale dans aucune des situations décrites. Les situations anxiogènes varient d’une personne à l’autre : certains craignent d’être observés en train de faire un créneau, tandis que d’autres redoutent de parler en public.

    Les différentes situations anxiogènes peuvent être représentées sous forme de pyramide. La base représente les peurs les plus courantes, et chaque niveau supérieur inclut les craintes des niveaux inférieurs. Par exemple, la peur de se dévoiler implique souvent la crainte d’accomplir une prestation sous le regard d’un groupe. La crainte d’être observé est souvent liée à toutes les autres peurs.

    Ces différentes craintes peuvent coexister dans une même situation. Par exemple, un écrivain invité à une émission de télévision doit faire face à l’anxiété de la performance en public, à la peur de se dévoiler lors de questions personnelles, à la nécessité de s’affirmer sans paraître hostile, et à la crainte d’être observé de près par les caméras.

    Un mécanisme commun

    Toutes ces situations ont un point commun : elles exposent au regard et au jugement des autres. L’anxiété sociale est souvent perçue comme une anxiété d’évaluation. Toutes les situations où nous sommes évalués, même à l’écrit, peuvent provoquer de l’anxiété.

    Lorsqu’une anxiété d’évaluation se combine au regard direct d’autrui, elle se transforme en anxiété sociale. Cette peur s’exprime par des manifestations émotionnelles, comportementales et cognitives, que nous allons explorer en détail.

    Chapitre 2 – Le tumulte du corps

    Les mots de l’angoisse

    La première conséquence ressentie par une personne souffrant d’anxiété sociale est souvent le tumulte physique. Les manifestations corporelles sont au cœur de l’angoisse et en sont les signes les plus visibles.

    Ces expressions soulignent que l’anxiété sociale s’accompagne principalement de symptômes corporels, qui traduisent le malaise ressenti.

    Un inventaire à la Prévert

    Les symptômes de l’anxiété sociale sont nombreux et variés, incluant :

    Ce qui se voit et ce qui ne se voit pas

    Ces symptômes peuvent être divisés en deux groupes :

    1. Ceux qui sont internes, comme les palpitations ou les mains moites ;
    2. Ceux qui sont visibles, tels que les tremblements ou le rougissement.

    Les symptômes visibles sont souvent les plus redoutés car ils révèlent notre malaise aux autres, ce qui est gênant dans les situations sociales.

    L’intensité de ces manifestations varie. Pour certains, elles sont discrètes, tandis que pour d’autres, elles peuvent atteindre un paroxysme, provoquant même des attaques de panique. Ces symptômes peuvent sérieusement affecter les interactions sociales et la qualité de vie, comme en témoignent les personnes qui évitent les situations où leur anxiété risque de se manifester de manière trop visible.

    La trahison du corps

    L’émergence soudaine des symptômes physiques d’anxiété sociale pose de nombreux problèmes. Une fois enclenchés, il est difficile de les arrêter, et se concentrer dessus peut aggraver la situation. La lisibilité de nos émotions sous le regard des autres accroît notre vulnérabilité, rendant l’expérience encore plus stressante.

    Cette gêne face au regard d’autrui, souvent perçue comme une évaluation, est courante et peut devenir une obsession, générant une spirale d’anxiété. Le poème de Claude Roy cité par les auteurs illustre bien ce malaise, où la personne se sent exposée, déstabilisée par l’attention des autres.

    Le phénomène de « peur de la peur« , décrit par le dramaturge et romancier Tennessee Williams, illustre comment la crainte de revivre ces symptômes d’anxiété peut devenir une prophétie autoréalisatrice. Cette anticipation négative crée un conditionnement qui renforce l’anxiété lors des futures interactions.

    Tu as rougi !

    L’anxiété sociale présente des manifestations physiologiques spécifiques, telles que le rougissement, qui est au centre des préoccupations de nombreuses personnes. La peur de rougir, appelée éreutophobie, peut aggraver le rougissement en raison de l’anticipation anxieuse.

    Certaines personnes ont une grande facilité à rougir (érythrose) sans être éreutophobes. Pour les éreutophobes, la crainte de rougir devient une obsession, amplifiant ainsi la réaction. Le rougissement est souvent perçu comme une révélation involontaire de son état émotionnel, rendant la situation encore plus difficile à gérer.

    Le rougissement peut survenir dans des situations variées, souvent en lien avec le regard des autres. L’anticipation de ce rougissement peut déclencher une spirale de gêne et de malaise. Certains, pour échapper à ce malaise, envisagent même des interventions chirurgicales, bien que ces opérations ne soient pas toujours efficaces et comportent des risques importants.

    Les réactions physiologiques d’émotivité ont-elles un sens ?

    Les manifestations physiques de l’anxiété, comme le rougissement, sont des réactions de stress héritées de nos ancêtres. Lorsque confronté à une situation stressante, le corps se prépare à combattre ou fuir, déclenchant la libération d’adrénaline et d’autres hormones.

    Cela provoque l’accélération du cœur, la respiration rapide, et la dilatation des vaisseaux sanguins, préparant les muscles à l’action. Ces réactions, autrefois utiles face aux dangers physiques, deviennent aujourd’hui un obstacle dans des situations stressantes symboliques, comme les interactions sociales.

    Le rougissement peut, pour certaines personnes, être perçu comme une vulnérabilité, les exposant aux moqueries. Toutefois, dans d’autres cas, comme pour les comédiens ou les sportifs, le stress et les réactions physiologiques peuvent agir comme un stimulant, améliorant la performance jusqu’à un certain seuil, au-delà duquel il devient paralysant.

    La réaction émotionnelle à l’anxiété sociale varie d’une personne à l’autre. Certaines sont stimulées par le stress, tandis que d’autres sont dépassées par celui-ci. Les normes culturelles jouent également un rôle : autrefois, l’émotivité était mieux acceptée, tandis qu’aujourd’hui, le contrôle de soi est valorisé, ce qui renforce la pression sur les personnes anxieuses.

    Chapitre 3 – Les désordres du comportement

    Panique à bord !

    L’anxiété sociale peut désorganiser les capacités relationnelles en provoquant deux réactions principales : la fébrilité et la sidération.

    Ces deux tendances, fébrilité et sidération, reflètent les grandes réactions face au stress : tenter de prendre le contrôle ou, au contraire, se résigner et subir. Ces comportements peuvent altérer les performances sociales en rendant les gestes raides, les pensées incontrôlables ou en provoquant un engourdissement mental, empêchant toute réaction appropriée.

    Courage, fuyons !

    Lorsque l’anxiété sociale devient trop forte, les individus ont tendance à éviter les situations qui leur causent du stress. Cet évitement, s’il est compréhensible, peut à terme restreindre leur vie sociale et les empêcher de saisir des opportunités importantes, telles qu’une promotion ou une rencontre amoureuse. L’évitement subtil, comme éviter le contact visuel ou limiter les interactions verbales, est une autre stratégie courante qui entretient malheureusement l’anxiété.

    L’échappement, ou la fuite physique d’une situation stressante, est une réponse plus extrême. Cette réaction, bien que temporairement soulageante, a souvent des conséquences embarrassantes, comme en témoigne l’histoire de la patiente qui a quitté précipitamment un opticien.

    Parfois, au lieu de fuir, certains adoptent un comportement opposé, devenant exagérément familiers ou utilisant l’humour pour détourner l’attention de leur anxiété.

    Certaines personnes adoptent des comportements pour « se donner de la contenance« , comme allumer une cigarette ou manipuler des objets. Ces actions, bien qu’elles apaisent temporairement l’anxiété, contribuent à renforcer les mauvaises habitudes et à masquer leur véritable malaise. Les lunettes, par exemple, peuvent être utilisées comme un bouclier symbolique pour se protéger du regard d’autrui.

    Le hérisson et le paillasson

    L’anxiété sociale peut perturber le style relationnel de la personne en générant soit une inhibition excessive, soit une agressivité inappropriée. Les personnes anxieuses peuvent avoir des idées ou des désirs qu’elles n’expriment pas, ou au contraire adopter un ton autoritaire pour masquer leur manque de confiance. Cette dynamique est souvent le résultat du stress qui pousse à fuir ou à combattre.

    Certains, comme le médecin à l’aise avec ses patients mais mal à l’aise avec les femmes, deviennent inhibés dans certaines situations. D’autres, comme l’artiste qui n’ose pas parler d’argent, alternent entre inhibition et moments de frustration où l’agressivité émerge. Les comportements oscillent entre une posture de soumission (« paillasson ») et une posture de défense (« hérisson »), selon les attentes perçues des autres et le contexte.

    Cette dualité est illustrée par Proust avec le personnage du docteur Cottard, qui alterne entre timidité excessive et froideur. Rousseau décrit aussi dans ses « Confessions » comment il a adopté une façade cynique et caustique pour masquer sa timidité et éviter de se sentir vulnérable. Ces stratégies sont souvent utilisées pour se protéger de l’anxiété sociale et maintenir un semblant de contrôle sur les interactions.

    Des chaînes invisibles…

    L’anxiété sociale peut profondément affecter la vie quotidienne des personnes concernées, créant un cercle vicieux : plus on évite une situation, plus elle devient redoutée.

    Derrière ces conduites d’évitement se cache une vision anxiogène du monde et des rapports humains, où chaque interaction devient une source potentielle de stress et de jugement. Cette perception crée une barrière qui limite les expériences et les relations, enfermant les personnes anxieuses dans une vision réductrice et menaçante des interactions sociales.

    Chapitre 4 – Tempête sous un crâne

    Le hit-parade des pensées négatives

    L’anxiété sociale est liée à des perceptions spécifiques de soi-même et du monde environnant. Les pensées automatiques, ou « cognitions », jouent un rôle crucial dans l’anxiété sociale. Ces pensées sont souvent négatives et apparaissent instantanément face à des situations redoutées, constituant un monologue intérieur qui influence les comportements et les émotions.

    Un jugement négatif sur soi

    L’anxiété sociale est souvent associée à une vision négative de soi-même et de ses performances. Les personnes souffrant d’anxiété sociale ont tendance à se focaliser sur ce qui, selon elles, ne va pas dans leur comportement, puis à accorder une importance excessive à ces éléments négatifs, souvent en s’autodévalorisant de manière globale et définitive.

    Un exemple illustre bien ce mécanisme : un patient, lors d’un entretien d’embauche, avait plaisanté sur les habitants du Sud de la France, et s’était ensuite angoissé à l’idée que l’interlocuteur puisse être de cette région. Il a ruminé sur cet incident, l’estimant catastrophique, malgré le reste de l’entretien qui s’était bien passé. Finalement, il fut embauché, et l’interlocuteur, bien que Marseillais, n’avait même pas relevé la plaisanterie.

    L’estime de soi, qui représente les jugements sur nos compétences, est souvent faible chez les personnes souffrant d’anxiété sociale. Cette estime de soi basse les pousse à se fixer des objectifs irréalistes et à être extrêmement critiques envers elles-mêmes.

    Même lorsque des retours positifs leur sont donnés, elles peuvent les percevoir de manière négative, les prenant pour de la condescendance ou de la pitié. Cela crée une boucle qui entretient l’anxiété, avec une vision biaisée de soi-même qui rend difficile l’accès aux encouragements extérieurs, surtout dans les formes sévères d’anxiété sociale.

    La peur du jugement d’autrui

    L’anxiété sociale est souvent associée à une préoccupation excessive du regard des autres, notamment sur soi-même et ses actions. Les personnes souffrant d’anxiété sociale se demandent constamment : « Que pense-t-on de moi ? », et répondent systématiquement de manière négative. Cette préoccupation constante crée un schéma de pensées où chaque interaction est perçue comme une évaluation négative, renforçant la peur et le malaise.

    Ces cognitions dysfonctionnelles, décrites par Rousseau comme une « vivacité de sentir » couplée à une « lenteur de penser », conduisent l’individu à se sentir vulnérable et jugé négativement dans toutes les situations sociales. Tout geste ambigu est interprété de façon défavorable, qu’il s’agisse de critiques mineures perçues comme un rejet complet, ou de simples froncements de sourcils vus comme des marques de désaccord.

    Les études en psychologie expérimentale montrent que les personnes souffrant d’anxiété sociale réagissent de manière disproportionnée aux visages perçus comme hostiles, même lorsque les expressions sont neutres. Lors de prises de parole en public, les anxieux sociaux détectent plus rapidement les signes de désapprobation parmi les auditeurs, et se sentent perturbés par eux, contrairement aux personnes moins anxieuses qui sont plus sensibles aux signes d’approbation.

    En outre, les situations ambiguës sont systématiquement interprétées de manière négative, qu’il s’agisse d’amis quittant une soirée plus tôt ou d’un interlocuteur qui reste silencieux. Les anxieux sociaux ont également du mal à lire les émotions des autres, percevant souvent des signes hostiles là où il n’y en a pas, renforçant ainsi leur sentiment d’inadéquation et d’insécurité dans les interactions sociales.

    La crainte des réactions d’autrui

    L’anxiété sociale est souvent exacerbée par une crainte excessive des réactions des autres, surtout lorsque ces réactions sont inconnues ou imprévisibles. C’est pourquoi les situations impliquant des inconnus ou des groupes sont particulièrement angoissantes pour les anxieux sociaux.

    Cette crainte des réponses hostiles amène les personnes anxieuses à percevoir leurs semblables comme potentiellement agressifs, imaginant systématiquement des réactions négatives à leurs actions. Par exemple, demander à un serveur de restaurant de changer un plat ou demander à un voisin de baisser le son deviennent des épreuves redoutées car elles sont perçues comme susceptibles de déclencher des conflits.

    L’anticipation anxieuse, ou comment se raconter des films catastrophes à longueur de journée

    L’anxiété d’anticipation joue un rôle central dans l’anxiété sociale. Les personnes anxieuses ont tendance à se raconter des « films catastrophes » en anticipant systématiquement les pires scénarios possibles. Ces scénarios se construisent autour de véritables enchaînements catastrophiques, où chaque élément négatif alimente le suivant.

    Par exemple, un individu invité à un cocktail peut imaginer que s’il prend un verre, il va trembler, ce qui attirera les regards et les jugements des autres, renforçant son image de quelqu’un de faible et peu fiable.

    Les situations où l’anxiété sociale atteint son paroxysme sont celles où la personne se sent piégée, quel que soit son choix.

    Un autre patient décrit, par exemple, sa peur lorsqu’il se retrouve seul dans un groupe inconnu : s’il prend la parole, il craint d’être jugé inconvenant, et s’il se tait, il pense être perçu comme introverti ou incapable de communiquer.

    Ces scénarios de déroute résistent souvent aux faits, même lorsque ceux-ci montrent que les pires craintes ne se sont pas réalisées, illustrant à quel point ces anticipations négatives peuvent être tenaces et difficiles à déconstruire.

    Anxiété toujours !

    L’anxiété sociale peut altérer les processus cognitifs de façon durable à travers les trois phases temporelles d’une situation stressante : avant, pendant et après.

    1. Quand la peur influence la réalité

    Ce cycle de pensées négatives, connu sous le nom de « prophéties autoréalisées » ou « autoréalisatrices », fait que la peur finit par influencer la réalité. En anticipant le pire et en focalisant sur ses propres symptômes d’anxiété, la personne augmente la probabilité que ces symptômes se produisent effectivement, confirmant ainsi ses craintes initiales. Cela rend encore plus difficile la rupture de ce cercle vicieux, car chaque situation sociale renforce la vision négative qu’elle a d’elle-même.

    L’intensité de l’anxiété sociale et la capacité de la personne à y faire face varient. Certaines personnes peuvent maintenir une certaine distance par rapport à leurs peurs, voire en rire, et parviennent à s’améliorer progressivement. Pour d’autres, l’anxiété est si intense qu’elle devient paralysante, entraînant une souffrance et un handicap dans leur vie quotidienne.

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